CassandraJe le laissai parler, n'interrompant rien. J’avais appris à écouter, même lorsqu’il s’agissait de Gabriel. Après tout, chaque information pouvait être cruciale. Mais je n'étais plus une enfant qui croyait naïvement tout ce qu'on lui disait.— "Tu veux vraiment la vérité ?" Je m’approchai lentement, mes mots tranchant l’air. "Tu penses sincèrement que tu es plus honnête que Lucien ? Que tu as agi dans mon intérêt ?"Il tourna lentement la tête vers moi, son expression se durcissant. Il savait que je l'avais piqué au vif. Mais il ne montra aucune faiblesse. "Je l'ai toujours fait, Cassandra. Mais tu n'as pas vu l'ampleur du jeu. Ce que Lucien veut, c’est te détruire. Pas juste toi, mais tout ce que tu représentes."Je le fixai avec une intensité qu'il ne semblait pas attendre, un sourire amer sur les lèvres. "Et toi, Gabriel, que représentes-tu dans ce jeu ? La conquête d’un pouvoir dont tu ne sais que faire ?"Il s’éloigna de la fenêtre et se rapprocha de moi, chaque pas réso
CassandraLe bruit d’une porte qui s’ouvre dans le couloir me fit sursauter. Je me redressai brusquement, et sans même réfléchir, mes pas m’amenèrent vers l’origine du bruit. Mes sens étaient en alerte maximale, ma peau frissonnait. Était-ce Lucien ? Gabriel ? Ou un autre acteur dans ce jeu de pouvoir qui se jouait entre nous ?Lorsque j’arrivai au seuil de la porte, je le vis. Lucien. Mais il n’était pas seul. À ses côtés se tenait une silhouette que je n’aurais jamais imaginée : Raphaël.Un frisson me parcourut l’échine. Raphaël… L’artiste, le rêveur, celui qui avait toujours été en marge. Celui que je croyais avoir définitivement laissé derrière moi. Mais il était là, à côté de Lucien, un homme que je croyais connaître dans les moindres recoins, mais dont je commençais à douter de la véritable nature.— "Cassandra." La voix de Lucien était douce, presque trop douce. Il me fixait de son regard perçant, comme si chaque mouvement que je faisais était une pièce de théâtre qu’il observa
CassandraJe me tenais là, dans l'ombre de ma propre vie, sous le regard intense de Lucien et Raphaël, mes pensées dévalant à toute vitesse comme une rivière en crue. Chaque mot qu'ils prononçaient me frappait comme une vague glacée, me rejetant sans cesse plus loin de la personne que j'avais été. J'étais perdue dans ce tourbillon de trahisons, de mensonges et de secrets. Mais la vérité, la véritable vérité, m'échappait encore.— "Un choix difficile, Cassandra." La voix de Lucien était plus grave qu’à l’ordinaire, son regard plus perçant, presque hypnotique. "Tu crois que tu as encore le contrôle, mais la réalité est bien plus complexe."Mes lèvres se fermèrent sur les mots que j'aurais voulu cracher. Je savais qu’il était en train de jouer avec mon esprit, de manipuler mes perceptions. Mais plus je tentais de garder le contrôle, plus cela devenait difficile. Cette pièce, l’atmosphère oppressante, tout semblait conspirer contre moi, me rendant vulnérable, m’enserrant dans un piège inv
CassandraL’ombre de la pièce semblait se refermer sur moi, l’air pesant de secrets que je n’avais pas encore percés, mais qui m’entraînaient inéluctablement vers un abîme dont je ne savais pas si je pourrais revenir. Lucien et Raphaël m’observaient, leurs yeux chargés de significations multiples, trop nombreuses pour que je puisse toutes les saisir. Leurs attentes étaient palpables, comme une corde tendue, prête à se rompre à tout instant. Et moi, je me tenais là, fragile au milieu d’eux, tentant de trouver un moyen de les déjouer."Alors, tu crois vraiment que tout ceci n’a aucune conséquence ?" Lucien brisa enfin le silence, sa voix froide et distante, tranchant comme du verre. "Tu penses que tu peux t’en sortir indemne ?"Je le fixai sans broncher, mes pensées battant la chamade dans ma poitrine. Une partie de moi voulait fuir, courir à travers la porte, m’échapper à tout prix. Mais l’autre partie de moi, celle qui savait que tout avait été mis en place avant même que je comprenne
CassandraDans un geste rapide, je me libérai de son emprise, reculant d’un pas. Mon regard croisa celui de Lucien, et dans ses yeux, je vis une lueur d’amusement. Mais quelque chose d’autre aussi, un regard presque respectueux, comme s’il avait enfin compris que j’étais plus qu’une simple pièce. Je n’étais pas leur victime. Je n’étais pas leur propriété. Et je n’allais pas me laisser briser."Tu as l’air déterminée," dit-il, son ton plus calme, plus réfléchi. "Mais il faudra bien plus que ça pour changer les règles du jeu."Je le défiai du regard. "Alors, faites votre jeu," répliquai-je, "Mais sachez que je serai là, à chaque étape, pour vous rappeler que je suis la seule à pouvoir décider de mon destin."Le silence s’installa à nouveau, lourd de sens. Je savais que le chemin qui m’attendait serait semé d’embûches, que le contrôle que je pensais avoir m’échapperait sans cesse. Mais à cet instant, j’avais pris ma décision. J’allais me battre, jusqu’au dernier souffle, jusqu’à la derni
RaphaëlJe savais que Cassandra se trouvait à un carrefour de sa vie. Elle ne l'admettait pas encore pleinement, mais elle était consciente de la tempête qui s’annonçait. J'avais vu les signes, ceux que seul un regard attentif pouvait percevoir. Les failles dans sa résistance, l’ombre dans ses yeux qui trahissait une part d’elle-même qu’elle ne voulait pas accepter. C’était un combat intérieur, et tout autour d’elle, la pression ne cessait de croître.Cassandra, pourtant, s’efforçait de tout maîtriser. Elle refusait de se laisser emporter, de céder à l’angoisse de l’inconnu. Mais les vents du destin soufflaient fort, et rien ni personne ne pouvait arrêter ce qui était en marche.J’avais pris ma décision, sans savoir si elle serait la bonne. Il était trop tard pour reculer. Et je savais qu’à un moment donné, Cassandra devrait faire un choix, et je serai là, à ses côtés, comme je l'avais toujours été. Peut-être pas de la manière qu'elle attendait, mais j'étais prêt à assumer ce que cela
CassandraLes heures s'égrenaient lentement, comme un sable insaisissable entre mes doigts. J’avais l’impression de flotter dans une réalité déformée, un monde où chaque pensée me poussait à franchir une ligne que je n'avais jamais imaginée franchir. Ce n’était pas une décision, c’était une nécessité. Il n’y avait plus de retour en arrière, je le savais, et pourtant, une part de moi, cette petite voix fragile que j'avais toujours noyée, continuait à murmurer des avertissements, des doutes qui semblaient pourtant futiles face à ce que je voulais. Ce que je devais vouloir.Raphaël, lui, ne comprenait pas. Il me regardait comme si je perdais ma dignité, comme si je m’engageais sur un chemin de destruction. Mais que savait-il de la souffrance, de ce qu'il faut sacrifier pour se reconstruire ? Je n’étais plus la même femme qu’avant, celle qui pouvait encore se permettre de rêver d’un amour sans condition, sans obstacles. Aujourd’hui, l’amour n’était plus une source de réconfort, mais un po
CassandraL’air froid de la nuit m’enveloppait alors que je traversais la demeure silencieuse. Chaque pas semblait résonner comme un écho lointain, accentuant l’anxiété qui me tiraillait. Le poids de la prophétie, enfouie dans ma poche, me semblait de plus en plus lourd à chaque mouvement. Et pourtant, je n'avais d'autre choix que d’avancer. Le destin, ce spectre omniprésent, m’escortait comme une ombre silencieuse, et je savais que ce soir, tout allait changer.Mes pensées se bousculaient, un tourbillon incessant de doutes et de certitudes. Raphaël, Lucien, Gabriel… Ils étaient tous liés à ma destinée d’une manière ou d’une autre, mais l’heure des décisions était enfin venue. Le jeu des apparences touchait à sa fin, et je me retrouvais à la croisée des chemins. Qu’allais-je choisir ? Mon amour pour Raphaël ? Le pouvoir que Lucien me promettait ? Ou la liberté, qu'il m'avait si longtemps empêchée de toucher ?Je poussai la lourde porte de l’étude. La lumière tamisée des chandelles dan
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te