Anna
La pièce semble rétrécir autour de moi.
L’air est lourd, oppressant. L’odeur de sang s’accroche à ma peau, à mes vêtements, s’insinue dans mes narines jusqu’à me donner la nausée.
Ethan me fixe toujours, debout près du lit où repose le cadavre. Son regard oscille entre moi et le corps inerte, entre incompréhension et effroi.
— Anna… dis-moi que tu n’as pas fait ça.
Sa voix est basse, tendue, comme s’il avait peur d’entendre la réponse.
— Je te l’ai dit, ce n’est pas moi !
Je secoue la tête violemment, mes cheveux collant à mon front humide.
— Alors c’est qui ?
Je ne sais pas.
Et c’est bien ça le problème.
Je veux croire que tout ceci n’est qu’un cauchemar, mais je sens encore la froideur de la nuit sur ma peau, l’écho de cette voix dans ma tête… et le cadavre dans mon lit est bien réel.
Je recule jusqu’à heurter le mur. Mon cœur bat si vite que j’ai l’impression qu’il va éclater.
— Il y avait… quelqu’un… quelque chose, bredouillé-je.
Ethan fronce les sourcils.
— Quelqu’un ?
Je ferme les yeux un instant, cherchant les mots pour expliquer l’inexplicable.
— Une ombre. Une voix. Elle voulait entrer…
Il soupire et passe une main sur son visage, visiblement dépassé.
— Merde, Anna… Tu réalises ce que tu es en train de dire ?
Oui. Je réalise.
Et c’est bien pour ça que je suis terrifiée.
Parce que je ne suis pas folle.
— Ethan… Je t’en supplie, il faut me croire.
Il ouvre la bouche, prêt à protester, mais quelque chose attire soudain son attention.
Un détail qu’il n’avait pas remarqué auparavant.
Les poignets du cadavre.
Il s’agenouille lentement, plissant les yeux.
— Qu’est-ce que…
Je m’approche à mon tour, le cœur battant.
Des entailles profondes zèbrent la peau pâle, comme si la personne avait essayé de se défendre.
Mais ce n’est pas tout.
Sous la lumière blafarde, un symbole apparaît gravé dans la chair, juste sous la clavicule.
Trois cercles entremêlés, entourés de lignes irrégulières.
— C’est quoi, ça ? murmure Ethan, les doigts tremblants effleurant la marque.
Je secoue la tête, un frisson glacé parcourant mon échine.
— J’en sais rien.
Mais je mens.
Parce que, quelque part, cette marque me semble étrangement familière.
Comme un souvenir flou, enfoui dans un coin de mon esprit, que je ne peux pas atteindre.
Ethan se redresse brusquement.
— On doit sortir d’ici. Maintenant.
Ses mots claquent dans l’air comme un ordre.
Je hoche la tête.
Tout en moi hurle de quitter cette chambre, de fuir ce lit maculé de sang, d’échapper à cette nuit qui m’a déjà trop pris.
Mais alors que nous faisons un pas vers la porte, quelque chose change.
L’air devient glacial.
Un vent invisible se lève dans la pièce, soulevant les rideaux, renversant une lampe qui s’écrase au sol dans un bruit strident.
Puis…
Un murmure.
"Vous ne pouvez pas partir…"
Ethan me saisit le poignet, son regard paniqué croisant le mien.
— Cours !
Nous nous précipitons vers la sortie, mais la porte claque violemment avant que nous puissions l’atteindre.
Verrouillée.
— Putain ! hurle Ethan en tentant de l’ouvrir.
Derrière nous, le vent s’intensifie.
Un grondement sourd monte dans la pièce.
Je me retourne, le cœur au bord des lèvres…
Et je la vois.
Une silhouette floue, mouvante, s’extirpant du mur comme un spectre.
Ses traits sont indistincts, mais ses yeux…
Des orbites vides, d’un noir abyssal, fixées sur moi.
— Anna…
Le son de mon prénom me frappe de plein fouet.
Je chancelle, les mains plaquées contre mes tempes.
— Sors de ma tête !
Le rire de la chose me transperce.
"Je suis déjà en toi."
Non.
Non, ce n’est pas possible.
Un cri m’échappe alors qu’une force invisible m’arrache du sol et me projette contre le mur.
Ethan hurle mon nom, mais je ne peux plus l’entendre.
Tout devient flou.
Le sol se dérobe.
Je tombe.
Et dans la chute, une dernière pensée s’accroche à moi comme un poison.
Elle m’a toujours appartenue.
Un cri résonne dans mon crâne.
Le mien.
Je chute. L’obscurité m’engloutit, m’aspire vers un néant sans fin. L’air manque, ma gorge se serre, mes muscles refusent de répondre.
Puis, d’un coup, tout s’arrête.
Je rouvre les yeux dans un espace vide, figé entre le réel et l’irréel. Un silence assourdissant m’entoure, plus oppressant que la plus lourde des menaces.
Et soudain… une voix.
— Tu es enfin prête.
Je me retourne d’un bond, mon cœur cognant contre ma poitrine.
Une silhouette se tient là, immobile dans les ténèbres. Elle n’a pas de visage, juste une forme indistincte qui palpite, vibre comme une ombre vivante.
— Qui êtes-vous ? soufflé-je, la voix tremblante.
La silhouette s’avance sans bruit.
— Ce n’est pas la bonne question.
Le sol se fissure sous mes pieds. Un frisson me parcourt l’échine.
— Que me voulez-vous ?
Un rire. Profond, glaçant.
— Tu le sais déjà.
L’espace autour de moi s’effondre. Des images éclatent dans mon esprit, trop rapides, trop violentes :
Une chambre baignée de lune. Un homme au regard vide.
AnnaSon corps tremblant sous le poids d’une lame qui s’enfonce dans sa chair.Un rire étouffé. Des doigts couverts de sang. Un murmure…« Anna… réveille-toi. »Non !Je hurle, rejetant les visions qui m’assaillent.Tout se brouille. Je tombe à nouveau.---— Anna !Une douleur fulgurante explose dans mon crâne alors que j’ouvre brusquement les yeux.Ethan est penché au-dessus de moi, le regard déformé par l’inquiétude.— Putain, tu vas bien ?J’halète, le corps tremblant. L’air est chargé d’électricité, une tension sourde qui me colle à la peau.— Où… où est-elle ?Ethan fronce les sourcils.— De qui tu parles ?Je balaye la pièce du regard. Le cadavre est toujours là. La marque gravée dans sa peau luit faiblement sous la lumière blafarde.Mais la silhouette…Elle a disparu.L’espace d’une seconde, je me demande si j’ai tout imaginé.Puis, un frisson glacial serpente le long de ma colonne vertébrale.Non.Elle était bien là.Et elle attend.— Il faut partir, Ethan. Maintenant.Il hoc
AnnaLe carrelage sous mes mains est glacé, couvert de taches sombres dont je préfère ne pas connaître l’origine. Une ampoule vacille au plafond, projetant des ombres mouvantes sur les murs fissurés.Un hôpital.Ou plutôt… ce qu’il en reste.Je reconnais l’endroit. Ses longs couloirs décrépis, ses portes métalliques rouillées.Ce n’est pas un simple souvenir.J’ai déjà été ici.Mais quand ?Ma gorge se serre alors que mes pensées s’embrouillent. Mon corps tremble encore du passage à travers le miroir, ce saut dans l’inconnu qui nous a propulsés ici, dans ce cauchemar tangible.À mes côtés, Ethan grogne en essayant de se redresser.— Putain… Il se masse la tempe, le regard trouble. C’était quoi ça ? Où est-ce qu’on est ?Je déglutis, incapable de lui répondre immédiatement.Dis-lui la vérité.Mais la vérité, c’est que moi-même, je ne suis pas certaine de comprendre.Ethan lève les yeux vers moi et fronce les sourcils.— Anna, tu es sûre que ça va ?Non. Rien ne va.Mais je ne peux pas
AnnaSur le mur, au-dessus du lit, une phrase est griffonnée en lettres tremblantes.Du sang a séché sur le plâtre fissuré.Et les mots m’arrachent un frisson d’horreur."JE SUIS MORTE ICI."Mes jambes flanchent.Un vertige me prend, et Ethan me rattrape juste à temps.— Anna, ça va ?! Il me secoue légèrement, mais je ne peux pas détacher mon regard de ces mots.Morte ici.Morte ici.— Ce n’est pas vrai. Ma voix tremble. Je suis vivante.Un rire faible s’échappe des lèvres de la femme sur le lit.Puis elle se lève.Lentement.Trop lentement.Ses os craquent à chaque mouvement, et elle avance vers moi d’un pas traînant.Je recule instinctivement, prise entre le déni et une terreur grandissante.— Tu crois être vivante ? Sa voix se fait plus aiguë, plus coupante. Regarde encore.D’un geste brusque, elle arrache sa chemise d’hôpital.Et je vois.Sur sa poitrine, une large cicatrice court de sa gorge jusqu’à son ventre. Une plaie refermée, hideuse, un vestige d’une autopsie incomplète.L’
AnnaJe ne bouge plus.Mon souffle s’arrête.La voix résonne encore dans la pièce, un murmure étiré, un écho qui semble venir de l’intérieur de mon crâne."Tu te souviens maintenant ?"Non.Non, je ne me souviens pas.Je ne veux pas.Mon cœur cogne contre mes côtes, mes doigts se crispent sur le sol couvert de sang.Puis, lentement, je lève les yeux.Elle est là.Moi.Une version de moi, debout dans l’ombre, un sourire tordu sur les lèvres.Ce n’est pas un reflet. Pas un simple mirage.Elle est là.Une copie parfaite. La même peau, les mêmes yeux, le même corps. Mais quelque chose… cloche.Son regard est plus noir. Plus creux.Et ce sourire. Dieu, ce sourire.Je veux hurler.Mais aucun son ne sort de ma bouche.Elle incline la tête, observant mon corps trempé de sang, le cadavre d’Ethan, la scène cauchemardesque qui nous entoure.Puis elle murmure :— Regarde bien, Anna. Regarde ce que nous avons fait.---Un spasme me secoue.Je me redresse, recule contre le mur, cherchant une échapp
Anna— Ouvrez immédiatement, ou nous enfonçons la porte !Le ton est sans appel.Mon souffle s’emballe. Mon cœur bat si fort que je le sens cogner contre mes côtes.Je tourne la tête vers Léo.Il ne bouge plus. Il fixe la porte. Sa mâchoire est crispée, ses poings serrés.Il réfléchit.Trop lentement.— Anna, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? chuchote-t-il.Je ne sais pas.Putain, je ne sais pas.Fuir ?Me rendre ?Me cacher ?Aucune de ces options n’est bonne.Aucune ne répare ce qui vient de se passer.Le sang d’Ethan poisse mes vêtements.Son corps est encore là, sur le lit.C’est l’horreur incarnée.Et pourtant…Une part de moi refuse encore d’y croire.Le silence n’a pas le temps de s’installer.Un bruit sourd retentit.La porte tremble sous l’impact.Je sursaute violemment.— Merde.Léo serre les dents. Son regard se durcit.— Ok, il faut qu’on décide maintenant.Mais il n’a pas besoin que je parle.Il voit la terreur dans mes yeux.Il sait ce que je veux.Alors il agit.D’un
AnnaLéo ralentit.L’endroit est désert.Pas un bruit, à part le ronronnement du moteur.— Sérieusement ? je murmure.Il coupe le contact.Puis il se tourne vers moi.— On n’a pas beaucoup d’options.Il a raison.Je le sais.Mais je déteste ça.Tout est allé trop vite.Il y a quelques heures, ma vie était encore gérable.Maintenant, je suis en cavale.Avec un cadavre derrière moi.Et du sang sur les mains.Léo m’aide, pousse sur mes jambes.Ma tête passe. Puis mes épaules.Mon torse.Mes hanches coincent.Je force.Je me tords.Le verre me racle la peau.Mais je m’en fiche.Je dois sortir.Et puis, d’un coup, je glisse et tombe à l’extérieur, atterrissant lourdement sur l’herbe humide derrière l’immeuble.Je roule sur le sol.Ma vision tourne.J’entends Léo me crier de courir.Mais je ne peux pas.Je suis paralysée.Parce que j’entends l’instant fatal.---La porte explose sous un dernier coup de bélier.Des cris fusent.Des ordres.Des bruits de pas précipités.Puis, un cri.Un cri q
AnnaUn bruit.Un putain de bruit.Mon cœur s’arrête.Je retiens mon souffle.Léo aussi.On se regarde, immobiles, pétrifiés.Puis, sans un mot, il m’attrape par le poignet et m’entraîne vers l’ombre la plus proche.J’ai l’impression que mon corps tout entier vibre d’adrénaline.Mes oreilles bourdonnent.Mais je l’entends.Des pas.Lents.Méthodiques.Quelqu’un s’approche.On est piégés.---Léo se tend.Son regard fouille les environs.La vieille usine autour de nous est un labyrinthe de métal rouillé, de machines abandonnées et de couloirs sombres.— Par ici, chuchote-t-il.Je le suis.On s’enfonce dans l’obscurité.Le sol craque sous mes pieds.J’ai peur que le bruit nous trahisse.Mais Léo continue d’avancer, trop concentré pour hésiter.Qui est là ?Un flic ?Un tueur ?Quelqu’un qui sait ce qu’on a fait ?Mon ventre se serre.Non. Pas maintenant.---On atteint une porte en métal.Léo l’ouvre lentement, sans bruit.On se faufile à l’intérieur.Une pièce vide, à part quelques cai
AnnaOn marche vite.Silencieux.Je sens la tension dans ses épaules.La mienne est pire.Mes mains tremblent.Chaque bruit me fait sursauter.J’ai l’impression qu’on nous suit.Ou que je suis hantée.Puis soudain…Léo s’arrête.Raide.Je le regarde, puis je vois.Devant nous.Sur le mur d’une vieille boutique.Un message.Écrit en lettres rouges, dégoulinantes."TU NE PEUX PAS TE CACHER."Mon sang se glace.Ce n’est pas de la peinture.C’est du sang.Un bruit derrière nous.Je me retourne trop vite.Personne.Mais je sens une présence.On nous regarde.Léo serre le couteau dans sa main.— On bouge. Maintenant.Je veux courir.Mais mes jambes sont en plomb.Je fixe le message.Les lettres tremblantes.Le sang encore frais.Et un détail me frappe.Il manque une lettre.Le T de "TE".Comme si l’auteur avait été interrompu.Comme si quelqu’un était encore là.---Léo m’attrape par le bras et me tire en avant.Je le laisse faire.On marche vite.Sans regarder en arrière.Sans parler.L’an
AnnaMais ce n’est pas le Eliel que j’ai connu. Pas celui qui avait encore l’espoir au bord des lèvres. Son visage est plus dur. Son regard, plus sombre. Il a vu des choses. Et il porte quelque chose en lui. Une douleur vivante.« Pourquoi es-tu là ? » ma voix tremble malgré moi.Il s’approche d’un pas, puis s’arrête.« Parce que le monde va se fendre, Anna. Et que toi seule peux empêcher qu’il s’effondre. »Je déglutis. Chaque mot est une lame.« Tu savais, n’est-ce pas ? Tu savais ce que j’étais. »Il ferme les yeux. Puis, d’une voix basse :« Je savais que tu étais plus que ce qu’on t’avait dit. Mais je ne savais pas que tu étais… l’éclat brisé. »« L’éclat brisé ? »Il me regarde avec une intensité glaciale.« Celle qui a le pouvoir de refaire le monde… ou de le détruire entièrement. »Le silence tombe, plus lourd que jamais.Je sens mon cœur battre dans mes tempes.« Et toi ? Tu viens m’aider ? Ou m’arrêter ? »Un silence. Long. Tranchant.Puis il murmure :« Je ne sais pas encor
AnnaUn cercle de pierres se dessinait dans la clairière, parfaitement symétrique. Au centre, une colonne de lumière bleutée s’élevait du sol, sans source apparente. L’air y vibrait, distordu, chargé d’une magie ancienne et inaltérable. C’était comme si le monde retenait son souffle.Je sentis mes jambes trembler, mais je restai droite. Pas cette fois. Je voulais savoir. Je voulais tout affronter.« Qu’est-ce que c’est ? » soufflai-je, hypnotisée.« Le seuil. » La voix de ma mère était douce mais ferme. « Le lien entre ce qui a été et ce qui peut être. C’est ici que les gardiens veillent. C’est ici que tu sauras. »« Les gardiens ? »Elle me regarda, et pour la première fois, j’y lus de la peur.« Ils ont connu la vérité avant nous. Ils ont vu les erreurs, les sacrifices, les serments trahis. Et maintenant… ils attendent ton choix. »Je reculai d’un pas.« Mon choix ? »« Tu es celle qui brise le cycle, Anna. Mais tu es aussi celle qui peut en créer un nouveau. »Un grondement sourd m
AnnaLe sol sous mes pieds vibre à chaque pas. Une pulsation sourde, presque imperceptible, comme si la terre elle-même réagissait à notre passage. Ma main ne quitte pas celle de ma mère. Je sens sa chaleur, sa force, son énergie fluide, ancrée en moi comme une certitude. Nous avançons en silence, mais nos pensées sont bruyantes.Je sens le poids du monde s'alléger. Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que, pour la première fois, j'avance sans fuir. J'avance pour comprendre. Pour choisir. Pour affronter.La forêt s'efface lentement, remplacée par des clairières où la lumière lunaire coule comme du lait sur les feuilles argentées. Puis un sentier, une ouverture dans l’obscurité, bordée de pierres anciennes, couvertes de mousse. L’air change. Il devient plus dense, chargé de souvenirs que je ne reconnais pas mais que mon corps semble connaître. Mon sang palpite d’une mémoire plus vieille que moi.« Nous y sommes presque », souffle ma mère, la voix tremblante d’un pressentim
AnnaEt au fond de moi, je savais que même si les ombres du passé ne disparaîtraient jamais complètement, j'étais prête à affronter quoi que ce soit. Avec ma mère à mes côtés, nous pourrions braver toutes les tempêtes à venir. L'héritage de nos ancêtres continuait de vivre à travers nous, et ensemble, nous étions invincibles.Mais quelles autres ombres se cachaient encore dans les recoins de notre avenir ?Alors que le silence s'étendait autour de nous, je me relevai lentement, encore tremblante d'émotions. La forêt, autrefois assombrie par l'angoisse et le danger, semblait maintenant vibrant d'une nouvelle énergie. Le souffle du vent caressait ma peau, porteur d'un ressenti de renouveau. Mais les luttes passées assombrissaient toujours mes pensées. Que se passerait-il maintenant ? Ma mère se tenait à mes côtés, une aura de sérénité émanant de sa présence. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle ressentait la douleur et la fatigue que je portais dans mon cœur. Mais elle avait aussi une
AnnaL’impact de mon attaque avait fait trembler le sol sous mes pieds, et je pouvais sentir l’écho de la déflagration résonner dans chaque fibre de mon être. Il vacillait, mais ses yeux brûlants de rage et de défi me fixaient, et un frisson d’excitation mêlé à l'angoisse parcourut mon échine.La créature, bien que blessée, semblait ne pas vouloir abandonner. Il se redressa lentement, son rire sinistre résonnant dans la forêt comme un écho funeste.« Tu penses vraiment que tu peux m’arrêter avec ça ? » cracha-t-il, le visage illuminé d’un sourire déformé. « Tu es encore si naïve. » Je sentais les battements de mon cœur s’emballer, chaque pulsation me poussant à maintenir la concentration. L’énergie vibrante en moi s’intensifiait, mais je savais que chaque instant de faiblesse pourrait être fatal. La fusion de la lumière et de l’ombre était ma force, mais elle demandait du contrôle et de la maîtrise.« Si je suis naïve, alors tu dois être bien aveugle, » répliquai-je, ma voix résonnan
AnnaÀ côté de moi, ma mère marchait silencieusement, son regard perdu dans les ténèbres. J'avais la sensation qu'elle était déjà loin, déjà dans un autre monde, ailleurs. Je ne savais pas si elle avait vu ce que j'avais vu dans le médaillon, ou si elle savait ce que cela signifiait pour moi. Mais j'avais besoin de réponses, et elle était la seule à pouvoir me les fournir.Maman, dis-je d’une voix calme mais tremblante, que signifient les mots de cette vision ? « La clé réside en toi… » Que dois-je faire maintenant ?Elle s'arrêta un instant, ses mains s'ouvrant légèrement, comme si elle cherchait une réponse dans l’air qui l’entourait. Puis, enfin, elle parla, sa voix grave et marquée par le poids des années.Ce que tu as vu, ce n’est pas un hasard, Anna. Ce n’est pas une simple vision. Ce sont des fragments de la vérité. La vérité que nous avons tenté de cacher, pour te protéger.Je la regardai, les yeux écarquillés, déstabilisée. Elle semblait peser chaque mot, chaque syllabe, comm
AnnaJe n'avais jamais vu ma mère aussi gravement déterminée, aussi fragile dans sa posture malgré la force qui émanait d’elle. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle s'approcha du vieux coffre, comme si chaque mouvement était empreint de significations et de souvenirs enfouis depuis longtemps. Ses gestes lents et mesurés semblaient chercher à masquer une anxiété palpable. Je la suivis, mes pas hésitants résonnant dans la pièce silencieuse.Elle s'arrêta devant le coffre et l'ouvrit, révélant un intérieur sombre, où une lumière douce émanait d’un objet posé à l'intérieur. L’instant sembla suspendu, comme si la pièce entière retenait son souffle. La poussière flottait dans l’air, un mélange de vieux papiers et de secrets entassés. Mais au fond, ce qui captait toute mon attention était ce petit médaillon en argent, brillant d'une lueur étrange.Ce médaillon, dit-elle d'une voix basse, est la clé. Non seulement de ton passé, mais aussi de ce qui t'attend.Je m’approchais avec préca
AnnaQue veux-tu savoir, Anna ? Sa voix est calme, mais il y a une intensité cachée derrière chaque syllabe. Je ne peux pas tout te dire d’un coup. Mais si tu veux connaître la vérité, tu dois être prête à accepter tout ce qui vient avec.Je n’ai pas de réponse immédiate. La vérité… Que puis-je en savoir ? Que puis-je en accepter ? Pendant si longtemps, j’ai vécu dans l’ignorance, dans le flou. Mais aujourd’hui, ce flou se dissipe, et avec lui, une terreur froide s’installe dans mes entrailles. Ce que ma mère cache, ce n’est pas quelque chose que l’on veut découvrir.Je respire profondément. L’air dans cette salle semble plus lourd, plus épais, comme si chaque mot qu’elle allait prononcer alourdissait l’atmosphère.Je suis prête, finis-je par dire, ma voix presque rauque. Dites-moi tout.Elle hoche lentement la tête, un geste qui semble approuver mes paroles, mais il y a toujours cette distance entre nous. Elle semble plus distante encore maintenant qu’elle va enfin commencer à parler
AnnaLa lumière du matin pénètre lentement dans la pièce, balayant les ombres qui s’y sont installées durant la nuit. Le silence est lourd, presque oppressant. Mais à l'intérieur de moi, quelque chose a changé. Une certitude s’est installée, une vérité que je ne peux plus ignorer. Je suis prête à affronter ce passé, à découvrir tout ce qui a été caché sous des couches de mystère et de silence.Léo est à mes côtés, toujours aussi présent, mais je sais qu’il attend. Il comprend la profondeur de ce que je ressens, de ce que je suis en train de découvrir. Mais il ne peut pas tout comprendre. Il ne connaît pas le poids de ce que je porte en moi.Tu es prête ? demande-t-il, sa voix douce mais emplie d’une certaine inquiétude.Je me tourne vers lui, un léger sourire au coin des lèvres.Je n’ai pas vraiment le choix, dis-je, ma voix assurée malgré l’incertitude qui fait écho dans mes entrailles. Il est temps. Le temps de comprendre ce qu’elle voulait. De savoir pourquoi elle m’a laissée avec