Naïa
L’air est épais, saturé d’une énergie invisible qui fait vibrer ma peau. Mes jambes peinent à suivre Raven, mais il ne me lâche pas. Ses doigts sont solides, une ancre dans ce chaos qui menace de nous engloutir.
Nous traversons les couloirs du musée comme des ombres fugitives, glissant entre les statues figées qui semblent nous observer. Chaque battement de mon cœur résonne dans mes tempes, un tambour de guerre pressentant l’inévitable.
Soudain, un craquement.
Raven s’arrête net. Je le percute presque, haletante, avant de voir ce qui l’a figé. Devant nous, l’obscurité prend forme. Une silhouette se détache de la pénombre, ses contours fluctuants, mouvants, comme si elle n’existait qu’à moitié dans notre réalité.
Une voix chuchotée s’élève, glaciale :
— Vous ne pouvez pas fuir.
Raven
Je me place devant Naïa, mon bras tendu pour la garder en arrière. La créature est là, un vestige du passé que je connais trop bien. Ils nous ont trouvés bien plus vite que je ne l’avais prévu.
— Reste derrière moi, ordonné-je d’un ton bas.
Naïa tremble, mais elle ne proteste pas. Je ressens sa peur, sa confusion, et cette étrange résonance entre nous qui s’intensifie.
L’ombre avance d’un pas fluide. Ses contours frémissent comme de la fumée retenue par une force invisible.
— L’obsidienne t’appartient, Naïa, continue la voix. Tu ne peux nier ce que tu es.
Elle tressaille, sa main se crispant sur ma manche.
— Ne l’écoute pas, murmuré-je.
Mais la créature sourit – du moins, c’est ce que je crois voir dans ce vide mouvant. Elle lève une main, et un frisson me parcourt.
Une douleur fulgurante explose dans mon crâne. Un flot de souvenirs, d’images, de voix oubliées me transperce.
Je tombe à genoux.
Naïa
— Raven !
Je me jette vers lui alors qu’il s’effondre, sa main quittant la mienne dans un vertige brutal. Ses yeux sont clos, son souffle erratique. Je sens l’énergie noire qui l’englobe, l’attire.
— Non… non… laisse-le !
La silhouette ne répond pas, mais sa présence s’intensifie. Quelque chose en moi se brise. Ou peut-être s’éveille.
Mes doigts s’élèvent, et avant même de comprendre ce que je fais, une chaleur brûlante explose dans ma paume. Une lumière vive fend l’obscurité.
La créature recule, sifflante.
Raven rouvre les yeux, son regard brûlant croisant le mien.
— Naïa…
Je ne suis plus la même.
Et eux le savent.
Raven
L’air est lourd, saturé de magie ancienne. Chaque inspiration est un combat, chaque seconde qui passe une menace. Je me redresse lentement, mes muscles encore engourdis par l’attaque de l’ombre. Mon regard se fixe sur Naïa.
Elle est différente. Sa posture, son aura… quelque chose en elle s’est éveillé.
Elle fixe la créature avec une intensité nouvelle, et pour la première fois, c’est elle qui inspire la crainte.
— Qu’as-tu fait ? soufflé-je.
Naïa ne répond pas. Ses doigts tremblent légèrement, mais une lumière pulsatile danse encore autour d’elle, crépitant comme des braises.
La créature recule, hésitante. Un frisson me parcourt. Elles ne reculent jamais.
— Ce n’est pas… possible, murmure l’ombre, sa voix sifflante brisée par la stupeur.
Un silence. Puis un rire rauque, sinistre.
— Alors c’est vrai, souffle-t-elle. L’héritière revient toujours.
Naïa
Je ne comprends rien. Mon corps tremble encore sous l’effet de cette force qui m’a traversée. Mais je sais une chose : je ne suis plus celle que j’étais il y a une heure.
Quelque chose en moi sait ce qu’il faut faire.
— Pars, dis-je d’une voix qui ne m’appartient pas.
L’ombre ricane, mais elle ne s’approche pas.
— Tu crois que tu peux me commander ? Tu ne fais qu’effleurer ton pouvoir.
Un battement de cœur. Puis un autre. Quelque chose monte en moi, une vague de souvenirs, des fragments de vie que je n’ai pas vécus. Une incantation oubliée me brûle les lèvres.
Je lève une main.
— Je ne le répéterai pas.
Le vent se lève brutalement, sifflant autour de nous. L’ombre gronde, comme une bête acculée.
Puis elle disparaît.
Un silence assourdissant s’abat sur le musée. Seul le bruit de ma respiration brisée remplit l’espace.
Raven
Naïa s’effondre. Je la rattrape juste avant qu’elle ne touche le sol. Son corps est brûlant, sa peau frémissante d’une force qu’elle ne maîtrise pas encore.
— Ça va aller, soufflé-je.
Mais je mens. Rien ne va.
Car si elle a éveillé ce pouvoir, alors il est déjà trop tard.
Ils savent où nous sommes. Et ils viendront la chercher.
Je la serre contre moi, mon esprit bouillonnant.
Nous devons fuir. Et vite.
Naïa
L’air est lourd, saturé d’électricité. Mon corps me trahit, tremblant sous le poids de cette force qui s’éveille en moi. Raven me serre contre lui, mais je sens qu’il est aussi perdu que moi. Son cœur bat fort, irrégulier, une tempête contenue sous sa peau.
— On doit partir, murmure-t-il.
Ma gorge est sèche, mes muscles endoloris. Pourtant, une énergie brûlante danse encore sous ma peau, une fièvre nouvelle. Je hoche la tête faiblement.
Raven me soulève, m’entraîne hors du musée. Chaque pas est un défi, une lutte entre la fatigue et l’adrénaline.
— Ils arrivent, dis-je sans réfléchir.
Il ne demande pas comment je le sais. Il sait que j’ai raison.
Raven
L’instinct hurle, chaque fibre de mon être tendue comme une corde prête à rompre. Nous traversons les rues désertes, faufilant nos ombres entre les lampadaires mourants.
Puis, un frisson.
Je m’arrête net, tirant Naïa derrière moi.
— Qu’est-ce que… commence-t-elle, mais je l’interromps d’un geste.
Un silence oppressant s’abat.
Et alors, je les vois.
Dans l’obscurité, des silhouettes émergent, fluides, leurs mouvements trop lisses pour être naturels. Ils nous encerclent sans bruit, leurs yeux d’un noir abyssal braqués sur nous.
— Cours !
Je pousse Naïa en avant, dégaine mon arme sans hésiter. Une lame d’ombre fuse vers moi. J’esquive de justesse, le froid me frôlant comme une promesse funeste.
Naïa hésite, mais son regard croise le mien. Elle comprend.
Elle court.
Naïa
Mon souffle se brise dans ma poitrine. Chaque pas est une explosion de douleur, mais je continue. Derrière moi, Raven combat. Les ombres sifflent, grondent, se tordent autour de lui.
Je dois l’aider.
Je m’arrête, me retourne. Mon corps vibre d’une énergie inconnue. Une voix murmure en moi, une langue ancienne qui m’est pourtant familière.
Je lève les mains.
La lumière jaillit.
Un hurlement strident déchire la nuit. Les créatures reculent, vacillent sous l’éclat de mon pouvoir.
Raven profite de l’ouverture. Son épée fend l’air, tranchant une ombre en deux. Un frisson traverse mon âme. Je sens leur rage, leur haine.
Ils ne reculeront pas.
— On ne peut pas les vaincre tous, crie Raven. On doit fuir !
Je le rejoins en titubant.
Et nous courons, encore et encore, dans une ville qui ne nous offrira aucun refuge.
La traque ne fait que commencer.
RavenL’obscurité nous pourchasse, une bête affamée qui ne lâche jamais sa proie. Nos pas résonnent sur les pavés mouillés, martèlement frénétique dans une ville qui nous trahit à chaque détour. Je serre la main de Naïa, ses doigts brûlants de cette énergie qu’elle ne comprend pas encore. Chaque respiration est un combat, chaque battement de cœur une prière silencieuse.Une ruelle s’ouvre à notre droite. Je la tire avec moi, nous enfonçant dans l’ombre épaisse. L’odeur de la pluie et de la pierre humide emplit mes narines. Derrière nous, des murmures sifflent, des ombres glissent entre les murs comme des serpents affamés.— Ils sont trop nombreux, souffle-t-elle.Je sais.NaïaMa gorge est sèche, mon corps trop léger, vidé par l’énergie que j’ai invoquée. Mais la peur est un fouet qui me pousse en avant. Raven serre ma main si fort que ses ongles s’enfoncent dans ma peau. Il ne veut pas me perdre. Moi non plus.Un croisement. Une impasse à gauche. Des voix derrière nous, trop proches.
NaïaLa sueur coule le long de ma nuque, mes muscles tremblent, mais je refuse de flancher. Le regard de Raven est fixé sur moi, calculateur, impitoyable. La dague dans ma main pèse plus lourd que jamais. L’adrénaline pulse dans mes veines, mais cette fois, je ne laisse pas la peur me dominer.Il attaque.Son mouvement est fluide, une ombre qui fend l’air. Je pare tant bien que mal, mon corps réagissant avant mon esprit. Le choc des lames résonne dans la nuit, chaque coup une épreuve, une danse mortelle entre nous.— Mieux, gronde-t-il, mais pas assez.Il se fond dans les ténèbres, et soudain, je ne le vois plus. Mon souffle s’accélère. Je ferme les yeux.Écoute.Le moindre bruissement, le déplacement de l’air…Il est là.Je me tourne et frappe.Sa lame s’arrête juste avant ma gorge.RavenJe devrais être en colère. Exiger plus d’elle. Mais un éclat de fierté naît au fond de moi.Elle apprend vite.Je recule d’un pas, abaissant ma dague.— C’est fini pour ce soir.Naïa titube légèreme
RavenJe devrais dormir. Mon corps le réclame, mais mon esprit refuse de s’éteindre. L’image de Naïa, son regard ardent, sa force brute, hante mes pensées. Chaque jour, elle se rapproche de ce qu’elle doit devenir, de ce que j’ai voulu façonner.Mais il y a quelque chose que je n’ai pas prévu.Moi.Ma propre faiblesse face à elle.Je sors de la tente, l’air nocturne glacial contre ma peau brûlante. Mon regard se pose sur la silhouette assise près du feu. Naïa. Elle est éveillée, ses doigts effleurant le manche de sa dague, perdue dans ses pensées.Je m’approche sans bruit. Mais elle le sent.— Tu ne dors pas, murmuré-je.Elle lève les yeux vers moi, l’ombre des flammes dansant sur son visage.— Toi non plus.NaïaSon regard est différent ce soir. Plus lourd. Plus indéchiffrable.Je devrais détourner les yeux, me lever et partir. Mais je ne bouge pas.— À quoi tu penses ? demande-t-il après un silence.Je serre la dague dans ma main, hésite un instant avant de répondre.— À ce qui nous
RavenLe silence entre nous est un poison lent, un venin qui s’infiltre sous ma peau, brûlant chaque parcelle de ma raison.Naïa ne recule pas. Pas cette fois. Son regard, brillant d’un feu indomptable, s’ancre au mien comme une lame enfoncée trop profondément pour être retirée sans douleur.Je devrais parler, rompre ce lien invisible, cette force qui nous enchaîne l’un à l’autre. Mais mes lèvres restent scellées, et le battement sourd de mon cœur cogne contre ma cage thoracique comme un avertissement inutile.Elle inspire lentement.— Dis-moi la vérité, murmure-t-elle.Sa voix est un fil tendu au bord du vide.Je pourrais mentir. Éviter l’inévitable. Mais il n’y a plus d’issue.— Tu sais déjà, Naïa.Son souffle se bloque une fraction de seconde. Ses doigts se crispent autour de la dague qu’elle ne lève pourtant pas contre moi.— Alors dis-le, Raven.NaïaIl est trop proche.Ses yeux sont des tempêtes, son corps une menace que je ressens jusque dans mes os.Je devrais bouger, rompre c
RavenLe silence après son départ est pire que l’orage qui éclate dehors. La pluie martèle le sol, l’écho sourd d’une réalité que je refuse d’affronter. Naïa est partie. Et cette fois, je sens que ce n’est pas un simple éloignement temporaire. Elle fuit quelque chose d’encore plus profond que nous, une vérité qu’elle n’est pas prête à accepter.Je serre les poings, cherchant un moyen d’apaiser le chaos en moi. Mais tout ce que je touche me rappelle sa présence—l’odeur de son parfum qui imprègne encore l’air, la chaleur fantôme de son corps contre le mien.Je passe une main tremblante sur mon visage, luttant contre l’envie absurde d’aller la chercher. Je sais que ce serait vain. Je ne peux pas la forcer à rester, pas quand elle se bat contre elle-même autant qu’elle se bat contre moi.Mais l’idée de la perdre me ronge.NaïaLes gouttes de pluie glaciales s’écrasent sur ma peau alors que je marche d’un pas rapide dans la nuit. Chaque pas m’éloigne de lui, et pourtant je n’arrive pas à r
NaïaSa main est brûlante contre la mienne, et pourtant, un frisson glacé me parcourt. Chaque battement de mon cœur résonne à mes oreilles, s’accordant au tambourinement de la pluie qui continue de s’abattre sur nous. Raven ne dit rien. Il se contente de me regarder, son regard cherchant à percer la tempête en moi.— Viens, murmure-t-il.Ce n’est pas un ordre. Ce n’est même pas une supplication. C’est une vérité simple, inévitable.Je pourrais partir. Tourner le dos et disparaître dans la nuit. Mais à quoi bon ? Si j’ai fait tout ce chemin jusqu’à lui, ce n’est pas pour reculer maintenant.Alors je serre un peu plus fort sa main. Il m’entraîne à travers les ruelles sombres, son pas rapide, déterminé. Nous ne courons pas, mais il y a dans notre avancée quelque chose d’urgent, d’essentiel.RavenLa porte claque derrière nous.L’appartement est plongé dans l’obscurité, seulement troublée par les éclairs qui zèbrent le ciel au-dehors. Naïa est trempée, les mèches de ses cheveux ruisselant
NaïaLe silence s’étire entre nous, plus pesant que jamais. Mon cœur bat trop fort, trop vite, comme s’il voulait s’échapper de ma poitrine. Je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas chercher ce contact, cette chaleur qui me rassure et me consume à la fois.Mais je reste.Raven ne parle pas. Ses doigts glissent lentement sur ma peau, effleurent mon bras, remontent jusqu’à mon épaule. Chaque geste est calculé, précis, comme s’il cherchait à m’ancrer dans l’instant, à empêcher mon esprit de s’éparpiller. Il le sait. Il sait que je suis à deux doigts de fuir.— Tu réfléchis trop, murmure-t-il enfin.Je ferme les yeux. Oui. Toujours trop.Je sens son souffle contre ma tempe, et un frisson me parcourt l’échine. Il ne me force pas. Il attend. Comme toujours.— Dis-moi ce que tu veux, Naïa. Juste une fois.Ma gorge se serre. Les mots restent coincés. Je veux trop de choses. Des choses impossibles.Je pourrais mentir. Lui dire que je ne ressens rien. Que cette nuit n’a rien changé. Mais no
RavenElle est sur le point de fuir. Je le sens dans la tension de ses épaules, dans la façon dont elle évite mon regard. Elle croit encore qu’elle peut m’échapper, que cette nuit ne signifie rien.Je pourrais la laisser partir. Je devrais, même. Mais je suis fatigué de jouer à ce jeu. De la regarder s’éloigner encore et encore.Alors cette fois, je ne recule pas. Je tends la main, attrape son poignet avant qu’elle ne quitte le lit.— Reste.Elle tressaille, comme si ce simple mot la frappait en plein cœur. Son regard vacille, et pendant une seconde, j’y lis une émotion brute, indomptée.Puis, elle secoue la tête.— Je ne peux pas.Je serre les dents.— Ou tu ne veux pas ?Elle ne répond pas. Et c’est là que je comprends. Ce n’est pas une question de vouloir. C’est une question de peur.Et pour la première fois, je me demande si je suis prêt à attendre qu’elle cesse d’avoir peur de moi… ou d’elle-même.Le claquement de la porte résonne dans la pièce vide. Naïa est partie. Encore. La m
CalebJe l’entoure de mes bras, sentant son souffle sur ma peau. Je la veux entièrement, dans chaque endroit de son cœur, chaque recoin de son âme. Alors que nous atteignons ensemble ce sommet de passion, je sens que cette union est plus que physique. C'est une communion de nos désirs, de nos rêves et de notre essence même.— Naïa… murmuré-je, les paroles peinant à sortir tant l’intensité de ce moment est vive.Et nous continuons cette danse, pulsant au rythme de nos cœurs unis, redécouvrant à chaque instant la beauté de l’amour et la profondeur de notre connexion.NaïaJe sens la chaleur de ses bras autour de moi, mais c'est bien plus que cela. C’est l’étreinte du destin, un lien invisible et puissant qui nous unie pour l’éternité. Mes pensées sont un tourbillon, mes émotions une mer déchaînée, mais en lui, je trouve la paix. Caleb, l’homme qui m’a bouleversée, m’a fait découvrir une vérité que je n’avais jamais osé croire : l’amour véritable.Les souvenirs de nos luttes, de nos pein
NaïaLa lumière douce du matin pénètre à travers les feuilles, une légère brise caresse ma peau, et j’émerge lentement de mon sommeil. Je sens encore la chaleur de notre nuit ensemble, la douceur des échanges de nos âmes qui vibrent en moi. Mes yeux s’ouvrent lentement, et je me tourne vers Caleb, allongé à mes côtés. Sa silhouette est paisible, et un sourire s’étire sur mes lèvres en le voyant dormir. Il est magnifique ainsi, les traits détendus, les cheveux en désordre. Je me rappelle chaque instant de la nuit précédente et les souvenirs m’envahissent comme une vague douce et réconfortante. Je n’aurais jamais cru qu’un moment, une rencontre, une seule nuit pourraient créer une telle intimité, une telle compréhension entre nous. Je me penche légèrement pour déposer un baiser furtif sur sa joue. Au contact de mes lèvres, il s’éveille, ses yeux s’ouvrent avec une lueur d’émerveillement, presque incrédule. En un instant, il se souvient et un sourire heureux illumine son visage.— Bonj
NaïaLe monde autour de nous semble s’effacer, comme si le temps avait suspendu son cours. Je sens les battements de mon cœur résonner dans tout mon être, chaque pulsation amplifiant la tension palpable entre Caleb et moi. Ses yeux plongent dans les miens, et tout ce que je savais ou pensais connaître s’efface sous l’éclat de cette révélation. Mon regard lui répond sans même que je sois consciente de mes pensées. J’ai envie de l’atteindre, de le rassurer, de lui montrer que je ressens tout le poids de ses mots.Il se rapproche, et je peux sentir la chaleur de son corps, comme un rayon de soleil perçant à travers les nuages sombres. Je suis en proie à une tempête intérieure, un mélange d'appréhension et d'anticipation. Et puis, il rompt le silence ; sa voix est un murmure dans un souffle.— Naïa, je... je ne veux pas que ce soit une simple mémoire, une promesse fictive. Je veux que tu sois à mes côtés, maintenant et pour l’éternité.À cet instant, tout semble possible. Je peux voir la
NaïaLes heures défilent, mais je suis comme suspendue dans un instant, dans cet espace entre nous où tout semble plus intense. Caleb et moi, nous avons traversé tant de choses ensemble, des épreuves, des batailles. Mais aujourd'hui, il y a quelque chose de différent dans l'air. Une tension palpable, non plus entre nous et le monde, mais entre nos cœurs. Nous marchons côte à côte, sans dire un mot, mais tout semble se dire dans le silence. Nos regards se croisent de temps à autre, et chaque fois, je sens ce frisson parcourir mon échine.Il est là, à mes côtés, et pourtant, il est bien plus proche. Ses mouvements sont plus lents, plus réfléchis, comme s'il cherchait à ne pas briser l’équilibre fragile que nous avons construit. Quand je lève les yeux vers lui, je vois quelque chose de plus en lui, quelque chose que je n'avais pas remarqué jusque-là : une vulnérabilité cachée sous ses traits marqués, une ouverture que je n'avais pas vue.— Naïa, murmure-t-il, sa voix rauque, mais douce,
NaïaNous avançons toujours, mais quelque chose a changé. Le silence qui nous entourait semble plus doux, comme si l’air lui-même s’était allégé. Caleb, bien qu’encore torturé par les ténèbres qui le consument, semble plus présent à chaque pas. Je le vois, ses yeux se posant sur moi avec une intensité que je n'avais jamais remarquée auparavant. C’est presque comme si nous étions dans un monde à part, hors du temps, hors de tout ce qui nous a blessés.À chaque mouvement, je le ressens un peu plus près, et cela me fait un étrange bien. Sa souffrance, bien que palpable, n'est plus un mur entre nous. Au contraire, elle semble lier nos âmes dans une danse fragile et précieuse. Nous ne parlons pas beaucoup, mais les silences entre nous sont pleins de compréhension, de mots non dits.Je lève les yeux vers lui, l’espace d’une fraction de seconde, et il répond par un petit sourire, un sourire qui, bien qu’éphémère, fait fondre quelque chose en moi. Il est là, avec moi. Et c’est tout ce qui com
RavenJe sens la pression s’alourdir autour de moi, une entité implacable, oppressante. Le sol tremble sous nos pieds comme s’il se préparait à nous engloutir. Le temps se distend encore, me donnant la sensation que chaque seconde dure une éternité. La créature nous attend. Je le sais, je le sens dans chaque fibre de mon être. Elle n’est plus une simple présence dans l’obscurité, elle est devenue une partie de nous, une ombre en nous, se tordant et se mélangeant à nos peurs, à nos souvenirs.Mais je ne m’arrêterai pas. Pas ici. Pas maintenant. La seule chose qui me permet de continuer, c’est l’idée que je ne peux pas laisser mes compagnons derrière. Naïa. Caleb. Je sens leur présence juste à mes côtés, tout aussi déterminés que moi, même si je sais qu’ils ressentent la même pression. Mais nous sommes ensemble, et c’est tout ce qui compte.La silhouette se dessine devant nous, une forme indistincte, une ombre informe qui semble tout engloutir sur son passage. Une voix profonde résonne
RavenJe suis au bord du gouffre. Pas seulement physiquement, mais mentalement aussi. L’obscurité nous engloutit peu à peu, chaque pas dans ce vide infini me tirant un peu plus loin de la réalité. Chaque mouvement semble plus lourd que le précédent, comme si l’air lui-même devenait un fardeau. La créature n’est plus juste une présence. Elle est en moi, dans mes pensées, dans mes peurs. Ses murmures glissent comme des serpents dans mon esprit, serpentant autour de mes doutes, de mes fragilités, cherchant à me détruire.Mais quelque part, au fond de moi, une petite voix me dit de tenir bon. Nous avons traversé des ténèbres plus profondes encore, n'est-ce pas ? Cette épreuve n’est que l’ultime frontière. Et ce n’est pas ici que je vais tomber."Raven," dit Naïa, sa voix presque étouffée par la pression. "Elle nous ronge. Nous devons rester unis."J’acquiesce, bien qu’un frisson me traverse. Oui, c’est l’unité qui nous a toujours permis d’aller plus loin. Nous ne devons pas laisser l’obsc
RavenChaque souffle que je prends est lourd, presque douloureux. L’air est épais, comme une brume glacée qui se fige dans mes poumons. Nous avons traversé le seuil de l’inconnu, et tout autour de nous, l’obscurité s’étend sans fin. Elle n’est pas simplement noire. C’est une obscurité vivante, palpitante, qui respire comme une bête. Elle nous observe, nous attend.Le sol sous nos pieds se déforme à chaque mouvement. Chaque pas nous enfonce un peu plus dans un abîme invisible, comme si la réalité elle-même commençait à se fissurer. Ce n’est pas un simple test, une simple épreuve. C’est le dernier des défis. L’ultime frontière entre ce que nous avons été et ce que nous allons devenir.Je jette un coup d’œil à Naïa. Ses yeux sont fermés, comme si elle cherchait à se concentrer sur autre chose, sur une réalité plus stable que celle qui l’entoure. Mais je sais qu’au fond d’elle, elle lutte tout autant que moi. Ce n’est pas juste un combat physique. C’est un combat mental, spirituel, contre
RavenLa terre tremble sous nos pieds, chaque vibration résonne comme un coup de marteau contre le crâne. Nous avançons, mais la créature, cette forme colossale, fait de même. L’air autour de nous se fait plus épais, chargé d'une énergie que je n'ai jamais ressentie auparavant. C’est comme si tout, absolument tout, était suspendu à un fil, prêt à céder à tout moment.À chaque pas que nous faisons, l’obscurité autour de nous semble se tordre et s’étirer, envahissant chaque espace, chaque centimètre. Le vent ne souffle plus. Il n’y a plus que cette étrange lourdeur qui nous enveloppe, cette atmosphère qui oppresse le cœur et fait couler le sang plus lentement dans nos veines.Naïa marche à mes côtés, son visage impassible, mais je vois ses poings serrés, son corps tendu. Elle lutte contre l'appel, tout comme moi. Caleb, plus loin devant, semble déjà avoir accepté l’inévitable. Il avance avec cette détermination froide qui lui est propre, sans une once de doute. Il est prêt. Mais est-ce