CHAPITRE 7 : La tendresse
Kael avançait dans la nuit silencieuse, ses pas à peine audibles sur le sol humide de la forêt qui bordait le territoire de la meute. L’ombre des arbres projetait des formes inquiétantes sous la lueur blafarde de la lune, mais il n’en avait cure. Son esprit était ailleurs, tiraillé entre le danger imminent et l’envie irrépressible de la retrouver.
Son cœur battait fort, non pas de peur, mais d’une fébrilité qu’il refusait d’admettre. Lyra. Elle était là, à quelques mètres de lui, cachée derrière ces murs, et il brûlait de la voir.
Il s’était promis de ne pas s’attacher. Il savait que leur histoire était vouée à l’échec, que son père n’accepterait jamais une étrangère au sein de la meute, encore moins une femme promise à un autre. Mais chaque nuit, il se retrouvait irrésistiblement attiré vers elle, incapable de rester loin trop longtemps.
Arrivé devant la cabane où il l’avait installée, il jeta un dernier regard autour de lui, s’assurant que personne ne l’avait suivi. Puis, avec une agilité féline, il escalada le rebord de la fenêtre et se faufila à l’intérieur.
Lyra était assise sur le lit, une couverture fine remontée sur ses jambes repliées. Lorsqu’elle le vit, elle sursauta légèrement avant de soupirer de soulagement.
— Kael… murmura-t-elle.
Son regard noisette était voilé d’inquiétude. Il le vit tout de suite.
Il referma la fenêtre derrière lui et s’approcha lentement, s’asseyant au bord du lit, son regard plongé dans le sien.
— Darius est venu ce soir.
Elle se figea instantanément, ses doigts crispant le tissu de la couverture.
— Quoi ? Sa voix était tremblante.
— Il est venu voir mon père. Il a dit qu’il te cherchait, qu’il savait que tu étais ici.
Elle secoua la tête, la panique traversant son visage.
— Non… Non, il ne peut pas… Il ne doit pas me retrouver…
Kael tendit la main et posa doucement ses doigts sous son menton, la forçant à le regarder.
— Il ne te trouvera pas. Je ne le laisserai pas faire.
Ses yeux brûlaient d’une intensité qui fit frissonner Lyra.
— Mais si ton père découvre que je suis ici…
— Il ne le découvrira pas.
Il laissa sa main glisser le long de sa joue, effleurant sa peau douce.
— Tant que je serai là, personne ne te touchera.
Elle le fixait, ses lèvres entrouvertes, partagée entre la peur et quelque chose d’autre… Une émotion qu’elle n’osait pas nommer.
Kael sentit son propre souffle s’accélérer. Il savait qu’il jouait avec le feu, qu’il était en train de briser toutes les règles de la meute.
Mais en cet instant précis, il s’en fichait.
Tout ce qui comptait, c’était elle.
Un silence pesant s'installa entre eux, seulement troublé par leur respiration saccadée. Kael pouvait sentir la chaleur de Lyra, son parfum délicat, un mélange de fleurs sauvages et de quelque chose de plus enivrant, plus dangereux.
Elle ne bougeait pas, mais son regard parlait pour elle. Une flamme y dansait, une audace mêlée d’hésitation, comme si elle luttait contre une envie irrépressible.
Puis, lentement, Lyra se rapprocha.
— Kael… souffla-t-elle, sa voix à peine plus qu’un murmure.
Ses doigts glissèrent sur le col de sa chemise, effleurant la peau brûlante de son cou. Il tressaillit sous ce contact, sentant un frisson courir le long de son échine. Il aurait dû reculer, lui rappeler que c'était une folie, mais il en était incapable.
Son regard descendit jusqu'aux lèvres de Lyra, légèrement entrouvertes, tentantes. Elle savait ce qu’elle faisait. Elle jouait avec le feu, et il était en train d’y plonger tête la première.
— Tu devrais arrêter… murmura-t-il, la gorge nouée.
Mais elle ne l’écouta pas.
Elle se hissa un peu plus près, son souffle effleurant le sien, et sa main descendit sur son torse, traçant une ligne brûlante sur sa peau tendue.
Kael sentit son contrôle vaciller. Son corps entier était tendu, électrisé par cette proximité. Lorsqu’elle effleura sa joue du bout des doigts, il ferma les yeux un instant, savourant cette caresse, avant de les rouvrir avec une intensité qui fit frémir Lyra.
Puis, dans un élan irrépressible, il l'attrapa par la taille et l'attira contre lui.
Leurs lèvres se frôlèrent d’abord, hésitantes, comme si chacun testait les limites de l’autre. Puis, soudain, la retenue vola en éclats.
Kael s’empara de sa bouche avec une passion dévorante, un baiser affamé, urgent, comme s’il avait attendu ce moment depuis trop longtemps. Lyra répondit avec la même ardeur, ses mains se perdant dans ses cheveux, se pressant davantage contre lui.
Un gémissement s’échappa de ses lèvres lorsqu’il la serra plus fort, ses doigts s’ancrant à ses hanches. Il pouvait sentir son cœur battre aussi vite que le sien, une symphonie de désir et de danger entremêlés.
Ils étaient en train de franchir une limite qu’ils ne pourraient plus ignorer.
Mais à cet instant précis, plus rien d’autre ne comptait.
Kael sentit son souffle s’accélérer alors que Lyra s’approchait encore, réduisant le mince espace qui les séparait. Ses yeux, profonds et brûlants, s’accrochaient aux siens, un mélange de défi et d’envie y dansant dangereusement.
Il pouvait sentir la chaleur de son corps, son parfum ensorcelant l’enveloppant, envoûtant chacun de ses sens. Son cœur battait si fort qu’il avait l’impression qu’elle pouvait l’entendre. Il savait qu’il devait se retenir, qu’il ne devait pas céder à cette attraction qui menaçait de tout emporter sur son passage… mais Lyra ne lui laissait pas le choix.
Ses doigts, fins et tremblants, effleurèrent lentement le tissu de sa chemise, suivant les lignes de son torse avec une douceur qui le rendait fou. Kael frissonna sous cette caresse presque innocente, mais le regard brûlant de Lyra lui disait qu’elle savait exactement ce qu’elle faisait.
— Tu me rends fou… murmura-t-il d’une voix rauque.
Lyra eut un sourire espiègle, mais dans ses yeux brillait une lueur bien plus intense, bien plus dangereuse.
— Alors, ne lutte plus… chuchota-t-elle en glissant ses bras autour de sa nuque.
Kael sentit son dernier rempart de raison s’effondrer. Il l’attira brutalement contre lui, écrasant son corps contre le sien, sentant ses courbes épouser parfaitement sa silhouette. Un gémissement étouffé s’échappa des lèvres de Lyra lorsqu’elle sentit toute la tension qui émanait de lui.
Leur premier baiser fut une simple provocation, une caresse hésitante, comme s’ils testaient leurs limites… mais à peine leurs lèvres s’étaient-elles touchées que le feu les consuma.
Kael s’empara de sa bouche avec une faim dévorante, son baiser à la fois possessif et désespéré. Il voulait la sentir, la goûter, s’imprégner d’elle. Lyra répondit avec la même passion, ses doigts s’agrippant à sa nuque tandis qu’elle se pressait davantage contre lui.
Elle gémit contre ses lèvres lorsque Kael descendit le long de sa mâchoire, embrassant sa peau brûlante, s’attardant sur la courbe délicate de son cou. Il sentait son souffle erratique, son corps qui frémissait sous ses caresses.
— Kael... soupira-t-elle, sa voix tremblante d’envie.
Ce simple son suffit à enflammer le désir déjà brûlant dans ses veines.
Il la souleva légèrement, la faisant basculer contre le mur dans un mouvement fluide, dominant chaque parcelle d’espace entre eux. Lyra se laissa faire, s’accrochant à lui comme si elle avait toujours appartenu à ses bras.
Leurs baisers devinrent plus profonds, plus avides. Les mains de Kael glissèrent sur ses hanches, effleurant sa peau brûlante sous le tissu fin de sa robe. Elle frissonna, s’arc-boutant contre lui, cherchant davantage de contact, davantage de sensations.
— Dis-moi d’arrêter… grogna-t-il contre sa peau, sa respiration haletante.
Mais Lyra ne voulait pas qu’il arrête.
Elle le regarda droit dans les yeux, ses joues rougies par l’envie et l’émotion. Ses doigts caressèrent sa mâchoire tendue, avant de glisser sur son torse en une caresse brûlante.
— Je ne te dirai jamais d’arrêter… répondit-elle avec un sourire félin.
Kael grogna, ses lèvres retrouvant les siennes dans un baiser encore plus fiévreux. Il savait qu’il était en train de franchir un point de non-retour, qu’il risquait bien plus qu’il ne pouvait l’admettre…
Mais à cet instant précis, il s’en fichait.
Tout ce qui comptait, c’était elle.
Chapitre 8 : l'attraction inévitable La lumière du matin filtrant à travers les rideaux baignait la chambre de Kael d’une douce lueur dorée. Il était allongé sur son lit, torse nu, une main sous sa tête, l’autre posée distraitement sur son torse. Ses pensées dérivaient inlassablement vers Lyra, vers la brûlure de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son corps pressé contre lui, ce frisson indescriptible qui l’avait envahi lorsqu’elle avait murmuré qu’elle ne lui dirait jamais d’arrêter… Kael expira lentement, ses lèvres s’étirant en un sourire fugace. Il pouvait encore sentir son parfum sur sa peau, une fragrance enivrante qui lui rappelait la forêt après la pluie. Mais son moment de rêverie fut brutalement interrompu par un coup sec à la porte, suivi d’un claquement puissant.— Kael ! La voix grave et autoritaire de son père résonna dans la pièce avant même qu’il n’ait eu le temps de réagir. L’Alpha se tenait dans l’embrasure de la porte, le regard perçant et les bras cro
hapitre 9 : Un Ultimatum ImplacableDarius pénétra dans la demeure du père de Lyra avec une colère froide. Ses yeux brillaient d’une détermination implacable, et son aura imposante fit frémir les membres de la meute réunis dans la pièce. Le père de Lyra se leva brusquement, visiblement tendu. Il savait que cet homme ne lâcherait pas l’affaire facilement. — "Je suis venu vous prévenir une dernière fois,"déclara Darius, croisant les bras sur sa poitrine massive. "Je retrouverai Lyra, peu importe où elle se cache. Mais si par malheur elle m’échappe… alors je prendrai sa sœur à sa place."Un silence pesant s’installa. La mère de Lyra porta une main tremblante à sa bouche, tandis que la sœur de Lyra, assise à l’écart, serra les poings. — "Tu n’as pas ce droit !" s’indigna-t-elle, les yeux remplis de rage. Darius tourna lentement la tête vers elle, un sourire cruel au coin des lèvres. — "Oh si, j’ai ce droit. Ton père me doit une somme colossale, et c’est lui qui m’a promis Lyra e
apitre 10 : La danse des loups La nuit s’étendait sur la meute, baignant les terres d’un voile argenté. Le vent tiède caressait doucement les arbres, portant avec lui l’odeur de la forêt et le parfum sucré des fleurs sauvages. Kael et Lyra s’étaient éloignés du village, cherchant un moment loin des regards indiscrets. Ils marchaient lentement à travers la clairière, le silence entre eux chargé d’une tension douce, presque électrique. — "Tu sembles pensive,"murmura Kael en glissant un regard vers elle. Lyra, qui observait le ciel parsemé d’étoiles, tourna la tête vers lui, un sourire à peine esquissé sur ses lèvres.— "Je pensais simplement…" Elle hésita, baissant les yeux sur le sol. "À quel point ma vie a changé en si peu de temps."Kael s’arrêta, posant une main sur son poignet avec une douceur insoupçonnée. — "Regrettes-tu d’être ici ?" demanda-t-il, une lueur d’inquiétude traversant ses yeux sombres.Lyra secoua la tête lentement. — "Non… Je n’ai jamais ressenti une tel
pitre 11 : La découverte Kael et Lyra marchaient côte à côte, leurs pas synchronisés, leurs souffles tranquilles après une journée passée ensemble, loin des regards inquisiteurs de la meute. L’air nocturne portait encore l’écho lointain de leurs rires, mais Kael restait sur ses gardes, comme toujours. Son instinct ne s’éteignait jamais totalement. À quelques mètres d’eux, caché derrière un tronc noueux, un serviteur de la meute de son père les observait en silence. Au départ, il ne s’était pas méfié, mais en distinguant la silhouette féminine aux côtés de l’Alpha, un doute s’était insinué en lui. Qui était cette femme ?Il plissa les yeux, détaillant la jeune femme.Sa chevelure n’avait rien de familier, son odeur non plus. Elle n’était pas de la meute.Son cœur s’emballa. Avait-il découvert quelque chose d’important ? Il recula lentement, prêt à s’éloigner et à avertir son maître, mais son pied heurta un vieux bâton sec qui se brisa avec un craquement sonore.Kael s’arrêta net.
pitre 12 : La trahison du serviteurDans l’ombre du grand hall du manoir de la meute, un serviteur patientait, le visage crispé, hésitant à parler. Face à lui, l’Alpha – le père de Kael – était assis sur un large fauteuil de cuir, observant l’homme avec un regard perçant. — Tu voulais me voir ? demanda-t-il, sa voix grave résonnant dans la pièce silencieuse. Le serviteur ravala sa salive avant d’acquiescer. Il savait que ce qu’il s’apprêtait à dire pourrait provoquer un véritable tumulte. — Je… J’ai vu quelque chose, Alpha. Quelque chose d’important. L’Alpha fronça les sourcils. — Parle. Le serviteur prit une profonde inspiration, jetant un regard rapide autour de lui avant de se pencher légèrement en avant. — C’est à propos de votre fils, Kael.Le silence qui suivit fut glacial. L’Alpha ne broncha pas, mais un éclat d’intérêt brilla dans ses yeux. — Qu’a-t-il fait ? Le serviteur hésita une seconde de plus, puis se lança : — Hier soir, je l’ai surpris dans la forêt…
apitre 13 : Maison des Alphas – Tard dans la nuitLe silence pesant de la demeure était uniquement troublé par le crépitement du feu dans l’âtre. L’Alpha, assis sur son grand fauteuil de cuir, fixait les flammes d’un regard sombre, une coupe d’hydromel à la main. Son épouse, debout près de lui, bras croisés sur sa poitrine, le scrutait avec inquiétude. — Il est sérieux, murmura-t-elle finalement, rompant le silence. Kael ne plaisante pas avec cette fille. L’Alpha serra les dents. Il était encore secoué par l’affront de son fils. Jamais Kael n’avait osé défier son autorité de la sorte. — Il est aveuglé, grogna-t-il. Cette fille… c’est une étrangère, et pire encore, c’est la femme de Darius. — Elle ne l’est pas encore, rétorqua la mère avec douceur. L’Alpha tourna vers elle un regard dur. — Ça ne change rien. Il est hors de question qu’il la prenne pour épouse. Tu sais ce que cela signifie. Il ne peut pas l’avoir, pas elle. — Et si c’était elle qu’il voulait vraiment ? sou
pitre 14 : Une extase Alors qu’elle était perdue dans ses pensées, Kael prit une profonde inspiration et rompit le silence. — Mon père est déjà au courant que je te cache. Le cœur de Lyra rata un battement. Elle releva brusquement la tête. — Quoi ? Comment il l’a su ? Kael serra les poings, son regard se durcissant. — L’homme qui nous a vus dans la forêt l’autre fois. Il est allé tout lui dire. Lyra sentit un frisson glacé parcourir son dos. Elle se redressa légèrement, comme si elle venait de recevoir un coup invisible. — Et… il a réagi comment ? demanda-t-elle d’une voix tremblante, même si elle connaissait déjà la réponse. Kael détourna légèrement les yeux, son visage se fermant sous la tension. — Il est contre notre union. Il refuse catégoriquement que je sois avec une femme qui n’est pas de notre meute. Un silence pesant s’installa dans la pièce. Lyra sentit son cœur se briser un peu plus. Elle baissa la tête, serrant ses bras autour d’elle comme pour se pr
Chapitre 15 : La Chambre du Conseil de la Meute - La Tension MonteKael était assis à la table du conseil, les mains entrelacées sur la surface en bois sombre. Autour de lui, les membres les plus influents de la meute étaient réunis. Leurs regards étaient froids et méfiants, chacun d'eux se demandant ce que la décision de Kael allait signifier pour l’avenir de la meute."Nous ne pouvons pas accepter ça, Kael," dit Roderic, un vieux membre du conseil, sa voix gravement posée. "Tu mets en péril l'intégrité de la meute en envisageant une union avec une étrangère, quelqu'un qui n'est pas de notre sang. Tu penses à l’amour, mais qu'en est-il de l'héritage, de la survie de notre lignée ?"Kael serra les poings sous la table, sentant la pression monter dans son ventre. Son regard se durcit alors qu'il répondait, la voix calme mais empreinte de détermination : "Lyra n’est pas simplement une étrangère. Elle a prouvé son courage, sa loyauté. Elle n’est pas un danger pour la meute. Ce qui la men
La tension dans l’air était presque tangible, une pression croissante que personne ne pouvait ignorer. Aeron se tenait là, les poings serrés, son regard fixe sur Elena, mais quelque chose dans l’atmosphère avait changé. La sorcière, bien qu’ayant été repoussée momentanément, ne semblait pas prête à se rendre.Elle se redressa, ses lèvres légèrement pincées, un éclat malicieux brillant toujours dans ses yeux. Mais cette fois, il y avait un éclat d’incertitude derrière cette confiance apparente. Il savait qu'elle ressentait la menace, la pression qui s’exerçait contre elle. Elena n’avait pas prévu qu’Aeron puisse se libérer aussi rapidement de son emprise, ni qu’il puisse user de sa propre force de volonté pour repousser son contrôle magique. Il lui manquait de plus en plus de ses certitudes.— Tu es plus fort que ce que je pensais, dit-elle, la voix un peu plus rauque, presque souriante. Mais cela ne changera rien. Tu n’as pas encore tout vu, Aeron.Elle leva une main, et une aura somb
Aeron se réveilla dans un tourbillon de confusion. Il cligna des yeux, cherchant à rassembler ses pensées, mais tout était flou. Une sensation étrange, presque lourde, pesait sur son esprit, comme si des brumes épaisses l'empêchaient de voir clairement. Il avait la tête qui tournait, et ses muscles semblaient aussi paralysés, comme s’il avait été privé de son énergie.Il regarda autour de lui, et son regard se fixa sur Elena, qui se tenait à quelques pas de lui, silencieuse, les bras croisés. Elle ne le regardait pas directement, mais il sentait son attention, sa présence omniprésente, comme une pression constante sur ses épaules.— Qu'est-ce que tu m'as fait ? murmura Aeron, sa voix rauque, tremblante.Elena tourna lentement la tête vers lui, ses yeux brillants d'une lueur étrange, presque inquiétante. Il n’avait jamais vu ce regard auparavant. Ce n'était pas de la tendresse, ni de l’amour. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de plus sombre, plus calculé.— Ce que je t'ai fa
Aeron se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Son corps était en sueur, son esprit embrouillé par des images floues qui s’imposaient à lui sans prévenir. Des voix qu’il ne reconnaissait pas résonnaient dans sa tête, des murmures insistants, des avertissements... Il n’arrivait pas à les comprendre totalement, mais une chose était claire : quelque chose n’allait pas.Elena était allongée à côté de lui, paisible, sa peau nue frissonnant légèrement sous les draps. Elle semblait profondément endormie, mais Aeron sentait une énergie étrange autour d’elle. Une sensation qu’il ne parvenait pas à expliquer.Il se redressa lentement, cherchant à calmer le chaos dans son esprit. Mais aussitôt, une main douce mais ferme attrapa son poignet.— Où vas-tu ? murmura Elena d’une voix ensommeillée, mais où perçait une note de contrôle subtile.Aeron hésita, ses yeux cherchant une réponse qu’il ne trouvait pas.— J’ai besoin d’air, répondit-il finalement.Elena se redressa légèrement, ses long
Aeron se redressa brusquement, le souffle court. Une chaleur étrange lui embrasait le corps, mais son esprit, lui, était assombri par le doute. Depuis plusieurs jours, il se sentait étrange en présence d’Elena, comme si un voile occultait sa raison. Il l’adorait, la désirait avec une intensité presque surnaturelle, mais quelque chose sonnait faux.Il ferma les yeux, cherchant à reprendre le contrôle. Des images floues se succédaient dans son esprit : un murmure indistinct, une lumière verte vacillante, un ricanement lointain. Puis, une scène qu’il ne reconnaissait pas, mais qui lui paraissait si réelle. Il voyait Elena, non pas telle qu’il la connaissait, mais sous une forme différente. Plus âgée, plus sombre. Il ouvrit brutalement les yeux, son cœur battant violemment dans sa poitrine.Elena était là, près de lui, une expression d’inquiétude sur son visage parfait. « Que t’arrive-t-il, mon amour ? Tu es pâle... » Sa voix était douce, envoûtante, un baume sur ses doutes. Mais cette do
Dans l’ombre de la nuit, alors qu’Aeron dormait profondément, Elena se tenait à ses côtés, son regard brûlant d’un mélange d’avidité et de détermination. Son plan avançait parfaitement : elle l’avait séduit, elle l’avait troublé, et maintenant, elle allait le posséder complètement. Mais pas comme une simple amante. Non… Il allait devenir son pantin, soumis à sa volonté, incapable de penser sans elle.Elle sortit d’une petite bourse de cuir un flacon contenant un liquide noir et visqueux. Avec une lenteur calculée, elle trempa deux doigts dans la substance et traça des symboles anciens sur le torse puissant d’Aeron. Les runes sombres luisaient faiblement sous la lueur de la lune, pulsant au rythme de son incantation murmurée.« Tu seras mien, Aeron… Mon Alpha… Mon esclave… » souffla-t-elle en fermant les yeux, laissant la magie couler à travers elle.Les marques s’enfoncèrent dans la peau du loup endormi, disparaissant comme si elles avaient été absorbées. Son corps se tendit un instan
58: Il avait résisté. Au début. Il savait que ce n’était ni le lieu ni le moment. Sa meute souffrait. Des loups mouraient. Il devait trouver une solution, agir en tant qu’Alpha. Mais Elena…Ses mains étaient chaudes, expertes, et glissaient sur sa peau comme une promesse silencieuse. Son parfum, doux et enivrant, l’enveloppait, l’étourdissait. Elle pressait son corps contre le sien, ses lèvres caressaient sa peau avec une lenteur exaspérante.Il savait qu’il devait s’arrêter. Mais il n’en avait plus envie.Quand elle le regarda, il vit une lueur troublante dans ses yeux, quelque chose d’indéchiffrable. Mais son désir était plus fort que ses doutes.Alors il céda.Il attrapa son visage, captura ses lèvres avec urgence, savourant la douceur enivrante de sa bouche. Il sentit Elena frémir sous son étreinte, et cela l’incita à approfondir leur baiser. Il était perdu. Mais pour la première fois… il accepta de s’y abandonner.Enfin. Il cédait. Elle l’avait brisé, affaibli, éloigné de son rô
57: la Distraction d'ElenaElena savait que le temps lui était compté. Plus Aeron et ses hommes fouillaient, plus ils risquaient de remonter jusqu'à elle. Elle devait les détourner de leur objectif, semer le doute, les ralentir.Elle prit une profonde inspiration et s’approcha d’Aeron avec un sourire innocent.— "Aeron…" dit-elle d’une voix douce et apaisante, posant légèrement une main sur son bras. "Tu es si tendu… tu ne peux pas accuser quelqu’un sans preuve. Peut-être que cette vieille femme est simplement partie vivre ailleurs ?"Aeron la regarda, son regard perçant, mais il n’eut pas le temps de répondre.Elena se tourna alors vers les autres sorcières.— "Et vous, vous dites ne pas l’avoir vue depuis longtemps… Mais comment pouvez-vous être sûres qu’elle est coupable ? Peut-être qu’elle est simplement morte quelque part ?"Les sorcières se regardèrent entre elles, certaines hochant la tête.— "C’est vrai… elle était déjà vieille, après tout." murmura l’une d’elles.Elena sentit
56: Aeron se tenait devant le médecin de la meute, les bras croisés, le regard sombre. Le fléau avait enfin une origine : l’eau de la rivière.— "Tu es sûr de ton diagnostic ?" demanda-t-il d’une voix froide.Le médecin hocha la tête avec gravité.— "Oui, Alpha. J’ai examiné plusieurs malades, et tous ont un point commun : ils ont bu de l’eau directement de la rivière ces derniers jours. Ceux qui n’en ont pas consommé ne présentent aucun symptôme."Aeron sentit la colère monter en lui. La rivière était leur source principale d’eau ! Qui avait osé souiller un bien aussi précieux ?— "Que devons-nous faire pour stopper cette contamination ?"Le médecin inspira profondément avant de répondre :— "D’abord, il faut interdire formellement l’accès à l’eau de la rivière. Tous les membres de la meute doivent cesser de l’utiliser immédiatement. L’eau contaminée ne doit ni être bue, ni utilisée pour la cuisine ou les soins."Aeron se tourna vers un de ses lieutenants, le regard brûlant d’autori
55: Le Fléau InvisibleLes jours s’étaient écoulés dans un calme trompeur. Mais ce matin-là, une tension inhabituelle flottait dans l’air.Aeron était dans sa cabane, assis à son bureau, relisant les derniers rapports des patrouilles, lorsque des bruits de pas précipités résonnèrent à l’extérieur.— "Alpha ! Alpha !"La voix inquiète d’un des guerriers de la meute fit froncer les sourcils à Aeron. Il se redressa immédiatement et ouvrit la porte d’un geste brusque.Devant lui, un jeune loup, essoufflé et le regard affolé, peinait à reprendre son souffle. De la sueur perlait sur son front.— "Que se passe-t-il ?" demanda Aeron d’une voix ferme.Le loup déglutit, posant ses mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle avant de lever des yeux paniqués vers son Alpha.— "C’est… c’est une épidémie, Alpha ! Les loups tombent malades ! Beaucoup ont déjà perdu leurs forces, certains ne peuvent plus se lever… C’est comme si leur énergie leur était arrachée !"Un frisson glacial parcourut le