CHAPITRE 5 : L'Alpha a la recherche de sa luna
Dans la grande demeure du chef de meute, une tension pesante s’était installée. L’air était chargé d’une colère sourde alors que Darius, l’homme à qui Lyra avait été promise, faisait irruption dans la salle principale. Ses yeux d’un gris acier brillaient d’une rage contenue, ses poings serrés le long de son corps puissant.
— Où est-elle ?! tonna-t-il, sa voix grondant comme un orage menaçant.
Assis dans son grand fauteuil de chêne sculpté, Haldric, le père de Lyra, releva lentement les yeux vers son visiteur, impassible malgré l’orage qui grondait devant lui.
— Disparue.
Un silence pesant suivit cette déclaration. Darius, stupéfait, plissa les yeux avant de frapper violemment du poing sur la table en bois massif.
— Ce n’est pas possible ! siffla-t-il entre ses dents. Tu devais la surveiller ! Elle était censée être mienne dès hier soir !**
Haldric serra la mâchoire, son regard perçant ne trahissant aucune émotion.
— Elle s’est volatilisée juste avant l’aube. Nous la cherchons encore.
Un ricanement sarcastique échappa à Darius.
— Et tu veux me faire croire qu’un Alpha comme toi ne sait pas où sa propre fille s’est enfuie ?!
Dans un coin de la pièce, une voix féminine s’éleva.
— Même si on savait où elle est, on ne te le dirait pas.
Tous les regards se tournèrent vers Sienna, la jeune sœur de Lyra, qui se tenait droite, le regard brûlant de défi.
— Ce mariage était une erreur. Lyra ne t’aime pas. Pourquoi la forcer ?
Haldric bondit de son siège, ses traits se durcissant sous l’effet de la colère.
— Tais-toi, Sienna ! gronda-t-il.
Mais la jeune femme ne détourna pas les yeux, les poings serrés, tremblante de rage.
Darius, lui, ne prêta aucune attention à l’échange, ses pensées déjà tournées vers la traque. Il inspira profondément avant de fixer Haldric d’un regard glacial.
— Tu as intérêt à la retrouver.
Puis, pivotant sur ses talons, il se dirigea vers la sortie.
— De mon côté, je vais envoyer mes hommes fouiller chaque village aux alentours. Je la retrouverai… et crois-moi, elle regrettera d’avoir fui.
Et sur ces mots, il disparut dans la nuit, prêt à tout pour récupérer ce qu’il considérait déjà comme sien.
Darius et ses hommes quittèrent la demeure du chef de meute dans un silence lourd. La colère bouillonnait en lui, un feu ardent qu’il ne contenait que par une force de volonté brutale. Sa mâchoire était serrée, ses pas lourds martelaient le sol alors qu’ils s’enfonçaient dans la nuit.
— Éparpillez-vous, interrogez tout le monde. Je veux savoir si quelqu’un a vu Lyra.
Ses hommes acquiescèrent d’un signe de tête, se dispersant en groupes dans les rues du village et le long des sentiers forestiers. À chaque intersection, à chaque rassemblement d’habitants, ils s’arrêtaient pour montrer une image de Lyra, une esquisse rapide qu’ils avaient faite d’elle.
— Avez-vous vu cette fille ? demandait l’un d’eux d’une voix froide.
Mais les réponses étaient toujours les mêmes : des hochements de tête négatifs, des visages perplexes, certains jetant un regard inquiet en voyant l’aura menaçante du groupe.
Leur progression les mena à un coin reculé du village, près d’une vieille bâtisse délabrée où quelques hommes traînaient, accoudés contre le mur, des bouteilles d’alcool à la main. Ils semblaient insouciants, mais Darius savait qu’un certain type d’hommes traînaient toujours aux mauvais endroits et voyaient plus de choses qu’ils ne devraient.
Il s’avança d’un pas assuré, suivi de ses hommes.
— Vous, là. Il brandit la photo sous leurs yeux. Est-ce que l’un d’entre vous a vu cette fille ?
Les hommes jetèrent un coup d’œil rapide au dessin. L’un d’eux, grand et dégingandé, haussa les épaules.
— Jamais vue.
Un autre, plus trapu, secoua la tête en grommelant.
— Non, désolé.
Mais alors que Darius allait détourner son attention, il remarqua un léger détail.
Un homme, assis un peu en retrait, avait eu une réaction imperceptible. Son regard s’était figé un instant de trop sur l’image. Ses doigts s’étaient crispés autour de sa bouteille, et son souffle était devenu plus court.
Darius plissa les yeux, son instinct s’aiguisant comme une lame.
Il s’approcha lentement de l’homme, le dominant de toute sa hauteur.
— Toi.
L’homme leva la tête, feignant l’indifférence.
— Moi quoi ?
Darius esquissa un sourire froid.
— Tu as eu une drôle de réaction en voyant son visage. Je te le redemande… Il baissa la voix, la rendant plus menaçante. Tu l’as vue, n’est-ce pas ?
L’homme détourna les yeux.
— Je ne sais pas de quoi tu parles.
Darius ne sourit plus. En une fraction de seconde, il l’agrippa par le col et le souleva légèrement du sol, son aura bestiale se manifestant à peine sous la surface.
*— Ne me mens pas.
L’homme déglutit difficilement, mais garda le silence.
Ce silence confirma ce que Darius soupçonnait. Cet homme savait quelque chose.
Autour d’eux, ses hommes s’étaient tendus, prêts à agir au moindre ordre. Les compagnons du suspect jetèrent des regards nerveux, hésitant à intervenir.
L’homme finit par souffler d’une voix rauque :
— Lâche-moi. Tu ne me feras pas parler.
Darius serra un peu plus son emprise, son regard brûlant de menace.
— Tu veux vraiment tester ma patience ?
Le silence s’épaissit encore, la tension devenant palpable. L’homme savait-il où était Lyra ? L’avait-il vue récemment ? Ou cachait-il un secret encore plus sombre ?
Darius était prêt à employer tous les moyens nécessaires pour obtenir des réponses.
L’homme trembla légèrement sous l’emprise de Darius. Ses yeux, fuyants au début, finirent par s’accrocher à ceux de son interrogateur, dévorés par une peur sourde.
— D’accord, d’accord… je vais parler, lâche-moi ! bredouilla-t-il.
Darius resserra légèrement sa prise avant de relâcher brutalement l’homme, qui s’effondra sur le sol, haletant. Il se frotta la gorge en grimaçant, mais il savait qu’il n’avait pas d’autre choix.
— Je… je l’ai vue, d’accord ? lâcha-t-il, en relevant timidement la tête. Dans les bois, il y a quelques jours. Elle était seule, elle semblait perdue… et puis…
Il hésita, lançant un regard inquiet à ses compagnons, qui ne bougeaient pas, attendant la suite.
— Et puis quoi ? gronda Darius, l’impatience perçant dans sa voix.
L’homme ravala sa salive, son regard s’assombrissant.
— Elle n’était plus seule longtemps. Il inspira profondément avant de lâcher : Un loup du village voisin l’a trouvée. Elle l’a suivi.
Le silence qui suivit sa déclaration était glacial.
Darius sentit son sang bouillir. Son regard flamboya de rage.
— Tu veux dire qu’elle est entre leurs mains ?
L’homme hocha la tête d’un mouvement saccadé.
— Je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait. Mais si elle est avec eux… Il s’interrompit, jetant un regard prudent à Darius. Tout le monde sait que cette meute est la plus redoutée de la cité.
Darius serra les poings, les mâchoires crispées sous la colère montante. Il savait que la meute dont parlait cet homme n’était pas du genre à faire preuve de clémence. Pire encore, si l’un d’eux avait pris Lyra sous son aile, cela signifiait une seule chose : elle était considérée comme leur protégée.
Et il savait ce que cela impliquait.
Son regard noir transperça l’homme toujours à terre.
— J’espère, pour toi, que tu ne me racontes pas des conneries.
L’homme secoua la tête frénétiquement.
— Je t’assure que c’est la vérité. J’ai vu de mes propres yeux.
Darius recula légèrement, lançant un regard significatif à ses hommes.
— On y va.
Sans perdre une seconde, il pivota et se remit en marche, ses hommes le suivant immédiatement. Ils savaient ce que cela signifiait. Trouver Lyra dans une meute ennemie n’allait pas être une tâche facile. Mais elle lui appartenait. Elle lui était promise.
Et Darius n’était pas du genre à abandonner ce qui lui revenait de droit.
Il était prêt à tout pour la récupérer.
apitre 6 : Un trouble dans la meute de KaelPendant que Darius et ses hommes s’approchaient dangereusement, un événement inattendu secoua la meute de Kael. La nuit était tombée, enveloppant le village dans une obscurité paisible, seulement troublée par le bruissement des arbres et le craquement du bois sous les pas furtifs des patrouilleurs. Kael venait tout juste de quitter la chambre de Lyra, ses pensées encore hantées par l’image de son regard effrayé et de la vulnérabilité qu’il avait perçue en elle. Mais il n’eut pas le temps de s’y attarder. Un hurlement strident déchira soudainement la nuit, suivi d’un grondement sourd et de bruits de lutte. Kael se figea avant de bondir hors de la maison familiale. Devant lui, plusieurs membres de la meute s’étaient déjà regroupés sur la place centrale. Un combat avait éclaté entre deux loups, et pas n’importe lesquels : Adriel, un des guerriers les plus respectés de la meute, affrontait Rehan, un loup connu pour son tempérament provocat
CHAPITRE 7 : La tendresse Kael avançait dans la nuit silencieuse, ses pas à peine audibles sur le sol humide de la forêt qui bordait le territoire de la meute. L’ombre des arbres projetait des formes inquiétantes sous la lueur blafarde de la lune, mais il n’en avait cure. Son esprit était ailleurs, tiraillé entre le danger imminent et l’envie irrépressible de la retrouver. Son cœur battait fort, non pas de peur, mais d’une fébrilité qu’il refusait d’admettre. Lyra. Elle était là, à quelques mètres de lui, cachée derrière ces murs, et il brûlait de la voir. Il s’était promis de ne pas s’attacher. Il savait que leur histoire était vouée à l’échec, que son père n’accepterait jamais une étrangère au sein de la meute, encore moins une femme promise à un autre. Mais chaque nuit, il se retrouvait irrésistiblement attiré vers elle, incapable de rester loin trop longtemps. Arrivé devant la cabane où il l’avait installée, il jeta un dernier regard autour de lui, s’assurant que personne n
Chapitre 8 : l'attraction inévitable La lumière du matin filtrant à travers les rideaux baignait la chambre de Kael d’une douce lueur dorée. Il était allongé sur son lit, torse nu, une main sous sa tête, l’autre posée distraitement sur son torse. Ses pensées dérivaient inlassablement vers Lyra, vers la brûlure de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son corps pressé contre lui, ce frisson indescriptible qui l’avait envahi lorsqu’elle avait murmuré qu’elle ne lui dirait jamais d’arrêter… Kael expira lentement, ses lèvres s’étirant en un sourire fugace. Il pouvait encore sentir son parfum sur sa peau, une fragrance enivrante qui lui rappelait la forêt après la pluie. Mais son moment de rêverie fut brutalement interrompu par un coup sec à la porte, suivi d’un claquement puissant.— Kael ! La voix grave et autoritaire de son père résonna dans la pièce avant même qu’il n’ait eu le temps de réagir. L’Alpha se tenait dans l’embrasure de la porte, le regard perçant et les bras cro
hapitre 9 : Un Ultimatum ImplacableDarius pénétra dans la demeure du père de Lyra avec une colère froide. Ses yeux brillaient d’une détermination implacable, et son aura imposante fit frémir les membres de la meute réunis dans la pièce. Le père de Lyra se leva brusquement, visiblement tendu. Il savait que cet homme ne lâcherait pas l’affaire facilement. — "Je suis venu vous prévenir une dernière fois,"déclara Darius, croisant les bras sur sa poitrine massive. "Je retrouverai Lyra, peu importe où elle se cache. Mais si par malheur elle m’échappe… alors je prendrai sa sœur à sa place."Un silence pesant s’installa. La mère de Lyra porta une main tremblante à sa bouche, tandis que la sœur de Lyra, assise à l’écart, serra les poings. — "Tu n’as pas ce droit !" s’indigna-t-elle, les yeux remplis de rage. Darius tourna lentement la tête vers elle, un sourire cruel au coin des lèvres. — "Oh si, j’ai ce droit. Ton père me doit une somme colossale, et c’est lui qui m’a promis Lyra e
apitre 10 : La danse des loups La nuit s’étendait sur la meute, baignant les terres d’un voile argenté. Le vent tiède caressait doucement les arbres, portant avec lui l’odeur de la forêt et le parfum sucré des fleurs sauvages. Kael et Lyra s’étaient éloignés du village, cherchant un moment loin des regards indiscrets. Ils marchaient lentement à travers la clairière, le silence entre eux chargé d’une tension douce, presque électrique. — "Tu sembles pensive,"murmura Kael en glissant un regard vers elle. Lyra, qui observait le ciel parsemé d’étoiles, tourna la tête vers lui, un sourire à peine esquissé sur ses lèvres.— "Je pensais simplement…" Elle hésita, baissant les yeux sur le sol. "À quel point ma vie a changé en si peu de temps."Kael s’arrêta, posant une main sur son poignet avec une douceur insoupçonnée. — "Regrettes-tu d’être ici ?" demanda-t-il, une lueur d’inquiétude traversant ses yeux sombres.Lyra secoua la tête lentement. — "Non… Je n’ai jamais ressenti une tel
pitre 11 : La découverte Kael et Lyra marchaient côte à côte, leurs pas synchronisés, leurs souffles tranquilles après une journée passée ensemble, loin des regards inquisiteurs de la meute. L’air nocturne portait encore l’écho lointain de leurs rires, mais Kael restait sur ses gardes, comme toujours. Son instinct ne s’éteignait jamais totalement. À quelques mètres d’eux, caché derrière un tronc noueux, un serviteur de la meute de son père les observait en silence. Au départ, il ne s’était pas méfié, mais en distinguant la silhouette féminine aux côtés de l’Alpha, un doute s’était insinué en lui. Qui était cette femme ?Il plissa les yeux, détaillant la jeune femme.Sa chevelure n’avait rien de familier, son odeur non plus. Elle n’était pas de la meute.Son cœur s’emballa. Avait-il découvert quelque chose d’important ? Il recula lentement, prêt à s’éloigner et à avertir son maître, mais son pied heurta un vieux bâton sec qui se brisa avec un craquement sonore.Kael s’arrêta net.
pitre 12 : La trahison du serviteurDans l’ombre du grand hall du manoir de la meute, un serviteur patientait, le visage crispé, hésitant à parler. Face à lui, l’Alpha – le père de Kael – était assis sur un large fauteuil de cuir, observant l’homme avec un regard perçant. — Tu voulais me voir ? demanda-t-il, sa voix grave résonnant dans la pièce silencieuse. Le serviteur ravala sa salive avant d’acquiescer. Il savait que ce qu’il s’apprêtait à dire pourrait provoquer un véritable tumulte. — Je… J’ai vu quelque chose, Alpha. Quelque chose d’important. L’Alpha fronça les sourcils. — Parle. Le serviteur prit une profonde inspiration, jetant un regard rapide autour de lui avant de se pencher légèrement en avant. — C’est à propos de votre fils, Kael.Le silence qui suivit fut glacial. L’Alpha ne broncha pas, mais un éclat d’intérêt brilla dans ses yeux. — Qu’a-t-il fait ? Le serviteur hésita une seconde de plus, puis se lança : — Hier soir, je l’ai surpris dans la forêt…
apitre 13 : Maison des Alphas – Tard dans la nuitLe silence pesant de la demeure était uniquement troublé par le crépitement du feu dans l’âtre. L’Alpha, assis sur son grand fauteuil de cuir, fixait les flammes d’un regard sombre, une coupe d’hydromel à la main. Son épouse, debout près de lui, bras croisés sur sa poitrine, le scrutait avec inquiétude. — Il est sérieux, murmura-t-elle finalement, rompant le silence. Kael ne plaisante pas avec cette fille. L’Alpha serra les dents. Il était encore secoué par l’affront de son fils. Jamais Kael n’avait osé défier son autorité de la sorte. — Il est aveuglé, grogna-t-il. Cette fille… c’est une étrangère, et pire encore, c’est la femme de Darius. — Elle ne l’est pas encore, rétorqua la mère avec douceur. L’Alpha tourna vers elle un regard dur. — Ça ne change rien. Il est hors de question qu’il la prenne pour épouse. Tu sais ce que cela signifie. Il ne peut pas l’avoir, pas elle. — Et si c’était elle qu’il voulait vraiment ? sou
La tension dans l’air était presque tangible, une pression croissante que personne ne pouvait ignorer. Aeron se tenait là, les poings serrés, son regard fixe sur Elena, mais quelque chose dans l’atmosphère avait changé. La sorcière, bien qu’ayant été repoussée momentanément, ne semblait pas prête à se rendre.Elle se redressa, ses lèvres légèrement pincées, un éclat malicieux brillant toujours dans ses yeux. Mais cette fois, il y avait un éclat d’incertitude derrière cette confiance apparente. Il savait qu'elle ressentait la menace, la pression qui s’exerçait contre elle. Elena n’avait pas prévu qu’Aeron puisse se libérer aussi rapidement de son emprise, ni qu’il puisse user de sa propre force de volonté pour repousser son contrôle magique. Il lui manquait de plus en plus de ses certitudes.— Tu es plus fort que ce que je pensais, dit-elle, la voix un peu plus rauque, presque souriante. Mais cela ne changera rien. Tu n’as pas encore tout vu, Aeron.Elle leva une main, et une aura somb
Aeron se réveilla dans un tourbillon de confusion. Il cligna des yeux, cherchant à rassembler ses pensées, mais tout était flou. Une sensation étrange, presque lourde, pesait sur son esprit, comme si des brumes épaisses l'empêchaient de voir clairement. Il avait la tête qui tournait, et ses muscles semblaient aussi paralysés, comme s’il avait été privé de son énergie.Il regarda autour de lui, et son regard se fixa sur Elena, qui se tenait à quelques pas de lui, silencieuse, les bras croisés. Elle ne le regardait pas directement, mais il sentait son attention, sa présence omniprésente, comme une pression constante sur ses épaules.— Qu'est-ce que tu m'as fait ? murmura Aeron, sa voix rauque, tremblante.Elena tourna lentement la tête vers lui, ses yeux brillants d'une lueur étrange, presque inquiétante. Il n’avait jamais vu ce regard auparavant. Ce n'était pas de la tendresse, ni de l’amour. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de plus sombre, plus calculé.— Ce que je t'ai fa
Aeron se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Son corps était en sueur, son esprit embrouillé par des images floues qui s’imposaient à lui sans prévenir. Des voix qu’il ne reconnaissait pas résonnaient dans sa tête, des murmures insistants, des avertissements... Il n’arrivait pas à les comprendre totalement, mais une chose était claire : quelque chose n’allait pas.Elena était allongée à côté de lui, paisible, sa peau nue frissonnant légèrement sous les draps. Elle semblait profondément endormie, mais Aeron sentait une énergie étrange autour d’elle. Une sensation qu’il ne parvenait pas à expliquer.Il se redressa lentement, cherchant à calmer le chaos dans son esprit. Mais aussitôt, une main douce mais ferme attrapa son poignet.— Où vas-tu ? murmura Elena d’une voix ensommeillée, mais où perçait une note de contrôle subtile.Aeron hésita, ses yeux cherchant une réponse qu’il ne trouvait pas.— J’ai besoin d’air, répondit-il finalement.Elena se redressa légèrement, ses long
Aeron se redressa brusquement, le souffle court. Une chaleur étrange lui embrasait le corps, mais son esprit, lui, était assombri par le doute. Depuis plusieurs jours, il se sentait étrange en présence d’Elena, comme si un voile occultait sa raison. Il l’adorait, la désirait avec une intensité presque surnaturelle, mais quelque chose sonnait faux.Il ferma les yeux, cherchant à reprendre le contrôle. Des images floues se succédaient dans son esprit : un murmure indistinct, une lumière verte vacillante, un ricanement lointain. Puis, une scène qu’il ne reconnaissait pas, mais qui lui paraissait si réelle. Il voyait Elena, non pas telle qu’il la connaissait, mais sous une forme différente. Plus âgée, plus sombre. Il ouvrit brutalement les yeux, son cœur battant violemment dans sa poitrine.Elena était là, près de lui, une expression d’inquiétude sur son visage parfait. « Que t’arrive-t-il, mon amour ? Tu es pâle... » Sa voix était douce, envoûtante, un baume sur ses doutes. Mais cette do
Dans l’ombre de la nuit, alors qu’Aeron dormait profondément, Elena se tenait à ses côtés, son regard brûlant d’un mélange d’avidité et de détermination. Son plan avançait parfaitement : elle l’avait séduit, elle l’avait troublé, et maintenant, elle allait le posséder complètement. Mais pas comme une simple amante. Non… Il allait devenir son pantin, soumis à sa volonté, incapable de penser sans elle.Elle sortit d’une petite bourse de cuir un flacon contenant un liquide noir et visqueux. Avec une lenteur calculée, elle trempa deux doigts dans la substance et traça des symboles anciens sur le torse puissant d’Aeron. Les runes sombres luisaient faiblement sous la lueur de la lune, pulsant au rythme de son incantation murmurée.« Tu seras mien, Aeron… Mon Alpha… Mon esclave… » souffla-t-elle en fermant les yeux, laissant la magie couler à travers elle.Les marques s’enfoncèrent dans la peau du loup endormi, disparaissant comme si elles avaient été absorbées. Son corps se tendit un instan
58: Il avait résisté. Au début. Il savait que ce n’était ni le lieu ni le moment. Sa meute souffrait. Des loups mouraient. Il devait trouver une solution, agir en tant qu’Alpha. Mais Elena…Ses mains étaient chaudes, expertes, et glissaient sur sa peau comme une promesse silencieuse. Son parfum, doux et enivrant, l’enveloppait, l’étourdissait. Elle pressait son corps contre le sien, ses lèvres caressaient sa peau avec une lenteur exaspérante.Il savait qu’il devait s’arrêter. Mais il n’en avait plus envie.Quand elle le regarda, il vit une lueur troublante dans ses yeux, quelque chose d’indéchiffrable. Mais son désir était plus fort que ses doutes.Alors il céda.Il attrapa son visage, captura ses lèvres avec urgence, savourant la douceur enivrante de sa bouche. Il sentit Elena frémir sous son étreinte, et cela l’incita à approfondir leur baiser. Il était perdu. Mais pour la première fois… il accepta de s’y abandonner.Enfin. Il cédait. Elle l’avait brisé, affaibli, éloigné de son rô
57: la Distraction d'ElenaElena savait que le temps lui était compté. Plus Aeron et ses hommes fouillaient, plus ils risquaient de remonter jusqu'à elle. Elle devait les détourner de leur objectif, semer le doute, les ralentir.Elle prit une profonde inspiration et s’approcha d’Aeron avec un sourire innocent.— "Aeron…" dit-elle d’une voix douce et apaisante, posant légèrement une main sur son bras. "Tu es si tendu… tu ne peux pas accuser quelqu’un sans preuve. Peut-être que cette vieille femme est simplement partie vivre ailleurs ?"Aeron la regarda, son regard perçant, mais il n’eut pas le temps de répondre.Elena se tourna alors vers les autres sorcières.— "Et vous, vous dites ne pas l’avoir vue depuis longtemps… Mais comment pouvez-vous être sûres qu’elle est coupable ? Peut-être qu’elle est simplement morte quelque part ?"Les sorcières se regardèrent entre elles, certaines hochant la tête.— "C’est vrai… elle était déjà vieille, après tout." murmura l’une d’elles.Elena sentit
56: Aeron se tenait devant le médecin de la meute, les bras croisés, le regard sombre. Le fléau avait enfin une origine : l’eau de la rivière.— "Tu es sûr de ton diagnostic ?" demanda-t-il d’une voix froide.Le médecin hocha la tête avec gravité.— "Oui, Alpha. J’ai examiné plusieurs malades, et tous ont un point commun : ils ont bu de l’eau directement de la rivière ces derniers jours. Ceux qui n’en ont pas consommé ne présentent aucun symptôme."Aeron sentit la colère monter en lui. La rivière était leur source principale d’eau ! Qui avait osé souiller un bien aussi précieux ?— "Que devons-nous faire pour stopper cette contamination ?"Le médecin inspira profondément avant de répondre :— "D’abord, il faut interdire formellement l’accès à l’eau de la rivière. Tous les membres de la meute doivent cesser de l’utiliser immédiatement. L’eau contaminée ne doit ni être bue, ni utilisée pour la cuisine ou les soins."Aeron se tourna vers un de ses lieutenants, le regard brûlant d’autori
55: Le Fléau InvisibleLes jours s’étaient écoulés dans un calme trompeur. Mais ce matin-là, une tension inhabituelle flottait dans l’air.Aeron était dans sa cabane, assis à son bureau, relisant les derniers rapports des patrouilles, lorsque des bruits de pas précipités résonnèrent à l’extérieur.— "Alpha ! Alpha !"La voix inquiète d’un des guerriers de la meute fit froncer les sourcils à Aeron. Il se redressa immédiatement et ouvrit la porte d’un geste brusque.Devant lui, un jeune loup, essoufflé et le regard affolé, peinait à reprendre son souffle. De la sueur perlait sur son front.— "Que se passe-t-il ?" demanda Aeron d’une voix ferme.Le loup déglutit, posant ses mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle avant de lever des yeux paniqués vers son Alpha.— "C’est… c’est une épidémie, Alpha ! Les loups tombent malades ! Beaucoup ont déjà perdu leurs forces, certains ne peuvent plus se lever… C’est comme si leur énergie leur était arrachée !"Un frisson glacial parcourut le