Sous l'Habit, la Fièvre Sœur Clara a toujours vécu dans l'ombre des murs du couvent Saint-Raphaël. Dévouée à sa foi, elle a fait vœu de chasteté, mais une soif d'absolu brûle en elle, un désir qu’elle n’a jamais osé nommer. Lorsqu’elle est envoyée en mission pour assister les malades d’un hospice isolé, elle ignore qu’elle vient de poser le pied à Poudain-Bassé, un lieu dont les murmures parlent d'interdits et de damnation. C'est là qu'elle rencontre Raphaël, un homme dont l’aura est une promesse de péché. Il est tout ce qu’elle a fui : la chair, l’arrogance, la tentation incarnée. Lui, amusé par cette nonne trop fière, s’amuse à la provoquer. Mais sous la soutane, il perçoit autre chose. Une femme en lutte, un brasier caché sous le marbre de la dévotion. Les jours passent, et ce qui n’était qu’un affrontement de principes devient un jeu dangereux. Chaque regard échangé, chaque frôlement accidentel les consume un peu plus. Clara tente de résister, priant avec plus de ferveur, mais la voix de Raphaël résonne dans son esprit plus fort que celle de Dieu. Et quand enfin il ose briser la dernière barrière, lorsqu’il murmure à son oreille que le ciel n’a jamais brûlé aussi fort qu’entre ses bras, elle vacille. Céder, c’est trahir sa foi. Résister, c’est trahir son propre cœur. Mais dans ce lieu oublié du monde, où les âmes perdues se cherchent, où le bien et le mal s’entrelacent, une seule vérité demeure : il n’y a pas de salut sans passion, et pas d’amour sans damnation.
더 보기ClaraIl fait un pas de plus.— Marcus savait que je finirais par me retourner contre lui si je n’avais rien à perdre. Alors il m’a offert une place. Un rôle.Je fronce les sourcils.— Un rôle ?Il hoche la tête.— Celui que j’ai aujourd’hui.Je frémis.Je ne veux pas entendre la suite, mais je ne peux pas reculer.— Tu… fais quoi exactement ?Un sourire en coin effleure ses lèvres.— Ce que je sais faire de mieux.Je retiens mon souffle.— Tuer ?Il ne répond pas. Mais il n’a pas besoin de le faire.RaphaëlClara est livide.Je vois ses doigts trembler, ses lèvres s’entrouvrir comme si elle voulait parler… mais aucun mot ne vient.Je m’attendais à ce qu’elle ait peur.À ce qu’elle parte en courant.Mais elle est toujours là.Et c’est ça qui me trouble le plus.Je m’approche lentement, la détaillant.Sa robe sombre, son voile défait.Ses yeux trop grands, trop pleins d’une compassion qui me met mal à l’aise.— Tu ne dis rien ?Elle relève la tête, et son regard croise le mien.— Qu’es
ClaraL’entrepôt semble plus froid qu’avant.Ou peut-être est-ce la tension qui me glace.Je suis Raphaël à travers un dédale de caisses et de couloirs sombres. Il ne parle pas. Il avance d’un pas assuré, comme si cet endroit était une seconde peau pour lui.Puis, il s’arrête devant une porte métallique.Il l’ouvre sans un bruit et me fait signe d’entrer.Je franchis le seuil, mon cœur battant trop fort.La pièce est petite, à peine éclairée par une lampe suspendue. Un bureau, une armoire, une vieille chaise. Rien de personnel. Rien qui raconte une histoire.Rien, sauf la photo.Une vieille photographie en noir et blanc, glissée sous la vitre du bureau.Un enfant. Pas plus de huit ans. Ses yeux sombres fixent l’objectif avec une gravité qui n’a rien d’enfantin.Je fronce les sourcils.— C’est toi ?Raphaël ne répond pas tout de suite.Puis, d’une voix basse :— Oui.Je lève les yeux vers lui. Il est resté près de la porte, comme s’il hésitait à entrer pleinement dans cette pièce. Comm
ClaraJe suis partie.Du moins, physiquement.Mes pas ont quitté l’arrière-cour sombre où se tenait Raphaël, mais mon esprit est resté là-bas, suspendu à ses derniers mots.« Ne reviens plus. »C’était une mise en garde, une frontière invisible qu’il a tracée entre nous.Mais les frontières, j’ai appris qu’elles n’existent que pour être franchies.Les ruelles de Poudain-Bassé sont presque désertes à cette heure. L’obscurité s’étend, couvrant les bâtisses de son manteau d’ombre. Je serre les pans de mon manteau autour de moi, mais ce n’est pas le froid qui me fait frissonner.C’est ce que j’ai vu dans ses yeux.La lutte.Il croit que le monstre en lui est immuable, qu’il n’y a pas d’échappatoire à cette vie qu’il mène.Mais moi, je crois qu’il y a toujours un choix.Il faut juste avoir la force de le faire.Le problème, c’est que je ne sais pas si Raphaël la possède.Je franchis le seuil de l’hospice en silence. À cette heure, la plupart des sœurs dorment. J’avance dans les couloirs fa
ClaraLa nuit semble plus lourde quand je rentre à l’hospice.Les murs de pierre suintent d’humidité, l’air est épais, presque suffocant. Chaque pas résonne étrangement sous la voûte du couloir. Tout me paraît plus sombre.Peut-être parce que je l’ai vu.Pas seulement Raphaël, mais l’homme qu’il est vraiment.Ses choix. Ses actes.Et pourtant, au lieu de me figer d’effroi… c’est autre chose qui se tord en moi.Un doute insidieux.Un murmure qui me répète encore et encore que je ne devrais pas vouloir comprendre.Mais c’est trop tard.Je pousse la porte de ma petite chambre, me laisse tomber sur le lit, les yeux rivés au plafond.Les ténèbres qui l’entourent ne me font plus peur.Ce qui me terrifie, c’est l’écho qu’elles réveillent en moi.RaphaëlL’odeur de tabac et de suie imprègne l’air.Je suis assis sur le rebord d’une fenêtre brisée, les cendres de ma cigarette tombant en flocons silencieux sur le sol crasseux.Dans mon dos, mes hommes parlent, élaborent des plans, préparent une
RaphaëlElle est là, suspendue entre hésitation et désir, entre peur et fascination.Et moi, je suis au bord du gouffre.Un seul geste de plus, et je ne pourrais plus reculer.Je devrais arrêter ça maintenant.Je devrais la laisser partir avant qu’il ne soit trop tard.Mais au lieu de ça, mes doigts glissent lentement le long de sa mâchoire.Clara ferme les yeux, sa respiration tremblante.Je me penche, juste assez pour que nos souffles se mêlent.Assez pour qu’elle sente le danger.Assez pour qu’elle sache que si elle ne s’éloigne pas maintenant… je ne m’arrêterai pas.ClaraJe devrais bouger.Je devrais dire quelque chose.Mais je reste figée, brûlante sous son regard.Le monde autour de nous n’existe plus.Il n’y a plus que lui et moi.Et cette attraction impensable qui menace d’exploser.Mais soudain—Un bruit dans la nuit.Une voix rauque qui s’élève dans l’ombre.« Raphaël. »Nous nous figeons.Il tourne la tête, ses traits redevenus froids en une fraction de seconde.Un homme s
ClaraIl me repousse.Mais ce n’est pas de la colère.C’est de la peur.Pas de moi.De ce qu’il pourrait être, si je reste trop près.Mais je ne recule pas.Pas cette fois.« Pourquoi as-tu choisi cet endroit ? »Il fronce les sourcils.« Cet endroit ? »« Poudain-Bassé. Cet hospice. Pourquoi es-tu ici ? »Un silence.Puis, lentement, il se détourne.« Ce n’est pas moi qui ai choisi cet endroit. »Il laisse échapper un rire sans joie.« C’est lui qui m’a choisi. »Mon cœur rate un battement.Je devine qu’il ne parle pas que de la ville.« Alors raconte-moi. »Il se crispe légèrement.« Pourquoi ? »Je serre les poings.« Parce que tu ne veux pas être un monstre. »Ses yeux s’assombrissent.Un instant, je crois qu’il va me renvoyer ma naïveté en pleine face.Mais à la place, il s’adosse contre le mur, croise les bras et me fixe.« Très bien. »RaphaëlJe ne sais pas pourquoi je lui parle.Peut-être parce qu’elle ne recule pas.Peut-être parce qu’elle ne me regarde pas comme si j’étais
Clara Son sourire s’étire, lent, calculé.« Tu voulais comprendre, non ? Alors regarde. »Je serre les poings.Il joue avec moi.Il veut voir jusqu’où je suis capable d’aller.Et moi, au lieu de m’enfuir, je relève le défi.RaphaëlElle ne s’effondre pas.Elle vacille, oui. Mais elle tient bon.Je m’attendais à ce qu’elle prenne peur en voyant cet endroit, qu’elle réalise enfin qu’elle n’a rien à faire ici.Mais non.Clara est toujours là, avec ce regard trop profond, trop brûlant.Je devrais lui dire de partir.Je devrais lui montrer la sortie et refermer la porte derrière elle.Mais je ne le fais pas.Parce que, contre toute logique, j’ai envie qu’elle reste.Et ça, c’est dangereux.Un des hommes s’approche, déposant un dossier sur mon bureau. Il me jette un regard en coin, puis glisse un regard moqueur vers Clara.« C’est elle, la petite sœur dont tout le monde parle ? »Je ne bouge pas.Mais quelque chose en moi se tend.Clara aussi l’a remarqué.Elle se raidit légèrement, sans p
ClaraJe ne devrais pas être ici.Cette pensée tourne en boucle dans mon esprit, comme une prière muette qui ne trouve pas d’issue.L’odeur du sang séché, le bruit des rires rauques, l’excitation brutale qui vibre dans l’air. Tout ici est à l’opposé de ce que j’ai connu.Et pourtant, je reste.Je devrais fuir cet endroit, cet homme.Mais je ne bouge pas.Raphaël me regarde, attendant ma réaction. Il veut savoir jusqu’où je tiendrai.Je soutiens son regard.Mon cœur bat trop fort, ma gorge est sèche, mais je refuse de détourner les yeux.Il esquisse un sourire. Un sourire dangereux.« Alors, sœur Clara… que penses-tu de tout ça ? »Sa voix est calme, posée, mais il y a un défi sous ses mots.Je prends une inspiration tremblante.« C’est… sauvage. »Il rit doucement.« C’est la vie. Ici, on ne porte pas de masque. On ne fait pas semblant. »Mon ventre se noue.Je devrais lui dire qu’il a tort. Que la violence n’a rien d’authentique, que ce n’est qu’un moyen de fuir quelque chose de pire
ClaraIl y a quelque chose de cruel dans la façon dont il me regarde. Comme s’il testait mes limites, attendant de voir à quel moment je vais me briser.Mais il y a autre chose aussi.Un intérêt.Un défi silencieux.« Que s’est-il passé cette nuit ? »Il arque un sourcil, surpris que je pose la question.« Des affaires. Rien qui te concerne. »« Tout ce qui touche cette ville me concerne. L’hospice soigne des hommes blessés par ces… affaires. »Un silence.Puis il rit doucement.« Tu crois vraiment pouvoir porter toute la misère du monde sur tes épaules ? »« Si personne ne le fait, qui le fera ? »Sa mâchoire se serre légèrement. Il détourne le regard une fraction de seconde, comme si mes mots avaient touché une corde sensible.Je ne devrais pas être là.Je devrais tourner les talons, retourner à la sécurité de mon cloître, à la simplicité des prières et des jours identiques.Mais une partie de moi refuse de partir.Parce que je vois autre chose derrière l’ombre qu’il projette.Et je
Clara Le silence du couvent Saint-Raphaël m’a toujours apaisée. Ici, tout est ordonné, pur, immuable. Chaque jour suit le même rituel : prières à l’aube, soins aux malades, repas en silence, lectures pieuses, nuits peuplées de murmures adressés à Dieu. Depuis dix ans, c’est mon refuge. Depuis mes vingt-cinq ans, c’est ma vie.Mais aujourd’hui, je quitte cet abri pour la première fois.La mère supérieure m’a confié une mission : rejoindre un hospice isolé pour prêter main-forte aux sœurs qui y servent déjà. Un lieu perdu, loin de tout. Poudain-Bassé. Je ne connais pas ce nom. Personne au couvent ne l’a prononcé sans une ombre dans le regard.Le carrosse cahote sur un chemin de terre. La route est sauvage, bordée d’arbres noueux dont les branches semblent vouloir agripper la lumière. L’air devient plus lourd à mesure que nous avançons. La moiteur s’infiltre sous mon habit de laine épaisse. Mes mains, gantées de tissu blanc, sont moites. Un malaise grandit en moi, sourd et inexplicable....
Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.
댓글