Gabriel12h00 – Le Moment de VéritéNous avançons rapidement, sans perdre une seconde. Chaque pas nous rapproche du cœur de l’empire d’Elena, mais plus j’en apprends, plus je réalise que rien n’est ce qu’il semble être. Elena a pris tout ce que Dominic avait construit et l’a perverti en quelque chose de bien plus dangereux. Son empire ne repose pas seulement sur l’argent ou le pouvoir—il est fondé sur le contrôle. Et le contrôle est une monnaie qui ne vient jamais sans conséquences.L’entrepôt est étrangement silencieux, à l’exception du bruit de nos bottes sur le sol en béton. Elena n’a pas bougé depuis que nous avons pénétré dans le bâtiment. Pourtant, je sens son regard sur nous, pesant, oppressant, comme une ombre qui s’accroche à chacun de nos pas.Nous progressons à travers les couloirs, prudemment, méthodiquement, jusqu’à atteindre une grande porte en acier au fond du corridor. C’est ici. La pièce où tout doit se terminer. Où le jeu d’Elena arrive à son dernier chapitre.Luca m
Gabriel---14h00 – Les séquellesL’air est différent maintenant. La tempête, la tension, le poids constant qui pesait sur nous—tout s’est envolé, ne serait-ce que pour un instant. Elena est partie. Le combat est terminé. L’empire qu’elle avait bâti s’est effondré, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression de pouvoir enfin respirer.Mais à mesure que l’adrénaline retombe, un vide insidieux s’installe à sa place. Mon regard balaie la pièce, mon esprit tentant encore de comprendre tout ce qui vient de se passer. Il y a un silence à présent, presque assourdissant après le chaos. Un silence qui semble être un rappel moqueur de tout ce que nous avons perdu.Nico et Luca se tiennent à quelques mètres, les yeux fixés sur le corps inerte d’Elena. Je peux voir le soulagement dans leur regard, mais il y a autre chose aussi—une méfiance persistante, comme s’ils n’étaient pas totalement convaincus que tout est vraiment fini.Mon regard glisse vers l’écran brisé, les éclats de v
Gabriel---7h00 – Un nouveau jourLa lumière du matin filtre à travers les rideaux, projetant une lueur douce sur la pièce. Je me réveille au son des oiseaux chantant à l'extérieur, leurs cris brisant le silence laissé par les événements des derniers jours. Le poids qui pesait sur mes épaules semble un peu plus léger aujourd’hui, mais il n’a pas disparu. Il ne disparaît jamais, n’est-ce pas ?Je me tourne vers Alba, encore endormie à côté de moi. Sa poitrine se soulève et s’abaisse au rythme régulier d’un sommeil paisible, son visage détendu, sans défense. Pendant un instant, je me contente de l’observer, savourant le calme, l’immobilité. C’est difficile de croire que nous avons réussi à arriver jusqu’ici, mais nous sommes là. Toujours vivants, toujours debout.Je sais que ça ne durera pas. Rien ne dure jamais. Mais pour l’instant, je me contente de ça.Je me lève doucement pour ne pas la réveiller et me dirige vers la petite cuisine. Je mets la cafetière en marche, préparant deux ta
Gabriel6h00 – Menaces invisiblesJe me réveille en sueur, hanté par les restes d’un cauchemar qui s’accroche à moi comme une seconde peau. Les images sont encore nettes—le visage d’Alba, ses yeux écarquillés de peur, la sensation d’une lame contre sa gorge. L’angoisse me serre la poitrine, mais je la repousse d’un battement de cils. Il faut que je me lève. La pièce est silencieuse, trop calme, et l’air semble chargé d’une tension invisible. Je tourne la tête vers le réveil—6h00. Il est encore tôt, mais je sais déjà que je ne me rendormirai pas. Une longue journée nous attend, et je dois être prêt.Alba dort toujours à côté de moi, le dos tourné, son souffle lent et paisible. Pendant un instant, je la contemple. Ses traits détendus, sa respiration régulière—cette sérénité qui me rappelle tout ce pour quoi je me bats.Mais je ne peux pas me permettre de baisser ma garde. Je n’ai pas ce luxe.Je me lève et me dirige vers la fenêtre. La ville s’étire devant moi, encore engourdie de somme
Gabriel---2h00 – Une Danse avec la MortLe monde ralentit au moment où le premier coup de feu retentit. Le sifflement de la balle transperce l’air avant que je ne ressente la morsure brûlante de son passage à travers ma veste. L’impact me fait basculer en arrière, mais je ne m’arrête pas. Je plonge à couvert, agrippant Luca et Nico pour les entraîner avec moi. Mon cœur bat à tout rompre, l’adrénaline déferle dans mes veines alors que le chaos se déchaîne autour de nous.Les détonations éclatent dans la nuit, brisant le silence des rues désertes, résonnant contre les façades des immeubles. Le vacarme est assourdissant. Impossible de dire d’où viennent les tirs, qui tire, combien ils sont. Mais une seule certitude s’impose : nous ne sommes pas seuls.— On s’est fait piéger, je murmure, la mâchoire serrée, ma voix à peine audible sous le fracas des balles.Luca et Nico échangent un regard avant d’hocher la tête. Il n’y a plus de doute : c’est une embuscade. Et nous sommes tombés droit
Gabriel5 h 30 – Face à faceLa voiture s'arrête net. Les pneus crissent sur l’asphalte mouillé, l’odeur du caoutchouc brûlé se mêlant à l’humidité de l’aube. Devant nous, une silhouette se découpe sous la lueur tremblotante des phares. Adriano. Immobile, il nous attend, un sourire suffisant accroché aux lèvres. Son assurance est intacte, comme si toute cette traque, ces morts, ces batailles, ne l’avaient jamais réellement atteint.Nico et Luca sortent en même temps que moi, leurs armes en main, mais aucun de nous ne parle. Il n’y a rien à dire. Tout nous a menés à cet instant précis. C’est la fin du jeu.Adriano me fixe, et je ressens cette étrange impression d’inéluctable. Comme si nous avions toujours su que ça se terminerait ainsi. Nous avons trop de sang sur les mains, trop d’histoires entremêlées pour que l’un de nous puisse simplement disparaître sans que l’autre ne soit là pour le voir.— Tu es en retard, lâche-t-il d’une voix tranquille, presque amusée. Je commençais à croire
Gabriel6h30 – Le véritable ennemiJe retire ma main du cou d’Adriano, la confusion et la fureur bouillonnant en moi. Il est toujours allongé sur le sol, un sourire suffisant aux lèvres, et je n’arrive pas à me débarrasser de cette sensation d’avoir été manipulé. Nico se tient non loin, son regard acéré et concentré, mais l’air est chargé d’une tension indescriptible.Le rire d’Adriano tranche le silence comme une lame.— Tu croyais vraiment être le seul à jouer à ce jeu, Gabriel ? Tu es un pion depuis si longtemps que tu ne te rends même pas compte que les pièces ont changé.Je n’arrive plus à respirer. Mon esprit tourne à toute vitesse, tentant d’assimiler ses paroles. Les pièces ont changé.Je me redresse, les jambes faibles, mais la détermination plus forte que jamais.— Dis-moi de quoi tu parles.Adriano se redresse lentement, époussetant ses vêtements comme si de rien n’était. Il affiche toujours ce sourire agaçant, et je suis à deux doigts de lui coller un autre coup, mais Nico
Gabriel---8h30 – L’orage se lèveLa vérité est comme une maladie en moi, se répandant plus vite que je ne peux la contenir. J’essaie de chasser ces pensées de mon esprit, mais elles reviennent sans cesse, griffant ma conscience, exigeant mon attention. La trahison de Nico est un poids dont je ne parviens pas à me défaire. Ce n’est pas seulement son implication avec Adriano, c’est tout ce qu’il m’a caché, tout ce qu’il m’a laissé ignorer pendant trop longtemps.Je ressens un dégoût amer, mais au-delà de la trahison, c’est une autre peur qui me hante : et si tout ce pour quoi je me suis battu n’avait été qu’un mensonge ?Je ne sais pas combien de temps je marche avant de m’arrêter, le souffle court. Je ne sais plus où aller, ni à qui faire confiance. Mon esprit tourne en boucle sur tout ce que je croyais savoir. Les mots de Nico résonnent encore : Il n’y a pas de choix faciles. Mais je ne veux pas de facilité. Je veux la loyauté. Je veux la vérité.Et en ce moment, tout ce que je croy
Gabriel22h00 – Le poids de l’éternitéLe ciel est sombre, une couverture d’étoiles éparpillées à travers les cieux. La ville s’est calmée, son bourdonnement s’estompe avec les heures qui passent. Tout est paisible, presque trop paisible après tout ce que nous avons traversé. Je suis assis près de la fenêtre avec Alba, sa tête reposant sur mon épaule, nos mains entrelacées. Nous n’avons pas besoin de mots en cet instant ; le simple fait d’être ensemble suffit.Mais je sais que le silence entre nous porte un poids plus grand—quelque chose d’important. Ce soir, c’est comme si le monde retenait son souffle. Comme si tout ce qui nous avait menés ici, à cet instant précis, n’avait été qu’une longue préparation.Alba bouge légèrement, ses doigts effleurant les miens. Je sens son regard peser sur moi avant même de me tourner vers elle. Quand je le fais, ses yeux sont remplis d’une émotion que je peine à identifier—de la douceur, de la vulnérabilité, mais aussi une force tranquille.— « Je ne
Gabriel22h00 – Un instant de répitLa pièce est baignée par la douce lueur de la lune qui filtre à travers les rideaux, projetant des ombres mouvantes sur le sol. Alba est allongée à côté de moi, sa tête posée sur mon torse, sa main traçant de lents cercles sur ma peau. Il y a une tension dans l’air, quelque chose qui s’est accumulé entre nous depuis des jours et qui, maintenant, semble enfin se libérer.Le silence n’est pas vide. Il est chargé de tout ce que nous n’avons pas encore dit, de ces émotions que nous avons trop longtemps redouté d’affronter. Mais ce soir, il n’y a plus de peur. Ce soir, tout semble à sa place.Je tends la main pour repousser une mèche de cheveux derrière son oreille, effleurant sa peau au passage. Elle bouge légèrement, lève les yeux vers moi. Son regard est sombre, empreint d’une intensité que je ne parviens pas à nommer—du désir, de la passion, mais aussi quelque chose de plus fragile, de plus brut.— Je n’aurais jamais cru ressentir ça à nouveau, murmu
Gabriel23 h 30 – Tension SilencieuseLe silence de la nuit nous enveloppe comme un manteau, doux et chaud. Après le dîner, après tous les mots échangés et ceux restés en suspens, il ne reste plus que notre présence. Alba est là, juste à côté de moi. Je sens le léger mouvement de sa respiration, la chaleur de son corps si proche du mien. Nous avons parlé, nous nous sommes confiés, et maintenant… maintenant, la suite semble inévitable.Mais rien n’est précipité. Il n’y a ni urgence, ni pression. Ce n’est pas le besoin qui nous pousse, mais quelque chose de plus profond. Une connexion qui s’est tissée entre nous, silencieuse, mais indéniable. Ce soir n’a rien à voir avec le chaos d’avant. Ce soir parle de ce que nous avons construit, de ce que nous avons trouvé l’un en l’autre, au milieu des ruines.Je baisse les yeux vers elle et, un instant, je vois sa vulnérabilité. Elle ne la cache plus, pas comme avant. Elle s’est ouverte, pas totalement, mais suffisamment pour que je distingue la
Gabriel19h00 – Mise en scèneLa ville s’est calmée, le soleil n’est plus qu’un souvenir lointain alors que la nuit étend son étreinte fraîche sur tout ce qui l’entoure. Le silence est revenu, ce genre d’accalmie qui suit une tempête. La tension dans l’air s’est dissipée, ne laissant qu’un calme presque irréel.J’ai prévu quelque chose pour ce soir. Alba mérite un moment spécial, quelque chose qui soit rien qu’à nous. Après tout ce que nous avons traversé, elle mérite de se sentir… appréciée. Je ne peux pas effacer le passé, mais peut-être que je peux lui offrir une soirée sans le poids du monde sur ses épaules.Je me tiens dans la petite cuisine de l’appartement que nous avons pris pour la nuit, la pièce baignée par la lueur douce des bougies que j’ai disposées. La table est simple—rien d’extravagant—mais suffisamment soignée pour donner de l’importance à ce moment. Une bouteille de vin rouge trône au centre, les verres déjà à moitié remplis, attendant l’instant opportun. Une musique
Gabriel7h00 – Un nouveau jourLa lumière du soleil traverse la fenêtre, projetant de longues ombres dans la pièce. Je suis encore allongé à côté d’Alba, mon bras autour d’elle, sa tête posée sur ma poitrine. La chaleur de son corps contre le mien me semble être une bouée de sauvetage. C’est étrange, à quel point tout a changé en si peu de temps, comment, il y a encore quelques heures, nous n’étions pas sûrs de ce que l’avenir nous réservait. Mais maintenant, sous cette lumière douce du matin, tout semble différent. Comme si nous avions entamé un nouveau chapitre de notre vie, même si nous ignorons encore où il nous mènera.Je ne veux pas bouger. Je ne veux pas troubler cette paix fragile que nous avons trouvée. Mais je sais que nous ne pouvons pas rester ici éternellement. Le monde extérieur nous attend, avec son chaos et son incertitude.Alba remue à côté de moi, sa main pressant légèrement ma poitrine alors qu’elle bouge. Elle n’ouvre pas les yeux, mais ses gestes sont lents, délib
Et quoi qu’il arrive, nous l’affronterons avec la même force qui nous a portés à travers nos jours les plus sombres.Parce que nous ne sommes plus seuls.Et ensemble, nous pouvons tout reconstruire.---1h00 – Un instant de calmeLa pièce est plongée dans l’obscurité, seulement éclairée par la lueur tamisée des lampadaires dehors. La pluie tombe toujours, créant une rythmique apaisante contre la fenêtre. Un calme étrange s’installe, celui qui semble irréel après des semaines de tension et de chaos. Comme un instant suspendu, volé à la réalité.Je suis assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, observant Alba. Elle est installée dans le fauteuil près de la fenêtre, les jambes repliées contre sa poitrine, le regard perdu au-delà des gouttes de pluie. Elle semble fatiguée, pas seulement physiquement, mais profondément épuisée, vidée par tout ce qu’elle a dû traverser. Pourtant, elle reste droite, résiliente, comme si elle refusait de s’effondrer.Je devrais dire quelque chose. Bris
Gabriel22h00 – Le prix de la victoireL’après-coup est silencieux. La tempête est passée, mais la destruction qu’elle a laissée derrière elle est omniprésente. L’entrepôt est un cimetière de caisses brisées, de munitions éparpillées et de taches de sang sur le béton. Il ne reste aucune trace des soldats qui remplissaient ces lieux, seulement les vestiges de leur passage, des rappels du combat que nous venons de mener—et de gagner.Mais la victoire a un prix.Je regarde Alba. Son visage est fatigué mais déterminé, son corps couvert de bleus et d’entailles. Sa main est toujours fermement agrippée à son arme, mais son attitude s’est adoucie. L’adrénaline retombe, ne laissant derrière elle que le poids de tout ce que nous venons d’endurer.Elle croise mon regard et hoche la tête, comme pour confirmer ce que nous savons tous les deux. La bataille est terminée, mais la guerre en nous ne l’est pas. Pas encore.— Tu tiens le coup ? demandé-je, la voix rauque après des heures de lutte.Elle m
Gabriel19h00 – En plein brasierLe chaos nous engloutit. Les coups de feu résonnent dans l’entrepôt, noyant tous les autres sons. Des explosions projettent des éclats de métal et de bois dans les airs, et l’odeur âcre de la fumée et du fer brûlé sature l’atmosphère. Notre monde est devenu un champ de bataille.J’entraîne Alba derrière un pilier d’acier, le sifflement des balles vrillant mes tympans. Elle se déplace avec une précision implacable, son regard perçant scrutant chaque recoin, chaque ombre. Je peux lire la détermination sur son visage. Elle ne se bat pas seulement pour sa survie. Elle se bat pour autre chose. Pour elle-même. Pour nous.Nous sommes allés trop loin pour reculer maintenant.Je croise son regard, mon souffle court sous l’effort.— On doit bouger. Vite.Elle n’a pas besoin de m’entendre pour comprendre. Déjà, elle est debout, arme levée, sondant le couloir devant nous. Je la suis de près, chaque muscle tendu, chaque nerf à vif.L’entrepôt semble se refermer sur
Gabriel18h00 – Au cœur de la batailleLe monde se meut au ralenti. Mes sens sont exacerbés, chaque bruit amplifié. L’air est chargé de tension, et je sens la sueur couler le long de mon dos tandis que je tiens ma position. Les pas derrière moi se rapprochent, pressants, et je sais que cette fois, il n’y aura pas d’échappatoire.Ils nous attendaient. Tous.Nico. Adriano. Leurs hommes. Ils ont tout planifié dans les moindres détails. L’entrepôt n’est plus un simple bâtiment—c’est un champ de bataille. Un lieu où nous ferons face ou où nous serons engloutis par l’ombre qui nous poursuit depuis trop longtemps.Je jette un regard à Alba, juste à côté de moi. Son visage est pâle, mais son expression est résolue. Je ne sais pas ce qui traverse son esprit, mais une chose est sûre—elle ne reculera pas. Elle ne fuira pas.Nous avons trop avancé pour faire demi-tour.Je lève mon arme, vérifie une dernière fois la sécurité, puis lui fais signe d’avancer. Nous n’avons plus une seconde à perdre.L