11: Les retrouvailles LE POINT DE VUE DE MAYA Je suis sortie en trombe de la chambre, laissant derrière moi une partie de moi-même que je n’aurais jamais imaginé briser auparavant. Mon cœur battait encore à tout rompre, non pas d’excitation, mais d’un mélange de honte, de soulagement et d’appréhension. L’enveloppe que je tenais entre mes doigts tremblants était bien plus lourde qu’elle ne l’aurait cru. La somme qu’elle contenait était énorme, bien qu’elle ne puisse encore couvrir toute ma dette envers Vargas. Mais c’était un début, un moyen d’apaiser temporairement la fureur de cet homme impitoyable.Je pressai le pas en direction du restaurant où Lina m’attendait toujours. Dès qu’elle croisa mon regard, elle comprit que je n’avais pas envie de parler. Lina se leva aussitôt, s’approcha de moi avec une douceur mêlée d’inquiétude.« Comment ça s’est passé ? » demanda-t-elle à voix basse, scrutant mon visage en quête d’indices.Je détournai le regard, incapable de formuler une réponse.
12: Tout ça pour une nuit LE POINT DE VUE DE MAYA La porte de l’appartement à peine refermée derrière nous, je me laisse tomber sur le canapé, exténuée. Lina me suit du regard, visiblement soucieuse. Sans un mot, j’ouvre mon sac et en sors l’enveloppe épaisse, la posant sur la table basse. L’odeur caractéristique du papier neuf s’élève alors que j’écarte les plis pour révéler les billets d’euros, impeccablement empilés. Lina écarquille les yeux, abasourdie par la somme.— Tout ça… pour juste quelques heures ? finit-elle par murmurer, encore sous le choc.Je hoche lentement la tête, incapable de formuler une réponse immédiate. Mon estomac se tord à la simple évocation de ces heures. Les mains d’un inconnu sur moi, sa peau contre la mienne, l’odeur de son parfum trop entêtant, son souffle chaud que je voulais fuir… J’ai fermé les yeux, me répétant sans cesse que tout cela était nécessaire, mais l’impression de m’être souillée demeure indélébile. Pourtant, l’argent est bien là, tangibl
13 : UN cœur apaiser Assise à son bureau, Maya laissa échapper un long soupir. La tension de son échange avec Vargas pesait encore lourd sur ses épaules. Elle savait qu’elle n’était pas encore tirée d’affaire, mais au moins, une partie du problème était réglée. Elle passa une main dans ses cheveux, essayant de chasser l’anxiété qui l’habitait depuis des jours. En cherchant un dossier dans son sac, ses doigts tombèrent sur un petit carton rigide. Elle le sortit, intriguée, avant que son cœur ne fasse un léger bond. La carte de visite d’Adrian. Elle l’avait complètement oubliée. Son regard s’attarda sur le nom imprimé en lettres élégantes. Adrian... L'homme qu’elle avait rencontré à un moment où tout semblait s’effondrer autour d’elle. Une rencontre simple, légère, loin de ses tourments. En y repensant, un faible sourire effleura ses lèvres. Cette conversation dans le restaurant lui avait apporté une bouffée d’air frais. Un moment où elle n’avait pas eu besoin de mentir, de séduire
14 : Les pizzas Je me tenais à côté d’Adrian, encore bercée par l’ambiance agréable de notre soirée. C’était étrange à quel point je me sentais bien en sa compagnie, comme si, pour quelques heures, j’avais pu oublier tous mes soucis. Mais la réalité me rattrapa bien vite lorsque nous sortîmes du restaurant. Il se faisait tard, et il était temps pour chacun de rentrer. J’attrapai mon téléphone pour appeler un taxi, mais avant même que je ne compose le numéro, Adrian secoua la tête. — Hors de question, dit-il avec assurance. Je vais te déposer. Je levai les yeux vers lui, un peu surprise par son ton. — Adrian… Ce n’est pas nécessaire. Je ne veux pas te déranger. Il croisa les bras, un sourire amusé sur les lèvres. — Maya, tu ne me déranges pas du tout. Monte. Il ouvrit la portière passager, me laissant une chance de refuser. J’hésitai. J’avais l’habitude de me débrouiller seule, de ne dépendre de personne. Pourtant, il y avait quelque chose chez Adrian, une douceur dans s
15 : la tempête LE POINT DE VUE DE MAYA J’ouvris la porte en grand, laissant Adrian entrer derrière moi. Dès que nous fîmes un pas à l’intérieur, la voix enjouée de Lina résonna dans le salon. — Ah, enfin ! J’ai cru que tu t’étais perdue en chemin ! Elle apparut dans l’encadrement de la cuisine et s’arrêta net en voyant Adrian. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement avant qu’un sourire curieux ne vienne étirer ses lèvres. — Lina, voici Adrian, un ami… Adrian, voici Lina, ma sœur. Adrian s’approcha d’elle et lui tendit la main avec son habituel sourire charmeur. — Enchanté, Lina. Maya m’a beaucoup parlé de toi. Je levai les yeux au ciel discrètement. C’était un pur mensonge, je n’avais jamais mentionné ma sœur… mais Lina, flattée, éclata de rire avant de lui serrer la main. — C’est un plaisir, Adrian. Alors, c’est toi qui as sauvé ma sœur d’une pause déjeuner ennuyeuse, hein ? Il me lança un regard amusé avant de répondre : — On peut dire ça comme ça. Je sentis mes
16 : soirée inattendue LE POINT DE VUE D'ADRIAN Je ne m’attendais pas à rester aussi longtemps. Franchement, je pensais juste la déposer, échanger encore quelques mots et rentrer tranquillement chez moi. Mais cette foutue pluie avait d’autres projets. Assis sur le canapé, je sentais l’humidité s’infiltrer peu à peu sous ma chemise. Ce n’était pas grand-chose, mais suffisant pour me donner des frissons. J’avais froid, mais je n’allais pas le dire à Maya. Pas question d’avoir l’air faible ou inconfortable. Alors, pour détourner mon attention, je laissai mon regard errer sur la pièce. C’était un petit espace, mais décoré avec goût. Tout était bien agencé, les couleurs douces, les lumières tamisées. Rien de tape-à-l'œil, juste… chaleureux. À l’image de Maya. Elle finit par briser le silence : — Tu veux t’allonger un peu ? Je tournai la tête vers elle. L’idée me tentait. Vraiment. Mais l’admettre aussi vite, ce serait comme reconnaître que j’étais à bout, que je voulais reste
17 : UN moment suspendu. le point de vue de Maya Quand je revins dans le salon, je trouvai Adrian toujours debout devant mon tableau préféré. Je ne pus m’empêcher de sourire. Il était totalement absorbé, comme s’il cherchait à en percer tous les secrets. Je pris la parole doucement, sans vouloir briser ce moment : "Elle est belle, n’est-ce pas ?" Il sursauta légèrement, puis répondit, sans détourner les yeux de la toile : "Elle est fascinante." Je m’approchai, un brin nostalgique. "Ce tableau a une histoire…" Alors, je lui racontai. J’évoquai l’artiste et son lien profond avec cette œuvre. Je décrivis l’émotion qui se dégageait de chaque coup de pinceau, la façon dont cette peinture me parlait, comme si elle me comprenait. Pendant que je parlais, Adrian resta immobile, totalement à l’écoute. Mais quelque chose changea quand je terminai mon récit. Il se retourna enfin vers moi, et je vis son regard s’arrêter net. Un léger trouble passa dans ses yeux. Au début, je
18: UN moment intense LE POINT DE VUE DE MAYAJe ne savais pas exactement ce qui se passait entre nous, mais je le sentais. Ce n’était pas juste le hasard de nos mains posées l’une sur l’autre. Ce n’était pas juste cette proximité inattendue. Il y avait quelque chose de plus profond, une tension invisible qui nous enveloppait et nous attirait l’un vers l’autre. Je levai les yeux vers Adrian. Il me regardait aussi, ses pupilles légèrement dilatées, comme s’il était lui aussi perdu dans cette sensation étrange et enivrante. Pourquoi ce regard me troublait-il autant ? Je cherchais une réponse, mais je n’en trouvais aucune. Je n’en voulais peut-être pas. Le silence entre nous devint presque pesant, trop chargé d’émotions et de désirs non formulés. Il fallait briser cette attente, ce moment suspendu qui me donnait le vertige. Alors, sans réfléchir, je me rapprochai. Je sentis mon souffle se mélanger au sien avant que mes lèvres ne trouvent enfin les siennes. C’était doux. Puis inte
32: Les lames de mayaLE POINT DE VUE DE MAYA Je suis restée assise là, dans le noir, le regard vide. Ma robe de mariée froissée autour de moi, témoin silencieux du désastre que j’avais provoqué. J’avais tout gâché. Je laissai échapper un rire amer. "Gâché" était un mot trop faible pour ce que je venais de faire. J’avais détruit la plus belle chose qui m’était arrivée. Et le pire, c’est que je n’avais même pas le droit d’être en colère contre quelqu’un d’autre que moi-même. C’était ma faute. Je fermai les yeux, mais l’image d’Adrian, debout devant l’autel, perdu, brisé, me revenait en boucle. Son regard blessé, sa mâchoire serrée sous le choc, le silence assourdissant qui avait suivi mon départ précipité… J’avais fui. Comme une lâche. J’avais fui l’amour de ma vie le jour même où j’étais censée lui promettre l’éternité. Mes mains tremblaient alors que je les portai à mon visage. J’avais tout perdu en un instant. Et la douleur était insupportable. Une vague de rage m’envahit sou
31: UN AMOUR Brisé LE POINT DE VUE D'ADRIAN Je n’avais pris que quelques affaires, jetées au hasard dans un sac de voyage. Mon téléphone vibrait encore quand j’ai claqué la porte de l’appartement, mais je n’ai pas regardé l’écran. Je savais que c’était Maya. Son prénom s’affichait en boucle dans mon esprit, et pourtant, je ne pouvais pas lui répondre. Pas maintenant. Je roulais sans destination précise, les mains crispées sur le volant. L’adrénaline du choc s’était dissipée, laissant place à un vide immense. Comment avais-je pu être aussi aveugle ? Pendant tout ce temps, j’avais cru connaître chaque facette de Maya, ses blessures, ses combats… Et voilà que son passé m’éclatait au visage, me prouvant que je ne savais pas tout. Après plusieurs heures, je me suis arrêté devant un vieux chalet en bois, perdu au milieu de la forêt. L’endroit appartenait à un ami, un refuge silencieux où personne ne viendrait me chercher. J’avais besoin de solitude. Besoin d’air. Je suis resté debou
30: Mon passé me rattrape. LE POINT DE VUE DE MAYA Mon souffle se bloque. — Adrian… qui est l’homme assis près de ta mère ? Ma voix est faible, brisée par la panique qui monte en moi comme une vague incontrôlable. Adrian tourne brièvement la tête et répond sans se douter de l’ouragan qui s’abat sur moi. — C’est mon père, Éric. Le sol se dérobe sous mes pieds. Mon pire cauchemar vient de prendre vie, ici, devant tous ces invités, au moment où je m’apprête à unir ma vie à celle d’Adrian. Mon esprit explose de pensées chaotiques. Mon cœur bat si fort que je crois qu’il va se briser en mille morceaux. Je veux fuir. Je ne peux pas me marier en cachant un mensonge aussi énorme. Je ne peux pas prononcer mes vœux alors que mon passé vient de s’inviter brutalement dans mon présent. Je lâche mon bouquet. Mes jambes se mettent à courir d’elles-mêmes, comme si elles avaient compris avant moi que je ne pouvais pas rester. — Maya ! J’entends la voix d’Adrian derrière moi, emplie d
29: Le mariageLE POINT DE VUE D'ADRIAN Aujourd’hui était un grand jour. Mon mariage. Celui où je scellerais mon engagement avec Maya, la femme qui avait changé ma vie. Pourtant, alors que je me tenais devant le miroir, ajustant mon costume, je ressentais un mélange d’excitation et de nervosité.Derrière moi, mes amis riaient et plaisantaient. Ils ne tenaient plus en place, aussi heureux que moqueurs.— Adrian, c’est fini les petites filles pour toi ! lança l’un d’eux avec un large sourire.— Ouais, les relations sans lendemain, c’est du passé, aujourd’hui tu rentres dans la cour des grands, ajouta un autre.— Moi, je ne suis pas prêt pour ça ! dit Max en s’affalant sur une chaise. Il leva les mains en l’air. Se caser ? Laisser toutes ces belles femmes derrière moi ? Non, merci !Tout le monde éclata de rire, y compris moi. Je secouai la tête en terminant d’ajuster ma cravate.— T’en fais pas, Max, répondis-je en souriant. Le jour où tu trouveras la bonne, tu comprendras.Il haussa u
28: Le Compte à Rebours Avant le MariageL’organisation du mariage avançait à une vitesse folle, et chaque jour me rapprochait un peu plus du moment où je dirais "oui" à l’homme que j’aimais. Adrian et moi avions enfin trouvé le lieu parfait : un magnifique domaine au bord de la mer, avec une vue imprenable sur l’horizon. Dès notre première visite, j’avais su que c’était ici que nous devions nous unir. — "Tu imagines le coucher de soleil en arrière-plan pendant qu’on échange nos vœux ?" avais-je dit, émerveillée. Adrian, debout à côté de moi, m’avait serrée contre lui, son regard pétillant d’amour. — "Je n’imagine pas, je le vois déjà. Ce sera magique, comme toi." Chaque détail était important, et Lina s’investissait autant que moi, peut-être même plus. Elle était devenue mon bras droit dans cette aventure, débordante d’énergie et d’idées. Nous passions des soirées entières à choisir la décoration, à tester les associations de couleurs et de fleurs. — "Du blanc et du doré
27: L'Annonce Officielle LE POINT DE VUE DE MAYA Lorsque j'ai ouvert la porte du restaurant privatisé pour l’occasion, une vague d’émotions m’a envahie. La lumière tamisée, les tables joliment décorées de fleurs blanches et dorées, l’odeur enivrante des plats en préparation… Tout était parfait. Adrian avait vraiment mis tout son cœur pour organiser ce moment, et je me suis sentie profondément chanceuse de l’avoir à mes côtés. Nos proches étaient déjà installés autour d’une grande table rectangulaire. Ma mère discutait joyeusement avec la mère d’Adrian, comme si elles se connaissaient depuis toujours. Le père de Adrian était, durant toute notre relation j'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer. Il me disait que c'était un homme assez occupé et que c'était pour cela qu'ils ne s'entendaient jamais. Lina, ma sœur, trépignait d’impatience, un sourire malicieux au coin des lèvres. Quant à Adrian, il rayonnait, son regard empli d’une tendresse qui me faisait fondre à chaque fois que n
26: "Oui, je le veux ! "Le matin s’annonçait doux et paisible, baigné d’une lumière dorée qui filtrait à travers les rideaux. Adrian ouvrit lentement les yeux, son premier réflexe étant de chercher Maya à ses côtés. Elle dormait encore, son souffle léger soulevant doucement la couverture. Un sourire tendre s’étira sur ses lèvres. Chaque jour passé à ses côtés était un cadeau, une douceur à laquelle il s’était habitué et dont il ne voulait jamais se défaire.Délicatement, il effleura sa joue du bout des doigts, la regardant avec amour. Maya remua légèrement, puis ouvrit lentement les yeux, un sourire ensommeillé illuminant son visage.« Bonjour, belle endormie, » murmura-t-il d’une voix douce.Elle s’étira paresseusement avant de venir nicher son visage dans le creux de son cou. « Mmmh, encore cinq minutes… » chuchota-t-elle contre sa peau.Adrian rit doucement et l’embrassa sur le front. « Si on veut éviter d’arriver en retard, il va falloir se lever. »Maya grogna en signe de protes
25 : La démission LE POINT DE VUE DE Maya Je me tiens devant la porte de Vargas, mon cœur battant un peu trop vite sous l'effet de l'appréhension. Ce bureau, je l’ai fréquenté plus que je ne l’aurais voulu, et chaque fois que j’y entrais, un malaise s’insinuait en moi. Aujourd’hui ne fait pas exception, mais cette fois, c’est différent. Cette fois, je viens pour tourner la page.J’inspire profondément avant de frapper. Une voix grave et autoritaire m’invite à entrer. Vargas est assis derrière son grand bureau en acajou, un dossier entre les mains, le regard concentré. La lumière tamisée de la pièce et l’odeur persistante de son cigare créent une ambiance pesante. Les murs sont ornés de tableaux luxueux, et une grande baie vitrée offre une vue panoramique sur la ville. Ce décor qui autrefois m’intimidait me semble aujourd’hui insignifiant.Je m’avance, posant lentement une enveloppe sur son bureau. Il lève enfin les yeux vers moi, ses sourcils se froncent légèrement.— C’est quoi, ça
24 : UN soutient inattendu La douceur du moment enveloppait Maya comme une étreinte invisible, un souffle chaud contre sa peau. La lumière tamisée projetait des ombres douces sur les murs, donnant à la pièce une ambiance feutrée et intime. Adrian, assis près d’elle, la regardait avec cette intensité qui faisait frissonner chaque parcelle de son être.Il glissa doucement ses doigts sur son bras, un frisson la parcourut. Maya leva les yeux vers lui, capturant son regard profond où dansaient mille émotions. Sans un mot, elle posa sa main sur sa joue, effleurant sa peau du bout des doigts. Il ferma les paupières un instant, savourant la tendresse de ce geste. Puis, lentement, leurs visages se rapprochèrent jusqu’à ce que leurs souffles se mêlent. Le premier contact fut une caresse hésitante, puis une étreinte plus affirmée, leurs lèvres s’abandonnant l’une à l’autre avec une douceur affamée.Les battements du cœur de Maya s’accélérèrent lorsque les mains d’Adrian glissèrent sur ses hanch