Cassandra— Laquelle ? demande-t-il, sa voix un peu trop amusée.Un sourire effleure mes lèvres.— J’ai construit cet empire avec mes propres mains. Je suis la seule à savoir comment le défendre… et comment anéantir quiconque s’y attaque.Le regard de Raphaël s’assombrit légèrement. Il aime ce côté de moi. Celui qui ne recule devant rien, qui ne plie pas face aux hommes qui croient pouvoir me dominer.— Tu veux contre-attaquer comment ?Je m’avance vers mon bureau, fais glisser mes doigts sur le bois verni avant de m’asseoir lentement.— Lucien est puissant, mais il a une faille. Son arrogance. Il croit que je vais réagir exactement comme il l’a prévu.Raphaël s’adosse au mur, les bras croisés.— Alors surprenons-le.J’acquiesce.— Je veux frapper là où ça fait mal. Ses finances. Ses réseaux. Ses alliés.Un sourire carnassier s’étire sur le visage de Raphaël.— Je peux t’aider avec ça.Il s’approche et pose une main sur le dossier.— Mais tu réalises qu’il ne se laissera pas faire ?—
LucienLa lumière bleutée de mon téléphone éclaire mon visage tandis que je lis le message reçu à l’aube.Un avertissement anonyme.Je repose lentement mon verre de whisky et me redresse dans mon fauteuil.Quelqu’un a fouillé dans mes affaires.Mon premier réflexe est de penser à Gabriel. Il est rusé, il sait comment infiltrer mes réseaux.Mais non.Ce n’est pas son style.Lui, il attaque de face.Cette fois, c’est différent.Il y a une subtilité, une touche de défi qui me rappelle une seule personne.Cassandra.Un sourire effleure mes lèvres.Elle commence à jouer sérieusement.Parfait.J’appuie sur un bouton de mon bureau et une sonnerie retentit. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre et un homme entre. Grand, massif, le regard impassible.— Surveille Cassandra. Discrètement.Il hoche la tête sans poser de questions et disparaît.Si elle pense pouvoir me renverser si facilement, elle sous-estime l’adversaire qu’elle a en face d’elle.Ce jeu vient de devenir encore plus intér
CassandraLe véhicule s’arrête brusquement devant un immeuble sobre mais imposant.Je reconnais immédiatement l’endroit.— Tu veux me montrer quoi, Gabriel ?Il coupe le moteur et se tourne vers moi.— Descends et tu verras.Avec une patience mesurée, je sors et le suis à l’intérieur.L’ascenseur nous mène au dernier étage.Lorsque les portes s’ouvrent, je découvre un loft immense, baigné de lumières tamisées. L’endroit est un mélange subtil de modernité et de classicisme.Je m’avance lentement, observant les lieux.— C’est chez toi ?— Non. Il s’appuie contre un meuble et croise les bras. C’est là où tu pourrais finir si tu continues sur ta lancée.Je fronce les sourcils.— Je ne vois pas où tu veux en venir.Il sort un dossier de sa veste et le pose sur la table en verre.— Ceci est une liste des hommes qui voudront ta tête si Lucien tombe.Je laisse échapper un rire ironique.— Tu me sous-estimes.— Et toi, tu sous-estimes l’envergure du réseau que Lucien contrôle. Il s’approche le
CassandraLa voiture file dans la nuit, les lumières de la ville se reflétant sur le pare-brise comme des éclats d’or et d’argent. Je serre le volant un peu plus fort. Le marché que je viens de conclure change la donne. Il m’offre un avantage, mais au prix d’une dette dont j’ignore encore la nature.J’ai appris à ne faire confiance à personne. Pourtant, ce soir, je joue avec le feu en demandant l’aide d’un autre homme dans cette guerre silencieuse.Gabriel. Lucien. Raphaël.Et maintenant, Dante.Il n’a jamais fait partie de l’équation. Jusqu’à maintenant.Un frisson me parcourt l’échine. Non pas de peur, mais d’excitation.J’aime ce jeu dangereux.Mais qui en sortira vainqueur ?---LucienLe silence de mon bureau est trompeur. Il cache l’agitation qui bouillonne en moi.Cassandra pense être libre.Elle croit pouvoir manipuler les règles à sa guise.Mais elle oublie une chose essentielle : j’ai toujours un coup d’avance.— Elle bouge, murmure l’un de mes hommes.Je lève les yeux de mo
CassandraJe m’assois sur le bord du lit, serrant un peu plus mon peignoir contre moi.— Et toi, tu crois que tu peux encore me dicter mes choix ?Un silence pesant. Puis, sa voix se fait plus basse, plus tranchante.— Non. Mais je suis prêt à faire ce qu’il faut pour que tu comprennes une chose : tu ne peux pas m’échapper.Je ferme les yeux un instant, inspirant profondément.— Bonne nuit, Lucien.Je raccroche avant qu’il ne réponde et laisse tomber mon téléphone sur la table de chevet.Un soupir m’échappe.Ils croient tous pouvoir me contrôler.Mais ce soir, une certitude germe en moi.Il est temps de leur prouver le contraire.Et pour cela, je vais devoir frapper en premier.La ville s’étend sous mes pieds, un labyrinthe scintillant d’ambition et de secrets. Depuis la terrasse de mon penthouse, je laisse le vent nocturne caresser ma peau, tentant de chasser les pensées qui tourbillonnent dans mon esprit.Lucien, Gabriel, Raphaël… Ils veulent tous m’enfermer dans leur jeu.Mais ils
CassandraLe manoir Donovan se dresse devant moi, imposant et silencieux. Dante m’attend dans son bureau privé, un verre de cognac à la main.— Prête pour ton premier mouvement ? demande-t-il en me tendant un dossier.Je l’ouvre et découvre des documents détaillant des transactions confidentielles.Lucien.Gabriel.Raphaël.Des secrets qu’ils ne veulent pas voir exposés.Je lève les yeux vers Dante, une lueur déterminée dans mon regard.— C’est du poison.Il sourit.— C’est du pouvoir.Je referme le dossier avec un claquement sec.— Et si je décide de ne pas l’utiliser ?Dante s’appuie contre son fauteuil, observant ma réaction avec intérêt.— Alors tu resteras leur proie.Je me lève, serrant le dossier contre moi.— Non. Je deviendrai leur reine.RaphaëlLes toiles s’empilent dans mon atelier, témoins silencieux de mon obsession.Cassandra.Elle s’insinue dans mon esprit, dans mes rêves, dans mes veines.J’attrape mon téléphone et compose son numéro.Messagerie.Un sourire amer tord
Cassandra.Fidèle à elle-même, elle est venue.Je me retourne lentement.Elle porte une robe noire fendue sur le côté, révélant juste assez pour affoler l’imagination.— Tu es venue.Elle s’arrête à quelques mètres, bras croisés, un sourire énigmatique aux lèvres.— Tu m’as demandé.Je fais un pas vers elle, observant chaque nuance de son expression.— Et toi, tu as accepté.Un silence suspendu.Je peux sentir la tension entre nous, aussi épaisse que la nuit elle-même.Elle le sait.Je le sais.— Pourquoi moi, Lucien ? demande-t-elle, sa voix douce mais acérée.Je hausse un sourcil.— Pourquoi cette question, Cassandra ?Elle inspire profondément, comme si elle cherchait à reprendre le contrôle de quelque chose.— Tu ne veux pas me posséder. Tu veux me dompter.Je souris lentement.— C’est ce que tu crois ?Elle fait un pas en avant, réduisant l’espace entre nous.— N’est-ce pas ce que tu veux ?Je pose mon verre sur la rambarde et effleure une mèche de ses cheveux.— Non.Elle fronce
RaphaëlLa nuit est avancée quand elle franchit enfin la porte de mon atelier.Elle a ce regard, celui qu’elle porte quand elle est troublée, quand trop de choses se bousculent en elle.— Enfin prête à affronter la seule personne qui ne cherche pas à te posséder ? je murmure, sans lever les yeux de ma toile.Elle s’arrête, observe la peinture inachevée.— C’est moi ?Je hoche la tête.Elle s’approche lentement, ses doigts effleurant le bord de la toile.— Pourquoi suis-je toujours au milieu des flammes, Raphaël ?Je pose mon pinceau, essuie mes mains sur mon jean et la regarde enfin.— Parce que tu es née pour embraser le monde.Un silence.Elle ferme les yeux une seconde, et quand elle les rouvre, ils brûlent d’une intensité nouvelle.— Alors pourquoi suis-je épuisée de me battre ?Je m’approche, effleurant sa joue du bout des doigts.— Parce que tu crois que c’est un combat. Mais en réalité, c’est une danse.Elle tressaille sous mon contact, mais ne recule pas.— Et qui est mon part
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te