CHAPITRE 2 : le refuge
Kael garda le silence un instant, observant Lyra avec intensité. Son regard doré, perçant et pénétrant, détaillait chaque trait de son visage, chaque mouvement de son corps. Il percevait l’émotion dans sa voix, la colère sous-jacente, la détresse cachée derrière ses mots.
—Alors… tu as fui un mariage forcé.
Lyra hocha la tête, croisant les bras autour d’elle comme pour se protéger du poids de son propre récit.
— Mon père… Elle prit une profonde inspiration avant de poursuivre. Il pense que nous, ses filles, devons servir la meute par des alliances stratégiques. Il a déjà marié mes deux sœurs à des Alphas qu’elles n’aimaient pas, et maintenant, c’était mon tour.
Kael remarqua le tremblement subtil de ses doigts alors qu’elle serrait ses bras.
— Et l’homme que tu devais épouser… il est si terrible que ça ? demanda-t-il d’une voix grave.
Lyra grimaça, un mélange de dégoût et de rage traversant ses traits délicats.
— C’est un monstre. Pas au sens propre, bien sûr… mais c’est un loup brutal, cruel. Un être sans cœur qui ne veut qu’une femme soumise à ses pieds. Elle détourna le regard, fixant le sol. Je refuse d’être une esclave, de vivre une vie où je ne serais qu’un trophée pour lui. Alors, la veille de notre union, j’ai fui. Je n’ai pas réfléchi, je suis juste partie…
Kael sentit son loup s’agiter en lui. L’idée qu’un autre mâle ait pu revendiquer cette femme, qu’il ait tenté de la posséder contre son gré, éveillait en lui un instinct protecteur puissant.
— Et maintenant ? demanda-t-il doucement. Tu as un plan ? Un endroit où aller ?
Lyra secoua la tête, un rire amer s’échappant de ses lèvres.
— Non. Et c’est bien ça, le problème.
Kael pencha légèrement la tête, ses yeux brillant d’un éclat pensif. Il ne la connaissait que depuis quelques minutes, et pourtant, il ressentait déjà ce besoin étrange de la protéger, de l’aider. Peut-être était-ce son loup qui réagissait ainsi. Ou peut-être… était-ce autre chose.
— Tu as eu du courage de fuir. Peu de louves osent défier l’autorité d’un Alpha, encore moins lorsqu’il s’agit de leur propre père.
Lyra releva les yeux vers lui, surprise par la sincérité dans sa voix. Il ne la jugeait pas. Il ne la traitait pas de lâche ou d’égoïste, comme l’auraient fait certains membres de sa meute. Il la regardait avec compréhension, avec respect.
Un frisson parcourut son échine.
— Tu es le premier à me dire ça… murmura-t-elle.
Kael esquissa un léger sourire, un sourire rare, presque imperceptible, mais bien réel.
— Alors tu devrais t’entourer de meilleures personnes.
Lyra sentit son cœur battre plus fort. Il avait ce charisme brut, ce mélange de force et de douceur qui la troublait. Son regard captivant, sa voix grave et envoûtante…
Elle se mordit inconsciemment la lèvre.
Kael remarqua ce geste. Son regard se fixa sur ses lèvres pleines et tentantes, et un désir primal s’éveilla en lui. Il se racla discrètement la gorge et détourna légèrement le regard, cherchant à se contrôler.
— Écoute, Lyra… dit-il après un moment. Tu ne peux pas errer seule comme ça. C’est dangereux, surtout si ta meute te recherche.
Elle soupira.
— Je sais. Mais je n’ai pas d’autre choix.
Kael réfléchit un instant.
— Tu peux rester avec moi.
Lyra écarquilla les yeux.
— Quoi ?
— Je suis le fils de l’Alpha de cette meute. Personne ne te fera de mal ici. Tu pourras rester un moment, le temps de décider ce que tu veux faire.
Lyra hésita. C’était insensé… Mais en même temps, avait-elle une meilleure option ?
Et puis… elle ne pouvait nier l’attirance étrange qui la poussait vers Kael.
— D’accord. murmura-t-elle enfin.
Kael hocha la tête.
— Alors suis-moi.
Et ainsi, sans le savoir, ils venaient de sceller un destin qui allait bouleverser leurs vies à jamais.
Kael ouvrit lentement la porte de la petite maison abandonnée qu’il avait choisie pour abriter Lyra. L’odeur de bois humide et de poussière lui picota légèrement les narines, mais l’endroit était encore habitable. Un vieux lit trônait contre le mur du fond, accompagné d’une table bancale et d’une chaise usée. Ce n’était pas le grand luxe, mais au moins, elle serait à l’abri ici.
Lyra entra, observant les lieux en silence avant de se tourner vers lui.
— Pourquoi ne pas m’amener directement dans ta maison ?demanda-t-elle, son regard brillant d’un mélange de curiosité et de déception.
Kael soupira, croisant les bras sur son torse puissant.
— Ma meute n’est pas très… hospitalière. Il prit une inspiration avant d’ajouter d’un ton grave : Ils n’accepteraient pas qu’un étranger, encore moins une louve inconnue, entre dans leur territoire sans autorisation.
Lyra baissa légèrement les yeux, son expression se fermant instantanément.
— Une inconnue… murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.
Kael perçut immédiatement son changement d’attitude. Il vit la tension qui raidissait ses épaules, la façon dont son regard se perdit sur le sol. Il avait touché un point sensible.
Il s’approcha d’elle, cherchant son regard.
— Lyra… Je ne voulais pas dire ça de manière blessante.
Elle esquissa un sourire triste et secoua la tête.
— Ne t’excuse pas. Tu as raison après tout, je ne suis qu’une inconnue pour toi.
Kael ressentit une pointe de frustration. Il n’aimait pas la voir ainsi, si vulnérable, si… seule.
— Tu es peut-être une inconnue pour eux, mais pas pour moi, déclara-t-il d’une voix plus douce. J’ai entendu ton histoire. J’ai vu ce que ces hommes t’ont fait. Et je suis là pour t’aider.
Lyra releva légèrement la tête vers lui. Ses yeux brillaient sous la lumière tamisée de la lune qui filtrait à travers une fenêtre cassée.
— Merci, Kael.
Il hocha la tête, son regard accroché au sien un instant de trop. Il s’éclaircit la gorge et recula d’un pas.
— Je vais aller te chercher un repas. Tu dois être affamée.
Lyra laissa échapper un petit rire, léger mais sincère.
— Exactement.
Kael esquissa un sourire avant de tourner les talons et de quitter la maison. Il ne savait pas encore pourquoi il ressentait ce besoin étrange de la protéger, de s’assurer qu’elle ne manque de rien. Mais ce qui était certain, c’est que cette rencontre venait de marquer un tournant dans sa vie.
Lyra s'assit lentement sur le lit rudimentaire, laissant ses doigts glisser sur le vieux drap rêche. L’endroit était modeste, un peu poussiéreux, mais étrangement chaleureux. Pour la première fois depuis qu’elle avait fui sa meute, elle ressentait un semblant de sécurité. Les murs de bois, le silence paisible qui régnait ici, l’odeur légère de la forêt qui s’infiltrait par la fenêtre cassée… Tout cela contrastait avec les jours de tension et de peur qu’elle venait de traverser.
Elle laissa échapper un soupir, fermant un instant les yeux. Son cœur battait encore un peu vite, mais ce n’était plus de la terreur, juste le contrecoup de ce qu’elle venait de vivre. Elle s'était sentie si vulnérable face à ces hommes qui l’avaient capturée… Si Kael n’était pas intervenu, elle n’osait imaginer ce qui aurait pu lui arriver.
Son regard se perdit sur les poutres du plafond, et sans qu’elle ne puisse le contrôler, un souvenir s’imposa brutalement à elle.
— Tu es ma fille, Lyra, et tu feras ce que je te dis. Cet union est pour le bien de la meute !
Son père. Sa voix grave, implacable.
— Mais je ne veux pas de lui ! avait-elle crié ce jour-là, sentant les larmes lui brûler les yeux. Il est cruel, brutal, je ne veux pas vivre avec un homme comme ça !
— Ce n’est pas à toi de décider ! Un Alpha ne peut pas laisser une gamine capricieuse remettre en cause l’équilibre de son clan ! Tu l’épouseras, et c’est tout.
Lyra rouvrit les yeux, le souffle court. Son père l’avait vendue comme une simple monnaie d’échange. Peu importaient ses désirs, ses rêves, ses peurs. Seule la meute comptait à ses yeux.
Elle secoua doucement la tête. C’est fini. Je suis partie. Il ne pourra plus me forcer.
Mais malgré cette affirmation, une ombre d’inquiétude voilait toujours son esprit. Et s’ils me retrouvaient ? Son père n’accepterait jamais qu’elle lui désobéisse de la sorte. Il enverrait des hommes la chercher. Elle en était persuadée.
Un frisson la parcourut. Suis-je vraiment en sécurité ici ? Elle posa une main sur son ventre noué par l’angoisse.
Kael semblait sincère en disant qu’il l’aiderait. Mais elle ne connaissait rien de cette meute, de ses règles, de ses dangers. Serait-elle seulement acceptée ? Elle était une étrangère sur ce territoire… Kael lui-même l’avait dit.
Elle mordilla sa lèvre inférieure, pensive. Et si sa meute ne voulait pas de moi ? Et si j’étais une menace pour eux, une intrusion qu’ils ne toléreraient pas ?
Elle inspira profondément et s’allongea sur le matelas, fixant le plafond.
Peut-être que tout allait bien se passer. Peut-être qu’elle pourrait enfin respirer, être libre… Ou peut-être que ce n’était que le début d’un autre combat.
Chapitre 3 :le repas Kael pénétra dans l’enceinte de la grande demeure de sa meute, un soupçon de tension nouant son estomac. Il espérait pouvoir regagner sa chambre sans attirer l’attention, mais à peine eut-il franchi le seuil qu’une voix grave et imposante retentit derrière lui. — Kael ! Où étais-tu passé ? Ta mère t’a cherché partout !Il se figea, refermant aussitôt son expression pour masquer toute émotion. Son père, l’Alpha de la meute, se tenait dans l’ombre du couloir, les bras croisés sur son torse puissant, le regard perçant comme s’il pouvait lire à travers lui. Kael raffermit sa posture et se tourna lentement vers lui. — Je suis allé courir dans les bois,répondit-il d’un ton neutre. J’avais besoin de me défouler un peu.L’Alpha haussa un sourcil, sceptique. — Te défouler de quoi, exactement ?Kael serra imperceptiblement la mâchoire. Son père ne le lâcherait pas tant qu’il n’aurait pas une réponse satisfaisante. Il devait trouver une excuse, et vite. — Rien de bi
itre 4 : Comment pourrai-je l'aider ? Kael referma la porte derrière lui, veillant à ne pas faire de bruit. La pièce était faiblement éclairée par une lampe à huile posée sur une petite table, projetant une lumière douce et chaleureuse. Son regard se posa immédiatement sur Lyra, recroquevillée sur le lit, les bras autour de ses jambes. Lorsqu’elle le vit entrer, une lueur d’espoir traversa son regard. — Je t’ai apporté à manger, dit-il doucement, avançant vers elle. Il posa l’assiette sur la table et recula légèrement, lui laissant l’espace nécessaire. Lyra ne se fit pas prier. Elle attrapa aussitôt la nourriture, ses mains tremblantes de faim, et mordit goulûment dans le morceau de viande tendre. Kael, adossé contre le mur, la regardait en silence. Il n’avait pas réalisé à quel point elle devait être affamée. Ses mâchoires travaillaient rapidement, et elle engloutissait chaque bouchée avec une ardeur presque animale. Cette vision éveilla un étrange mélange de sentiments en lui
CHAPITRE 5 : L'Alpha a la recherche de sa luna Dans la grande demeure du chef de meute, une tension pesante s’était installée. L’air était chargé d’une colère sourde alors que Darius, l’homme à qui Lyra avait été promise, faisait irruption dans la salle principale. Ses yeux d’un gris acier brillaient d’une rage contenue, ses poings serrés le long de son corps puissant. — Où est-elle ?! tonna-t-il, sa voix grondant comme un orage menaçant. Assis dans son grand fauteuil de chêne sculpté, Haldric, le père de Lyra, releva lentement les yeux vers son visiteur, impassible malgré l’orage qui grondait devant lui. — Disparue. Un silence pesant suivit cette déclaration. Darius, stupéfait, plissa les yeux avant de frapper violemment du poing sur la table en bois massif. — Ce n’est pas possible ! siffla-t-il entre ses dents. Tu devais la surveiller ! Elle était censée être mienne dès hier soir !** Haldric serra la mâchoire, son regard perçant ne trahissant aucune émotion. — Elle s’e
apitre 6 : Un trouble dans la meute de KaelPendant que Darius et ses hommes s’approchaient dangereusement, un événement inattendu secoua la meute de Kael. La nuit était tombée, enveloppant le village dans une obscurité paisible, seulement troublée par le bruissement des arbres et le craquement du bois sous les pas furtifs des patrouilleurs. Kael venait tout juste de quitter la chambre de Lyra, ses pensées encore hantées par l’image de son regard effrayé et de la vulnérabilité qu’il avait perçue en elle. Mais il n’eut pas le temps de s’y attarder. Un hurlement strident déchira soudainement la nuit, suivi d’un grondement sourd et de bruits de lutte. Kael se figea avant de bondir hors de la maison familiale. Devant lui, plusieurs membres de la meute s’étaient déjà regroupés sur la place centrale. Un combat avait éclaté entre deux loups, et pas n’importe lesquels : Adriel, un des guerriers les plus respectés de la meute, affrontait Rehan, un loup connu pour son tempérament provocat
CHAPITRE 7 : La tendresse Kael avançait dans la nuit silencieuse, ses pas à peine audibles sur le sol humide de la forêt qui bordait le territoire de la meute. L’ombre des arbres projetait des formes inquiétantes sous la lueur blafarde de la lune, mais il n’en avait cure. Son esprit était ailleurs, tiraillé entre le danger imminent et l’envie irrépressible de la retrouver. Son cœur battait fort, non pas de peur, mais d’une fébrilité qu’il refusait d’admettre. Lyra. Elle était là, à quelques mètres de lui, cachée derrière ces murs, et il brûlait de la voir. Il s’était promis de ne pas s’attacher. Il savait que leur histoire était vouée à l’échec, que son père n’accepterait jamais une étrangère au sein de la meute, encore moins une femme promise à un autre. Mais chaque nuit, il se retrouvait irrésistiblement attiré vers elle, incapable de rester loin trop longtemps. Arrivé devant la cabane où il l’avait installée, il jeta un dernier regard autour de lui, s’assurant que personne n
Chapitre 8 : l'attraction inévitable La lumière du matin filtrant à travers les rideaux baignait la chambre de Kael d’une douce lueur dorée. Il était allongé sur son lit, torse nu, une main sous sa tête, l’autre posée distraitement sur son torse. Ses pensées dérivaient inlassablement vers Lyra, vers la brûlure de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son corps pressé contre lui, ce frisson indescriptible qui l’avait envahi lorsqu’elle avait murmuré qu’elle ne lui dirait jamais d’arrêter… Kael expira lentement, ses lèvres s’étirant en un sourire fugace. Il pouvait encore sentir son parfum sur sa peau, une fragrance enivrante qui lui rappelait la forêt après la pluie. Mais son moment de rêverie fut brutalement interrompu par un coup sec à la porte, suivi d’un claquement puissant.— Kael ! La voix grave et autoritaire de son père résonna dans la pièce avant même qu’il n’ait eu le temps de réagir. L’Alpha se tenait dans l’embrasure de la porte, le regard perçant et les bras cro
hapitre 9 : Un Ultimatum ImplacableDarius pénétra dans la demeure du père de Lyra avec une colère froide. Ses yeux brillaient d’une détermination implacable, et son aura imposante fit frémir les membres de la meute réunis dans la pièce. Le père de Lyra se leva brusquement, visiblement tendu. Il savait que cet homme ne lâcherait pas l’affaire facilement. — "Je suis venu vous prévenir une dernière fois,"déclara Darius, croisant les bras sur sa poitrine massive. "Je retrouverai Lyra, peu importe où elle se cache. Mais si par malheur elle m’échappe… alors je prendrai sa sœur à sa place."Un silence pesant s’installa. La mère de Lyra porta une main tremblante à sa bouche, tandis que la sœur de Lyra, assise à l’écart, serra les poings. — "Tu n’as pas ce droit !" s’indigna-t-elle, les yeux remplis de rage. Darius tourna lentement la tête vers elle, un sourire cruel au coin des lèvres. — "Oh si, j’ai ce droit. Ton père me doit une somme colossale, et c’est lui qui m’a promis Lyra e
apitre 10 : La danse des loups La nuit s’étendait sur la meute, baignant les terres d’un voile argenté. Le vent tiède caressait doucement les arbres, portant avec lui l’odeur de la forêt et le parfum sucré des fleurs sauvages. Kael et Lyra s’étaient éloignés du village, cherchant un moment loin des regards indiscrets. Ils marchaient lentement à travers la clairière, le silence entre eux chargé d’une tension douce, presque électrique. — "Tu sembles pensive,"murmura Kael en glissant un regard vers elle. Lyra, qui observait le ciel parsemé d’étoiles, tourna la tête vers lui, un sourire à peine esquissé sur ses lèvres.— "Je pensais simplement…" Elle hésita, baissant les yeux sur le sol. "À quel point ma vie a changé en si peu de temps."Kael s’arrêta, posant une main sur son poignet avec une douceur insoupçonnée. — "Regrettes-tu d’être ici ?" demanda-t-il, une lueur d’inquiétude traversant ses yeux sombres.Lyra secoua la tête lentement. — "Non… Je n’ai jamais ressenti une tel
La tension dans l’air était presque tangible, une pression croissante que personne ne pouvait ignorer. Aeron se tenait là, les poings serrés, son regard fixe sur Elena, mais quelque chose dans l’atmosphère avait changé. La sorcière, bien qu’ayant été repoussée momentanément, ne semblait pas prête à se rendre.Elle se redressa, ses lèvres légèrement pincées, un éclat malicieux brillant toujours dans ses yeux. Mais cette fois, il y avait un éclat d’incertitude derrière cette confiance apparente. Il savait qu'elle ressentait la menace, la pression qui s’exerçait contre elle. Elena n’avait pas prévu qu’Aeron puisse se libérer aussi rapidement de son emprise, ni qu’il puisse user de sa propre force de volonté pour repousser son contrôle magique. Il lui manquait de plus en plus de ses certitudes.— Tu es plus fort que ce que je pensais, dit-elle, la voix un peu plus rauque, presque souriante. Mais cela ne changera rien. Tu n’as pas encore tout vu, Aeron.Elle leva une main, et une aura somb
Aeron se réveilla dans un tourbillon de confusion. Il cligna des yeux, cherchant à rassembler ses pensées, mais tout était flou. Une sensation étrange, presque lourde, pesait sur son esprit, comme si des brumes épaisses l'empêchaient de voir clairement. Il avait la tête qui tournait, et ses muscles semblaient aussi paralysés, comme s’il avait été privé de son énergie.Il regarda autour de lui, et son regard se fixa sur Elena, qui se tenait à quelques pas de lui, silencieuse, les bras croisés. Elle ne le regardait pas directement, mais il sentait son attention, sa présence omniprésente, comme une pression constante sur ses épaules.— Qu'est-ce que tu m'as fait ? murmura Aeron, sa voix rauque, tremblante.Elena tourna lentement la tête vers lui, ses yeux brillants d'une lueur étrange, presque inquiétante. Il n’avait jamais vu ce regard auparavant. Ce n'était pas de la tendresse, ni de l’amour. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de plus sombre, plus calculé.— Ce que je t'ai fa
Aeron se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Son corps était en sueur, son esprit embrouillé par des images floues qui s’imposaient à lui sans prévenir. Des voix qu’il ne reconnaissait pas résonnaient dans sa tête, des murmures insistants, des avertissements... Il n’arrivait pas à les comprendre totalement, mais une chose était claire : quelque chose n’allait pas.Elena était allongée à côté de lui, paisible, sa peau nue frissonnant légèrement sous les draps. Elle semblait profondément endormie, mais Aeron sentait une énergie étrange autour d’elle. Une sensation qu’il ne parvenait pas à expliquer.Il se redressa lentement, cherchant à calmer le chaos dans son esprit. Mais aussitôt, une main douce mais ferme attrapa son poignet.— Où vas-tu ? murmura Elena d’une voix ensommeillée, mais où perçait une note de contrôle subtile.Aeron hésita, ses yeux cherchant une réponse qu’il ne trouvait pas.— J’ai besoin d’air, répondit-il finalement.Elena se redressa légèrement, ses long
Aeron se redressa brusquement, le souffle court. Une chaleur étrange lui embrasait le corps, mais son esprit, lui, était assombri par le doute. Depuis plusieurs jours, il se sentait étrange en présence d’Elena, comme si un voile occultait sa raison. Il l’adorait, la désirait avec une intensité presque surnaturelle, mais quelque chose sonnait faux.Il ferma les yeux, cherchant à reprendre le contrôle. Des images floues se succédaient dans son esprit : un murmure indistinct, une lumière verte vacillante, un ricanement lointain. Puis, une scène qu’il ne reconnaissait pas, mais qui lui paraissait si réelle. Il voyait Elena, non pas telle qu’il la connaissait, mais sous une forme différente. Plus âgée, plus sombre. Il ouvrit brutalement les yeux, son cœur battant violemment dans sa poitrine.Elena était là, près de lui, une expression d’inquiétude sur son visage parfait. « Que t’arrive-t-il, mon amour ? Tu es pâle... » Sa voix était douce, envoûtante, un baume sur ses doutes. Mais cette do
Dans l’ombre de la nuit, alors qu’Aeron dormait profondément, Elena se tenait à ses côtés, son regard brûlant d’un mélange d’avidité et de détermination. Son plan avançait parfaitement : elle l’avait séduit, elle l’avait troublé, et maintenant, elle allait le posséder complètement. Mais pas comme une simple amante. Non… Il allait devenir son pantin, soumis à sa volonté, incapable de penser sans elle.Elle sortit d’une petite bourse de cuir un flacon contenant un liquide noir et visqueux. Avec une lenteur calculée, elle trempa deux doigts dans la substance et traça des symboles anciens sur le torse puissant d’Aeron. Les runes sombres luisaient faiblement sous la lueur de la lune, pulsant au rythme de son incantation murmurée.« Tu seras mien, Aeron… Mon Alpha… Mon esclave… » souffla-t-elle en fermant les yeux, laissant la magie couler à travers elle.Les marques s’enfoncèrent dans la peau du loup endormi, disparaissant comme si elles avaient été absorbées. Son corps se tendit un instan
58: Il avait résisté. Au début. Il savait que ce n’était ni le lieu ni le moment. Sa meute souffrait. Des loups mouraient. Il devait trouver une solution, agir en tant qu’Alpha. Mais Elena…Ses mains étaient chaudes, expertes, et glissaient sur sa peau comme une promesse silencieuse. Son parfum, doux et enivrant, l’enveloppait, l’étourdissait. Elle pressait son corps contre le sien, ses lèvres caressaient sa peau avec une lenteur exaspérante.Il savait qu’il devait s’arrêter. Mais il n’en avait plus envie.Quand elle le regarda, il vit une lueur troublante dans ses yeux, quelque chose d’indéchiffrable. Mais son désir était plus fort que ses doutes.Alors il céda.Il attrapa son visage, captura ses lèvres avec urgence, savourant la douceur enivrante de sa bouche. Il sentit Elena frémir sous son étreinte, et cela l’incita à approfondir leur baiser. Il était perdu. Mais pour la première fois… il accepta de s’y abandonner.Enfin. Il cédait. Elle l’avait brisé, affaibli, éloigné de son rô
57: la Distraction d'ElenaElena savait que le temps lui était compté. Plus Aeron et ses hommes fouillaient, plus ils risquaient de remonter jusqu'à elle. Elle devait les détourner de leur objectif, semer le doute, les ralentir.Elle prit une profonde inspiration et s’approcha d’Aeron avec un sourire innocent.— "Aeron…" dit-elle d’une voix douce et apaisante, posant légèrement une main sur son bras. "Tu es si tendu… tu ne peux pas accuser quelqu’un sans preuve. Peut-être que cette vieille femme est simplement partie vivre ailleurs ?"Aeron la regarda, son regard perçant, mais il n’eut pas le temps de répondre.Elena se tourna alors vers les autres sorcières.— "Et vous, vous dites ne pas l’avoir vue depuis longtemps… Mais comment pouvez-vous être sûres qu’elle est coupable ? Peut-être qu’elle est simplement morte quelque part ?"Les sorcières se regardèrent entre elles, certaines hochant la tête.— "C’est vrai… elle était déjà vieille, après tout." murmura l’une d’elles.Elena sentit
56: Aeron se tenait devant le médecin de la meute, les bras croisés, le regard sombre. Le fléau avait enfin une origine : l’eau de la rivière.— "Tu es sûr de ton diagnostic ?" demanda-t-il d’une voix froide.Le médecin hocha la tête avec gravité.— "Oui, Alpha. J’ai examiné plusieurs malades, et tous ont un point commun : ils ont bu de l’eau directement de la rivière ces derniers jours. Ceux qui n’en ont pas consommé ne présentent aucun symptôme."Aeron sentit la colère monter en lui. La rivière était leur source principale d’eau ! Qui avait osé souiller un bien aussi précieux ?— "Que devons-nous faire pour stopper cette contamination ?"Le médecin inspira profondément avant de répondre :— "D’abord, il faut interdire formellement l’accès à l’eau de la rivière. Tous les membres de la meute doivent cesser de l’utiliser immédiatement. L’eau contaminée ne doit ni être bue, ni utilisée pour la cuisine ou les soins."Aeron se tourna vers un de ses lieutenants, le regard brûlant d’autori
55: Le Fléau InvisibleLes jours s’étaient écoulés dans un calme trompeur. Mais ce matin-là, une tension inhabituelle flottait dans l’air.Aeron était dans sa cabane, assis à son bureau, relisant les derniers rapports des patrouilles, lorsque des bruits de pas précipités résonnèrent à l’extérieur.— "Alpha ! Alpha !"La voix inquiète d’un des guerriers de la meute fit froncer les sourcils à Aeron. Il se redressa immédiatement et ouvrit la porte d’un geste brusque.Devant lui, un jeune loup, essoufflé et le regard affolé, peinait à reprendre son souffle. De la sueur perlait sur son front.— "Que se passe-t-il ?" demanda Aeron d’une voix ferme.Le loup déglutit, posant ses mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle avant de lever des yeux paniqués vers son Alpha.— "C’est… c’est une épidémie, Alpha ! Les loups tombent malades ! Beaucoup ont déjà perdu leurs forces, certains ne peuvent plus se lever… C’est comme si leur énergie leur était arrachée !"Un frisson glacial parcourut le