Anna
Un frisson glisse sur ma peau.
Mon reflet continue de m’observer, sa tête légèrement inclinée comme s’il analysait ma réaction. Son sourire a disparu, mais quelque chose dans son regard me met mal à l’aise. Une étrangeté imperceptible, un détail qui ne devrait pas exister.
Je ne peux pas détourner les yeux.
C’est moi. Pourtant, ce n’est pas moi.
Mon cœur bat si fort que mes tempes pulsent douloureusement. L’odeur du sang emplit mes narines, ferreuse et écœurante, me ramenant brutalement à la réalité.
Le cadavre est toujours là. Le couteau sur le sol.
Et moi, je suis couverte de rouge.
Je déglutis difficilement et fais un pas en arrière, loin du miroir, loin de cette présence invisible qui semble s’accrocher à moi. Ma tête tourne, comme si une brume opaque enserrait mes pensées, empêchant toute clarté.
Puis, soudain, une douleur fulgurante explose dans mon crâne.
Je suffoque.
Mes mains se crispent sur mes tempes, mes jambes flanchent, et je m’effondre à genoux sur le sol froid. Mon souffle se coupe, remplacé par une série d’images qui m’assaillent sans prévenir.
Un bar. Un homme. Son sourire. Ses doigts effleurant ma peau. Son souffle au creux de mon oreille.
Puis…
Le chaos.
Le sang.
Le rire.
Et ces mots.
"Il est temps que tu te réveilles, Anna."
Je me redresse en haletant, le corps en sueur. Ma poitrine se soulève violemment sous le coup de la panique. J’ai vu quelque chose. Non, je me suis vue.
Je me suis vue tuer cet homme.
Non. Impossible.
J’essaie de respirer, de reprendre le contrôle, mais mon corps ne m’obéit plus. Mes mains tremblent, mon regard vacille entre le cadavre sur le lit et le miroir, comme s’il allait me donner une réponse.
Et alors, mon reflet bouge.
Pas comme moi.
Il ne me copie pas cette fois.
Il avance. Vers moi.
Je hurle.
Un cri strident, déchirant, qui rebondit contre les murs de la chambre comme un écho macabre. Mes mains cherchent désespérément un appui, quelque chose pour me stabiliser, mais tout ce que je trouve, c’est le couteau.
Le sang sur la lame est encore frais.
Un vertige me prend.
Je dois sortir d’ici.
Je me lève brutalement, trébuchant presque sur le cadavre en essayant d’atteindre la porte. Mon souffle est court, haché, chaque battement de mon cœur résonne comme un tambour assourdissant dans ma poitrine.
J’arrive à la poignée.
J’ouvre la porte d’un geste brusque, m’attendant à la liberté, à la fuite…
Mais ce qui m’attend de l’autre côté me fige net.
Un couloir sombre. Des murs défraîchis, dévorés par l’humidité. Le papier peint se décolle par endroits, révélant des traces de moisissures comme des cicatrices oubliées.
Ce n’est pas l’hôtel où j’ai bu mon dernier verre hier soir.
Ce n’est pas chez moi.
Où suis-je ?
Le vertige s’intensifie.
J’ai l’impression d’être prise au piège d’un rêve trop réel, un cauchemar dont je ne trouve pas la sortie.
Derrière moi, un murmure glisse contre ma nuque.
"Tu ne peux plus fuir."
Je me retourne violemment.
Le miroir.
Mon reflet me regarde toujours. Mais cette fois, il sourit de nouveau.
Et lorsque ses lèvres bougent, c’est ma voix que j’entends, glaciale et caressante à la fois.
"Laisse-moi entrer."
Je recule précipitamment.
Mes doigts tremblants cherchent un appui contre la porte entrouverte, mais mes jambes sont faibles, prêtes à céder sous la panique.
Ce n’est pas possible.
Mon reflet ne peut pas bouger de lui-même. Il ne peut pas me parler.
Et pourtant…
Dans le miroir, elle continue de me fixer avec ce sourire énigmatique. Ses lèvres bougent à nouveau, et cette fois, sa voix est plus distincte, plus familière.
"Tu as peur de moi, Anna ?"
Je suffoque.
— Ce n’est pas réel. Ce n’est pas réel. Ce n’est pas réel…
Je me répète ces mots en boucle, comme une incantation désespérée, espérant que la logique reprenne le dessus. Mais il y a cette ombre, ce frisson glacé qui s’insinue sous ma peau, ce sentiment viscéral que… quelque chose m’échappe.
Mes yeux glissent vers le lit.
Le cadavre est toujours là.
Le sang a commencé à coaguler sur les draps blancs, formant une mare sombre et poisseuse. L’odeur métallique flotte dans l’air, m’arrachant un haut-le-cœur.
J’ai tué cet homme.
Je l’ai tué.
Les souvenirs reviennent par vagues, violents et incohérents. Le bar. La musique. L’alcool qui brûle ma gorge. Le murmure d’un homme contre ma peau. Une chambre d’hôtel. Puis…
Le couteau dans ma main.
Le cri étouffé.
Le sang.
Mon estomac se contracte douloureusement.
Non. Ce n’est pas moi.
Je n’aurais jamais pu faire ça.
Alors qui ?
Une sensation étrange me traverse. Comme si quelque chose remuait à l’intérieur de moi. Un poids. Une présence.
Un écho.
Dans le miroir, mon reflet n’a pas bougé. Mais son sourire s’étire imperceptiblement, et lorsqu’elle parle à nouveau, sa voix semble résonner dans mon crâne.
"Je suis toi, Anna."
— NON !
Je frappe violemment la surface du miroir avec mon poing. Un craquement sec résonne, mais la glace ne se brise pas. Mon propre visage me fixe, intact.
Je recule en haletant, le cœur battant à une vitesse affolante.
Je dois sortir d’ici.
J’arrache la porte et me précipite dans le couloir sombre.
L’air est froid, humide. L’odeur de renfermé m’attaque les narines alors que mes pieds nus effleurent un parquet usé, grinçant sous mon poids.
L’endroit est… différent.
Ce n’est pas l’hôtel où j’ai bu mon dernier verre. Ce n’est même pas un hôtel du tout.
AnnaLes murs sont couverts d’un vieux papier peint décrépi, taché de moisissures. De vieilles appliques lumineuses diffusent une lueur jaunâtre, presque maladive.Un frisson me traverse.Où suis-je ?Mon regard se perd dans l’obscurité du couloir, qui semble s’étirer à l’infini. Il n’y a aucune fenêtre, aucune porte visible à part celle que je viens de franchir.Je serre les bras autour de moi.Respire. Garde ton calme.Mais chaque pas que je fais semble résonner comme un écho déformé, comme si l’endroit… vivait.Puis, une voix s’élève derrière moi.Un murmure, à peine audible."Anna…"Je me fige.C’est elle.Mon reflet.Ma main se crispe sur la poignée de la porte. Je dois fuir. Mais où ?Un bruit me fait sursauter. Un grattement, quelque part dans l’ombre du couloir. Lent. Presque méthodique.Comme si quelque chose rampait dans l’obscurité.Ma respiration devient erratique.Je veux courir, mais mon corps refuse de bouger.Puis…Une silhouette apparaît au bout du couloir.Floue. Tre
AnnaLa pièce semble rétrécir autour de moi.L’air est lourd, oppressant. L’odeur de sang s’accroche à ma peau, à mes vêtements, s’insinue dans mes narines jusqu’à me donner la nausée.Ethan me fixe toujours, debout près du lit où repose le cadavre. Son regard oscille entre moi et le corps inerte, entre incompréhension et effroi.— Anna… dis-moi que tu n’as pas fait ça.Sa voix est basse, tendue, comme s’il avait peur d’entendre la réponse.— Je te l’ai dit, ce n’est pas moi !Je secoue la tête violemment, mes cheveux collant à mon front humide.— Alors c’est qui ?Je ne sais pas.Et c’est bien ça le problème.Je veux croire que tout ceci n’est qu’un cauchemar, mais je sens encore la froideur de la nuit sur ma peau, l’écho de cette voix dans ma tête… et le cadavre dans mon lit est bien réel.Je recule jusqu’à heurter le mur. Mon cœur bat si vite que j’ai l’impression qu’il va éclater.— Il y avait… quelqu’un… quelque chose, bredouillé-je.Ethan fronce les sourcils.— Quelqu’un ?Je fe
AnnaSon corps tremblant sous le poids d’une lame qui s’enfonce dans sa chair.Un rire étouffé. Des doigts couverts de sang. Un murmure…« Anna… réveille-toi. »Non !Je hurle, rejetant les visions qui m’assaillent.Tout se brouille. Je tombe à nouveau.---— Anna !Une douleur fulgurante explose dans mon crâne alors que j’ouvre brusquement les yeux.Ethan est penché au-dessus de moi, le regard déformé par l’inquiétude.— Putain, tu vas bien ?J’halète, le corps tremblant. L’air est chargé d’électricité, une tension sourde qui me colle à la peau.— Où… où est-elle ?Ethan fronce les sourcils.— De qui tu parles ?Je balaye la pièce du regard. Le cadavre est toujours là. La marque gravée dans sa peau luit faiblement sous la lumière blafarde.Mais la silhouette…Elle a disparu.L’espace d’une seconde, je me demande si j’ai tout imaginé.Puis, un frisson glacial serpente le long de ma colonne vertébrale.Non.Elle était bien là.Et elle attend.— Il faut partir, Ethan. Maintenant.Il hoc
AnnaLe carrelage sous mes mains est glacé, couvert de taches sombres dont je préfère ne pas connaître l’origine. Une ampoule vacille au plafond, projetant des ombres mouvantes sur les murs fissurés.Un hôpital.Ou plutôt… ce qu’il en reste.Je reconnais l’endroit. Ses longs couloirs décrépis, ses portes métalliques rouillées.Ce n’est pas un simple souvenir.J’ai déjà été ici.Mais quand ?Ma gorge se serre alors que mes pensées s’embrouillent. Mon corps tremble encore du passage à travers le miroir, ce saut dans l’inconnu qui nous a propulsés ici, dans ce cauchemar tangible.À mes côtés, Ethan grogne en essayant de se redresser.— Putain… Il se masse la tempe, le regard trouble. C’était quoi ça ? Où est-ce qu’on est ?Je déglutis, incapable de lui répondre immédiatement.Dis-lui la vérité.Mais la vérité, c’est que moi-même, je ne suis pas certaine de comprendre.Ethan lève les yeux vers moi et fronce les sourcils.— Anna, tu es sûre que ça va ?Non. Rien ne va.Mais je ne peux pas
AnnaSur le mur, au-dessus du lit, une phrase est griffonnée en lettres tremblantes.Du sang a séché sur le plâtre fissuré.Et les mots m’arrachent un frisson d’horreur."JE SUIS MORTE ICI."Mes jambes flanchent.Un vertige me prend, et Ethan me rattrape juste à temps.— Anna, ça va ?! Il me secoue légèrement, mais je ne peux pas détacher mon regard de ces mots.Morte ici.Morte ici.— Ce n’est pas vrai. Ma voix tremble. Je suis vivante.Un rire faible s’échappe des lèvres de la femme sur le lit.Puis elle se lève.Lentement.Trop lentement.Ses os craquent à chaque mouvement, et elle avance vers moi d’un pas traînant.Je recule instinctivement, prise entre le déni et une terreur grandissante.— Tu crois être vivante ? Sa voix se fait plus aiguë, plus coupante. Regarde encore.D’un geste brusque, elle arrache sa chemise d’hôpital.Et je vois.Sur sa poitrine, une large cicatrice court de sa gorge jusqu’à son ventre. Une plaie refermée, hideuse, un vestige d’une autopsie incomplète.L’
AnnaJe ne bouge plus.Mon souffle s’arrête.La voix résonne encore dans la pièce, un murmure étiré, un écho qui semble venir de l’intérieur de mon crâne."Tu te souviens maintenant ?"Non.Non, je ne me souviens pas.Je ne veux pas.Mon cœur cogne contre mes côtes, mes doigts se crispent sur le sol couvert de sang.Puis, lentement, je lève les yeux.Elle est là.Moi.Une version de moi, debout dans l’ombre, un sourire tordu sur les lèvres.Ce n’est pas un reflet. Pas un simple mirage.Elle est là.Une copie parfaite. La même peau, les mêmes yeux, le même corps. Mais quelque chose… cloche.Son regard est plus noir. Plus creux.Et ce sourire. Dieu, ce sourire.Je veux hurler.Mais aucun son ne sort de ma bouche.Elle incline la tête, observant mon corps trempé de sang, le cadavre d’Ethan, la scène cauchemardesque qui nous entoure.Puis elle murmure :— Regarde bien, Anna. Regarde ce que nous avons fait.---Un spasme me secoue.Je me redresse, recule contre le mur, cherchant une échapp
Anna— Ouvrez immédiatement, ou nous enfonçons la porte !Le ton est sans appel.Mon souffle s’emballe. Mon cœur bat si fort que je le sens cogner contre mes côtes.Je tourne la tête vers Léo.Il ne bouge plus. Il fixe la porte. Sa mâchoire est crispée, ses poings serrés.Il réfléchit.Trop lentement.— Anna, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? chuchote-t-il.Je ne sais pas.Putain, je ne sais pas.Fuir ?Me rendre ?Me cacher ?Aucune de ces options n’est bonne.Aucune ne répare ce qui vient de se passer.Le sang d’Ethan poisse mes vêtements.Son corps est encore là, sur le lit.C’est l’horreur incarnée.Et pourtant…Une part de moi refuse encore d’y croire.Le silence n’a pas le temps de s’installer.Un bruit sourd retentit.La porte tremble sous l’impact.Je sursaute violemment.— Merde.Léo serre les dents. Son regard se durcit.— Ok, il faut qu’on décide maintenant.Mais il n’a pas besoin que je parle.Il voit la terreur dans mes yeux.Il sait ce que je veux.Alors il agit.D’un
AnnaLéo ralentit.L’endroit est désert.Pas un bruit, à part le ronronnement du moteur.— Sérieusement ? je murmure.Il coupe le contact.Puis il se tourne vers moi.— On n’a pas beaucoup d’options.Il a raison.Je le sais.Mais je déteste ça.Tout est allé trop vite.Il y a quelques heures, ma vie était encore gérable.Maintenant, je suis en cavale.Avec un cadavre derrière moi.Et du sang sur les mains.Léo m’aide, pousse sur mes jambes.Ma tête passe. Puis mes épaules.Mon torse.Mes hanches coincent.Je force.Je me tords.Le verre me racle la peau.Mais je m’en fiche.Je dois sortir.Et puis, d’un coup, je glisse et tombe à l’extérieur, atterrissant lourdement sur l’herbe humide derrière l’immeuble.Je roule sur le sol.Ma vision tourne.J’entends Léo me crier de courir.Mais je ne peux pas.Je suis paralysée.Parce que j’entends l’instant fatal.---La porte explose sous un dernier coup de bélier.Des cris fusent.Des ordres.Des bruits de pas précipités.Puis, un cri.Un cri q
AnnaMais ce n’est pas le Eliel que j’ai connu. Pas celui qui avait encore l’espoir au bord des lèvres. Son visage est plus dur. Son regard, plus sombre. Il a vu des choses. Et il porte quelque chose en lui. Une douleur vivante.« Pourquoi es-tu là ? » ma voix tremble malgré moi.Il s’approche d’un pas, puis s’arrête.« Parce que le monde va se fendre, Anna. Et que toi seule peux empêcher qu’il s’effondre. »Je déglutis. Chaque mot est une lame.« Tu savais, n’est-ce pas ? Tu savais ce que j’étais. »Il ferme les yeux. Puis, d’une voix basse :« Je savais que tu étais plus que ce qu’on t’avait dit. Mais je ne savais pas que tu étais… l’éclat brisé. »« L’éclat brisé ? »Il me regarde avec une intensité glaciale.« Celle qui a le pouvoir de refaire le monde… ou de le détruire entièrement. »Le silence tombe, plus lourd que jamais.Je sens mon cœur battre dans mes tempes.« Et toi ? Tu viens m’aider ? Ou m’arrêter ? »Un silence. Long. Tranchant.Puis il murmure :« Je ne sais pas encor
AnnaUn cercle de pierres se dessinait dans la clairière, parfaitement symétrique. Au centre, une colonne de lumière bleutée s’élevait du sol, sans source apparente. L’air y vibrait, distordu, chargé d’une magie ancienne et inaltérable. C’était comme si le monde retenait son souffle.Je sentis mes jambes trembler, mais je restai droite. Pas cette fois. Je voulais savoir. Je voulais tout affronter.« Qu’est-ce que c’est ? » soufflai-je, hypnotisée.« Le seuil. » La voix de ma mère était douce mais ferme. « Le lien entre ce qui a été et ce qui peut être. C’est ici que les gardiens veillent. C’est ici que tu sauras. »« Les gardiens ? »Elle me regarda, et pour la première fois, j’y lus de la peur.« Ils ont connu la vérité avant nous. Ils ont vu les erreurs, les sacrifices, les serments trahis. Et maintenant… ils attendent ton choix. »Je reculai d’un pas.« Mon choix ? »« Tu es celle qui brise le cycle, Anna. Mais tu es aussi celle qui peut en créer un nouveau. »Un grondement sourd m
AnnaLe sol sous mes pieds vibre à chaque pas. Une pulsation sourde, presque imperceptible, comme si la terre elle-même réagissait à notre passage. Ma main ne quitte pas celle de ma mère. Je sens sa chaleur, sa force, son énergie fluide, ancrée en moi comme une certitude. Nous avançons en silence, mais nos pensées sont bruyantes.Je sens le poids du monde s'alléger. Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que, pour la première fois, j'avance sans fuir. J'avance pour comprendre. Pour choisir. Pour affronter.La forêt s'efface lentement, remplacée par des clairières où la lumière lunaire coule comme du lait sur les feuilles argentées. Puis un sentier, une ouverture dans l’obscurité, bordée de pierres anciennes, couvertes de mousse. L’air change. Il devient plus dense, chargé de souvenirs que je ne reconnais pas mais que mon corps semble connaître. Mon sang palpite d’une mémoire plus vieille que moi.« Nous y sommes presque », souffle ma mère, la voix tremblante d’un pressentim
AnnaEt au fond de moi, je savais que même si les ombres du passé ne disparaîtraient jamais complètement, j'étais prête à affronter quoi que ce soit. Avec ma mère à mes côtés, nous pourrions braver toutes les tempêtes à venir. L'héritage de nos ancêtres continuait de vivre à travers nous, et ensemble, nous étions invincibles.Mais quelles autres ombres se cachaient encore dans les recoins de notre avenir ?Alors que le silence s'étendait autour de nous, je me relevai lentement, encore tremblante d'émotions. La forêt, autrefois assombrie par l'angoisse et le danger, semblait maintenant vibrant d'une nouvelle énergie. Le souffle du vent caressait ma peau, porteur d'un ressenti de renouveau. Mais les luttes passées assombrissaient toujours mes pensées. Que se passerait-il maintenant ? Ma mère se tenait à mes côtés, une aura de sérénité émanant de sa présence. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle ressentait la douleur et la fatigue que je portais dans mon cœur. Mais elle avait aussi une
AnnaL’impact de mon attaque avait fait trembler le sol sous mes pieds, et je pouvais sentir l’écho de la déflagration résonner dans chaque fibre de mon être. Il vacillait, mais ses yeux brûlants de rage et de défi me fixaient, et un frisson d’excitation mêlé à l'angoisse parcourut mon échine.La créature, bien que blessée, semblait ne pas vouloir abandonner. Il se redressa lentement, son rire sinistre résonnant dans la forêt comme un écho funeste.« Tu penses vraiment que tu peux m’arrêter avec ça ? » cracha-t-il, le visage illuminé d’un sourire déformé. « Tu es encore si naïve. » Je sentais les battements de mon cœur s’emballer, chaque pulsation me poussant à maintenir la concentration. L’énergie vibrante en moi s’intensifiait, mais je savais que chaque instant de faiblesse pourrait être fatal. La fusion de la lumière et de l’ombre était ma force, mais elle demandait du contrôle et de la maîtrise.« Si je suis naïve, alors tu dois être bien aveugle, » répliquai-je, ma voix résonnan
AnnaÀ côté de moi, ma mère marchait silencieusement, son regard perdu dans les ténèbres. J'avais la sensation qu'elle était déjà loin, déjà dans un autre monde, ailleurs. Je ne savais pas si elle avait vu ce que j'avais vu dans le médaillon, ou si elle savait ce que cela signifiait pour moi. Mais j'avais besoin de réponses, et elle était la seule à pouvoir me les fournir.Maman, dis-je d’une voix calme mais tremblante, que signifient les mots de cette vision ? « La clé réside en toi… » Que dois-je faire maintenant ?Elle s'arrêta un instant, ses mains s'ouvrant légèrement, comme si elle cherchait une réponse dans l’air qui l’entourait. Puis, enfin, elle parla, sa voix grave et marquée par le poids des années.Ce que tu as vu, ce n’est pas un hasard, Anna. Ce n’est pas une simple vision. Ce sont des fragments de la vérité. La vérité que nous avons tenté de cacher, pour te protéger.Je la regardai, les yeux écarquillés, déstabilisée. Elle semblait peser chaque mot, chaque syllabe, comm
AnnaJe n'avais jamais vu ma mère aussi gravement déterminée, aussi fragile dans sa posture malgré la force qui émanait d’elle. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle s'approcha du vieux coffre, comme si chaque mouvement était empreint de significations et de souvenirs enfouis depuis longtemps. Ses gestes lents et mesurés semblaient chercher à masquer une anxiété palpable. Je la suivis, mes pas hésitants résonnant dans la pièce silencieuse.Elle s'arrêta devant le coffre et l'ouvrit, révélant un intérieur sombre, où une lumière douce émanait d’un objet posé à l'intérieur. L’instant sembla suspendu, comme si la pièce entière retenait son souffle. La poussière flottait dans l’air, un mélange de vieux papiers et de secrets entassés. Mais au fond, ce qui captait toute mon attention était ce petit médaillon en argent, brillant d'une lueur étrange.Ce médaillon, dit-elle d'une voix basse, est la clé. Non seulement de ton passé, mais aussi de ce qui t'attend.Je m’approchais avec préca
AnnaQue veux-tu savoir, Anna ? Sa voix est calme, mais il y a une intensité cachée derrière chaque syllabe. Je ne peux pas tout te dire d’un coup. Mais si tu veux connaître la vérité, tu dois être prête à accepter tout ce qui vient avec.Je n’ai pas de réponse immédiate. La vérité… Que puis-je en savoir ? Que puis-je en accepter ? Pendant si longtemps, j’ai vécu dans l’ignorance, dans le flou. Mais aujourd’hui, ce flou se dissipe, et avec lui, une terreur froide s’installe dans mes entrailles. Ce que ma mère cache, ce n’est pas quelque chose que l’on veut découvrir.Je respire profondément. L’air dans cette salle semble plus lourd, plus épais, comme si chaque mot qu’elle allait prononcer alourdissait l’atmosphère.Je suis prête, finis-je par dire, ma voix presque rauque. Dites-moi tout.Elle hoche lentement la tête, un geste qui semble approuver mes paroles, mais il y a toujours cette distance entre nous. Elle semble plus distante encore maintenant qu’elle va enfin commencer à parler
AnnaLa lumière du matin pénètre lentement dans la pièce, balayant les ombres qui s’y sont installées durant la nuit. Le silence est lourd, presque oppressant. Mais à l'intérieur de moi, quelque chose a changé. Une certitude s’est installée, une vérité que je ne peux plus ignorer. Je suis prête à affronter ce passé, à découvrir tout ce qui a été caché sous des couches de mystère et de silence.Léo est à mes côtés, toujours aussi présent, mais je sais qu’il attend. Il comprend la profondeur de ce que je ressens, de ce que je suis en train de découvrir. Mais il ne peut pas tout comprendre. Il ne connaît pas le poids de ce que je porte en moi.Tu es prête ? demande-t-il, sa voix douce mais emplie d’une certaine inquiétude.Je me tourne vers lui, un léger sourire au coin des lèvres.Je n’ai pas vraiment le choix, dis-je, ma voix assurée malgré l’incertitude qui fait écho dans mes entrailles. Il est temps. Le temps de comprendre ce qu’elle voulait. De savoir pourquoi elle m’a laissée avec