GabrielCassandra serre les poings.— Je refuse de me laisser enfermer dans cette spirale.Lucien s’avance lentement, son regard brûlant.— Tu as déjà plongé dedans, Cassandra. Tu crois pouvoir nous contrôler, mais en vérité, c’est nous qui t’avons enfermée dans ce jeu.Elle tressaille imperceptiblement.Je me lève à mon tour.— Nous sommes trois. Tu ne pourras pas fuir éternellement.Cassandra redresse le menton, défiant.— Alors vous voulez quoi ? Que je choisisse ?Un silence lourd tombe dans la pièce.Lucien, Raphaël et moi nous échangeons un regard.Puis je murmure, lentement :— Non. On veut que tu assumes.Elle frissonne.Et moi, je souris.Parce qu’elle sait que nous avons raison.CassandraLe silence est lourd, pesant, presque suffocant.Ils me fixent, chacun avec cette lueur dans les yeux, cette assurance dérangeante qui me donne l’impression d’être cernée.Lucien, bras croisés, un sourire en coin, attend patiemment ma réponse.Raphaël, adossé au fauteuil, m’observe avec cet
CassandraMon cœur et mon esprit sont en guerre.Et moi, Cassandra, la reine sans maître, je vacille sur mon propre trône.Je me lève d’un bond et attrape mon manteau. L’air me fera du bien.Mais alors que j’ouvre la porte de mon appartement, une silhouette familière m’attend dans le couloir.— Je savais que tu ne dormirais pas.Gabriel.Son regard est aussi impénétrable que d’habitude, mais il y a une tension sous-jacente, une impatience contenue.— Toi non plus, apparemment.Il s’avance lentement, franchissant l’espace entre nous jusqu’à ce que je sente sa chaleur tout contre moi.— Tu pensais sérieusement que je te laisserais seule ce soir ?Je croise les bras, défiant :— Ce n’est pas une décision que tu peux prendre pour moi.Il esquisse un sourire froid.— Non. Mais ça ne m’empêche pas d’influencer ton choix.Son regard sombre m’engloutit, et avant que je puisse répliquer, il me saisit par la nuque et m’embrasse avec une intensité brutale.C’est un baiser de conquérant. Un avert
CassandraEt mon souffle se coupe.C’est moi.Pas moi telle que je me vois dans un miroir.Moi telle que lui me perçoit.Sauvage. Indomptable. Mais avec une lueur de vulnérabilité au fond des yeux.Une Cassandra que je ne voulais pas voir.— Tu es magnifique, Cass. Même quand tu crois être perdue.Sa voix est basse, presque un murmure, et quand je me tourne vers lui, il y a une intensité dans son regard qui me cloue sur place.— Tu sais déjà ce que tu veux.Je secoue la tête.— Non, je…Il pose un doigt sur mes lèvres, me coupant.— Ne mens pas. Pas à moi.Sa main glisse lentement sur ma joue, une caresse à peine perceptible.— Tu n’es pas faite pour choisir, Cassandra. Tu es faite pour régner.GabrielJe surveille son appartement depuis ma voiture.Elle n’y est pas.Elle est partie sans prévenir.Sans répondre à mon message.Une frustration glaciale s’installe en moi.Lucien a pris l’avantage hier soir.Et maintenant, c’est Raphaël qui a son tour.Mais moi ?Je refuse d’être un pion
CassandraGabriel pose brutalement ses mains sur mon bureau.— Lucien, ferme-la.Je lève une main, les arrêtant avant que ça ne dégénère.— Assez. Vous avez entendu ce que j’avais à dire. Maintenant, vous êtes libres de partir… ou d’accepter que c’est moi qui mène ce jeu.Ils restent silencieux un instant.Puis Gabriel recule, les mâchoires serrées.— On verra.Lucien, lui, sourit toujours.— Cassandra, tu es vraiment irrésistible quand tu crois avoir le contrôle.Je le fixe sans ciller.— Je ne crois pas l’avoir. Je l’ai.Il me dévisage un instant, puis éclate de rire.— Alors prouve-le.Il se dirige vers la porte et l’ouvre, avant de s’arrêter.— Bonne nuit, Reine.Gabriel le suit du regard, puis se tourne vers moi.— Tu joues un jeu dangereux.Je le fixe sans ciller.— Alors reste à ta place, Gabriel. Ou accepte de le jouer avec moi.Il m’observe un instant, puis secoue la tête et sort à son tour.La porte se referme.Le silence retombe.Je prends une profonde inspiration et me lai
Cassandra— Laquelle ? demande-t-il, sa voix un peu trop amusée.Un sourire effleure mes lèvres.— J’ai construit cet empire avec mes propres mains. Je suis la seule à savoir comment le défendre… et comment anéantir quiconque s’y attaque.Le regard de Raphaël s’assombrit légèrement. Il aime ce côté de moi. Celui qui ne recule devant rien, qui ne plie pas face aux hommes qui croient pouvoir me dominer.— Tu veux contre-attaquer comment ?Je m’avance vers mon bureau, fais glisser mes doigts sur le bois verni avant de m’asseoir lentement.— Lucien est puissant, mais il a une faille. Son arrogance. Il croit que je vais réagir exactement comme il l’a prévu.Raphaël s’adosse au mur, les bras croisés.— Alors surprenons-le.J’acquiesce.— Je veux frapper là où ça fait mal. Ses finances. Ses réseaux. Ses alliés.Un sourire carnassier s’étire sur le visage de Raphaël.— Je peux t’aider avec ça.Il s’approche et pose une main sur le dossier.— Mais tu réalises qu’il ne se laissera pas faire ?—
LucienLa lumière bleutée de mon téléphone éclaire mon visage tandis que je lis le message reçu à l’aube.Un avertissement anonyme.Je repose lentement mon verre de whisky et me redresse dans mon fauteuil.Quelqu’un a fouillé dans mes affaires.Mon premier réflexe est de penser à Gabriel. Il est rusé, il sait comment infiltrer mes réseaux.Mais non.Ce n’est pas son style.Lui, il attaque de face.Cette fois, c’est différent.Il y a une subtilité, une touche de défi qui me rappelle une seule personne.Cassandra.Un sourire effleure mes lèvres.Elle commence à jouer sérieusement.Parfait.J’appuie sur un bouton de mon bureau et une sonnerie retentit. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre et un homme entre. Grand, massif, le regard impassible.— Surveille Cassandra. Discrètement.Il hoche la tête sans poser de questions et disparaît.Si elle pense pouvoir me renverser si facilement, elle sous-estime l’adversaire qu’elle a en face d’elle.Ce jeu vient de devenir encore plus intér
CassandraLe véhicule s’arrête brusquement devant un immeuble sobre mais imposant.Je reconnais immédiatement l’endroit.— Tu veux me montrer quoi, Gabriel ?Il coupe le moteur et se tourne vers moi.— Descends et tu verras.Avec une patience mesurée, je sors et le suis à l’intérieur.L’ascenseur nous mène au dernier étage.Lorsque les portes s’ouvrent, je découvre un loft immense, baigné de lumières tamisées. L’endroit est un mélange subtil de modernité et de classicisme.Je m’avance lentement, observant les lieux.— C’est chez toi ?— Non. Il s’appuie contre un meuble et croise les bras. C’est là où tu pourrais finir si tu continues sur ta lancée.Je fronce les sourcils.— Je ne vois pas où tu veux en venir.Il sort un dossier de sa veste et le pose sur la table en verre.— Ceci est une liste des hommes qui voudront ta tête si Lucien tombe.Je laisse échapper un rire ironique.— Tu me sous-estimes.— Et toi, tu sous-estimes l’envergure du réseau que Lucien contrôle. Il s’approche le
CassandraLa voiture file dans la nuit, les lumières de la ville se reflétant sur le pare-brise comme des éclats d’or et d’argent. Je serre le volant un peu plus fort. Le marché que je viens de conclure change la donne. Il m’offre un avantage, mais au prix d’une dette dont j’ignore encore la nature.J’ai appris à ne faire confiance à personne. Pourtant, ce soir, je joue avec le feu en demandant l’aide d’un autre homme dans cette guerre silencieuse.Gabriel. Lucien. Raphaël.Et maintenant, Dante.Il n’a jamais fait partie de l’équation. Jusqu’à maintenant.Un frisson me parcourt l’échine. Non pas de peur, mais d’excitation.J’aime ce jeu dangereux.Mais qui en sortira vainqueur ?---LucienLe silence de mon bureau est trompeur. Il cache l’agitation qui bouillonne en moi.Cassandra pense être libre.Elle croit pouvoir manipuler les règles à sa guise.Mais elle oublie une chose essentielle : j’ai toujours un coup d’avance.— Elle bouge, murmure l’un de mes hommes.Je lève les yeux de mo
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te
CassandraLe vent fouette mon visage alors que nous courons à travers la forêt sombre. La main de Gabriel serre la mienne avec une force implacable, nous guidant à travers les arbres et les racines traîtresses qui s’entrelacent sous nos pieds. La nuit est noire, oppressante, mais le poids de la menace qui plane est encore plus lourd que l'obscurité.Gabriel s’arrête brusquement, son regard noir balayant la forêt silencieuse. Il est tendu, chaque muscle de son corps vibrant d’une tension animale.— « On nous suit, » murmure-t-il, son souffle rapide formant une buée blanche dans l’air froid.Je tends l’oreille, mais je n’entends rien d’autre que le silence pesant de la forêt.— « Tu es sûr ? »— « Je le sens. »Ses yeux sombres brillent dans la pénombre, et je sais qu’il a raison. Gabriel a toujours eu une capacité instinctive à percevoir le danger, une aptitude qui a été forgée par des années de survie dans un monde impitoyable.Il attrape mon visage entre ses mains, son regard perçant
CassandraLe jour se lève à peine lorsque je me réveille, blottie contre le torse chaud de Gabriel. La lumière pâle filtre à travers les rideaux épais, projetant une lueur grisâtre sur les murs de pierre de la maison. Le feu dans la cheminée s'est éteint, laissant derrière lui une odeur de cendres et de bois brûlé.Je sens le souffle régulier de Gabriel dans mes cheveux, son bras fermement enroulé autour de ma taille. Sa chaleur m’enveloppe, une barrière rassurante contre le froid qui s'infiltre dans la pièce. Je ferme les yeux un instant, savourant cette proximité, cette bulle fragile qui semble suspendue hors du temps.Mais la réalité me rattrape rapidement. Lucien. Le danger imminent. Le fait que nous soyons à nouveau traqués.Je glisse lentement ma main sur le torse nu de Gabriel, sentant la tension dans ses muscles même dans son sommeil. Il n'a jamais vraiment cessé d'être en état d'alerte. Même lorsqu'il dort, son corps reste tendu, prêt à réagir à la moindre menace.Je dépose u
CassandraLe vent glacial s’engouffre dans mon manteau alors que nous traversons la ruelle sombre. Gabriel me serre la main, son pas rapide et assuré. La lueur vacillante des lampadaires éclaire à peine le chemin pavé, projetant des ombres distordues sur les murs de pierre.Nous avons quitté l’hôtel au milieu de la nuit, avec à peine le temps de rassembler nos affaires. Gabriel est resté silencieux depuis que nous avons quitté la chambre, mais je peux sentir la tension dans son corps, la façon dont ses doigts se crispent légèrement autour des miens.— « On va où ? » demandé-je à voix basse.Il ne répond pas immédiatement, jetant un coup d’œil rapide derrière nous avant de bifurquer dans une ruelle encore plus sombre.— « J’ai une maison en périphérie de la ville, » finit-il par dire. « C’est un endroit sûr. Personne ne connaît son existence. Pas même Lucien. »J’avale difficilement ma salive, le nom de Lucien me donnant des frissons dans le dos. Gabriel me guide vers une porte discrèt
CassandraJe me réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre. La chambre est plongée dans la pénombre, à peine troublée par la lueur diffuse de la lune qui filtre à travers les rideaux. Gabriel dort paisiblement à côté de moi, son bras posé sur ma taille. Pourtant, une sensation glaciale me noue le ventre, comme si une présence invisible s’attardait dans l’ombre.Je tends l’oreille, écoutant le silence, mais mon instinct hurle. Il y a quelque chose… ou quelqu’un.Mon souffle est court alors que je glisse lentement hors du lit, sans faire de bruit. Le parquet est froid sous mes pieds nus. Mes yeux s’adaptent lentement à l’obscurité tandis que je me dirige vers la fenêtre. Je repousse légèrement le rideau, scrutant la nuit.Un mouvement.Une silhouette sombre se découpe dans la ruelle en contrebas. Immobile, elle semble fixer la fenêtre de notre chambre. Un frisson parcourt mon échine.— « Qu’est-ce qu’il y a ? »La voix grave de Gabriel me fait sursauter. Je me retourne, le trouv
CassandraLa lumière de l’aube glisse à travers les rideaux entrouverts, effleurant ma peau nue d’un éclat doré. Le drap glisse le long de ma cuisse alors que je m’étire doucement, le corps encore lourd du poids du sommeil. Une chaleur familière me ramène à la réalité : le bras de Gabriel est passé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque.Un sourire naît sur mes lèvres alors que je me retourne lentement vers lui. Il dort encore, son visage détendu, presque paisible. Les mèches sombres de ses cheveux retombent sur son front, lui donnant un air vulnérable que peu de gens ont eu le privilège de voir. Mon cœur se serre face à cette tendresse inattendue.J’effleure du bout des doigts la ligne de sa mâchoire, traçant lentement le contour de ses lèvres. Gabriel gémit légèrement dans son sommeil, son bras se resserrant autour de moi.— « Tu comptes me regarder encore longtemps comme ça ? » murmure-t-il d’une voix rauque, les yeux toujours fermés.Je souris, amusée.— « Peut