AnnaLéo me regarde longuement, hésitant, mais il finit par me suivre. Nous avançons dans la maison, vers la pièce la plus reculée, là où la lumière n’atteint presque jamais. Un endroit où le temps semble s’être arrêté.Et c’est là, dans l’obscurité de cette pièce oubliée, que je vais enfin découvrir la vérité.La pièce est plus sombre que je ne l’avais imaginé. Chaque recoin semble avaler la lumière, et l’air est plus lourd ici, comme si quelque chose de sinistre s’y était ancré depuis bien trop longtemps. Je fais un pas en avant, mon cœur battant plus vite à chaque mouvement. Léo reste à mes côtés, silencieux, mais je sens son regard peser sur moi, son inquiétude palpable.C’est ici que tout a commencé, murmuré-je, sans vraiment m’adresser à lui. C’est ici que je suis née, d’une certaine manière.Léo ne répond pas immédiatement, se contentant de m’observer. Il sait que ce moment est crucial, et il attend, respectant mon silence. Mais je ne peux plus rester silencieuse. Je dois compr
AnnaLa lumière du matin pénètre lentement dans la pièce, balayant les ombres qui s’y sont installées durant la nuit. Le silence est lourd, presque oppressant. Mais à l'intérieur de moi, quelque chose a changé. Une certitude s’est installée, une vérité que je ne peux plus ignorer. Je suis prête à affronter ce passé, à découvrir tout ce qui a été caché sous des couches de mystère et de silence.Léo est à mes côtés, toujours aussi présent, mais je sais qu’il attend. Il comprend la profondeur de ce que je ressens, de ce que je suis en train de découvrir. Mais il ne peut pas tout comprendre. Il ne connaît pas le poids de ce que je porte en moi.Tu es prête ? demande-t-il, sa voix douce mais emplie d’une certaine inquiétude.Je me tourne vers lui, un léger sourire au coin des lèvres.Je n’ai pas vraiment le choix, dis-je, ma voix assurée malgré l’incertitude qui fait écho dans mes entrailles. Il est temps. Le temps de comprendre ce qu’elle voulait. De savoir pourquoi elle m’a laissée avec
AnnaQue veux-tu savoir, Anna ? Sa voix est calme, mais il y a une intensité cachée derrière chaque syllabe. Je ne peux pas tout te dire d’un coup. Mais si tu veux connaître la vérité, tu dois être prête à accepter tout ce qui vient avec.Je n’ai pas de réponse immédiate. La vérité… Que puis-je en savoir ? Que puis-je en accepter ? Pendant si longtemps, j’ai vécu dans l’ignorance, dans le flou. Mais aujourd’hui, ce flou se dissipe, et avec lui, une terreur froide s’installe dans mes entrailles. Ce que ma mère cache, ce n’est pas quelque chose que l’on veut découvrir.Je respire profondément. L’air dans cette salle semble plus lourd, plus épais, comme si chaque mot qu’elle allait prononcer alourdissait l’atmosphère.Je suis prête, finis-je par dire, ma voix presque rauque. Dites-moi tout.Elle hoche lentement la tête, un geste qui semble approuver mes paroles, mais il y a toujours cette distance entre nous. Elle semble plus distante encore maintenant qu’elle va enfin commencer à parler
AnnaJe n'avais jamais vu ma mère aussi gravement déterminée, aussi fragile dans sa posture malgré la force qui émanait d’elle. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle s'approcha du vieux coffre, comme si chaque mouvement était empreint de significations et de souvenirs enfouis depuis longtemps. Ses gestes lents et mesurés semblaient chercher à masquer une anxiété palpable. Je la suivis, mes pas hésitants résonnant dans la pièce silencieuse.Elle s'arrêta devant le coffre et l'ouvrit, révélant un intérieur sombre, où une lumière douce émanait d’un objet posé à l'intérieur. L’instant sembla suspendu, comme si la pièce entière retenait son souffle. La poussière flottait dans l’air, un mélange de vieux papiers et de secrets entassés. Mais au fond, ce qui captait toute mon attention était ce petit médaillon en argent, brillant d'une lueur étrange.Ce médaillon, dit-elle d'une voix basse, est la clé. Non seulement de ton passé, mais aussi de ce qui t'attend.Je m’approchais avec préca
AnnaÀ côté de moi, ma mère marchait silencieusement, son regard perdu dans les ténèbres. J'avais la sensation qu'elle était déjà loin, déjà dans un autre monde, ailleurs. Je ne savais pas si elle avait vu ce que j'avais vu dans le médaillon, ou si elle savait ce que cela signifiait pour moi. Mais j'avais besoin de réponses, et elle était la seule à pouvoir me les fournir.Maman, dis-je d’une voix calme mais tremblante, que signifient les mots de cette vision ? « La clé réside en toi… » Que dois-je faire maintenant ?Elle s'arrêta un instant, ses mains s'ouvrant légèrement, comme si elle cherchait une réponse dans l’air qui l’entourait. Puis, enfin, elle parla, sa voix grave et marquée par le poids des années.Ce que tu as vu, ce n’est pas un hasard, Anna. Ce n’est pas une simple vision. Ce sont des fragments de la vérité. La vérité que nous avons tenté de cacher, pour te protéger.Je la regardai, les yeux écarquillés, déstabilisée. Elle semblait peser chaque mot, chaque syllabe, comm
AnnaL’impact de mon attaque avait fait trembler le sol sous mes pieds, et je pouvais sentir l’écho de la déflagration résonner dans chaque fibre de mon être. Il vacillait, mais ses yeux brûlants de rage et de défi me fixaient, et un frisson d’excitation mêlé à l'angoisse parcourut mon échine.La créature, bien que blessée, semblait ne pas vouloir abandonner. Il se redressa lentement, son rire sinistre résonnant dans la forêt comme un écho funeste.« Tu penses vraiment que tu peux m’arrêter avec ça ? » cracha-t-il, le visage illuminé d’un sourire déformé. « Tu es encore si naïve. » Je sentais les battements de mon cœur s’emballer, chaque pulsation me poussant à maintenir la concentration. L’énergie vibrante en moi s’intensifiait, mais je savais que chaque instant de faiblesse pourrait être fatal. La fusion de la lumière et de l’ombre était ma force, mais elle demandait du contrôle et de la maîtrise.« Si je suis naïve, alors tu dois être bien aveugle, » répliquai-je, ma voix résonnan
AnnaEt au fond de moi, je savais que même si les ombres du passé ne disparaîtraient jamais complètement, j'étais prête à affronter quoi que ce soit. Avec ma mère à mes côtés, nous pourrions braver toutes les tempêtes à venir. L'héritage de nos ancêtres continuait de vivre à travers nous, et ensemble, nous étions invincibles.Mais quelles autres ombres se cachaient encore dans les recoins de notre avenir ?Alors que le silence s'étendait autour de nous, je me relevai lentement, encore tremblante d'émotions. La forêt, autrefois assombrie par l'angoisse et le danger, semblait maintenant vibrant d'une nouvelle énergie. Le souffle du vent caressait ma peau, porteur d'un ressenti de renouveau. Mais les luttes passées assombrissaient toujours mes pensées. Que se passerait-il maintenant ? Ma mère se tenait à mes côtés, une aura de sérénité émanant de sa présence. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle ressentait la douleur et la fatigue que je portais dans mon cœur. Mais elle avait aussi une
AnnaLe sol sous mes pieds vibre à chaque pas. Une pulsation sourde, presque imperceptible, comme si la terre elle-même réagissait à notre passage. Ma main ne quitte pas celle de ma mère. Je sens sa chaleur, sa force, son énergie fluide, ancrée en moi comme une certitude. Nous avançons en silence, mais nos pensées sont bruyantes.Je sens le poids du monde s'alléger. Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que, pour la première fois, j'avance sans fuir. J'avance pour comprendre. Pour choisir. Pour affronter.La forêt s'efface lentement, remplacée par des clairières où la lumière lunaire coule comme du lait sur les feuilles argentées. Puis un sentier, une ouverture dans l’obscurité, bordée de pierres anciennes, couvertes de mousse. L’air change. Il devient plus dense, chargé de souvenirs que je ne reconnais pas mais que mon corps semble connaître. Mon sang palpite d’une mémoire plus vieille que moi.« Nous y sommes presque », souffle ma mère, la voix tremblante d’un pressentim
AnnaLa pluie tombe doucement sur le monde. Chaque goutte semble porter une part de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dû traverser. Elle effleure la terre, se pose sur les feuilles des arbres, et je la sens, ici, contre ma peau, comme un dernier souvenir de tout ce qui a été. Le vent, lui, murmure des promesses brisées, des mots d’adieu non dits, mais je les accueille. Car c’est tout ce qui reste à la fin : l’écho de ce qui a été, la résonance de ce que l’on a traversé ensemble.Il est là, à mes côtés. Léo. Angel. Les deux hommes qui m’ont redéfinie. L’un par sa douceur, l’autre par sa passion. L’un par son regard de feu, l’autre par ses bras solides, prêts à me soutenir quoi qu’il arrive. Leur présence me fait me sentir complète, comme si le vide en moi, celui que j’ai toujours cherché à combler, était enfin comblé. Parce que, je le sais, ce n’est pas une question de tout avoir, mais de savoir choisir ce que l’on garde."Tu es prête ?" La voix de Léo brise le silence, doux et clair co
AnnaLe silence, enfin.Pas celui qui oppresse, pas celui qui serre la gorge et fait trembler les mains.Non.Celui qui enveloppe, celui qui rassure, celui qui crée un espace entre les battements du cœur et les soubresauts du monde extérieur.Je suis allongée entre eux, dans cette étrange sérénité où le temps semble suspendu, comme si le monde ne pouvait exister au-delà de la chaleur de leurs corps.La lumière du matin filtre à travers la toile fine qui nous abrite, tremblante, timide. Elle s’invite, comme un rayon secret, et danse sur nos peaux. Elle trouve ses chemins dans les creux, sur les courbes, sur les lignes de vie et de combat.Léo est encore plongé dans un sommeil profond, son visage détendu, marqué par les traces des heures passées à lutter contre tout ce qui nous sépare. Ses mains reposent sur mon ventre, doucement, comme un ancrage. Comme un souffle.Il n’a pas bougé. Pas encore.Angel, lui, se tient un peu à l’écart. Il ne dort pas. Ses yeux sont ouverts, mais il ne me
AnnaIls dorment.Ou ils essaient.Moi, je reste au bord.Assise contre la pierre froide.À distance de leurs souffles.Je ne veux pas les réveiller.Parce que cette nuit… ce n’est pas d’eux que j’ai peur.C’est de moi.Je tremble.Pas de froid. De cette tension que je retiens depuis trop longtemps. Ce cri qui n’est jamais sorti. Cette rage, ce chagrin, cette solitude que j’ai recouverte de silence.Alors je me lève.Je marche dans l’obscurité. Pieds nus.Le vent accroche ma peau. Mais c’est bon.Ça me rappelle que je suis encore là.Je m’éloigne. Un peu.Mais pas assez.Car il me suit.Eliel.Toujours lui.Je m’arrête. Il ne dit rien. Je ne dis rien.Puis je craque.« Tu crois que c’est facile ? » ma voix explose sans prévenir.Elle tremble. Elle se brise.Il ne répond pas.Alors je continue. Parce que si je m’arrête, je m’effondre.« Tu crois que j’ai choisi ça ? Que j’ai choisi de porter un pouvoir qui me consume ? Que j’ai demandé à aimer des gens que je vais sûrement tuer sans le
LéoJe la cherche du regard.Même à travers le chaos, même dans ce monde qui s’effondre, je saurais reconnaître sa silhouette.Même brisée. Même changée.Surtout changée.Parce que ce n’est plus la même Anna.Et pourtant, elle est toujours là.Je l’ai vue s’effondrer. Je l’ai vue se relever.Et quand j’ai cru qu’elle ne reviendrait jamais, qu’elle s’était trop éloignée de nous, j’ai compris : c’est à moi de faire le chemin.Alors j’avance.Angel est à mes côtés.Silencieux, comme toujours.On ne se parle pas.Mais on sait pourquoi on est là.AngelJe n’ai jamais cessé de l’aimer.Même quand elle s’est éloignée. Même quand elle a choisi d’être autre chose.Même quand elle m’a oublié, un peu.Ce n’était pas une décision. C’était une évidence. Une fatalité.Elle vit dans chaque battement de mon cœur, même quand il se fend.Et Léo le sait. Je le vois à sa mâchoire serrée, à ses doigts crispés sur son arme.On est deux à aimer la même fille.Mais on n’est pas ennemis.On est les deux phare
ElielSa main dans la mienne. Elle tremble.Et pourtant, c’est elle qui m’a tendu la sienne.Elle, l’éclat brisé.Elle, la fille que le monde regarde comme un danger.Elle, l’ultime espoir.Je la sens prête à fuir, à se retirer au moindre signe. Mais elle reste.Alors je serre doucement ses doigts, comme on attrape une flamme. Sans vouloir l’éteindre.AnnaJe l’ai choisi.Pas comme on choisit un sauveur. Pas comme on choisit un soldat.Je l’ai choisi comme on choisit une vérité : en sachant qu’elle fera mal.Il me regarde. Je ne détourne pas les yeux.« Il faut entrer dans le cercle, Anna. » dit-il.Je hoche la tête.On y entre. Ensemble.Le sol est marqué de symboles anciens. Le vent se lève. Quelque chose s’éveille sous la terre. Quelque chose de très vieux. Très pur. Ou très terrible.Je sens mes os vibrer.Eliel« Le feu va te tester. » je dis.Elle ne bouge pas.« Tu peux encore faire demi-tour. »« Non. »Sa voix est claire. Inflexible.Alors je recule.Elle s’avance.Et la lumi
AnnaMais ce n’est pas le Eliel que j’ai connu. Pas celui qui avait encore l’espoir au bord des lèvres. Son visage est plus dur. Son regard, plus sombre. Il a vu des choses. Et il porte quelque chose en lui. Une douleur vivante.« Pourquoi es-tu là ? » ma voix tremble malgré moi.Il s’approche d’un pas, puis s’arrête.« Parce que le monde va se fendre, Anna. Et que toi seule peux empêcher qu’il s’effondre. »Je déglutis. Chaque mot est une lame.« Tu savais, n’est-ce pas ? Tu savais ce que j’étais. »Il ferme les yeux. Puis, d’une voix basse :« Je savais que tu étais plus que ce qu’on t’avait dit. Mais je ne savais pas que tu étais… l’éclat brisé. »« L’éclat brisé ? »Il me regarde avec une intensité glaciale.« Celle qui a le pouvoir de refaire le monde… ou de le détruire entièrement. »Le silence tombe, plus lourd que jamais.Je sens mon cœur battre dans mes tempes.« Et toi ? Tu viens m’aider ? Ou m’arrêter ? »Un silence. Long. Tranchant.Puis il murmure :« Je ne sais pas encor
AnnaUn cercle de pierres se dessinait dans la clairière, parfaitement symétrique. Au centre, une colonne de lumière bleutée s’élevait du sol, sans source apparente. L’air y vibrait, distordu, chargé d’une magie ancienne et inaltérable. C’était comme si le monde retenait son souffle.Je sentis mes jambes trembler, mais je restai droite. Pas cette fois. Je voulais savoir. Je voulais tout affronter.« Qu’est-ce que c’est ? » soufflai-je, hypnotisée.« Le seuil. » La voix de ma mère était douce mais ferme. « Le lien entre ce qui a été et ce qui peut être. C’est ici que les gardiens veillent. C’est ici que tu sauras. »« Les gardiens ? »Elle me regarda, et pour la première fois, j’y lus de la peur.« Ils ont connu la vérité avant nous. Ils ont vu les erreurs, les sacrifices, les serments trahis. Et maintenant… ils attendent ton choix. »Je reculai d’un pas.« Mon choix ? »« Tu es celle qui brise le cycle, Anna. Mais tu es aussi celle qui peut en créer un nouveau. »Un grondement sourd m
AnnaLe sol sous mes pieds vibre à chaque pas. Une pulsation sourde, presque imperceptible, comme si la terre elle-même réagissait à notre passage. Ma main ne quitte pas celle de ma mère. Je sens sa chaleur, sa force, son énergie fluide, ancrée en moi comme une certitude. Nous avançons en silence, mais nos pensées sont bruyantes.Je sens le poids du monde s'alléger. Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que, pour la première fois, j'avance sans fuir. J'avance pour comprendre. Pour choisir. Pour affronter.La forêt s'efface lentement, remplacée par des clairières où la lumière lunaire coule comme du lait sur les feuilles argentées. Puis un sentier, une ouverture dans l’obscurité, bordée de pierres anciennes, couvertes de mousse. L’air change. Il devient plus dense, chargé de souvenirs que je ne reconnais pas mais que mon corps semble connaître. Mon sang palpite d’une mémoire plus vieille que moi.« Nous y sommes presque », souffle ma mère, la voix tremblante d’un pressentim
AnnaEt au fond de moi, je savais que même si les ombres du passé ne disparaîtraient jamais complètement, j'étais prête à affronter quoi que ce soit. Avec ma mère à mes côtés, nous pourrions braver toutes les tempêtes à venir. L'héritage de nos ancêtres continuait de vivre à travers nous, et ensemble, nous étions invincibles.Mais quelles autres ombres se cachaient encore dans les recoins de notre avenir ?Alors que le silence s'étendait autour de nous, je me relevai lentement, encore tremblante d'émotions. La forêt, autrefois assombrie par l'angoisse et le danger, semblait maintenant vibrant d'une nouvelle énergie. Le souffle du vent caressait ma peau, porteur d'un ressenti de renouveau. Mais les luttes passées assombrissaient toujours mes pensées. Que se passerait-il maintenant ? Ma mère se tenait à mes côtés, une aura de sérénité émanant de sa présence. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle ressentait la douleur et la fatigue que je portais dans mon cœur. Mais elle avait aussi une