~~~~~ Veronica White ~~~~~
Je suis vraiment agacée par le comportement de Marcos. C'est mon bras droit, c'est vrai, mais ça ne lui donne pas le droit de m'interrompre comme il l'a fait. Je passais un bon moment, moi. Et même si je viens de rencontrer Melrick, j'ai un bon pressentiment à son sujet.
Une fois loin du grand salon où la soirée bat son plein, je lui lance avec colère :
_ C'était quoi ça ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas me laisser respirer deux secondes ?
_ Il fallait que je te parle, me répond-il, comme si cela justifiait tout.
_ Il fallait attendre.
_ Si c'était moi seul, j'aurais pu attendre.
Je fronce les sourcils. Je ne sais pas ce qui lui prend. Qui se croit-il pour interrompre mes instants de légèreté ?
_ Et qui d'autre veut me parler ? je demande, agacée.
À cet instant, une voix résonne derrière Marcos :
_ Moi.
Il se dégage et je découvre l'avocat de mon père, maître Davila. Mon cœur se serre. Qu’est-ce qu’il fait ici ?
_ Maître Davila ? dis-je, un brin surprise. Vous ? Mais qu'est-ce que vous faites là ?
_ J'ai des nouvelles pour vous, concernant votre sœur.
Ma sœur ? Rectification : ma demie-sœur. Je ne la connais pas et je n'ai aucune envie de la connaître. Après la mort de mes parents il y a quelques mois, j'ai découvert que j'avais une demie-sœur conçue d'une liaison de mon père. Il a renié cette grossesse, mais son poids sur sa conscience a été tel qu'il a écrit un testament prévoyant que nous partagerions l'héritage à part égale.
Urgh… Part égale ? Une bâtarde qui reçoit la même part qu'une fille légitime ? Je hais mon père pour ça. Mais bon, je n'y peux rien.
Je fais semblant de m'intéresser à ce que l'avocat a à me dire. C’est ma stratégie habituelle.
_ Ne restez pas là, maître Davila. Entrez, dis-je avec un faux sourire.
Je l'invite à s'asseoir dans le petit salon. À mes côtés se trouvent Marcos et Théo, mon chauffeur en qui j'ai plus confiance qu'en Marcos. Théo prépare des verres pour maître Davila et moi.
_ Alors, maître ? Que se passe-t-il ? Vous l'avez retrouvée ?
Il secoue la tête et répond :
_ Pas encore. Mais j'ai découvert le nom complet de sa mère.
Mon cœur s'accélère légèrement.
_ Et comment s'appelle-t-elle ?
_ Maria José Pérez. Elle est espagnole.
Je hoche la tête avec un léger désintérêt.
_ Ah, je vois…
_ Malheureusement, elle est morte en accouchant.
Cette nouvelle ne m’émeut pas vraiment. Je reste impassible.
_ Et l'enfant ? je demande finalement.
_ Elle a survécu et a été élevée par d'autres personnes.
Le silence s’installe autour de nous. Je me tais, réfléchissant aux implications de cette révélation.
_ Malheureusement, il sera très difficile de la retrouver, conclut maître Davila.
Je sens une vague d'irritation monter en moi. Pourquoi devrais-je m'occuper de cela ? Pourquoi devrais-je être concernée par une sœur dont je n’ai jamais voulu entendre parler ?
_ Alors lâchez l'affaire, je lâche simplement à maître Davila.
Il me regarde, l'air surpris et incrédule.
_ Quoi ? réplique-t-il, comme s'il venait d'entendre une absurdité.
Je prends une gorgée de mon whisky, le liquide doré glisse dans ma gorge et me donne la force dont j'ai besoin.
_ Cela fait plusieurs mois que vous cherchez cette sœur qui est peut-être déjà morte. Il est temps que vous arrêtiez, lui dis-je.
Il me fixe, son regard perçant cherchant des réponses que je ne suis pas prête à lui donner.
_ Maître Davila, ça va ? je demande, feignant l'inquiétude.
_ Vous êtes sérieuse là ? demande-t-il.
_ Absolument.
Je pose mon verre sur la table avec un léger bruit.
_ Écoutez, continue-je. Rien ne prouve que cette fille est encore vivante.
_ Alors je continuerai à faire mes recherches jusqu'à ce que je sois sûr qu'elle soit morte, répond-il.
Sa loyauté envers mon père est admirable, mais elle m'agace aussi. Je ne peux pas laisser cette quête le consumer davantage.
_ Et si au lieu de ça, vous preniez votre retraite ? propose-je avec un sourire ironique.
_ Quoi ?
Je bois encore une gorgée de whisky pour masquer ma nervosité et poursuis :
_ Vous faîtes tout ça parce que mon père vous a payé n'est-ce pas ?
Il hoche la tête lentement.
_ Et aussi parce que je suis son ami. Et je suis loyal aussi.
Loyal ? On verra bien. Je tends la main à Marcos qui dépose un chèque sur la table. Je le glisse vers Maître Davila avec un sourire malicieux.
_ Le chèque est en blanc, dis-je. Inscrivez-y le montant que vous voulez et ce sera à vous.
Les yeux de Davila s'agrandissent.
_ Vous voulez que j'arrête de chercher votre sœur, c'est ça ?
_ Non, je vous demande de considérer qu'elle est morte, le corrigé-je.
Son expression passe du choc à l'incrédulité.
_ Mademoiselle White...
Je lui coupe la parole :
_ Vous voulez combien ?
Il hésite puis murmure :
_ Mademoiselle...
Je sens une montée d'adrénaline en moi alors que je lance les chiffres comme des flèches :
_ Deux millions ?
Un silence pesant s'installe. Je vois ses pensées se bousculer derrière ses yeux sombres.
_ Trois millions ?
Toujours rien. Il reste figé.
_ Cinq millions ?
Ses yeux s'écarquillent enfin. Juste cinq millions et il était déjà prêt à lâcher l'affaire ? Je me penche lentement vers lui, ma voix devient plus douce :
_ Je vous en rajoute deux en guise de cadeau.
Marcos sort son stylo et inscrit le montant sur le chèque avant de le tendre à Maître Davila. Je peux voir la satisfaction se dessiner sur son visage fatigué par tant d'années passées à chercher dans l'ombre.
Je continue à le fixer intensément :
_ Marché conclu ? je demande, ma voix ferme mais pleine d'une étrange tendresse.
Il prend le chèque entre ses mains tremblantes et acquiesce lentement :
_ Marché conclu, mademoiselle White.
À ce moment-là, quelque chose change en moi. J'ai pris une décision qui ne m'appartient pas vraiment ; j'ai acheté sa loyauté pour me libérer d'un poids qui me rongeait depuis trop longtemps. Je n'ai jamais aimé la compétition. Ce n'est pas aujourd'hui que j'accepterai d'avoir une demi-sœur dans les pattes.
Marcos a raccompagné Maître Davila vers la sortie. Je me retrouve seule avec Théo, le regard perdu dans le vide.
_ Qu'est-ce que tu en penses ? lui demande-je, un peu nerveuse.
_ Vous avez pris la bonne décision, Veronica, me répond-il d’un ton rassurant.
Je hoche la tête, mais une part de moi reste incertaine. Théo a toujours été là pour me soutenir, me dire la vérité, qu’elle soit douce ou amère. Son avis compte beaucoup pour moi.
_ Je peux te demander un petit service ? je lui demande, cherchant à capter son attention.
_ Oui, me répond-il sans hésitation.
J’inspire profondément.
_ Je veux des informations sur un homme que j'ai rencontré ce soir. Il s'appelle Melrick Hart et il prétend être l'ancien PDG de Reality. Je veux tout savoir, absolument tout. Et je veux ces informations avant huit heures demain matin.
Théo fronce les sourcils à l’évocation du nom. Je sais qu’il a une mémoire aiguisée et qu’il a probablement entendu parler de Reality à plusieurs reprises.
_ Considérez que c'est déjà fait, dit-il.
Je lui adresse un sourire reconnaissant avant de me lever et de marcher vers la fenêtre. Je pense à cet homme. Melrick Hart… Pourquoi avait-il attiré mon attention si rapidement ? J'ai envie de le découvrir. Je ne sais pas pourquoi mais je crois que je vais aimer ce que je vais découvrir.
Je me remémore notre conversation : son charisme, ses paroles bien choisies et le mystère qui l'entoure.
_ Il est parti, me lance Marcos en revenant.
J'acquiesce simplement. Je retourne à la fête et je le cherche mais il n'est plus là. Il est parti. Ça me fait mal mais je n'y peux rien. J'espère tout simplement que demain matin, il m'appellera.
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le jour se lève doucement, mais pour moi, le temps semble figé. Je suis resté au chevet de mon fils toute la nuit. Cassie, à mes côtés, n'a pas fermé l'œil non plus. Nous avons passé des heures à nous regarder, à échanger des mots muets. Il dort profondément, mais son sommeil est troublé par les machines qui émettent des bips réguliers, comme un rappel cruel de la fragilité de sa vie. Le docteur est passé ce matin. Il nous a dit que le traitement et l'intervention chirurgicale coûtent des millions de dollars. Deux ans en arrière, cette somme aurait été une formalité pour moi. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, je n'ai même pas cent dollars en poche. Cassie a épuisé ses économies, et je me sens comme un naufragé sur une île déserte, sans moyen de rejoindre le rivage. Que faire ? Qui demander de l'aide ? Je ne peux pas laisser mon fils tomber entre les mains du destin. Pas lui. Pas maintenant. Je tourne mon regard vers Cassie. Ses yeux sont cernés et r
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis sur le point de prendre mon petit déjeuner lorsque mon téléphone se met à vibrer doucement sur la table. Je regarde l'heure et je crois que c'est Melrick. J'en suis même certaine. Mon cœur s'emballe. Je prends le téléphone et je décroche. Nous avons commencé à parler. Mon Dieu !! Sa voix !! Elle est encore plus sexy au téléphone. Je lui propose de nous rencontrer dans dix petites minutes. Il doit penser que c'est une simple offre d'emploi, et en un sens, il ne se trompe pas. Mais au fond, mon désir va bien au-delà de cela. Je veux Melrick à mes côtés, pas seulement en tant qu’employé, mais en tant qu’homme dans ma vie. Je décide de préparer l’environnement parfait pour notre rencontre. Je me tourne vers la gouvernante, une femme que je juge souvent trop standard, et lui ordonne : _ Déplacez le petit déjeuner à la piscine et assurez-vous que tout soit impeccable dans les cinq prochaines minutes. _ Tout de suite, mademoiselle, rép
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ Je suis assise sur cette chaise inconfortable, les yeux rivés sur mon fils, allongé et inconscient, entouré de machines qui bipent. Je me sens tellement impuissante. Je suis sa mère, et pourtant, je n'ai pas pu le protéger. À peine un an et demi, il est déjà en train de se battre pour sa survie à cause de cette putain de maladie Cela fait maintenant deux heures que Rick est parti. J'espère qu'il a pu obtenir un rendez-vous après avoir parlé à cette personne avec qui il a échangé une carte. Je sais à quel point il souffre de ne rien faire, de se sentir inutile. Je lui souhaite tant de trouver un travail qui lui redonnera un sens à sa vie. Je suis perdue dans mes pensées lorsque ma belle-mère entre dans la chambre. Sans même me jeter un regard, elle se dirige vers mon fils et caresse doucement ses cheveux. Je vois des larmes perler dans ses yeux, et cela me touche malgré tout. _ Mon petit Rick, murmure-t-elle d'une voix tremblante. Mais qu'est-
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le petit-déjeuner s’étire dans une atmosphère tendue. Je me tiens droit, mangeant avec élégance, même si je ne parle qu’en réponse aux questions de Veronica. Je me sens très gêné ; c’est la première fois que je me retrouve à un entretien d’embauche, déjeunant avec le propriétaire de l’entreprise. Tout au long du repas, je sens son regard sur moi. Elle ne détourne les yeux que deux secondes pour prendre quelque chose dans son assiette, puis me fixe à nouveau. C’est extrêmement gênant de manger devant quelqu’un qui ne cesse de me dévisager, et je fais semblant de ne rien voir. Après le petit-déjeuner, elle m’emmène dans son bureau. Elle s’installe et me demande de prendre place sur la chaise des invités. Je m’exécute sans hésiter. _ Désolé, Mademoiselle White, mais je n’ai pas apporté mon CV, lui dis-je d’un ton décontracté. _ Ne vous excusez pas, je ne voulais pas que vous l’apportiez de toute façon. _ Oui, mais c’est extrêmement gênant d’arri
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ _ Chéri ? Le petit déjeuner est servi !! Je lance à mon mari, Rick, qui se trouve encore dans la chambre en train de se préparer. J'entends le bruit des tiroirs qui s'ouvrent et se ferment, signe qu'il cherche désespérément quelque chose. _ D'accord, j'arrive !! M'a-t-il répondu. Je continue à préparer la table, disposant soigneusement les assiettes et les couverts. Le parfum du café fraîchement préparé emplit la pièce et je ne peux m'empêcher de sourire. Je prends ensuite mon petit bout de chou, Roy, et le place sur mes genoux en m'asseyant à la table. _ C'est qui le petit trésor de maman ? C'est qui ? Dis-moi qui c’est. Je lui fais des chatouilles et il rit aux éclats. C'est mon fils. Il s'appelle Roy, comme roi. C'est moi qui l'ai nommé comme ça, car je voulais qu'il sache qu'il est précieux et unique. Quand j'arrête de le chatouiller, il me murmure d'une voix douce : _ Maman... Gâteau... _ Gâteau ? Donc comme ça le petit coq
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Après avoir récupéré mon fils chez Cassie, j'ai pris le bus pour me rendre dans le Bronx pour voir ma mère. Je me sens un peu triste en ce moment. Ce n'est pas la première fois que je passe un entretien et que ça ne donne rien. Mais je me sens toujours très triste à chaque fois. Je me sens un peu perdu, comme si je tournais en rond dans un labyrinthe sans issue. Le bus cahote sur les routes du Bronx, et je serre Roy contre moi. Quand nous atteignons enfin le Bronx, je prends une grande inspiration avant de sortir du bus. Ensuite, je me dirige vers l’appartement de ma mère. Dès que j’ouvre la porte, l’atmosphère change. Ma mère est là, assise dans le canapé en train de tricoter un pull. _ Bonjour, maman, lui lancé-je en m'approche. _ Bonjour, mon petit Rick, le répond-elle. Je lui fais là bise et elle prend Roy dans ses bras avec une douceur infinie. _ Mon petit trésor. Mon petit Rick, chéri. Regarde comme tu as grandi. Tu es devenu un gran
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Quelques heures après qu'on soit rentrés, Roy, s'était affalé sur le canapé, son visage rouge et en sueur. Je m'approche de lui et je sens tout de suite qu'il a de la fièvre. L'angoisse me prend à la gorge ; je ne sais pas quoi faire. Dans un geste impulsif, j'attrape mon téléphone et compose le numéro de Cassie. Elle arrive à la maison presque immédiatement. Elle se met au travail sans perdre une seconde : elle prend la température de Roy, lui donne un antipyrétique et prépare des compresses froides pour essayer de faire baisser la fièvre. Je reste là, en retrait et observe ses gestes. Alors que je la regarde s'affairer autour de notre fils, elle se tourne vers moi avec une question qui me prend par surprise. _ Tu comptes aller à la fête ce soir ? Je balbutie, incapable de masquer ma confusion. _ Ce... Ce soir ? _ Oui, ce soir. À Manhattan. Devy m'a appelée, tu sais. J'aurais dû deviner. Devy. C'est la petite amie de Marc. Elle n'est p
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je n'ai aucune envie d'organiser une soirée pour me présenter à tous et me faire des alliés. C'est une idée de Marcos, mon bras droit, qui pense que cela pourrait m'aider à gagner le respect des autres. Comme si un simple rassemblement pouvait effacer le fait que je suis l'héritière d'un empire, orpheline depuis quelques mois. Alors que je n'ai que vingt-quatre ans. Mes parents sont morts dans un crash d'avion, laissant derrière eux non seulement leur richesse incommensurable, mais aussi une pression écrasante. Ils étaient extrêmement riches, tellement riche qu'aucune entreprise dans tout les États-Unis ne pouvait rivaliser avec les entreprises White. Même pas le Walmart, des Walton. En entrant dans la salle de fête, je sens déjà les regards sur moi. Les chefs d'entreprise se pressent autour des buffets et échangent des sourires faux et des politesses superficielles. Je les salue un à un, reconnaissant leurs visages grâce aux longues séances de pré
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le petit-déjeuner s’étire dans une atmosphère tendue. Je me tiens droit, mangeant avec élégance, même si je ne parle qu’en réponse aux questions de Veronica. Je me sens très gêné ; c’est la première fois que je me retrouve à un entretien d’embauche, déjeunant avec le propriétaire de l’entreprise. Tout au long du repas, je sens son regard sur moi. Elle ne détourne les yeux que deux secondes pour prendre quelque chose dans son assiette, puis me fixe à nouveau. C’est extrêmement gênant de manger devant quelqu’un qui ne cesse de me dévisager, et je fais semblant de ne rien voir. Après le petit-déjeuner, elle m’emmène dans son bureau. Elle s’installe et me demande de prendre place sur la chaise des invités. Je m’exécute sans hésiter. _ Désolé, Mademoiselle White, mais je n’ai pas apporté mon CV, lui dis-je d’un ton décontracté. _ Ne vous excusez pas, je ne voulais pas que vous l’apportiez de toute façon. _ Oui, mais c’est extrêmement gênant d’arri
~~~~~ Cassandra Hurber ~~~~~ Je suis assise sur cette chaise inconfortable, les yeux rivés sur mon fils, allongé et inconscient, entouré de machines qui bipent. Je me sens tellement impuissante. Je suis sa mère, et pourtant, je n'ai pas pu le protéger. À peine un an et demi, il est déjà en train de se battre pour sa survie à cause de cette putain de maladie Cela fait maintenant deux heures que Rick est parti. J'espère qu'il a pu obtenir un rendez-vous après avoir parlé à cette personne avec qui il a échangé une carte. Je sais à quel point il souffre de ne rien faire, de se sentir inutile. Je lui souhaite tant de trouver un travail qui lui redonnera un sens à sa vie. Je suis perdue dans mes pensées lorsque ma belle-mère entre dans la chambre. Sans même me jeter un regard, elle se dirige vers mon fils et caresse doucement ses cheveux. Je vois des larmes perler dans ses yeux, et cela me touche malgré tout. _ Mon petit Rick, murmure-t-elle d'une voix tremblante. Mais qu'est-
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis sur le point de prendre mon petit déjeuner lorsque mon téléphone se met à vibrer doucement sur la table. Je regarde l'heure et je crois que c'est Melrick. J'en suis même certaine. Mon cœur s'emballe. Je prends le téléphone et je décroche. Nous avons commencé à parler. Mon Dieu !! Sa voix !! Elle est encore plus sexy au téléphone. Je lui propose de nous rencontrer dans dix petites minutes. Il doit penser que c'est une simple offre d'emploi, et en un sens, il ne se trompe pas. Mais au fond, mon désir va bien au-delà de cela. Je veux Melrick à mes côtés, pas seulement en tant qu’employé, mais en tant qu’homme dans ma vie. Je décide de préparer l’environnement parfait pour notre rencontre. Je me tourne vers la gouvernante, une femme que je juge souvent trop standard, et lui ordonne : _ Déplacez le petit déjeuner à la piscine et assurez-vous que tout soit impeccable dans les cinq prochaines minutes. _ Tout de suite, mademoiselle, rép
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Le jour se lève doucement, mais pour moi, le temps semble figé. Je suis resté au chevet de mon fils toute la nuit. Cassie, à mes côtés, n'a pas fermé l'œil non plus. Nous avons passé des heures à nous regarder, à échanger des mots muets. Il dort profondément, mais son sommeil est troublé par les machines qui émettent des bips réguliers, comme un rappel cruel de la fragilité de sa vie. Le docteur est passé ce matin. Il nous a dit que le traitement et l'intervention chirurgicale coûtent des millions de dollars. Deux ans en arrière, cette somme aurait été une formalité pour moi. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, je n'ai même pas cent dollars en poche. Cassie a épuisé ses économies, et je me sens comme un naufragé sur une île déserte, sans moyen de rejoindre le rivage. Que faire ? Qui demander de l'aide ? Je ne peux pas laisser mon fils tomber entre les mains du destin. Pas lui. Pas maintenant. Je tourne mon regard vers Cassie. Ses yeux sont cernés et r
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je suis vraiment agacée par le comportement de Marcos. C'est mon bras droit, c'est vrai, mais ça ne lui donne pas le droit de m'interrompre comme il l'a fait. Je passais un bon moment, moi. Et même si je viens de rencontrer Melrick, j'ai un bon pressentiment à son sujet. Une fois loin du grand salon où la soirée bat son plein, je lui lance avec colère : _ C'était quoi ça ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas me laisser respirer deux secondes ? _ Il fallait que je te parle, me répond-il, comme si cela justifiait tout. _ Il fallait attendre. _ Si c'était moi seul, j'aurais pu attendre. Je fronce les sourcils. Je ne sais pas ce qui lui prend. Qui se croit-il pour interrompre mes instants de légèreté ? _ Et qui d'autre veut me parler ? je demande, agacée. À cet instant, une voix résonne derrière Marcos : _ Moi. Il se dégage et je découvre l'avocat de mon père, maître Davila. Mon cœur se serre. Qu’est-ce qu’il fait ici ? _ Maî
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Je la regarde partir avec l'homme qui est venu la chercher. Veronica est étrange, c'est vrai, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine excitation. J'ai saisi l'opportunité comme Cassie me l'a conseillé, et maintenant, j'ai un rendez-vous. C'est tout simplement parfait. J'espère juste qu'elle ne va pas m'envoyer balader demain. Je suis sur le point de me rasseoir, le cœur léger, lorsque mon téléphone vibre dans ma poche. Un appel de Cassandra. Le sourire aux lèvres, je décide d'y répondre pour lui parler du rendez-vous. Mais quand je décroche, ce sont des sanglots qui m'accueillent. _ Cassie, dis-je, paniqué. Qu'est-ce qu'il y a ? _ Rick... Rick, s'il te plaît, rejoins-moi... Rejoins-moi à l'hôpital. Mon cœur sursaute. Des pensées sombres me traversent l'esprit en un éclair, mais je les chasse rapidement. _ Qu'est-ce qui se passe, Cassie ? je demande en essayant de masquer mon anxiété. _ Rick... C'est notre fils... C'est Roy.
~~~~~ Veronica White ~~~~~ Je n'ai aucune envie d'organiser une soirée pour me présenter à tous et me faire des alliés. C'est une idée de Marcos, mon bras droit, qui pense que cela pourrait m'aider à gagner le respect des autres. Comme si un simple rassemblement pouvait effacer le fait que je suis l'héritière d'un empire, orpheline depuis quelques mois. Alors que je n'ai que vingt-quatre ans. Mes parents sont morts dans un crash d'avion, laissant derrière eux non seulement leur richesse incommensurable, mais aussi une pression écrasante. Ils étaient extrêmement riches, tellement riche qu'aucune entreprise dans tout les États-Unis ne pouvait rivaliser avec les entreprises White. Même pas le Walmart, des Walton. En entrant dans la salle de fête, je sens déjà les regards sur moi. Les chefs d'entreprise se pressent autour des buffets et échangent des sourires faux et des politesses superficielles. Je les salue un à un, reconnaissant leurs visages grâce aux longues séances de pré
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Quelques heures après qu'on soit rentrés, Roy, s'était affalé sur le canapé, son visage rouge et en sueur. Je m'approche de lui et je sens tout de suite qu'il a de la fièvre. L'angoisse me prend à la gorge ; je ne sais pas quoi faire. Dans un geste impulsif, j'attrape mon téléphone et compose le numéro de Cassie. Elle arrive à la maison presque immédiatement. Elle se met au travail sans perdre une seconde : elle prend la température de Roy, lui donne un antipyrétique et prépare des compresses froides pour essayer de faire baisser la fièvre. Je reste là, en retrait et observe ses gestes. Alors que je la regarde s'affairer autour de notre fils, elle se tourne vers moi avec une question qui me prend par surprise. _ Tu comptes aller à la fête ce soir ? Je balbutie, incapable de masquer ma confusion. _ Ce... Ce soir ? _ Oui, ce soir. À Manhattan. Devy m'a appelée, tu sais. J'aurais dû deviner. Devy. C'est la petite amie de Marc. Elle n'est p
~~~~~ Melrick Hart ~~~~~ Après avoir récupéré mon fils chez Cassie, j'ai pris le bus pour me rendre dans le Bronx pour voir ma mère. Je me sens un peu triste en ce moment. Ce n'est pas la première fois que je passe un entretien et que ça ne donne rien. Mais je me sens toujours très triste à chaque fois. Je me sens un peu perdu, comme si je tournais en rond dans un labyrinthe sans issue. Le bus cahote sur les routes du Bronx, et je serre Roy contre moi. Quand nous atteignons enfin le Bronx, je prends une grande inspiration avant de sortir du bus. Ensuite, je me dirige vers l’appartement de ma mère. Dès que j’ouvre la porte, l’atmosphère change. Ma mère est là, assise dans le canapé en train de tricoter un pull. _ Bonjour, maman, lui lancé-je en m'approche. _ Bonjour, mon petit Rick, le répond-elle. Je lui fais là bise et elle prend Roy dans ses bras avec une douceur infinie. _ Mon petit trésor. Mon petit Rick, chéri. Regarde comme tu as grandi. Tu es devenu un gran