Gabriel de MontreuilLe calme après la tempête est presque insupportable. Le vent souffle toujours, mais il n'est plus aussi violent, comme si la mer elle-même était épuisée par la fureur des combats. Je reste là, sur le pont du Pavillon Noir, observant l'horizon, mes pensées enchevêtrées dans le tumulte de cette victoire qui devrait me remplir de fierté, mais qui, au contraire, m'accable.Autour de moi, mes hommes se regroupent, épuisés mais victorieux, chacun d'entre eux portant les cicatrices de la bataille. M'Bala rit, sa grande silhouette se dessinant sur le ciel encore brumeux. Il ne connaît pas la peur, et sa joie de vaincre est aussi sauvage qu'un lion en chasse. Mais dans ses yeux, je lis quelque chose que je connais bien : la fatigue, la lassitude du guerrier qui sait que la guerre ne prend jamais fin.Aïda, silencieuse comme toujours, reste à côté de lui, sa main serrant fermement son épée, ses yeux fixés sur les débris flottants autour de nous. Elle n’a pas dit un mot depu
Последнее обновление : 2025-03-17 Читайте больше