Samuel
Le téléphone vibra dans ma poche. Au début, je l'ignorai. C’était probablement une de ces publicités insupportables qui envahissent nos vies. Mais, avant de le mettre de nouveau en silence, une étrange sensation me poussa à le sortir. Mon regard se posa sur l'écran : "Hôpital Saint-Joseph". Un frisson glacé me parcourut.
Je décrochai, une légère appréhension me nouant l’estomac. "Allô ?" ma voix tremblait, je ne savais pas pourquoi. Il n'y avait aucune raison d'avoir peur, n'est-ce pas ?
"Bonjour, monsieur Lemoine, je suis le Dr. Moreau, de l’hôpital Saint-Joseph. Nous avons une nouvelle concernant votre frère, Alexandre."
Mon cœur s’arrêta de battre, je n’entendais plus rien autour de moi. Le monde semblait s’arrêter. Alexandre. Mon frère. Celui avec qui j'avais passé toute mon enfance. Celui que je venais juste de retrouver après des années de séparation. Impossible. Ce n’était pas possible.
"Il… il est décédé." La voix du médecin semblait résonner dans un lointain irréel. Le temps sembla se suspendre autour de moi. Une nausée monta en moi, et je dut me retenir de m’effondrer sur place. Le médecin enchaîna, mais je n'entendis que quelques bribes. "Il a été retrouvé ce matin… dans un quartier… dans des circonstances… compliquées."
Je raccrochai, trop bouleversé pour réagir davantage. Mon regard se fixa sur le téléphone, puis sur l’horizon, comme si en regardant dehors, je pouvais rendre cette réalité moins dure. Mais rien n’avait changé. Il était parti. Mon frère. Il n’y avait plus de doute. La brutalité de la nouvelle me frappait en plein visage, m’étouffait. Je le refusais. Je voulais hurler, mais aucune parole ne s’échappait.
Je me sentais comme un étranger dans ma propre peau. Alexandre… mon frère. L’homme avec qui j’avais partagé des années de ma vie. Je ne pouvais pas croire qu’il soit mort, et pourtant, tout autour de moi me le confirmait. Mais pourquoi ? Pourquoi maintenant, après tout ce temps ? Pourquoi, alors qu’on avait enfin commencé à se retrouver ? Et pourquoi dans de telles circonstances ? Je savais que son passé n’était pas simple, qu’il avait pris des chemins sombres. Mais de là à ce qu’il se fasse tuer…
Je secouai la tête, comme si, d’un geste, je pouvais chasser ces pensées envahissantes. Il fallait que je sache. Je devais savoir. Je n’allais pas laisser cette question sans réponse. Je ne pouvais pas.
Le trajet vers l’hôpital se fit dans une sorte de transe. Je roulais sans vraiment y penser, mes pensées accaparées par cette idée obsédante : Qui a fait ça ? J’avais besoin de comprendre. Mais au fond de moi, une autre pensée grandissait, encore plus insistante : Je ne peux pas le laisser partir comme ça. Mon frère ne méritait pas ça. Je devais savoir. Je devais enquêter, fouiller, chercher. Je n’avais pas le choix.
Quand j’arrivai enfin à l’hôpital, je me sentais encore plus étranger. Tout semblait si normal, comme si rien ne venait de se produire. Les infirmières passaient en discutant, les machines bipaient. La lumière froide des néons me frappait le visage. Rien ici ne semblait correspondre à ce qui venait de m’arriver. J’étais perdu, complètement perdu.
Je suivis le chemin qu’on m’indiqua, comme un automate. C’était un endroit que je connaissais pourtant bien, mais aujourd’hui il semblait me refuser. Le couloir sentait l’acier et le désinfectant. C’était si différent de l’hôpital d’un enfant. C’était devenu un lieu froid, impitoyable, où l’on entre avec des attentes, mais où l’on ressort changé, souvent brisé.
Arrivé devant la morgue, le médecin légiste m’attendait. Un homme imposant au regard indéchiffrable. Il me salua d’un signe de tête et ouvrit la porte. Tout se passait si lentement, comme dans un rêve où le temps se distord. Quand je vis le corps de mon frère, un frisson m’envahit. C’était bien lui, et pourtant, ce n’était plus lui.
Alexandre était là, allongé sur une table métallique, trop pâle, trop froid. Son visage semblait étrange, même si je pouvais encore y reconnaître tous ses traits, la forme de son nez, la courbe de ses lèvres. Mais il n’était plus vivant. Il n’y avait plus cette lueur derrière ses yeux. Il n’était plus là. Il n’était plus.
Un cri, étouffé, monta dans ma gorge. Je n’arrivais pas à le croire. Il m’avait quitté. Il était parti d’une façon que je ne pouvais ni comprendre, ni accepter. Pourquoi ? Comment ? Je ne pouvais pas le laisser partir sans réponse. Ce n’était pas juste. Je me retrouvais face à un mur de silence, un mur froid et glacial.
Je m’approchai du corps de mon frère, mes mains tremblaient. Je voulais le toucher, le secouer, le réveiller. Mais rien ne changeait. Il était mort, et je restais là, sans savoir quoi faire.
"Je vais découvrir la vérité," murmurais-je, mais la voix que j’entendis n’était même pas la mienne. Elle semblait sortir d’un endroit lointain, un endroit où les émotions ne pouvaient plus exister. "Je vais savoir qui t’a fait ça."
J’étais en colère. J’étais perdu. Mais je savais une chose : je ne pouvais pas accepter cette fin pour lui. Je n’allais pas le laisser partir comme ça. Il devait y avoir quelqu’un, quelque chose, qui pouvait me donner une réponse. Et si je devais me glisser dans la peau de mon frère pour obtenir cette vérité, alors je le ferais.
Je me redressai, le regard fixe, déterminé. Je ne pouvais pas le faire seul, mais il y avait des gens dans sa vie. Sa femme. Son fils. Je savais qu’ils avaient peut-être des réponses. Je devais les voir. Mais je devais faire plus que cela. Il me fallait plus que des indices. Il me fallait comprendre ce qui s’était vraiment passé.
Alors, un plan se forma dans ma tête, silencieux mais puissant. Il me faudrait prendre la place de mon frère, devenir Alexandre aux yeux de sa famille. Peut-être alors que la vérité se dévoilerait, peut-être que je saurais enfin qui était responsable de tout cela. Mais surtout, je saurais pourquoi il était parti si soudainement.
Un frisson me parcourut à cette pensée. Mais une chose était certaine : je n’allais pas me laisser faire. Je n’allais pas abandonner mon frère.
Pas tant que je n’aurais pas de réponse.
Samuel La nuit était tombée quand je sortis de l’hôpital, mon esprit toujours en ébullition. Il n’y avait rien de plus tangible que la réalité froide et cruelle devant laquelle je me trouvais, mais elle me paraissait aussi floue et irréelle qu’un cauchemar. Chaque pas sur le pavé semblait plus lourd que le précédent, chaque respiration me semblait un effort. Je n'avais pas le temps de réfléchir à ce que je venais de vivre. Ce n’était pas la fin. C’était seulement le début.Je n'avais pas tout prévu. Je n’avais aucune idée de comment j’allais faire, mais une certitude grandissait en moi : je devais devenir Alexandre. Je devais occuper sa place, au moins pour un moment. Cela me paraissait l’unique moyen de trouver la vérité, de découvrir ce qui se cachait derrière sa mort. Je n'avais ni le temps ni l'énergie pour douter.Je pris un taxi en direction de son appartement, celui qu’il occupait depuis quelques mois déjà. La même sensation d’étrangeté m’envahit dès que je montai dans le véhi
Samuel Les jours se transformaient en un enchevêtrement confus, où la réalité semblait se disloquer à chaque respiration. Clara, elle, ne savait rien. Pas encore. Elle ne savait pas que son mari était mort. Dans son esprit, j’étais encore Alexandre. Son mari, celui qu’elle avait perdu, celui dont elle cherchait encore l’ombre à travers mes gestes et mes paroles. Elle ne voyait pas l'écart, elle ne sentait pas la différence. Pour elle, j’étais lui, et je jouais ce rôle avec une minutie désespérée, craignant le moment où la vérité éclaterait, où tout s’effondrerait.Chaque geste que je faisais me semblait un acte de survie, comme si je n'avais d'autre choix que de maintenir cette illusion, de garder cette façade intacte. Je vivais dans un monde où les murs semblaient se rapprocher un peu plus chaque jour. Clara me regardait, me souriait, et dans son regard, il y avait cette lueur de besoin. Elle avait besoin de croire que tout était encore comme avant, que son mari était là, à ses côté
Samuel La nuit était tombée comme une couverture épaisse, engourdie par les murmures du passé et les battements du présent. La lumière des étoiles s’épanouissait au-dessus de nos têtes, mais elle ne parvenait pas à percer la couche de tourments qui enveloppait nos cœurs. Clara était là, belle et fragile, prête à me rappeler une fois de plus la mémoire d’un homme que je n’étais pas. Pourtant, cette nuit-là, une tension électrique flottait dans l’air, une alchimie à l’œuvre que je ne pouvais ignorer ni amputer sans danger.Après avoir préparé le dîner, un repas agrémenté de rires forcés et de silences lourds, nous nous étions assis à la table. Les plats avaient été dressés avec soin, mais les saveurs se mélangeaient avec celles de l'anxiété. Le cliquetis des couverts résonnait comme une mélodie familière, mais sans harmonie. Les mots faisaient surface comme des bulles de savon, beaux mais éphémères, incapables de dévoiler la profondeur des sentiments qui nous habitaient. Clara, profond
Samuel Les jours se succédaient, dans une spirale qui m'échappait de plus en plus. Chaque matin, je me levais dans l’appartement d’Alexandre, me forçant à revêtir son masque, à marcher dans ses pas, à devenir celui que j'avais à peine connu. À la surface, je n'étais rien d'autre qu'un homme qui essayait de survivre à un monde de mensonges. Mais au fond de moi, un feu brûlait, une détermination sans faille. Je devais savoir. Je devais comprendre.Ce matin-là, je me trouvai face à un dilemme. Clara était partie en course, et Lucas, son fils, était à l'école. C'était l'occasion rêvée pour fouiller un peu plus dans les affaires de mon frère, peut-être y trouver des indices qui m'échapperaient dans la vie quotidienne. Mon esprit tourbillonnait encore autour de la question qui m’obsédait : Qui avait tué Alexandre ? Et pourquoi ?Je me dirigeai vers son bureau, un coin isolé de l’appartement où il passait des heures à travailler. Un bureau ordonné, presque clinique, mais je savais que dans
Je restai là, dans l’ombre, observant Damien Rousseau. Chaque mouvement qu'il faisait était une promesse de réponse, une promesse que, finalement, cette rencontre serait la clé qui ouvrirait la porte à la vérité. Ses yeux, sombres et perçants, balayaient la pièce avec une attention presque malade. Il était conscient de tout, mais il ne semblait pas me remarquer. Il était un homme qui vivait dans l’ombre, qui portait une lourde histoire sur ses épaules.Je pris une longue inspiration et me levai, en me glissant entre les tables. Ma main effleura la poche de mon manteau, où le carnet d'Alexandre reposait comme un poids supplémentaire, une relique que je n'osais plus regarder. J’étais là pour une autre raison, et il n'était pas question de me laisser distraire. Le rendez-vous était fixé. À 22h. Et je devais être là, face à lui, en temps et en heure.Damien ne remarqua pas mon approche tout de suite. Je m’assis à une table proche du comptoir, de façon à ne pas attirer l'attention, mais as
Le silence entre nous deux pesait lourdement, comme une tempête prête à éclater. Je pouvais sentir l'air se charger d'une tension palpable. Damien Rousseau m’observait avec un regard froid, presque amusé, comme s’il savait exactement ce que j’allais faire. Mais moi, je n’étais plus sûr de rien. Chaque mot qu’il prononçait semblait me tirer un peu plus loin de ce que je pensais être la réalité. Mais je n'avais pas le choix : il fallait que j'avance, même si cela me conduisait à l’inconnu.Damien se recula lentement, posant ses mains sur la table avec une lenteur calculée. Il prit une gorgée de son verre sans me quitter des yeux, savourant l'instant, comme si tout ceci n'était qu'un jeu. Mais pour moi, c’était bien plus. Il détenait des réponses. Il savait.— "Tu penses que la vérité est simple ?" Il laissa échapper un rire faible, presque ironique. "Si tu veux vraiment savoir ce qui est arrivé à ton frère, prépare-toi à plonger dans un monde que tu n'es pas prêt à comprendre."Je n'ava
Je quittai le bar, le bruit de mes pas résonnant dans la ruelle déserte. L’air frais de la nuit me frappait le visage comme un coup de fouet, me ramenant brusquement à la réalité. Le monde semblait s’être élargi, comme un labyrinthe dont je ne connaissais pas encore les recoins. J’avais appris des choses, certes, mais pas assez. Luca Vallon. Un nom dont la simple évocation m’inquiétait. Un homme dont le pouvoir semblait infini, et qui m’échappait déjà, bien que je ne fusse qu’au début de cette recherche.Damien m’avait laissé dans un état de confusion presque total. Il n’avait pas tout dit, bien sûr. Il ne m’avait pas donné toutes les pièces du puzzle. Mais il m’avait ouvert une porte, et j’étais désormais incapable de faire demi-tour. L’idée que mon frère ait pu se retrouver dans une situation si périlleuse, qu’il ait cherché à stopper un homme comme Vallon, me perturbait au plus haut point. Pourquoi lui ? Pourquoi pas quelqu’un d'autre ?Je rentrai dans l'appartement d'Alexandre ave
Samuel Le cœur battant, je pris une profonde inspiration. La détermination me parcourait, mais la peur de ce que j’allais découvrir me tordait l’estomac. Je savais que ce soir marquerait un tournant décisif dans ma quête pour construire notre histoire, même si cette quête impliquait de jouer à un jeu de dupes. L’heure avançait, et Lucas devait être couché avant que je m’engage dans cette nouvelle étape. Après avoir joué avec lui, lu une histoire et éteint la lumière de sa chambre, je me sentis soulagé. C’était un moment précieux, une pause dans ce tumulte intérieur. Lucas dormait paisiblement, comme un ange, insouciant des complexités du monde des adultes. Je quittai sa chambre, me dirigeant vers la salle de bains pour me remettre les idées en place. L'eau chaude de la douche serait une douce évasion de mes pensées tourmentées.Je me déshabillai et allai me glisser dans la chaleur de l’eau. Les gouttes ruisselaient sur ma peau, emportant avec elles une partie des tensions accumulées
L’air dans la pièce semblait devenir plus lourd à chaque instant qui passait. Carmichael, ce personnage insaisissable, m’avait tendu une main invisible, une promesse de réponses, mais à quel prix ? Le silence qui suivit ses paroles me paralysa un instant. Ce qu’il venait de dire résonnait dans ma tête : il y avait quelque chose de bien plus vaste, de bien plus sombre que ce que j’avais imaginé. Et je n'étais pas encore prêt à affronter l'ampleur de ce qui m'attendait.Je fixai la porte qu'il venait d'ouvrir. Derrière elle, il y avait une étagère pleine de dossiers poussiéreux, des dossiers que Carmichael avait soigneusement alignés. Le simple fait de savoir que ces documents contenaient des informations sur mon frère, sur Vallon, sur Dufresne, m’attira comme un aimant. Tout ce que je devais savoir semblait se cacher là, derrière cette étagère, dans ces papiers usés par le temps.Carmichael s'éloigna de la porte, me faisant un geste de la main, comme pour m’inviter à entrer. Son sourir
La pièce était plongée dans une obscurité étouffante, et le faible éclat d’une lampe au plafond jetait des ombres sur les murs chargés de poussière. Carmichael se tenait là, immobile, observant mon visage avec une intensité qui m’intimidait. Il savait pourquoi j’étais là. Il savait exactement ce que je cherchais. Et il semblait presque amusé par l'idée que j'avais réussi à le retrouver.Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, chaque pulsation un rappel de ma mission, de la mort de mon frère, de la vengeance que je cherchais à assouvir. Mais Carmichael était un homme complexe. Il n'était pas juste un acteur de l’ombre. Il était celui qui tissait les fils invisibles qui reliaient tout. Et s'il avait voulu me tuer, il en aurait eu l'occasion, mais il ne l’avait pas fait. Pourquoi ?— « Tu es bien plus audacieux que je ne le pensais, » dit-il enfin, brisant le silence. Sa voix était calme, presque posée, mais elle avait une dureté sous-jacente, comme un couteau déguisé en caresse
Les rues étaient silencieuses, comme si la ville elle-même retenait son souffle. La lueur des réverbères projetait des ombres allongées sur le trottoir désert. Les bruits de la ville s'étaient estompés à mesure que la nuit avançait. Tout semblait figé, comme si le monde attendait que quelque chose de majeur se produise. Et moi, je sentais ce poids lourd sur mes épaules. Le nom Carmichael me hantait, tournait en boucle dans ma tête comme une mélodie sinistre. Il était celui qui pouvait m'offrir des réponses, ou bien m'enfoncer encore plus profondément dans cette toile de mensonges et de manipulations.Je n'avais plus de temps à perdre. Je me dirigeai vers le café que mon frère avait mentionné dans ses notes. Un endroit discret, en dehors des circuits habituels, où des gens comme lui se mêlaient, échappant à la surveillance des puissants. Si Carmichael était vraiment un ancien associé de Dufresne, il aurait pu fréquenter cet endroit. Ce café, apparemment innocent, pouvait abriter bien p
Je restai là, figé, le dossier entre mes mains, mon esprit tourné vers ce que je venais d’entendre. Eva avait été claire : ce n’était pas juste Luca Vallon qui représentait un danger. Il y avait quelque chose de bien plus vaste, de plus puissant, qui se dissimulait dans l’ombre, une organisation aux ramifications profondes. Si Alexandre s’était attaqué à ce monstre invisible, il n’avait pas mesuré l’ampleur de sa propre chute.Je sentais l’air se faire plus lourd autour de moi. Un poids qui écrasait ma poitrine, me coupant la respiration. Mais je ne pouvais pas m’arrêter. Je n’avais plus le choix. Si mon frère était mort pour avoir cherché à comprendre ce qui se passait dans l’ombre, je devais continuer. Je devais savoir. Et je devais les arrêter.Eva se leva et se dirigea vers une autre étagère, là où se trouvaient des documents encore plus anciens, plus secrets. Elle semblait chercher quelque chose, ses gestes lents et calculés. Je n’avais pas le temps d’attendre, mais quelque chose
La nuit était tombée, enveloppant la ville d’un manteau d’obscurité. Les rues étaient tranquilles, presque désertes, comme si l’air lui-même attendait quelque chose. L’odeur de l’asphalte humide se mêlait à celle des arbres voisins, et la lumière des réverbères dessinait des ombres étranges sur les pavés. C'était la ville que je connaissais, mais ce soir-là, elle semblait différente, plus menaçante, comme si elle cachait des secrets que je n'étais pas prêt à découvrir.Je me trouvai devant l’adresse inscrite dans les carnets d’Alexandre. Un petit immeuble ancien, à l’architecture discrète, presque invisible parmi les autres bâtiments. L'endroit semblait tranquille, mais tout en moi me disait que je m’aventurais dans un territoire inconnu, un terrain miné. J’étais sur le point de rencontrer quelqu'un qui aurait peut-être la clé de tout ce qui m’échappait.Le temps d’un instant, je m’arrêtai devant la porte d’entrée. Je pris une grande inspiration et appuyai sur la sonnette. La vibratio
Le lendemain, le soleil se leva lentement à l’horizon, éclairant doucement notre chambre. La lumière dorée filtrait à travers les rideaux, s’immisçant dans chaque recoin, dévoilant les ombres de la nuit précédente. La chaleur de l'aube s'installait dans l’air, mais ce n’était rien comparé à l’énergie qui pulsait encore dans mes veines après cette nuit d'amour folle.Je me réveillai doucement, mes yeux se balançant entre le rêve et la réalité. À mes côtés, Clara dormait paisiblement, son visage apaisé, une lueur de sérénité sur ses traits. Ses cheveux, en désordre, encadraient son visage comme une auréole. Je pris un moment pour l’observer, notant les petites imperfections qui la rendaient encore plus belle : un sourcil légèrement froncé, des cils longs qui frémissaient à chaque respiration. Cette image était gravée dans ma mémoire, mais elle me rappelait aussi combien je devais encore faire face à la complexité de notre situation.Je glissai doucement hors du lit, prenant soin de ne p
Samuel Le cœur battant, je pris une profonde inspiration. La détermination me parcourait, mais la peur de ce que j’allais découvrir me tordait l’estomac. Je savais que ce soir marquerait un tournant décisif dans ma quête pour construire notre histoire, même si cette quête impliquait de jouer à un jeu de dupes. L’heure avançait, et Lucas devait être couché avant que je m’engage dans cette nouvelle étape. Après avoir joué avec lui, lu une histoire et éteint la lumière de sa chambre, je me sentis soulagé. C’était un moment précieux, une pause dans ce tumulte intérieur. Lucas dormait paisiblement, comme un ange, insouciant des complexités du monde des adultes. Je quittai sa chambre, me dirigeant vers la salle de bains pour me remettre les idées en place. L'eau chaude de la douche serait une douce évasion de mes pensées tourmentées.Je me déshabillai et allai me glisser dans la chaleur de l’eau. Les gouttes ruisselaient sur ma peau, emportant avec elles une partie des tensions accumulées
Je quittai le bar, le bruit de mes pas résonnant dans la ruelle déserte. L’air frais de la nuit me frappait le visage comme un coup de fouet, me ramenant brusquement à la réalité. Le monde semblait s’être élargi, comme un labyrinthe dont je ne connaissais pas encore les recoins. J’avais appris des choses, certes, mais pas assez. Luca Vallon. Un nom dont la simple évocation m’inquiétait. Un homme dont le pouvoir semblait infini, et qui m’échappait déjà, bien que je ne fusse qu’au début de cette recherche.Damien m’avait laissé dans un état de confusion presque total. Il n’avait pas tout dit, bien sûr. Il ne m’avait pas donné toutes les pièces du puzzle. Mais il m’avait ouvert une porte, et j’étais désormais incapable de faire demi-tour. L’idée que mon frère ait pu se retrouver dans une situation si périlleuse, qu’il ait cherché à stopper un homme comme Vallon, me perturbait au plus haut point. Pourquoi lui ? Pourquoi pas quelqu’un d'autre ?Je rentrai dans l'appartement d'Alexandre ave
Le silence entre nous deux pesait lourdement, comme une tempête prête à éclater. Je pouvais sentir l'air se charger d'une tension palpable. Damien Rousseau m’observait avec un regard froid, presque amusé, comme s’il savait exactement ce que j’allais faire. Mais moi, je n’étais plus sûr de rien. Chaque mot qu’il prononçait semblait me tirer un peu plus loin de ce que je pensais être la réalité. Mais je n'avais pas le choix : il fallait que j'avance, même si cela me conduisait à l’inconnu.Damien se recula lentement, posant ses mains sur la table avec une lenteur calculée. Il prit une gorgée de son verre sans me quitter des yeux, savourant l'instant, comme si tout ceci n'était qu'un jeu. Mais pour moi, c’était bien plus. Il détenait des réponses. Il savait.— "Tu penses que la vérité est simple ?" Il laissa échapper un rire faible, presque ironique. "Si tu veux vraiment savoir ce qui est arrivé à ton frère, prépare-toi à plonger dans un monde que tu n'es pas prêt à comprendre."Je n'ava