Elya
L’air est lourd, chargé d’une magie que je ne comprends pas. Je fixe la femme devant moi, la sœur de Caïn. Elle est belle, mais terrifiante, son aura est aussi écrasante que celle de son frère.
— Tu as ramené une louve ici ? répète-t-elle en plissant les yeux.
Je sens son regard me disséquer, jauger ma faiblesse. Une sorcière, comme Caïn. Et visiblement, elle ne m’aime pas.
— Elle est sous ma protection, répond-il d’un ton neutre.
Elle laisse échapper un rire sec.
— Tu ne protèges jamais personne, Caïn. Alors pourquoi elle ?
Je me tends. Moi aussi, j’aimerais bien connaître la réponse.
Caïn ne répond pas immédiatement. Il me regarde, et je sens ce frisson familier remonter le long de ma colonne. Son regard brûle, intense, chargé de quelque chose d’indéchiffrable.
— Ce n’est pas tes affaires, Cassandra.
Elle lève les mains en signe de reddition.
— Très bien. Mais ne viens pas me demander de l’aide quand les choses tourneront mal.
Elle me jette un dernier regard, avant de disparaître dans l’ombre.
Un silence pesant s’installe.
— Charmante, dis-je finalement.
Caïn esquisse un sourire amusé.
— Elle l’est, quand elle le veut bien.
Je croise les bras, l’examinant du regard.
— Pourquoi tu m’as sauvée ?
Son sourire s’efface légèrement.
— Tu es spéciale, Elya.
Mon cœur rate un battement.
— Je ne veux pas être spéciale.
Il s’approche lentement, et mon corps tout entier se tend sous sa proximité. Son parfum est enivrant, sa présence trop intense.
— Et pourtant… tu l’es.
Sa main se lève lentement, frôlant une mèche de mes cheveux. Je retiens mon souffle. Il y a quelque chose entre nous, une force invisible, indéniable.
Mais avant qu’il ne puisse dire ou faire quoi que ce soit d’autre, une voix brise le moment.
— Dois-je être jaloux, sorcier ?
Je me fige. Cette voix…
Caïn se retourne lentement, et mon sang se glace en voyant Dimitri, adossé nonchalamment à l’ombre d’une arche en pierre.
Son sourire est provocant, mais ses yeux… Ils sont braqués sur moi avec une intensité troublante.
Dimitri
Je ne sais pas ce qui m’attire tant chez cette louve.
Son odeur ? Son énergie ?
Ou ce simple fait que, dès que je l’ai vue, j’ai su que je la voulais.
Et Caïn, ce foutu sorcier, se tient bien trop près d’elle à mon goût.
— Tu es rapide, commente Caïn en haussant un sourcil.
— Quand quelque chose m’intéresse, je ne traîne pas, rétorqué-je avec un sourire en coin.
Elya me regarde avec prudence, mais je peux sentir son trouble.
— Que veux-tu, Dimitri ? demande Caïn, sa voix plus froide.
Je tiens son regard quelques secondes, avant de reporter mon attention sur elle.
— Je voulais simplement m’assurer qu’elle allait bien. Après tout, je l’ai trouvée en premier.
— Trouvée n’est pas synonyme de possédée, grince Caïn.
Je ris doucement.
— Vraiment ? Pourtant, elle ne semble pas totalement tienne non plus.
Je sens Elya tressaillir légèrement. Cette petite réplique l’a touchée. Intéressant.
— Je n’appartiens à personne, murmure-t-elle.
Je la fixe, amusé.
— Peut-être pas encore.
Son souffle se coupe un instant, et je souris.
Je fais un pas vers elle, ignorant délibérément Caïn.
— Tu ressens cette attirance, n’est-ce pas ? demandé-je doucement.
Ses joues rosissent légèrement, mais elle garde la tête haute. Courageuse.
— Tu es trop sûr de toi, vampire.
Je souris plus largement.
— Et toi, tu es trop fière.
Je tends la main vers elle, effleurant doucement son menton. Elle ne recule pas, et je ressens son frisson.
— Tu es fascinante, Elya.
Caïn se tend brusquement, et en un battement de cils, il se trouve entre nous.
— Tu peux partir maintenant, Dimitri.
Je laisse échapper un rire.
— Très bien. Pour l’instant.
Mais je ne suis pas dupe.
Cette histoire ne fait que commencer.
Caïn
J’ai envie de le réduire en cendres.
Ce vampire tourne autour d’Elya comme un fauve affamé. Et elle… elle ne semble pas insensible à son charme.
Ça m’agace plus que ça ne devrait.
Quand Dimitri disparaît enfin, je me tourne vers elle.
— Ne le laisse pas t’approcher.
Elle fronce les sourcils.
— Il ne m’a rien fait.
— Il veut quelque chose.
Elle me défie du regard.
— Et toi ? Qu’est-ce que tu veux ?
Je serre la mâchoire.
Bonne question.
Je me rapproche d’elle, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un souffle d’espace entre nous.
— Je veux que tu sois en sécurité.
Elle frissonne, mais ne bouge pas.
— Pourquoi ?
Ma main effleure son bras, et je ressens cette connexion électrique entre nous.
— Parce que tu comptes plus que tu ne le penses.
Elle ouvre la bouche, comme pour protester, mais je ne lui laisse pas le temps.
Avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, je capture ses lèvres avec les miennes.
Un baiser intense, brûlant, aussi possessif qu’interdit.
Elle hésite une seconde, puis répond à mon baiser avec une ardeur qui me surprend autant qu’elle m’enflamme.
Son goût, son odeur, sa chaleur…
Je suis foutu.
Quand je me recule enfin, son regard est embué, sa respiration erratique.
— Tu fais toujours ça avec les louves que tu sauves ? murmure-t-elle.
Je souris contre ses lèvres.
— Non. Tu es la première.
Mais ce baiser…
Ce n’est que le début.
ElyaMon cœur bat encore trop fort alors que Caïn recule légèrement, ses yeux sombres toujours ancrés aux miens.Le goût de son baiser brûle encore sur mes lèvres.Il n’aurait pas dû faire ça.Je n’aurais pas dû répondre.Et pourtant…J’ai senti quelque chose. Quelque chose que je ne peux pas ignorer.— C’était une erreur, murmuré-je.Caïn esquisse un sourire en coin, mais il n’a rien d’amusé.— C’est ce que tu penses ?Je me force à soutenir son regard, même si mes joues chauffent encore sous l’intensité du moment.— Ce n’est pas censé arriver.— Ce qui est censé arriver ne nous appartient pas, Elya.Je frissonne.Ce n’est pas juste une attirance. C’est autre chose.Un lien invisible.Un murmure ancien, plus fort que ma raison.Mais avant que je ne puisse répondre, un mouvement dans l’ombre attire mon attention.Je me fige.Dimitri.Il est là, adossé contre un pilier de pierre, les bras croisés, nous observant avec une lueur amusée dans les yeux.Mon estomac se noue.Depuis combien d
CaïnIl se tient là, derrière nous, les poings serrés, son énergie magique crépitant autour de lui.Dimitri soupire.— Toujours à interrompre au mauvais moment, le sorcier.Caïn l’ignore, son regard noir fixé sur moi.— Elya, viens.C’est un ordre.Et une prière.Je le sens.Il est jaloux.Furieux.Mais aussi… blessé.Je regarde Dimitri, puis Caïn.Deux forces opposées.Deux flammes brûlant dans des teintes différentes.Et moi, au milieu du brasier.— Elya, fais un choix.Caïn me tend la main.Dimitri ne dit rien.Il me regarde simplement, attendant.Ma poitrine se soulève sous l’intensité du moment.C’est un tournant.Un pas dans une direction…Et je ne pourrai plus revenir en arrière.Je sens mon sang bouillir.Dimitri.Ce vampire de malheur est bien trop proche d’elle.Je l’ai vu.J’ai vu la façon dont il la regardait, comme un prédateur patient, attendant qu’elle succombe à son attraction.Et Elya…Elle ne l’a pas repoussé.Elle aurait dû.Elle aurait dû choisir.Mais non.Elle re
ElyaJe suis enchaînée à eux.Littéralement.Des liens invisibles m’étreignent, me tirant tantôt vers Caïn, tantôt vers Dimitri.Mon cœur, mon âme, mon corps.Tout est en feu.Et je ne sais plus où commence mon désir et où finit ma peur.— Tu dois choisir, Elya.La voix de Caïn est un grondement de tempête.— Ou alors laisse-moi le faire pour toi.Ses doigts effleurent mon bras, et une vague de chaleur traverse tout mon être.Je frémis.Mais avant que je puisse répondre, une main glacée attrape mon poignet et me tire brutalement en arrière.Dimitri.— Elle n’est pas un objet, sorcier.Son regard de glace croise celui de Caïn, brûlant comme des flammes maudites.Leur magie s’entrechoque, crépitant dans l’air comme un orage imminent.Et moi, je suis entre eux.Encore.Toujours.— Je… Je ne peux pas…Ma voix se brise.Parce que c’est vrai.Comment pourrais-je choisir ?Caïn est la chaleur dévorante qui menace de me consumer.Dimitri est la nuit hypnotique qui me hante.Et tous deux me ré
ElyaDimitri serre les mâchoires, mais ne répond rien.Caïn se penche vers moi, ses lèvres frôlant mon oreille.— Mais ne crois pas que je vais attendre éternellement.Et il disparaît à nouveau.Je suis seule avec Dimitri.Je recule, confuse, perdue.Il me fixe, son regard blessé.Puis, il s’éloigne sans un mot.Et je reste là, entre eux, entre le feu et la glace.Sans savoir si mon cœur survivra à cette guerre.CaïnJe suis le silence et l’ombre.Toujours dans son sillage.Toujours à la surveiller, même quand elle pense que je suis loin.Elya croit avoir le choix, mais elle ignore qu’elle m’appartient déjà.J’ai vu la marque sur son âme bien avant qu’elle ne réalise l’intensité de notre lien.Et pourtant, Dimitri…Ce fichu vampire ne veut pas lâcher prise.Je sens encore son odeur sur elle.Le goût de sa présence.Et ça me rend fou.Une colère froide me consume alors que je la vois assise près du lac, son regard perdu dans l’eau sombre.Elle est belle, même tourmentée.Surtout tourme
ElyaJe suis piégée.Piégée entre eux.Piégée entre mes propres désirs contradictoires.Dimitri est devant moi, son souffle chaud effleurant ma peau. Son regard brûle d’un feu vampirique, un mélange de possessivité et de désir brut.Et pourtant…Je ressens autre chose.Quelque chose d’invisible.Quelque chose qui me tire ailleurs.Loin de lui.Loin d’ici.Un frisson me traverse et mes pupilles se dilatent.— Elya, regarde-moi.La voix de Dimitri est un ordre doux, mais je ne peux pas obéir.Parce que je le ressens.Lui.Caïn.Je ferme les yeux et serre les poings.— Non… murmuré-je, comme un appel à moi-même.Dimitri me serre contre lui, comme s’il pouvait m’empêcher de partir.Comme si son étreinte pouvait effacer l’évidence.— Il ne te prendra pas, dit-il d’un ton rauque.Mais il sait que c’est un mensonge.Parce qu’avant même qu’il ait fini sa phrase, une force invisible fait trembler la pièce.La porte claque brutalement contre le mur.Et dans l’ombre, une silhouette apparaît.---
ElyaJe croyais pouvoir fuir cette confusion, mais elle me suit comme une ombre.Dimitri marche devant moi, silencieux. Son dos est droit, son corps tendu.Je sens sa douleur, sa colère contenue.Et je me hais pour ça.Je veux lui parler.Lui dire que ce baiser avec Caïn n’était qu’un moment d’égarement.Mais ce serait mentir.Car ce que j’ai ressenti… c’était bien réel.Je frémis en repensant à la chaleur du sorcier contre moi, à la puissance de son emprise.Je ne devrais pas.Je suis liée à Dimitri.Nous avons un passé.Un avenir…Du moins, c’est ce que je croyais.Il s’arrête brusquement et se tourne vers moi.Ses yeux argentés brillent d’une intensité féroce.— Je vais te demander une seule fois, Elya.Ma gorge se serre.— Est-ce que tu ressens quelque chose pour lui ?Je reste figée.Chaque fibre de mon être me hurle de répondre. De lui donner ce qu’il veut entendre.Mais je suis incapable de mentir.— Je ne sais pas…Son regard s’assombrit.— C’est une réponse, ça ?Il fait un p
ElyaLe soleil est déjà haut quand j’émerge du sommeil, le corps alourdi par une fatigue étrange.Dimitri n’est plus à mes côtés.J’effleure mes lèvres du bout des doigts, troublée par les souvenirs de la veille. Son baiser, sa possessivité, ce besoin brûlant qu’il a de me garder près de lui…Je devrais me sentir en sécurité dans ses bras.Je devrais me sentir complète.Mais une ombre persiste dans mon esprit, un murmure dans mon cœur.Caïn.Je repousse les draps et me lève brusquement, cherchant à échapper à mes pensées.L’eau froide sur mon visage m’aide à retrouver mes esprits, mais lorsque je croise mon reflet dans le miroir, un frisson me parcourt.Une marque sombre s’étend sur ma clavicule, une fine empreinte dorée qui pulse doucement sous ma peau.Je passe mes doigts dessus, le souffle coupé.Ce n’est pas une simple trace.C’est de la magie.Et il n’y a qu’une seule personne qui pourrait me marquer ainsi.— Caïn… je murmure.---DimitriJe la regarde de loin, caché derrière la
DimitriUn courant d’air froid me réveille.Je tends la main, cherchant Elya… mais le lit est vide.Une alarme s’enclenche dans mon esprit.Je me redresse d’un bond, mon regard fouillant la chambre.La porte du balcon est ouverte.Non.Je me précipite dehors, mon cœur battant à tout rompre.Et ce que je vois me glace le sang.Elya.Sur le bord du balcon.À deux doigts de sauter.Vers lui.Un grondement s’échappe de ma gorge.— ELYA !Elle se fige.Son regard se tourne vers moi, trouble, comme si elle émergeait d’un rêve.Je vois l’ombre de Caïn dans les bois, son sourire carnassier, sa victoire silencieuse.Je ne réfléchis pas.En une seconde, je suis sur Elya, l’arrachant du bord du balcon et la serrant contre moi avec une force brute.— Tu n’iras nulle part.Elle tremble dans mes bras, son souffle court, ses ongles s’accrochant à ma peau nue.— Je… je ne sais pas ce qui m’a pris… chuchote-t-elle.Mais moi, je sais.Caïn tisse sa toile autour d’elle.Et il est en train de la gagner.
ElyaIl tourne la tête vers moi, ses yeux argentés brillant faiblement dans la pénombre.— Tu n’es plus en danger, dit-il doucement.— Je ne parle pas de ça.Son regard s’assombrit. Il sait. Il sent cette tension dans l’air — ce poids qui n’a rien à voir avec la magie ou le danger. C’est lui. C’est nous.Je me redresse légèrement, glissant mes jambes sous moi. Le mouvement attire son attention. Son regard glisse le long de mon corps, lent, calculateur. Un tressaillement me parcourt.— Tu ressens ça aussi ? demandé-je d’une voix tremblante.Il ne répond pas tout de suite. Son regard se fait plus intense, plus brûlant. Puis il incline la tête.— Oui.Un battement pulse dans ma poitrine. Il est si proche. Trop proche. Sa main repose sur son genou, mais je le vois contracter les doigts, comme s’il se retenait de me toucher.— Adrian…— Ne me tente pas, Elya, murmure-t-il.— Et si j’ai envie de te tenter ?Un frisson traverse son corps. Il ferme brièvement les yeux, sa mâchoire se tendant
Adrian Son visage est tourné vers les flammes, mais je sais qu’elle ne les voit pas vraiment. Elle est ailleurs — enfermée dans cette nouvelle puissance qui pulse en elle comme une bête prête à mordre.Caïn est posté près de la porte, le dos appuyé contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine. Son regard est fixé sur elle, vigilant, comme s'il s'attendait à ce qu'elle explose à nouveau d'une seconde à l'autre. Je sens son inquiétude dans la tension de ses épaules.— Elle ne dort pas, dis-je doucement.— Elle ne dort jamais, réplique Caïn d’une voix grave.J’ignore s’il parle de cette nuit seulement ou de toutes celles qui ont précédé. Ce qu’elle a vécu… la perte, la trahison, le poids du pacte… c’est un fardeau qu’aucun d’entre nous ne peut vraiment comprendre.Je m’approche d’elle, m’accroupissant à sa hauteur.— Elya…Elle tourne lentement la tête vers moi. Son regard est différent ce soir. Plus sombre. Plus profond.— Je suis désolée, murmure-t-elle.— Tu n’as pas à l’être.— J
CaïnAdrian s’approche, son regard doré brillant dans l’obscurité.— Elle a survécu au pacte, murmure-t-il.— Pas seulement, répondè-je en caressant la joue d’Elya. Elle l’a maîtrisé.Un frisson me parcourt alors que je sens la vérité de mes paroles résonner dans le lien.Elya n’est plus une simple oméga.Elle est devenue bien plus que ça.Et nous venons juste de déclencher quelque chose d’irréversible.---ElyaLa douleur pulse encore dans mes veines, brûlante et sourde à la fois. Chaque respiration semble attiser ce brasier intérieur qui me consume depuis le pacte. Pourtant, malgré la fatigue qui pèse sur mes muscles, une force nouvelle vibre en moi, indomptable et terrifiante.Je me redresse lentement, soutenue par Caïn dont la main chaude est fermement posée sur ma taille. Ses doigts tremblent légèrement, signe qu'il n'est pas aussi serein qu'il le prétend.— Ça va ? murmure-t-il.Je hoche la tête. Oui… Non… Je n’en sais rien. J’ai cette énergie folle qui court dans mon corps, com
CaïnLe goût du sang d’Elya explose encore sur ma langue, métallique et enivrant. Mon souffle est court, ma poitrine se soulève au rythme de cette énergie nouvelle qui pulse désormais entre nous. Le lien est là, vivant, vibrant, tissé dans nos veines et nos âmes.Je la sens, dans le moindre repli de mon esprit. Chaque battement de son cœur résonne dans le mien, chaque frisson sur sa peau déclenche une onde brûlante dans mon sang. Ce lien… c’est une malédiction autant qu’une bénédiction.Elya est adossée contre Adrian, son visage pâle et ses lèvres entrouvertes par le souffle court. Elle tremble encore, mais je sais que ce n’est pas de peur. C’est la force du lien qui s’installe, qui se grave en elle comme une marque indélébile.— Ça va ? murmuré-je en m’agenouillant devant elle.Ses yeux s’ouvrent lentement. Ils brillent d’une lumière nouvelle, une lueur dorée et sombre à la fois. Elle me regarde comme si elle me voyait pour la première fois… et en un sens, c’est peut-être le cas.— O
ElyaLe crépitement du feu dans l’âtre projette des ombres dans la petite cabane de pierre où nous nous sommes réfugiés. L’air est lourd, saturé de tension et d’électricité. Assise sur un vieux fauteuil recouvert d’une peau de bête, j’observe Adrian et Caïn qui se font face, leurs silhouettes tendues comme deux prédateurs prêts à bondir.— C’est une folie, murmure Caïn, son regard sombre planté dans celui d’Adrian.Adrian esquisse un sourire froid, dévoilant brièvement le reflet de ses crocs.— Peut-être. Mais c’est la seule solution.— Vous pouvez arrêter de parler comme si je n’étais pas là ? dis-je, ma voix plus ferme que je ne l’aurais cru.Le regard d’Adrian glisse vers moi, doré, brûlant.— Tu ne comprends pas ce que cela implique, Elya.— Explique-moi alors.Adrian s’avance lentement vers moi, sa démarche féline et calculée. Lorsqu’il s’accroupit à ma hauteur, une mèche de cheveux noirs tombe devant son front. Il tend la main et effleure ma joue du bout des doigts, son contact
ElyaLe matin filtre à travers les rideaux de la chambre, une lumière pâle caressant ma peau alors que j’émerge lentement du sommeil. Mon corps est lourd, engourdi par la tension de la veille. Les visages d’Adrian et Caïn dansent encore dans mon esprit, leurs regards brûlants et leurs voix résonnant dans mon âme comme une mélodie envoûtante dont je ne peux me défaire.Je me redresse, repoussant les couvertures d’un geste las. Mon cœur bat trop vite. Ce n’est pas normal. Une vague d’énergie sombre pulse dans mes veines, comme une réponse à quelque chose de plus profond, de plus ancien.Un frisson me parcourt lorsque la porte de la chambre s’ouvre sans prévenir.— Tu es enfin réveillée.Adrian.Il est appuyé contre le cadre de la porte, les bras croisés, son regard doré perçant ma résistance fragile. Il porte une chemise sombre, ouverte au col, révélant un fragment de sa peau pâle. Il semble détendu, mais son aura est trop intense pour qu’il soit réellement calme.— Tu comptes rester là
ElyaLa nuit enveloppe la forêt d’un voile silencieux, seulement troublé par le bruissement des feuilles sous le vent nocturne. Mon cœur tambourine encore dans ma poitrine après l’intensité de cette journée, après l’affrontement silencieux entre Adrian et Caïn, après ces regards chargés d’émotions que je n’ose pas encore nommer.Je suis sortie prendre l’air, pensant calmer l’incendie qui couve en moi, mais je réalise rapidement mon erreur. Car à l’ombre des arbres, je sens une présence. Une énergie familière, troublante.— Tu es bien imprudente, murmure une voix grave derrière moi.Je me fige. Adrian.Avant même que je puisse répondre, il est là, tout près. Son corps se meut dans la nuit avec une grâce prédatrice, et lorsqu’il s’arrête à seulement quelques centimètres de moi, je retiens mon souffle. Son regard doré brille d’une intensité inquiétante, une faim maîtrisée, contenue de justesse.— Je pourrais te demander la même chose, rétorqué-je, tentant de masquer mon trouble.Il esqui
Ce matin-là, alors que le jour perçait timidement l'horizon, Elya sortit de sa chambre pour rejoindre ses compagnons. Le manoir où ils avaient trouvé refuge semblait paisible en apparence, mais elle savait que leur répit était éphémère. Une prophétie pesait sur elle, un lien d’âmes qui compliquait encore davantage sa situation.Dans la grande salle, Adrian était déjà installé, le regard perdu dans la contemplation de la lueur du jour filtrant à travers les vitraux. Il tourna la tête à son approche, un sourire léger aux lèvres.— Bien dormi ? demanda-t-il d’une voix suave.Elya haussa un sourcil, hésitant entre le sarcasme et l’honnêteté.— Si l’on peut appeler ça dormir…Avant qu’Adrian ne puisse répondre, une présence familière se manifesta derrière elle. Caïn. Son charisme sombre emplissait l’espace tandis qu’il avançait, un éclat moqueur dans les yeux.— Tu semblais bien agitée cette nuit, murmura-t-il, amusé.Elya croisa les bras sur sa poitrine, refusant de montrer le trouble qu’
HopeSon assurance, son charisme sombre, tout en lui semble conçu pour faire naître le doute et le désir dans le même battement de cœur.Mais je ne suis pas une proie.— Bonne nuit, Adrian.Je me détache de lui et reprends mon chemin, sentant encore son regard brûlant sur ma nuque.Lorsque j'atteins enfin ma chambre, un soupir m'échappe. Je ferme la porte derrière moi et me laisse glisser contre le bois massif. Trop d'émotions contradictoires s'entrechoquent en moi. La possessivité de Caïn, l'intensité d'Adrian, et ce feu grandissant en moi que je refuse encore de nommer.Je me redresse et me dirige vers le lit, bien décidée à trouver un peu de repos. Mais lorsque je tends la main vers la couverture, une brise légère soulève le rideau de la fenêtre ouverte.Et je le vois.Caïn est là, assis sur le rebord de la fenêtre, sa silhouette sculptée par la lumière lunaire. Un sourire amusé joue sur ses lèvres.— Tu es bien agitée ce soir, murmure-t-il en penchant la tête sur le côté.Je soupi