~~~~~ Melrick Hart ~~~~~
Quelques heures après qu'on soit rentrés, Roy, s'était affalé sur le canapé, son visage rouge et en sueur. Je m'approche de lui et je sens tout de suite qu'il a de la fièvre. L'angoisse me prend à la gorge ; je ne sais pas quoi faire. Dans un geste impulsif, j'attrape mon téléphone et compose le numéro de Cassie.
Elle arrive à la maison presque immédiatement. Elle se met au travail sans perdre une seconde : elle prend la température de Roy, lui donne un antipyrétique et prépare des compresses froides pour essayer de faire baisser la fièvre. Je reste là, en retrait et observe ses gestes.
Alors que je la regarde s'affairer autour de notre fils, elle se tourne vers moi avec une question qui me prend par surprise.
_ Tu comptes aller à la fête ce soir ?
Je balbutie, incapable de masquer ma confusion.
_ Ce... Ce soir ?
_ Oui, ce soir. À Manhattan. Devy m'a appelée, tu sais.
J'aurais dû deviner. Devy. C'est la petite amie de Marc. Elle n'est pas vraiment amie avec Cassie mais elles s'entendent bien.
_ Elle m'a dit qu'il y aura de nombreux chefs d'entreprise là-bas, continue Cassie. Je crois que tu devrais y aller, peut-être que la chance te sourira.
J'écarquille les yeux. L'idée de laisser Roy dans cet état me glace le sang.
_ Roy est malade, Cassie. Je ne peux pas le laisser dans cet état et partir.
Elle me regarde avec compassion mais aussi avec une insistance qui me déstabilise.
_ Je suis avec lui, Rick. Je vais prendre soin de lui.
Je soupire, sachant qu'elle a raison mais je ne veux pas laisser mon fils malade pour me rendre à une fête juste pour un travail que je ne suis même pas sûr d'avoir.
_ Mais tu sais que je n'aime pas aller à une fête sans toi.
Elle sourit doucement, mais il y a une fermeté dans sa voix.
_ Je le sais, mais tu n'y vas pas pour t'amuser. Tu y vas pour trouver un travail.
Je m'apprête à protester quand elle continue :
_ Tu dois y aller, Rick. S'il te plaît...
J'hésite. La fête pourrait être l'opportunité dont j'ai besoin pour enfin sortir du cycle monotone dans lequel je suis enfermé depuis trop longtemps. Mais comment puis-je laisser mon fils alors qu'il a besoin de moi ?
Je prends une profonde inspiration et regarde Roy, qui dort maintenant paisiblement malgré sa fièvre. Le cœur lourd, je finis par acquiescer.
_ D'accord… Je vais y aller. Mais si quelque chose change avec Roy…
_ Tu as mon numéro. Je te tiendrai au courant.
Je hoche la tête.
_ D'accord. Je vais prendre une douche.
Je prends une douche puis je commence à me préparer rapidement. J'enfile un costume de marque. Bien que je sois pauvre maintenant, j'ai encore des costumes hyper cher dans mon placard. Je ne m'en suis pas débarrassé. Ce n'est pas parce que je suis pauvre que je dois m'habiller vulgairement. J'enfile aussi des chaussures, une montre puis ma chevalière porte-bonheur.
Lorsque j'ai fini de me préparer, il était vingt heures. Cassie jette un coup d'œil à Roy avant de m'accompagner à la porte.
_ Tu vas bien t'en sortir, mon cœur. Rappelle-toi que c'est juste une conversation. Et ne laisse aucune opportunité passer.
_ D'accord chef.
Elle roule des yeux puis sourit. Je l'aime tellement, cette femme. Je ne sais pas où je serais si je ne l'avais pas rencontrée mais je sais que ma vie aurait eu un goût amer sans elle. Je l'embrasse avant d'ouvrir la porte et de sortir.
Lorsque je suis descendu, je suis surpris de voir qu'un Bentley noir m'attend devant l'immeuble. Je vois la vitre se baisser et la tête de Marc apparaît.
_ Eh ben, il était temps hein, me lance-t-il avec un sourire.
Je fronce les sourcils et je me dirige vers lui. Qu'est-ce qu'il faisait là ?
_ T'as mis un sacré bout de temps, me lance une autre voix.
Je reconnais la voix de Devy.
_ Et Cassie ? demande Marc lorsque je suis proche. Elle ne vient pas avec toi ?
_ Elle reste avec Roy, je réponds. Qu'est-ce que vous faites là ?
_ Comment ça ? réplique Marc. Ta femme nous a appelés pour venir te chercher.
Cassie. J'aurais dû m'en douter. Elle ne m'aurait jamais laissé aller au métro. C'est typique d'elle de m'éviter des embarras.
_ Allez, monte !! me dit Marc. On va être en retard, sinon.
Je monte à l'arrière de la voiture sans me faire prier et Marc démarre. Le minutes passent, et bientôt, nous arrivons devant un immense manoir que je n'ai jamais vu auparavant. La façade est majestueuse, ornée de détails architecturaux qui évoquent un autre temps.
Je sors de la voiture et regarde le manoir avec curiosité. Je me tourne, ensuite, vers Marc.
_ À qui appartient ce manoir ? je lui demande.
_ À Veronica White, me répond-il avec un sourire complice.
_ C'est une riche héritière, ajoute Devy en s'ajustant ses cheveux. Je suis sûre que tu as entendu parler d'elle.
Bien sûr que j'ai entendu parler d'elle. Qui n'a pas entendu parler de Veronica White ? Je hoche la tête.
_ Donc c'est elle qui a organisé cette soirée ? je demande, intrigué.
Marc acquiesce alors que nous nous dirigeons vers l'entrée du manoir.
_ Oui, elle veut se faire des alliées.
À l'entrée, des gardes vérifient nos invitations avec rigueur et ils nous laissent passer sans problème. Une fois à l'intérieur, je suis frappé par l'opulence du lieu. Des lustres en cristal scintillent au-dessus de nous, et des œuvres d'art précieuses ornent les murs.
Nous nous installons à une table élégante où Marc et Devy commencent à discuter. Moi, je reste un peu en retrait, observant les gens autour de moi. Je n'ai pas perdu de vue mon objectif : je dois trouver un chef d'entreprise susceptible de me donner du travail.
Mais alors que je scrute la salle à la recherche d'opportunités, je ne peux m'empêcher de me sentir comme un intrus dans ce monde.
Tout au long de la soirée, je me suis entretenu avec des dizaines de chef d'entreprise. Aucun ne voulait embaucher un ancien PDG d'une entreprise qui a fait faillite.
Je retourne m'asseoir alors que Devy et Marc dansent sur la piste. Je prends mon téléphone et je composé le numéro de Cassandra. Je veux prendre des nouvelles de Roy.
_ Mon amour ? fit-elle après avoir décroché.
_ Mon cœur, je réponds d'une douce voix. Comment va Roy.
_ Sa fièvre a baissé et je lui ai même donné des médocs.
Je lâche un soupir de soulagement. En fin de compte, il y a eu plus de peur que de mal.
_ Et de ton côté ? me demande-t-elle. Tu as pu obtenir un rendez-vous ?
_ Pas encore, dis-je en soupirant. Je... J'essaie encore.
_ Que Dieu soit avec toi, chéri. Je suis certaine que tu ne répartiras pas de cette soirée les mains vides.
_ Je l'espère.
_ Je te laisse. N'oublie pas de t'amuser.
_ D'accord, chérie. Je t'aime.
_ Moi encore plus.
Je raccroche et glisse mon téléphone dans la poche intérieure de ma veste. Cassie est très patiente avec moi. J'avais promis de prendre soin d'elle mais je n'arrive même plus à tenir cette promesse. Je me sens si impuissant.
Le bruit de la soirée m'entoure, mais je me sens un peu à l'écart. Je saisis le verre de whisky devant moi et en bois une gorgée.
_ Beau costume !! s'exclame une voix près de moi.
Je tourne la tête vers celle qui vient de parler. C'est une jeune femme, sans doute au maximum vingt-cinq ans. Elle porte une robe d'un bleu profond, qui souligne parfaitement les courbes de son corps tout en tombant gracieusement jusqu'à ses chevilles. Des broderies ornent le décolleté et les manches sont légèrement transparentes, laissant entrevoir sa peau lisse et soyeux.
Magnifique ? C'est un mot trop léger pour décrire sa présence. Resplendissante ? Elle l'est bien plus que cela. Belle ? Cela serait presque une insulte à sa beauté transcendantale.
Elle me fixe avec ses grands yeux noirs. Je ne peux m'empêcher de la dévorer du regard, chaque détail de son visage étant gravé dans ma mémoire : ses lèvres pleines et délicatement teintées de rouge à lèvres, son nez fin et parfaitement dessiné, et les mèches de cheveux qui tombent en cascade sur ses épaules.
Elle n'a pas l'air ordinaire ; elle a l'air d'un ange descendu tout droit du ciel.
_ Laissez-moi deviner, continue-t-elle d'une voix tellement douce que j'ai l'impression que c'est une mélodie. Collection automne Coco Chanel, il y a deux ans ?
Je souris. Elle avait deviné. C'est le seul de la collection. Et je suis le seul à l'avoir. J'acquiesce lentement de la tête.
_ Je le voulais pour mon père, dit-elle. Je l'ai commandé mais ils m'ont dit que c'était déjà vendu.
_ Alors j'ai eu de la chance, je réponds.
_ Quelle impolie !! Je ne me suis pas présentée. Je suis Veronica White.
Veronica White ? C'est elle ? Elle m'a l'air beaucoup trop jeune. Elle me tend la main avec un sourire angélique.
_ Je suis Melrick, dis-je en lui prenant la main. Melrick Hart.
_ Ravie de vous rencontrer, Melrick.
_ Le plaisir est partagé.
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je n'ai aucune envie d'organiser une soirée pour me présenter à tous et me faire des alliés. C'est une idée de Marcos, mon bras droit, qui pense que cela pourrait m'aider à gagner le respect des autres. Comme si un simple rassemblement pouvait effacer le fait que je suis l'héritière d'un empire, orpheline depuis quelques mois. Alors que je n'ai que vingt-quatre ans. Mes parents sont morts dans un crash d'avion, laissant derrière eux non seulement leur richesse incommensurable, mais aussi une pression écrasante. Ils étaient extrêmement riches, tellement riche qu'aucune entreprise dans tout les États-Unis ne pouvait rivaliser avec les entreprises White. Même pas le Walmart, des Walton. En entrant dans la salle de fête, je sens déjà les regards sur moi. Les chefs d'entreprise se pressent autour des buffets et échangent des sourires faux et des politesses superficielles. Je les salue un à un, reconnaissant leurs visages grâce aux longues séances de pré
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Je la regarde partir avec l'homme qui est venu la chercher. Veronica est étrange, c'est vrai, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine excitation. J'ai saisi l'opportunité comme Cassie me l'a conseillé, et maintenant, j'ai un rendez-vous. C'est tout simplement parfait. J'espère juste qu'elle ne va pas m'envoyer balader demain. Je suis sur le point de me rasseoir, le cœur léger, lorsque mon téléphone vibre dans ma poche. Un appel de Cassandra. Le sourire aux lèvres, je décide d'y répondre pour lui parler du rendez-vous. Mais quand je décroche, ce sont des sanglots qui m'accueillent. _ Cassie, dis-je, paniqué. Qu'est-ce qu'il y a ? _ Rick... Rick, s'il te plaît, rejoins-moi... Rejoins-moi à l'hôpital. Mon cœur sursaute. Des pensées sombres me traversent l'esprit en un éclair, mais je les chasse rapidement. _ Qu'est-ce qui se passe, Cassie ? je demande en essayant de masquer mon anxiété. _ Rick... C'est notre fils... C'est Roy.
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis vraiment agacée par le comportement de Marcos. C'est mon bras droit, c'est vrai, mais ça ne lui donne pas le droit de m'interrompre comme il l'a fait. Je passais un bon moment, moi. Et même si je viens de rencontrer Melrick, j'ai un bon pressentiment à son sujet. Une fois loin du grand salon où la soirée bat son plein, je lui lance avec colère : _ C'était quoi ça ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas me laisser respirer deux secondes ? _ Il fallait que je te parle, me répond-il, comme si cela justifiait tout. _ Il fallait attendre. _ Si c'était moi seul, j'aurais pu attendre. Je fronce les sourcils. Je ne sais pas ce qui lui prend. Qui se croit-il pour interrompre mes instants de légèreté ? _ Et qui d'autre veut me parler ? je demande, agacée. À cet instant, une voix résonne derrière Marcos : _ Moi. Il se dégage et je découvre l'avocat de mon père, maître Davila. Mon cœur se serre. Qu’est-ce qu’il fait ici ? _ Maî
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le jour se lève doucement, mais pour moi, le temps semble figé. Je suis resté au chevet de mon fils toute la nuit. Cassie, à mes côtés, n'a pas fermé l'œil non plus. Nous avons passé des heures à nous regarder, à échanger des mots muets. Il dort profondément, mais son sommeil est troublé par les machines qui émettent des bips réguliers, comme un rappel cruel de la fragilité de sa vie. Le docteur est passé ce matin. Il nous a dit que le traitement et l'intervention chirurgicale coûtent des millions de dollars. Deux ans en arrière, cette somme aurait été une formalité pour moi. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, je n'ai même pas cent dollars en poche. Cassie a épuisé ses économies, et je me sens comme un naufragé sur une île déserte, sans moyen de rejoindre le rivage. Que faire ? Qui demander de l'aide ? Je ne peux pas laisser mon fils tomber entre les mains du destin. Pas lui. Pas maintenant. Je tourne mon regard vers Cassie. Ses yeux sont cernés et r
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis sur le point de prendre mon petit déjeuner lorsque mon téléphone se met à vibrer doucement sur la table. Je regarde l'heure et je crois que c'est Melrick. J'en suis même certaine. Mon cœur s'emballe. Je prends le téléphone et je décroche. Nous avons commencé à parler. Mon Dieu !! Sa voix !! Elle est encore plus sexy au téléphone. Je lui propose de nous rencontrer dans dix petites minutes. Il doit penser que c'est une simple offre d'emploi, et en un sens, il ne se trompe pas. Mais au fond, mon désir va bien au-delà de cela. Je veux Melrick à mes côtés, pas seulement en tant qu’employé, mais en tant qu’homme dans ma vie. Je décide de préparer l’environnement parfait pour notre rencontre. Je me tourne vers la gouvernante, une femme que je juge souvent trop standard, et lui ordonne : _ Déplacez le petit déjeuner à la piscine et assurez-vous que tout soit impeccable dans les cinq prochaines minutes. _ Tout de suite, mademoiselle, rép
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ Je suis assise sur cette chaise inconfortable, les yeux rivés sur mon fils, allongé et inconscient, entouré de machines qui bipent. Je me sens tellement impuissante. Je suis sa mère, et pourtant, je n'ai pas pu le protéger. À peine un an et demi, il est déjà en train de se battre pour sa survie à cause de cette putain de maladie Cela fait maintenant deux heures que Rick est parti. J'espère qu'il a pu obtenir un rendez-vous après avoir parlé à cette personne avec qui il a échangé une carte. Je sais à quel point il souffre de ne rien faire, de se sentir inutile. Je lui souhaite tant de trouver un travail qui lui redonnera un sens à sa vie. Je suis perdue dans mes pensées lorsque ma belle-mère entre dans la chambre. Sans même me jeter un regard, elle se dirige vers mon fils et caresse doucement ses cheveux. Je vois des larmes perler dans ses yeux, et cela me touche malgré tout. _ Mon petit Rick, murmure-t-elle d'une voix tremblante. Mais qu'est-
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le petit-déjeuner s’étire dans une atmosphère tendue. Je me tiens droit, mangeant avec élégance, même si je ne parle qu’en réponse aux questions de Veronica. Je me sens très gêné ; c’est la première fois que je me retrouve à un entretien d’embauche, déjeunant avec le propriétaire de l’entreprise. Tout au long du repas, je sens son regard sur moi. Elle ne détourne les yeux que deux secondes pour prendre quelque chose dans son assiette, puis me fixe à nouveau. C’est extrêmement gênant de manger devant quelqu’un qui ne cesse de me dévisager, et je fais semblant de ne rien voir. Après le petit-déjeuner, elle m’emmène dans son bureau. Elle s’installe et me demande de prendre place sur la chaise des invités. Je m’exécute sans hésiter. _ Désolé, Mademoiselle White, mais je n’ai pas apporté mon CV, lui dis-je d’un ton décontracté. _ Ne vous excusez pas, je ne voulais pas que vous l’apportiez de toute façon. _ Oui, mais c’est extrêmement gênant d’arri
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ _ Chéri ? Le petit déjeuner est servi !! Je lance à mon mari, Rick, qui se trouve encore dans la chambre en train de se préparer. J'entends le bruit des tiroirs qui s'ouvrent et se ferment, signe qu'il cherche désespérément quelque chose. _ D'accord, j'arrive !! M'a-t-il répondu. Je continue à préparer la table, disposant soigneusement les assiettes et les couverts. Le parfum du café fraîchement préparé emplit la pièce et je ne peux m'empêcher de sourire. Je prends ensuite mon petit bout de chou, Roy, et le place sur mes genoux en m'asseyant à la table. _ C'est qui le petit trésor de maman ? C'est qui ? Dis-moi qui c’est. Je lui fais des chatouilles et il rit aux éclats. C'est mon fils. Il s'appelle Roy, comme roi. C'est moi qui l'ai nommé comme ça, car je voulais qu'il sache qu'il est précieux et unique. Quand j'arrête de le chatouiller, il me murmure d'une voix douce : _ Maman... Gâteau... _ Gâteau ? Donc comme ça le petit coq
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le petit-déjeuner s’étire dans une atmosphère tendue. Je me tiens droit, mangeant avec élégance, même si je ne parle qu’en réponse aux questions de Veronica. Je me sens très gêné ; c’est la première fois que je me retrouve à un entretien d’embauche, déjeunant avec le propriétaire de l’entreprise. Tout au long du repas, je sens son regard sur moi. Elle ne détourne les yeux que deux secondes pour prendre quelque chose dans son assiette, puis me fixe à nouveau. C’est extrêmement gênant de manger devant quelqu’un qui ne cesse de me dévisager, et je fais semblant de ne rien voir. Après le petit-déjeuner, elle m’emmène dans son bureau. Elle s’installe et me demande de prendre place sur la chaise des invités. Je m’exécute sans hésiter. _ Désolé, Mademoiselle White, mais je n’ai pas apporté mon CV, lui dis-je d’un ton décontracté. _ Ne vous excusez pas, je ne voulais pas que vous l’apportiez de toute façon. _ Oui, mais c’est extrêmement gênant d’arri
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ Je suis assise sur cette chaise inconfortable, les yeux rivés sur mon fils, allongé et inconscient, entouré de machines qui bipent. Je me sens tellement impuissante. Je suis sa mère, et pourtant, je n'ai pas pu le protéger. À peine un an et demi, il est déjà en train de se battre pour sa survie à cause de cette putain de maladie Cela fait maintenant deux heures que Rick est parti. J'espère qu'il a pu obtenir un rendez-vous après avoir parlé à cette personne avec qui il a échangé une carte. Je sais à quel point il souffre de ne rien faire, de se sentir inutile. Je lui souhaite tant de trouver un travail qui lui redonnera un sens à sa vie. Je suis perdue dans mes pensées lorsque ma belle-mère entre dans la chambre. Sans même me jeter un regard, elle se dirige vers mon fils et caresse doucement ses cheveux. Je vois des larmes perler dans ses yeux, et cela me touche malgré tout. _ Mon petit Rick, murmure-t-elle d'une voix tremblante. Mais qu'est-
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis sur le point de prendre mon petit déjeuner lorsque mon téléphone se met à vibrer doucement sur la table. Je regarde l'heure et je crois que c'est Melrick. J'en suis même certaine. Mon cœur s'emballe. Je prends le téléphone et je décroche. Nous avons commencé à parler. Mon Dieu !! Sa voix !! Elle est encore plus sexy au téléphone. Je lui propose de nous rencontrer dans dix petites minutes. Il doit penser que c'est une simple offre d'emploi, et en un sens, il ne se trompe pas. Mais au fond, mon désir va bien au-delà de cela. Je veux Melrick à mes côtés, pas seulement en tant qu’employé, mais en tant qu’homme dans ma vie. Je décide de préparer l’environnement parfait pour notre rencontre. Je me tourne vers la gouvernante, une femme que je juge souvent trop standard, et lui ordonne : _ Déplacez le petit déjeuner à la piscine et assurez-vous que tout soit impeccable dans les cinq prochaines minutes. _ Tout de suite, mademoiselle, rép
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le jour se lève doucement, mais pour moi, le temps semble figé. Je suis resté au chevet de mon fils toute la nuit. Cassie, à mes côtés, n'a pas fermé l'œil non plus. Nous avons passé des heures à nous regarder, à échanger des mots muets. Il dort profondément, mais son sommeil est troublé par les machines qui émettent des bips réguliers, comme un rappel cruel de la fragilité de sa vie. Le docteur est passé ce matin. Il nous a dit que le traitement et l'intervention chirurgicale coûtent des millions de dollars. Deux ans en arrière, cette somme aurait été une formalité pour moi. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, je n'ai même pas cent dollars en poche. Cassie a épuisé ses économies, et je me sens comme un naufragé sur une île déserte, sans moyen de rejoindre le rivage. Que faire ? Qui demander de l'aide ? Je ne peux pas laisser mon fils tomber entre les mains du destin. Pas lui. Pas maintenant. Je tourne mon regard vers Cassie. Ses yeux sont cernés et r
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis vraiment agacée par le comportement de Marcos. C'est mon bras droit, c'est vrai, mais ça ne lui donne pas le droit de m'interrompre comme il l'a fait. Je passais un bon moment, moi. Et même si je viens de rencontrer Melrick, j'ai un bon pressentiment à son sujet. Une fois loin du grand salon où la soirée bat son plein, je lui lance avec colère : _ C'était quoi ça ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas me laisser respirer deux secondes ? _ Il fallait que je te parle, me répond-il, comme si cela justifiait tout. _ Il fallait attendre. _ Si c'était moi seul, j'aurais pu attendre. Je fronce les sourcils. Je ne sais pas ce qui lui prend. Qui se croit-il pour interrompre mes instants de légèreté ? _ Et qui d'autre veut me parler ? je demande, agacée. À cet instant, une voix résonne derrière Marcos : _ Moi. Il se dégage et je découvre l'avocat de mon père, maître Davila. Mon cœur se serre. Qu’est-ce qu’il fait ici ? _ Maî
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Je la regarde partir avec l'homme qui est venu la chercher. Veronica est étrange, c'est vrai, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine excitation. J'ai saisi l'opportunité comme Cassie me l'a conseillé, et maintenant, j'ai un rendez-vous. C'est tout simplement parfait. J'espère juste qu'elle ne va pas m'envoyer balader demain. Je suis sur le point de me rasseoir, le cœur léger, lorsque mon téléphone vibre dans ma poche. Un appel de Cassandra. Le sourire aux lèvres, je décide d'y répondre pour lui parler du rendez-vous. Mais quand je décroche, ce sont des sanglots qui m'accueillent. _ Cassie, dis-je, paniqué. Qu'est-ce qu'il y a ? _ Rick... Rick, s'il te plaît, rejoins-moi... Rejoins-moi à l'hôpital. Mon cœur sursaute. Des pensées sombres me traversent l'esprit en un éclair, mais je les chasse rapidement. _ Qu'est-ce qui se passe, Cassie ? je demande en essayant de masquer mon anxiété. _ Rick... C'est notre fils... C'est Roy.
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je n'ai aucune envie d'organiser une soirée pour me présenter à tous et me faire des alliés. C'est une idée de Marcos, mon bras droit, qui pense que cela pourrait m'aider à gagner le respect des autres. Comme si un simple rassemblement pouvait effacer le fait que je suis l'héritière d'un empire, orpheline depuis quelques mois. Alors que je n'ai que vingt-quatre ans. Mes parents sont morts dans un crash d'avion, laissant derrière eux non seulement leur richesse incommensurable, mais aussi une pression écrasante. Ils étaient extrêmement riches, tellement riche qu'aucune entreprise dans tout les États-Unis ne pouvait rivaliser avec les entreprises White. Même pas le Walmart, des Walton. En entrant dans la salle de fête, je sens déjà les regards sur moi. Les chefs d'entreprise se pressent autour des buffets et échangent des sourires faux et des politesses superficielles. Je les salue un à un, reconnaissant leurs visages grâce aux longues séances de pré
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Quelques heures après qu'on soit rentrés, Roy, s'était affalé sur le canapé, son visage rouge et en sueur. Je m'approche de lui et je sens tout de suite qu'il a de la fièvre. L'angoisse me prend à la gorge ; je ne sais pas quoi faire. Dans un geste impulsif, j'attrape mon téléphone et compose le numéro de Cassie. Elle arrive à la maison presque immédiatement. Elle se met au travail sans perdre une seconde : elle prend la température de Roy, lui donne un antipyrétique et prépare des compresses froides pour essayer de faire baisser la fièvre. Je reste là, en retrait et observe ses gestes. Alors que je la regarde s'affairer autour de notre fils, elle se tourne vers moi avec une question qui me prend par surprise. _ Tu comptes aller à la fête ce soir ? Je balbutie, incapable de masquer ma confusion. _ Ce... Ce soir ? _ Oui, ce soir. À Manhattan. Devy m'a appelée, tu sais. J'aurais dû deviner. Devy. C'est la petite amie de Marc. Elle n'est p
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Après avoir récupéré mon fils chez Cassie, j'ai pris le bus pour me rendre dans le Bronx pour voir ma mère. Je me sens un peu triste en ce moment. Ce n'est pas la première fois que je passe un entretien et que ça ne donne rien. Mais je me sens toujours très triste à chaque fois. Je me sens un peu perdu, comme si je tournais en rond dans un labyrinthe sans issue. Le bus cahote sur les routes du Bronx, et je serre Roy contre moi. Quand nous atteignons enfin le Bronx, je prends une grande inspiration avant de sortir du bus. Ensuite, je me dirige vers l’appartement de ma mère. Dès que j’ouvre la porte, l’atmosphère change. Ma mère est là, assise dans le canapé en train de tricoter un pull. _ Bonjour, maman, lui lancé-je en m'approche. _ Bonjour, mon petit Rick, le répond-elle. Je lui fais là bise et elle prend Roy dans ses bras avec une douceur infinie. _ Mon petit trésor. Mon petit Rick, chéri. Regarde comme tu as grandi. Tu es devenu un gran