LéaLe silence de la nuit est trompeur. Il donne l’illusion que tout est paisible, que les souvenirs ne peuvent pas nous atteindre.Mais c’est faux.Je suis toujours assise sur ce rocher, la tête posée contre l’épaule de Maxime. Il n’a pas bougé, et je pourrais croire qu’il dort si je ne sentais pas son souffle régulier contre ma tempe.Je ferme les yeux.Je devrais me sentir en sécurité.Mais à chaque fois que je ferme les paupières, c’est son visage que je vois.Thomas.Ses mots m’empoisonnent encore."Tu pensais pouvoir m’échapper, Léa ? Tu m’appartiens."Je serre les poings.J’entends Maxime soupirer.— Ça cogite trop, hein ?Je hoche la tête sans répondre.— Tu veux qu’on parle ou qu’on roule encore ?— Ni l’un ni l’autre.— Tu veux quoi, alors ?Je relève enfin les yeux vers lui.— Je veux oublier.Son regard se fixe sur moi. Dans l’obscurité, je ne peux pas voir clairement l’émotion qui traverse ses traits, mais je la ressens.Lentement, il passe un bras autour de mes épaules.
MaximeLes rues de Paris ont un parfum différent la nuit.Elles deviennent un terrain de chasse.Et moi, je suis celui qui traque.Après ma rencontre avec Antoine, mon contact, je sais que le message sera passé à Thomas Gauthier. Mais quelque chose me dit que ce type ne va pas plier si facilement.Un mec qui a survécu aussi longtemps dans le milieu, c’est un serpent. Il se faufile, il attend son heure, et quand on le croit hors-jeu, il frappe.Je n’aime pas ça.Alors je vais prendre les devants.---Léa – Un Pressentiment GlacialLe sommeil refuse de venir.Allongée dans le lit, je fixe le plafond, le cœur battant.Maxime est sorti il y a des heures.Je devrais être soulagée qu’il veuille me protéger. Mais une part de moi refuse d’être cette fille qui attend qu’un homme règle ses problèmes.Je ne suis pas une victime.Je ne veux pas l’être.Alors, au lieu de tourner en rond, je me lève et attrape mon téléphone.Un message de Maëva s’affiche.Maëva : "T’as vu les infos ?"Je fronce les
MaximeElle ferme les yeux un instant.— Devant un café, près du cabinet.Je hoche la tête, le cœur battant à un rythme sauvage.— Maxime, écoute-moi.Je me tourne vers elle.Elle s’approche, pose une main sur mon bras.— S’il te plaît… laisse-moi gérer ça.Je la fixe, incrédule.— Tu veux que je fasse quoi ? Que je laisse ce taré continuer ?— Non. Mais je ne veux pas que tu fasses une connerie.J’attrape son visage entre mes mains, la forçant à me regarder.— C’est déjà trop tard.Elle frissonne.— Maxime…Je me penche, murmure contre ses lèvres :— Il a signé son arrêt de mort.Elle retient son souffle.Et moi, je sais une chose.Ce soir, je vais chasser.Si Thomas croit que je vais foncer tête baissée, il se trompe.La rage coule dans mes veines, mais la colère aveugle, et je ne peux pas me permettre d’agir sans réfléchir.Léa pense que je vais répliquer immédiatement. C’est ce que Thomas pense aussi.Mais moi, je vais faire mieux.Je vais le pousser à s’effondrer tout seul.---Lé
MaximeJe veux le voir s’effondrer. Pas en un instant, pas sous un coup de poing bien placé, mais lentement. Comme une bête piégée, réalisant trop tard qu’elle n’a plus d’issue.Et ce soir, je pose ma première pièce sur l’échiquier.Léa – Les Murs se RefermentJe devrais dormir.Mais comment pourrais-je ?J’ai encore l’image de cet homme, plaqué contre le mur par Maxime, ses yeux remplis de peur et d’incompréhension.Ce n’est pas la première fois que je vois Maxime dans ce genre de situation.Mais il y avait quelque chose de différent ce soir.Une rage froide.Un contrôle absolu.Il n’a pas agi sous l’impulsion. Il savait exactement ce qu’il faisait.Et ça me terrifie.Parce que je commence à comprendre.Maxime ne va pas se contenter de répondre à Thomas.Il va le détruire.Et je ne sais pas si je dois être soulagée… ou inquiète.---Maxime – L’Appât ParfaitJe retrouve Antoine dans un bar discret du centre-ville.Il est déjà installé à une table dans le fond, son ordinateur ouvert dev
MaximeTout est une question de timing.Thomas est un homme puissant, mais comme tous ceux qui règnent par la peur, il a une faiblesse : la paranoïa.Je lui ai soufflé l’idée qu’il y avait une taupe dans son propre camp. Maintenant, je n’ai plus qu’à le regarder s’autodétruire.Le lendemain du gala, la tempête commence déjà à gronder.---Léa – L’Ombre du DouteJe n’ai pas revu Maxime depuis hier soir.Il est parti après avoir semé son poison dans l’esprit de Thomas.Et moi, je suis là, assise dans mon bureau, incapable de penser à autre chose.Pourquoi est-ce que je m’inquiète pour lui ?C’est un manipulateur. Un joueur d’échecs qui avance ses pions sans jamais hésiter.Mais alors, pourquoi ai-je l’impression qu’il court un risque ?Un coup frappé à ma porte me sort de mes pensées.C’est Élise, mon assistante.— Léa… quelqu’un veut te voir.Je fronce les sourcils.— Qui ça ?Elle hésite.— Thomas.Un frisson glacé me parcourt.— Fais-le entrer.Quelques secondes plus tard, Thomas s’av
Maxime---Il a laissé entendre qu’il allait frapper bientôt.Et je crains que Maxime ne sous-estime ce qu’un homme acculé peut faire.Je me lève, enfile une veste et attrape mon téléphone.Il faut que je le voie.---Maxime – Pousser la Folie à Son CombleJ’ai reçu des nouvelles d’Antoine à l’aube.Thomas a fait intercepter Michel avant qu’il ne quitte la ville.Le pauvre imbécile n’a pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant de disparaître dans l’un des entrepôts de Thomas.Et le plus beau dans tout ça ?Thomas est persuadé qu’il y a d’autres traîtres autour de lui.Il commence à interroger ses propres hommes.Certains disparaissent. D’autres sont passés à tabac.L’organisation qu’il a mis des années à bâtir se fissure sous l’effet de la paranoïa.Et moi, je n’ai qu’à souffler doucement pour faire tomber les murs.— Il va craquer, je murmure en sirotant mon café.— Il ne va pas juste craquer, répond Antoine en face de moi. Il va exploser.Je souris.C’est exactement ce
Maxime – L’Ultime MouvementLa nuit est lourde.L’air est épais, chargé de tension.Je suis assis au fond du bar, un verre à la main, les yeux rivés sur l’entrée.Il viendra.Il n’a plus le choix.Les portes s’ouvrent violemment.Et le voilà.Thomas.Décharné.Ses yeux sont fous, injectés de sang.Sa mâchoire crispée, son souffle court.Il est méconnaissable.Un roi détruit par sa propre paranoïa.Il s’avance lentement.Les conversations s’arrêtent autour de nous.Les regards se détournent.Personne ne veut être là quand le sang coulera.Il s’arrête devant moi.Sa main tremble sur son arme.Je lève mon verre.— Tu es en retard, je murmure.Il grince des dents.— Tu…— Moi ?Je bois une gorgée, savourant le moment.— Qu’est-ce que j’ai fait, Thomas ?Il serre son arme, ses jointures blanchissant.— Tu m’as tout pris.Je hausse un sourcil.— Non.Je pose lentement mon verre.— Je t’ai seulement laissé voir ce que tu étais déjà en train de perdre.Son regard vacille.Il est fatigué.Epuis
MaximeUn roi n’est jamais en sécurité.C’est une illusion que seul un imbécile peut croire.Thomas a chuté sans que j’aie besoin de lever le petit doigt. Mais maintenant que je suis au sommet, les choses deviennent sérieuses.L’ombre d’un empire ne suffit pas.Il faut un trône.Il faut des fondations solides.Il faut que tout le monde sache que je ne suis pas seulement un opportuniste.Mais un roi légitime.Et pour ça…Il faut du sang.---La Reconstruction – Un Règne à AsseoirJe passe les jours suivants à organiser ce qui doit être organisé.Les hommes de Thomas doivent choisir : rester sous mes ordres ou disparaître.Certains se montrent loyaux dès le départ. Ils ont vu la chute de leur ancien patron et savent que résister serait suicidaire.D’autres hésitent.Un seul commet l’erreur de me défier.Cyril, un des lieutenants de Thomas. Un homme à la poigne solide, aux paroles arrogantes.Il pense que mon pouvoir est une illusion. Que je ne suis qu’un gamin rusé qui a eu un coup de ch
L’Approche du LoupLe problème avec Moretti, c’est qu’il est intouchable.Il ne sort jamais sans une armée autour de lui. Il ne fait confiance qu’à un cercle restreint de fidèles.Mais chaque homme a une faille.La sienne s’appelle Luciano Greco, un homme de main qui gère ses opérations en France. Lui, je peux l’atteindre.Hugo a mis la main sur son agenda. Ce soir, il dîne dans un restaurant chic du centre-ville. Un lieu neutre, parfait pour une rencontre… ou un piège.J’arrive en avance. Costume sombre, démarche calme. Je prends place à une table dans l’angle, suffisamment loin pour ne pas attirer l’attention, mais assez proche pour entendre.Luciano arrive pile à l’heure, entouré de deux gorilles en costume. Il s’installe, commande une bouteille de vin hors de prix et commence à parler affaires avec son interlocuteur, un homme que je ne reconnais pas.Je les observe. J’écoute.Des bribes de phrases me parviennent. Livraison… nouvelles recrues… Moretti veut une confirmation.Ils par
MaximeLe calme est une illusion. Une accalmie avant la prochaine tempête.Marc est hors jeu, mais ça ne signifie pas que tout est terminé. Loin de là. Ses alliés, ses contacts, ses dettes… tout ça ne disparaît pas en une nuit.Je le sais. Léa aussi.Elle est là, assise sur le rebord du lit, une tasse de café entre les mains, fixant un point invisible devant elle.— Tu n’arrêtes pas de réfléchir, je murmure.Elle sursaute légèrement, comme si elle ne m’avait pas entendu arriver.— Difficile de faire autrement.Elle pose la tasse sur la table de chevet et se tourne vers moi.— Tu crois que c’est vraiment fini ?Je ne lui mens pas.— Non. Mais on a pris une sacrée avance.Elle laisse échapper un petit rire sans joie.— Alors quoi ? On attend qu’un autre Marc vienne frapper à la porte ?Je me passe une main dans les cheveux.— Non. Cette fois, on anticipe.Léa arque un sourcil.— Et comment tu comptes faire ça ?Je souris, mais il n’y a rien de léger dans mon expression.— On va aller ch
MaximeLa tension est palpable. Chaque seconde qui passe me rapproche du moment où tout va basculer. Marc pense avoir le contrôle, mais il ne réalise pas qu’il danse sur une corde raide. Je ne suis pas le genre d’homme à jouer aux échecs sans prévoir plusieurs coups d’avance.Léa est silencieuse, assise sur le canapé du salon, les jambes repliées sous elle. Elle me fixe sans rien dire, mais je vois bien l’orage dans ses yeux.— Tu ne dors toujours pas, murmure-t-elle.— J’ai trop de choses en tête.Elle se redresse et s’approche de moi, posant une main légère sur mon bras.— Je ne vais pas te demander de tout m’expliquer, mais… tu es sûr que tu sais ce que tu fais ?Je lui attrape doucement la main, la serre légèrement.— Oui.Elle n’a pas l’air convaincue, mais elle ne me contredit pas.— Alors fais attention, souffle-t-elle avant de se détourner.Je la regarde s’éloigner vers la chambre, puis je me lève et récupère mon téléphone. Il est temps de lancer la dernière phase du plan.---
MaximeIl sursaute, mais c’est trop tard. Mon bras se referme autour de sa gorge. Il essaie de se débattre, mais je resserre ma prise. Quelques secondes plus tard, son corps s’affaisse contre moi.Je le dépose doucement au sol et m’assure qu’il est inconscient avant de me diriger vers la voiture.Le type à l’intérieur ne m’a pas encore vu. Il est trop occupé à fixer son téléphone.J’ouvre brusquement la portière et attrape le col de son manteau. Il lâche un cri étouffé alors que je le traîne hors du véhicule.— Surprise.Il tente de me frapper, mais je lui écrase le poignet contre la carrosserie. Il pousse un gémissement de douleur.— Qui t’a envoyé ? je demande calmement.Il serre les dents, essayant de garder son air dur.— Va te faire—Je frappe. Un coup sec dans l’estomac. Il se plie en deux, toussant violemment.— Répète ?— C’est… c’est Marc ! crache-t-il.Je souris.— Voilà qui est mieux.Je sors mon téléphone et compose un numéro.— Hugo ? J’ai un colis pour toi.---La Ripost
MaximeMarc me fixe, son regard oscillant entre défiance et calcul. Il tente de masquer sa nervosité, mais je perçois les micro-expressions qui trahissent son incertitude. Il sait qui je suis, ou du moins, il a entendu parler de moi. Et si mon nom seul ne suffit pas à l’effrayer, l’arme sous la serviette sur la table devrait suffire à lui rappeler qu’il joue sur un terrain dangereux.Léa, de son côté, ne bouge pas. Elle serre sa tasse de thé entre ses doigts, les jointures blanches. Je sens sa tension, sa peur, mais aussi quelque chose d’autre. Une lueur de détermination. Elle ne veut plus être une victime.Marc se détend légèrement et affiche un sourire en coin.— C’est charmant, cette mise en scène, mais tu sais aussi bien que moi que tu ne peux pas me tuer ici.Je hausse un sourcil.— Qui parle de te tuer ?Son sourire se fige.— Tu crois que je vais jouer à ton jeu, Valence ?— Ce n’est pas un jeu, Marc. C’est un avertissement.Je me penche légèrement en avant, mon regard transper
MaximeJe ferme les yeux un instant, inspirant lentement pour calmer l’instinct de rage qui gronde en moi. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas les secrets, surtout quand ils touchent une personne sous ma protection.Derrière moi, j’entends l’eau de la douche s’arrêter. Léa va bientôt ressortir, et je sais qu’elle ne me dira pas tout. Pas encore.Mais j’ai mes méthodes.Et je compte bien arracher la vérité, que ce soit par ses lèvres ou par mes propres recherches.---Face à FaceQuelques minutes plus tard, Léa réapparaît, enveloppée dans un peignoir blanc, les cheveux encore humides. Elle a meilleure mine, mais son regard est toujours hanté. Elle s’arrête en me voyant devant mon ordinateur.— Tu fais quoi ? demande-t-elle doucement.Je ne détourne pas les yeux de l’écran.— Je fais ce que je fais toujours quand quelqu’un s’intéresse un peu trop à ce qui m’appartient.Je la sens tressaillir légèrement.— Maxime… commence-t-elle.Je ferme l’ordinateur et me tourne vers elle, croisant les br
MaximeUn bon prédateur ne laisse jamais voir ses intentions.Mais ce type, lui, a fait une erreur.Il s’est trahi.Léa est tendue à côté de moi, ses doigts crispés sur mon bras. Son souffle est court, et je peux sentir la peur vibrer en elle. Ce n’est pas une réaction exagérée, ce n’est pas du bluff.Cet homme n’est pas un inconnu.Il la connaît.Et elle sait exactement de quoi il est capable.Je garde mon arme levée, bien que discrètement dissimulée sous ma veste. Mon regard est rivé sur lui, analysant chaque infime mouvement.— Je vais te le dire une dernière fois, murmuré-je, ma voix glaciale. Tu n’as rien à récupérer ici.L’homme soutient mon regard sans broncher, mais je vois dans ses yeux une lueur de défi.— Ça, ce n’est pas à toi d’en décider, Valence.Il a osé.Il a osé prononcer mon nom.Ma mâchoire se serre et mes doigts se crispent légèrement sur mon arme. Il joue avec le feu, et il le sait.Mais avant que je ne puisse réagir, Léa s’interpose, posant une main tremblante s
MaximeJe suis un homme de contrôle.Tout dans ma vie est calculé, anticipé, maîtrisé.Mais ce soir, face à Léa et son regard plein de défi, je sens un léger glissement sous mes pieds. Une sensation presque imperceptible… et pourtant dangereuse.Elle joue avec moi.Ou peut-être joue-t-elle le jeu que je lui ai imposé avec une facilité déconcertante.Quoi qu’il en soit, je n’ai pas l’intention de lui laisser le dessus.Elle ne sait pas encore qu’elle danse sur une corde raide.Et que je suis celui qui tient les deux extrémités.— Ne te donne pas trop d’importance, Léa, murmuré-je en me penchant légèrement vers elle.Elle sourit, un éclat moqueur au fond des yeux.— Oh, mais ce n’est pas moi qui me donne de l’importance, Maxime. C’est toi qui as décidé que j’en avais.Je serre la mâchoire.Cette femme…Elle est en train de retourner mon propre jeu contre moi.Et pire encore : je crois que ça m’amuse.---L’Épreuve du FeuLe serveur arrive avec une bouteille de vin, une cuvée hors de pri
LéaLe choc des photos entre mes mains me foudroie.Elles glissent lentement au sol, mon souffle saccadé peinant à se stabiliser.Quelqu’un me surveille.Pas Maxime.Un autre.Et ça change tout.Je relève les yeux vers lui. Son regard est ancré dans le mien, brûlant d’intensité, mais aussi de contrôle.Il savait.Il savait et il attendait que je sois piégée pour me forcer à lui faire confiance.— Depuis combien de temps ? ma voix est presque un murmure.Il ne détourne pas le regard.— Plusieurs semaines.Un frisson me parcourt l’échine.— Pourquoi ne pas me l’avoir dit avant ?Il s’approche lentement, calculant chaque mouvement, comme un prédateur face à une proie récalcitrante.— Parce que tu aurais fui.Je serre les dents.Il a raison.Mais ça ne change rien au fait qu’il m’a manipulée.— Tu ne me laisses donc jamais le choix ? craché-je, les poings serrés.Un sourire fugace effleure ses lèvres.— Non.Ma respiration se bloque.Il ne cherche même pas à me mentir.Il m’enferme dans s