Quelques heures plus tard, alors que je tente en vain de calmer mon esprit, le téléphone vibre brusquement. C’est Luna. Une mauvaise intuition me traverse.
Je décroche immédiatement.
— Chef, il y a un problème, commence-t-elle sans détours, son ton sec et professionnel. Nous avons repéré un homme suspect qui suivait Juliette pendant sa sortie shopping.
Mon estomac se noue à ses mots. Je le savais.
— Explique-moi. Que s’est-il passé exactement ?
— Il a commencé à les suivre dès qu'elles ont quitté l’hôtel, dit-elle, évoquant Juliette et sa voisine. Nos hommes l’ont remarqué tout de suite. Il gardait ses distances, mais il ne les lâchait pas d’une semelle, passant d’une boutique à l’autre sans jamais les quitter des yeux. Nous avons tenté de l’approcher discrètement, mais il a disparu dans la foule avant que nous ne puissions le confronter.
Disparu ? Mon pouls s’accélère. Ce genre d’individus ne disparaît pas par hasard. S’il a pu les suivre sans se faire repérer au départ, c’est qu’il savait précisément ce qu’il faisait.
— Et vous n’avez rien sur lui ? Pas un visage, pas un nom ? demandé-je, ma voix plus tendue que je ne le voudrais.
— Pas encore, chef. Nos hommes ont récupéré des images des caméras de surveillance. Je les analyse en ce moment. Il doit bien avoir laissé une trace quelque part.
Je serre le téléphone si fort que mes doigts en blanchissent. Tout cela est de ma faute. Si Juliette est devenue une cible, c’est uniquement parce qu’elle m’a sauvé. Ils l’utilisent pour m’atteindre, et je suis encore trop faible pour m'en occuper moi-même.
— Continue de chercher. Je veux un nom et une localisation. Rapidement, ajouté-je, le ton glacial. Et double la surveillance. Je veux que chaque mouvement de cet homme soit suivi de près s'il réapparaît.
— Bien sûr, chef. On ne la quitte pas des yeux.
Je raccroche, mais le nœud dans ma poitrine ne disparaît pas. Cet homme savait. Il savait qui elle était.
Je me lève difficilement, sentant la douleur irradier de ma blessure. Chaque jour passé sans action directe rend la situation plus critique. Mais je ne peux rien faire dans cet état. Pas encore. Je me tourne vers la baie vitrée, fixant l’horizon sans vraiment le voir. L’image de Juliette, insouciante, déambulant dans les rues, me hante.
Ils savent qu’elle m’a sauvé la vie, qu’elle est ma dette, et ils comptent l’utiliser pour m’atteindre. Je frappe du poing contre le cadre de la baie vitrée, une douleur fulgurante traverse mon abdomen, me rappelant que la situation est devenue critique.
Je dois la ramener près de moi, le plus vite possible.
Je me prépare rapidement, ne supportant plus d'être enfermé dans cette chambre. Mes ennemis guettent, prêts à saisir la moindre faiblesse. Ils n’ignorent rien, et cette fois, au-delà de mes blessures physiques, j’ai quelqu'un à protéger, quelqu'un qui compte plus que tout.
Je ne laisse jamais ce genre de faiblesse s’installer dans ma vie. D’ordinaire, je résous rapidement ce genre de problèmes avant qu'ils ne s’aggravent, mais cette fois-ci, la situation est plus complexe. Je dois agir avec prudence, car il en va de la vie de Juliette.
Mon téléphone retentit à nouveau alors que je suis absorbé par mes dossiers au bureau. Le silence feutré de la pièce est brisé par une sonnerie insistante.
— Monsieur Takahashi
— Kaito-sama, je suis soulagé de vous savoir en vie.
Je serre les dents, mes mâchoires s’ankylosant sous la pression. J’essaie de maîtriser ma voix, mais la tension est palpable.
— Je suis profondément navré pour ce qui s’est passé sur votre yacht ce soir. Je suis prêt à tout pour réparer cette erreur.
— Une erreur ? J’ai failli perdre la vie ! Mon ton monte d’un cran, trahissant ma colère contenue. Chaque mot semble peser lourd dans l’air.
— Je vous en prie, laissez-moi venir vous voir au plus vite. Cette situation exige un entretien en face à face, et je ne peux pas me permettre d'attendre plus longtemps.
Le silence s’installe, chargé de menace. Je sais qu’il doit comprendre la gravité de la situation. Les enjeux sont trop élevés pour que je laisse passer cela.
— Je descends bientôt au Japon. Je vous contacterai dès mon arrivée.
— Je comprends, dit-il, la voix empreinte de résignation.
Il sait que c’est moi qui dicterai les règles. C'est moi qui aurai le dernier mot dorénavant.
Mon esprit ne peut s’empêcher de revenir à cette maudite soirée. Les images défilent dans ma tête, me rappelant chaque détail, chaque mot. Une colère sourde monte en moi, et mes poings se serrent jusqu’à blanchir mes jointures. La rage couve, brûlante, impossible à étouffer.
Plus tard j’apprends que Juliette passe la soirée chez sa voisine, cette femme est beaucoup trop intrusive à mon goût, mais au moins, elle n’est pas seule. C’est la seule chose qui me rassure un peu
Je prends une longue inspiration, lorsque la voix du médecin me ramène brutalement à la réalité.
— Vos points de suture ne tiendront pas si vous continuez comme ça. Vous prenez vos antidouleurs ?
— Pas toujours. Ils m’engourdissent trop. J’ai besoin d’être lucide. La douleur, au moins, me rappelle que je suis encore en vie.
Le médecin hoche la tête. Il sait qu’il ne me fera pas changer d’avis.
Une fois parti, je me prépare. M’habiller devient une véritable épreuve, chaque mouvement tirant sur ma blessure. Pourtant, après un long moment, j’y parviens enfin.
— Prépare une voiture, on sort, ordonné-je à Ichida, qui dévore ses nouilles dans la cuisine.
— Oui… oui, chef ! Il se lève précipitamment, manquant de tout renverser.
— Je veux deux autres voitures, quatre hommes armés dans chacune. On va rendre visite à quelqu’un.
Ichida fronce les sourcils.
— Ça risque de dégénérer ?
— Tout dépendra d’eux.
Le Club
L’un des établissements les plus réputés de la ville. La musique vibre jusque dans la rue, étouffée par l’épaisseur des murs. Devant l’entrée, deux colosses nous barrent aussitôt la route.
— Vous ne pouvez pas entrer comme ça, lance l’un d’eux, impassible.
Ichida esquisse un sourire narquois.
— Tu veux parier ?
— Ichida. On fait les choses dans les règles, dis-je avec un brin de malice.
Il recule, comprenant immédiatement le message.
— Qui dois-je annoncer ? demande l’un des gardes.
— Kaito, du clan Yamaguchi.
Le nom fait l’effet d’un coup de tonnerre. L’homme blêmit légèrement avant de s’écarter.
— M-Monsieur… veuillez entrer. Mon maître va vous recevoir.
J’avance, Ichida à mes côtés, tandis que mes hommes restent en arrière, postés à l’entrée. À l’intérieur, la musique assourdissante s’atténue peu à peu tandis que nous sommes escortés vers un bureau à l’arrière du club. Avant d’entrer, on nous désarme.
L’homme que je viens voir est déjà installé derrière son bureau, un sourire trop large sur le visage.
— Kaito-sama, mon ami ! Tu es en vie, quel soulagement !
— Pas besoin de jouer la comédie Renji..
— Qu’est-ce que tu insinues ? fait-il, l’air faussement offensé.
Je m’approche, plantant mon regard dans le sien.
— Laisse cette jeune femme tranquille. Tu n’obtiendras rien d’elle. Elle m’a sauvé la vie, je l’ai récompensée. L’histoire s’arrête là.
Il hausse un sourcil, amusé.
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— Ne fais pas l’idiot… Les caméras ont filmé un de tes hommes en train de s’introduire chez elle.
Son sourire s’étire un peu plus.
— Ah… alors tu la surveilles ? Intéressant.
— La nouvelle de ta tentative de meurtre a fait le tour du milieu. On voulait juste s’assurer que…
— Que j’étais mort ?
— Que tu étais en vie et en pleine forme, mon ami, dit-il avec un rire feint. Mais au fond, je vois bien qu’il n’est pas aussi détendu qu’il le prétend.
Je me penche légèrement, baissant la voix.
— Tu donnes immédiatement l’ordre à tes hommes d’arrêter de rôder autour d’elle, si tu veux que cette affaire reste… en bonne santé. Tu sais très bien que j’ai un contrôle absolu sur la ville et sur les différents trafiques dans tout le secteur. Je pourrais te faire fermer boutique en quelques minutes. Alors arrête de jouer au malin.
Son sourire disparaît.
— Je comprends… Je vais donner l’ordre.
Il compose un numéro et porte le téléphone à son oreille.
— Le haut-parleur, exigé-je.
Il hésite, puis obéit. Le téléphone sonne trois fois avant qu’une voix grave ne réponde.
— Annule l’opération de la plage. Plus personne ne doit approcher cette femme.
— Mais monsieur, nous…
— C’est un ordre, abruti ! Ne discute pas !
Silence. Puis une réponse brève.
— Bien reçu.
Je m’appuie contre le bureau, laissant planer un instant de tension.
— J’espère que c’est bien clair. Parce que la prochaine fois… ce ne sera pas une simple visite de courtoisie.
Il acquiesce, un sourire crispé aux lèvres.
Je me redresse et tourne les talons.
— On y va, lancé-je à Ichida.
- Surveille-le, je n’ai aucune confiance en lui ni en qui que ce soit d’ailleurs, ils sont tous comme des chiens enragés en ce moment ils ont l’occasion de m’atteindre, il faut être plus rapide et plus malin.
- Oui chef, vous pouvez compter sur moi.
Je choisis une petite robe noir pailleté qui met en valeur ma silhouette, accompagnée d’une paire d’escarpins assortis et d’une pochette noir mat. Pour un effet naturel, je me maquille légèrement, soulignant mes yeux avec un peu de mascara et mes lèvres avec une touche de gloss. J’attache mes cheveux en une queue de cheval simple, mais élégante.De son côté, Jennifer a opté pour un haut rose pâle, sexy avec son dos nu et une mini-jupe blanche qui met en valeur ses jambes. Son maquillage est plus audacieux, avec des couleurs vives et scintillantes qui rappellent l’ambiance d’une soirée disco. Elle a l’air ravissante, prête à faire sensation.Une fois prêtes, nous nous regardons dans le miroir, satisfaites de notre apparence.— Tu es magnifique, Juliette. Il te manque juste un petit quelque chose. Elle tend la main pour enlever mon collier en argent, mais je recule légèrement pour l’en empêcher.— Non, je préfère le garder. C’est un cadeau de ma mère.— Oh, d’accord. Désolée, je ne sava
Posté sur le toit d’un bâtiment adjacent, à environ deux cents mètres de la villa de Diego, je domine la propriété avec une vue dégagée sur l’ensemble du domaine. D’ici, j’ai une ligne de tir presque parfaite sur la majorité des accès : l’entrée principale, les baies vitrées du salon et une partie des couloirs du premier étage.Mon fusil repose sur un trépied ajustable, stabilisé par une plaque de fixation ancrée dans la structure métallique du toit. J’utilise un Barrett MRAD, un fusil de précision modulaire conçu pour les opérations longue distance. Chambré en .338 Lapua Magnum, il offre une portée effective bien au-delà de ce dont j’ai besoin ce soir. Avec une lunette Nightforce ATACR 7-35x56, je peux observer le moindre mouvement derrière les vitres sans être détecté.L’atout majeur reste mon système d’écoute directionnelle. Un micro parabolique Telinga PRO-9 capte les conversations à l’intérieur de la villa avec une clarté suffisante pour distinguer les voix malgré le bruit ambian
Je m’éveille dans une ravissante chambre à coucher, baignée d’une ambiance bohème où se mêlent les tons délicats du blanc cassé et du marron. Diego est assis sur une chaise à proximité du lit, son visage arborant une expression sérieuse.— Juliette, comment te sens-tu ? Son regard se pose sur moi, empreint de préoccupation.— J’ai un affreux mal de tête. J’essaie de m’asseoir avec précaution.— Le médecin est passé, tu as perdu connaissance à cause du choc.— Je suis désolée de t’avoir causé autant d’ennuis. Je lui dis, remplie de remords.— Ne dis pas de bêtises. Juliette, ce n’est peut-être pas le moment, mais j’ai remarqué la bague autour de ton cou. Il me fixe attentivement.— Tu sais quelque chose à propos de cette bague ? Je la cherche du bout des doigts, inquiète.— Tu dois me révéler qui te l’a donnée en premier. Insiste-t-il.— Désolée, je ne peux pas. J’ai fait une promesse. Je réponds avec réticence.— Je respecte ta loyauté, mais sache que cette bague porte le symbole d’un
Ce matin, sortir du lit relève de l’exploit. Une multitude de questions sans réponses m’ont torturée toute la nuit. Dois-je appeler la police ? L’idée tourne en boucle dans ma tête, mais chaque fois que j’y réfléchis, les conséquences me semblent insurmontables : les interrogatoires interminables, l’agitation, les regards qui scrutent tout. Et si Diego a raison à propos de la mafia japonaise, alors je risque de déclencher quelque chose de bien pire qu’une enquête policière.Je chasse ces pensées en plongeant dans la piscine de l’hôtel. L’eau froide mord ma peau, mais l’effet est immédiat : mes idées se clarifient, ou du moins, elles se calment un instant. Après une longue nage, je prends un petit-déjeuner léger accompagné d’une tasse de café noir. L’amertume du café s’accorde parfaitement avec mon état d’esprit.Vers midi, Jennifer débarque chez moi, comme à son habitude ces derniers jours. Ses yeux trahissent son inquiétude, mais je ne suis pas d’humeur à la gérer.— Comment te sens-
Une semaine s’écoule. Les hommes de sécurité continuent de faire leur travail dans l’ombre, presque invisibles, mais leur présence me rappelle sans cesse que ma vie a pris un tournant étrange, voire dangereux. Diego, quant à lui, reste introuvable. Jennifer m’a vaguement parlé d’un voyage d’affaires, mais je n’ai pas cherché à en savoir plus. De toute façon, j’ai décidé de prendre mes distances avec lui.Je tente de reprendre le cours normal de ma vie. Enfin… « normal » est un grand mot. Maintenant, je dois composer avec une amie un peu trop collante et, accessoirement, des yakuzas à mes trousses.Jennifer, justement, n’a pas lâché l’affaire. Toute la semaine, elle a insisté pour que je l’accompagne dans le club le plus sélect de l’île, un lieu qu’elle fréquente avec une régularité presque religieuse. J’ai résisté autant que j’ai pu, mais elle a fini par m’avoir à l’usure.— Allez, Juliette, tu ne peux pas rester enfermée éternellement, m’avait-elle lancé avec son sourire pétillant.E
Je traverse la grande salle d’un pas déterminé, mon regard froid balayant la foule insouciante. La musique vibre contre les murs, les corps se mêlent sur la piste de danse, inconscients du poids des décisions qui se prennent bien au-dessus de leurs têtes.Juliette marche à mes côtés, silencieuse. Je sens sa confusion, sa peur, même si elle tente de masquer son malaise sous une façade d’indifférence. Elle a raison de se méfier. Ce monde n’est pas le sien.Nous montons les escaliers qui mènent à l’étage. À travers les vitres du couloir, la vue plongeante sur la fête en contrebas contraste avec la tension qui plane entre nous. Chaque pas nous éloigne un peu plus de cette illusion de normalité.Devant une porte discrète, deux de mes hommes montent la garde, impassibles. Leurs regards se posent brièvement sur Juliette, et je n’aime pas l’éclat amusé qui traverse leurs yeux.— Vous avez un problème ? dis-je d’un ton glacial.Ils se redressent aussitôt. L’un d’eux ouvre la porte.— Entrez, o
A mon réveille une douleur sourde pulse dans mon crâne, me ramenant lentement à la réalité. Mon corps s’enfonce dans un lit spacieux, enveloppé de draps d’un blanc immaculé. Un voilage délicat danse légèrement sous la brise qui s’infiltre par une fenêtre entrouverte. Tout semble paisible. Trop paisible.Puis, les souvenirs reviennent en rafale.La soirée au club.Le bureau de Kaito.Son regard glacial.Son emprise sur moi.Mon cœur s’emballe brutalement.Je me redresse d’un coup, mais une vague de nausée me coupe net dans mon élan. Mon estomac se tord, mes muscles sont engourdis. L’air me manque, et ma respiration devient saccadée.— Putain…Je me prends la tête entre les mains, inspirant profondément pour calmer le chaos qui gronde en moi. Mais la colère monte, violente et brûlante.— Qu’est-ce que c’est que ce délire ?!Mes yeux balaient la pièce. Luxueuse. Trop luxueuse. Et surtout… inconnue.Un frisson glacé me parcourt lorsque je remarque ma tenue. Une nuisette.— Putain, je vais
Au réveil, je découvre une liseuse et un téléphone portable flambant neufs, déposés avec délicatesse sur ma table de nuit. En me levant, je me dirige vers le dressing et découvre un spectacle impressionnant. Les étagères sont remplies de vêtements, de chaussures et d’une variété d’accessoires et de bijoux. C’est comme si quelqu’un avait pris le temps de sélectionner chaque pièce en fonction de mes goûts et de mes besoins. Je suis émerveillée par la diversité des choix qui s’offrent à moi.Après une douche rafraîchissante, je me demande quelle tenue choisir parmi toutes les options qui s’offrent à moi. Finalement, je décide d’opter pour une chemise blanche impeccablement repassée, associée à un jean noir classique qui met en valeur ma silhouette. Je complète mon look avec une paire de baskets confortables, ajoutant une touche décontractée à l’ensemble. C’est un choix basique, mais efficace.Au moment où je me prépare à sortir, Luna entre dans ma chambre sans même frapper à la porte.—
Il s’en va en refermant les portes coulissantes, ignorant mes protestations.— Vous devez vous calmer, ce comportement n’est pas digne d’une jeune femme comme vous. Balance-t-elle d’un ton hautain.— Digne ou pas, je n’en ai rien à foutre ! Que s’est-il passé pour qu’il me traite de la sorte ?— Ce soir, nous accueillons une personne d’une grande importance, et le rendez-vous chez la conseillère en image avait pour but de vous préparer en conséquence.— Qui est cette personne ?— Le doyen du clan Inagawa monsieur Makoto Inagawa. Kaito le respecte énormément et voulait te présenter officiellement à notre famille.— Et j’ai besoin d’une conseillère en image pour ça ?— Tu… Vous ne connaissez rien de nos coutumes, de notre culture, de notre façon d’être... vous allez vous ridiculisez et ridiculiser Kaito sama. Balance-t-elle le regard noir.— Tu peux me tutoyer. Je m’assois par terre, épuisée. Désolée, je ne savais pas que c’était aussi important. Essayons de rectifier le tir, dis-moi ce
Juliette arrive enfin. Dès que je pose les yeux sur elle, une tension glaciale s’installe entre nous, aussi tranchante qu’une lame de rasoir. Mon visage reste impassible, figé dans un masque de contrôle, mais en moi, la colère bouillonne, sourde, grondante, prête à exploser. Je croise les bras, crispant légèrement les doigts contre mes biceps, et je l’observe avec une minutie froide. Chaque mouvement, chaque battement de cils, chaque respiration est passé au crible.Son absence a déjà causé trop de complications.— Où étais-tu ?Ma voix fend l'air comme une lame affûtée. Pas un mot de plus. Juste cette question, sèche, implacable.Juliette relève le menton, défiant l’orage qui menace de s’abattre sur elle. Son regard accroche le mien, brûlant d’une insolence contenue.— Quel est le problème ?Son ton est sec, presque moqueur. Une provocation.Je serre les dents, ma mâchoire se contracte. L’agacement pulse dans mes tempes, une rage froide, calculatrice. À mes côtés, Luna croise les bra
Une fois au sol, trois Mercedes noires nous attendent. Nous prenons place dans celle du milieu. Luna s’installe près du conducteur tandis que Kaito s’assied près de moi. Alors qu’ils plongent dans leurs agendas et ordinateurs portables, je me contente de contempler la vue à travers la vitre teintée. Les rues paisibles du matin défilent devant mes yeux, témoignant d’une propreté impressionnante.Le paysage urbain se révèle à moi dans toute sa splendeur. Les buildings majestueux se dressent fièrement, reflétant les rayons du soleil naissant. Les passants se déplacent avec une certaine grâce et les boutiques dévoilent des devantures élégantes. Tokyo dégage une atmosphère unique, où modernité et tradition se côtoient harmonieusement.La voiture achève son trajet devant une magnifique bâtisse traditionnelle nichée dans un quartier paisible de Tokyo. À peine le véhicule garé devant l’entrée, une horde d’hommes en costumes noirs se précipite pour nous ouvrir les portières. Dans un ballet har
À vingt heures précises, l’avion privé entame son ascension vers Tokyo. Kaito succombe rapidement au sommeil, tandis que Luna reste absorbée par son ordinateur portable, me laissant dans l’indifférence, une situation qui, je dois l’admettre, me convient parfaitement.Malgré tout le confort offert, les voyages en avion ne parviennent pas à conquérir mon appréciation. De plus, ma nouvelle liseuse ne me satisfait guère. Trop moderne, trop imposante, trop onéreuse, elle semble étrangement dépourvue d’âme. Il peut paraître futile, mais il m’arrive de m’attacher aux objets, allant même jusqu’à leur attribuer des noms. La liseuse que j’ai égarée était un véritable bijou technologique, acquise avec mon tout premier salaire. Je finis par abandonner ma lecture pour me plonger dans la musique.Quelques minutes plus tard, l’hôtesse réapparaît pour s’assurer de notre bien-être à bord. Elle me propose un verre de vin, que j’accepte volontiers pour me détendre. Cependant, je ne m’arrête pas à un sim
La nuit est dense, étouffante. Loin de la ville, il n’y a que le silence et l’obscurité qui s’étirent à perte de vue. Pas de circulation, pas de néons, juste le bruissement des feuilles sous la brise et le clapotis discret d’une fontaine dans le jardin. Ici, dans ma villa, perchée loin de tout, personne n’entend les cris.Sous la lumière tamisée des lampes extérieures, l’homme est agenouillé, la tête basse, les poignets bien attachés dans son dos. Son crâne luit d’un mélange de sang et de vin rouge, vestige de la bouteille que j’ai brisée sur lui quelques minutes plus tôt. À ses pieds, des éclats de verre scintillent sur le carrelage clair, parmi les taches sombres qui s’étendent lentement.Il halète légèrement, le souffle saccadé, mais il ne dit rien. Il sait qu’il a merdé. Il sait que la suite ne dépend plus de lui.Je croise les bras et l’observe en silence. Derrière moi, cinq de mes hommes attendent, immobiles, leurs silhouettes fondant dans l’ombre. Ils n’ont pas besoin d’instru
Au réveil, je découvre une liseuse et un téléphone portable flambant neufs, déposés avec délicatesse sur ma table de nuit. En me levant, je me dirige vers le dressing et découvre un spectacle impressionnant. Les étagères sont remplies de vêtements, de chaussures et d’une variété d’accessoires et de bijoux. C’est comme si quelqu’un avait pris le temps de sélectionner chaque pièce en fonction de mes goûts et de mes besoins. Je suis émerveillée par la diversité des choix qui s’offrent à moi.Après une douche rafraîchissante, je me demande quelle tenue choisir parmi toutes les options qui s’offrent à moi. Finalement, je décide d’opter pour une chemise blanche impeccablement repassée, associée à un jean noir classique qui met en valeur ma silhouette. Je complète mon look avec une paire de baskets confortables, ajoutant une touche décontractée à l’ensemble. C’est un choix basique, mais efficace.Au moment où je me prépare à sortir, Luna entre dans ma chambre sans même frapper à la porte.—
A mon réveille une douleur sourde pulse dans mon crâne, me ramenant lentement à la réalité. Mon corps s’enfonce dans un lit spacieux, enveloppé de draps d’un blanc immaculé. Un voilage délicat danse légèrement sous la brise qui s’infiltre par une fenêtre entrouverte. Tout semble paisible. Trop paisible.Puis, les souvenirs reviennent en rafale.La soirée au club.Le bureau de Kaito.Son regard glacial.Son emprise sur moi.Mon cœur s’emballe brutalement.Je me redresse d’un coup, mais une vague de nausée me coupe net dans mon élan. Mon estomac se tord, mes muscles sont engourdis. L’air me manque, et ma respiration devient saccadée.— Putain…Je me prends la tête entre les mains, inspirant profondément pour calmer le chaos qui gronde en moi. Mais la colère monte, violente et brûlante.— Qu’est-ce que c’est que ce délire ?!Mes yeux balaient la pièce. Luxueuse. Trop luxueuse. Et surtout… inconnue.Un frisson glacé me parcourt lorsque je remarque ma tenue. Une nuisette.— Putain, je vais
Je traverse la grande salle d’un pas déterminé, mon regard froid balayant la foule insouciante. La musique vibre contre les murs, les corps se mêlent sur la piste de danse, inconscients du poids des décisions qui se prennent bien au-dessus de leurs têtes.Juliette marche à mes côtés, silencieuse. Je sens sa confusion, sa peur, même si elle tente de masquer son malaise sous une façade d’indifférence. Elle a raison de se méfier. Ce monde n’est pas le sien.Nous montons les escaliers qui mènent à l’étage. À travers les vitres du couloir, la vue plongeante sur la fête en contrebas contraste avec la tension qui plane entre nous. Chaque pas nous éloigne un peu plus de cette illusion de normalité.Devant une porte discrète, deux de mes hommes montent la garde, impassibles. Leurs regards se posent brièvement sur Juliette, et je n’aime pas l’éclat amusé qui traverse leurs yeux.— Vous avez un problème ? dis-je d’un ton glacial.Ils se redressent aussitôt. L’un d’eux ouvre la porte.— Entrez, o
Une semaine s’écoule. Les hommes de sécurité continuent de faire leur travail dans l’ombre, presque invisibles, mais leur présence me rappelle sans cesse que ma vie a pris un tournant étrange, voire dangereux. Diego, quant à lui, reste introuvable. Jennifer m’a vaguement parlé d’un voyage d’affaires, mais je n’ai pas cherché à en savoir plus. De toute façon, j’ai décidé de prendre mes distances avec lui.Je tente de reprendre le cours normal de ma vie. Enfin… « normal » est un grand mot. Maintenant, je dois composer avec une amie un peu trop collante et, accessoirement, des yakuzas à mes trousses.Jennifer, justement, n’a pas lâché l’affaire. Toute la semaine, elle a insisté pour que je l’accompagne dans le club le plus sélect de l’île, un lieu qu’elle fréquente avec une régularité presque religieuse. J’ai résisté autant que j’ai pu, mais elle a fini par m’avoir à l’usure.— Allez, Juliette, tu ne peux pas rester enfermée éternellement, m’avait-elle lancé avec son sourire pétillant.E