Gabriel16h00 – Reflets dans les ruinesLe silence est assourdissant.Après la tempête de balles et de violence, après le dernier cri du chaos, il est difficile de savoir si je suis encore en vie. Mon esprit est dans un brouillard, mon corps une masse de douleurs, et le poids des derniers jours me pèse comme mille tonnes. Dominic est mort, son empire brisé, mais la victoire semble creuse.Nous nous tenons dans les ruines de ce qui était autrefois son quartier général, les décombres témoins de tout ce que nous avons détruit, de tout ce pour quoi nous avons lutté. Mais rien de tout cela ne semble réel. Pas le sang sur mes mains, pas la sueur qui coule sur mon front, pas le poids du pistolet que je tiens toujours.Alba se tient en face de moi, son visage pâle, ses yeux perdus. Elle a traversé tellement de choses, trop pour une seule personne. Elle pensait qu'en tuant son père, elle se libérerait, mais cela ne l'a fait que l'enchaîner à cette spirale infinie de violence. Je sais l'impact
Gabriel7h30 – Vérités inavouéesJe me réveille au son de la pluie qui tambourine contre la fenêtre, un rythme régulier presque apaisant. Pour la première fois depuis longtemps, je n’entends ni les échos des coups de feu, ni les cris. Le monde extérieur est plus silencieux, plus paisible. Mais en moi, la tempête gronde encore.Alba dort toujours à côté de moi, son corps recroquevillé contre le mien comme si elle tentait de se protéger du monde. Je ne bouge pas, pas encore. Je l’observe, capturant la manière dont la lumière filtre à travers les stores, projetant des ombres douces sur son visage.Nous avons couru si longtemps, si vite, qu’il est difficile de se souvenir de ce que c’est que de s’arrêter. De respirer. De simplement… exister sans la peur constante de ce qui nous attend. Mais pour l’instant, je me laisse envahir par ce calme, même si ce n’est qu’un instant.Le silence est brisé par un coup frappé à la porte.Je me fige, le cœur battant. Mon premier réflexe est de saisir mon
Gabriel9h05 – Les premiers tirsLe bruit des coups de feu déchire l’air, brutal et assourdissant. Je n’ai même pas le temps de comprendre ce qui se passe avant de me jeter derrière un abri, entraînant Alba avec moi. Son souffle est court, saccadé, ses mains agrippent les miennes, mais je n’ai pas le luxe de la rassurer.Luca et Nico répliquent déjà, leurs tirs brisant le silence comme un coup de tonnerre. L’entrepôt est un dédale de recoins sombres et de machines rouillées, l’endroit parfait pour une embuscade. Ceux qui nous attendent ici connaissent les lieux par cœur. Ils ont planifié ça.Je jette un coup d’œil par-dessus la caisse derrière laquelle nous sommes retranchés, balayant les ombres du regard. Une douzaine d’hommes, au moins. Armés, bien entraînés, et en position depuis un moment. Je ressens leur présence, ce poids invisible d’un piège qui se referme sur nous.— « Reste à terre ! » je grogne en plaquant Alba contre le béton froid. « On doit bouger. Maintenant. »Elle hoch
Gabriel10h15 – Le dernier coupDante est à terre, mais l’air reste chargé de menace. Ses hommes tentent de se regrouper, mais la panique est évidente. Nous les avons en position de faiblesse, mais je sais mieux que quiconque qu’il est trop tôt pour crier victoire.Luca et Nico avancent en parfaite synchronisation, nettoyant la pièce avec une précision chirurgicale. Chaque tir est calculé, chaque pas pesé. Mais quelque chose d’autre plane dans l’air, quelque chose de plus sombre. Dante n’était qu’un visage, une façade. Il n’était pas le cerveau de cette opération.Mon regard balaie la pièce et s’arrête sur un coin reculé. Une porte discrètement entrebâillée. Presque invisible, mais bien là. Une pièce cachée, un refuge pour ceux qui veulent fuir, se cacher.Je fais un signe à Luca.— Prends le côté gauche, garde-les sous pression.Luca acquiesce sans un mot et se met en position. Nico le couvre, avançant sur la droite. Moi, je me dirige vers la porte, chaque muscle tendu, en alerte max
Gabriel12h00 – Le Moment de VéritéNous avançons rapidement, sans perdre une seconde. Chaque pas nous rapproche du cœur de l’empire d’Elena, mais plus j’en apprends, plus je réalise que rien n’est ce qu’il semble être. Elena a pris tout ce que Dominic avait construit et l’a perverti en quelque chose de bien plus dangereux. Son empire ne repose pas seulement sur l’argent ou le pouvoir—il est fondé sur le contrôle. Et le contrôle est une monnaie qui ne vient jamais sans conséquences.L’entrepôt est étrangement silencieux, à l’exception du bruit de nos bottes sur le sol en béton. Elena n’a pas bougé depuis que nous avons pénétré dans le bâtiment. Pourtant, je sens son regard sur nous, pesant, oppressant, comme une ombre qui s’accroche à chacun de nos pas.Nous progressons à travers les couloirs, prudemment, méthodiquement, jusqu’à atteindre une grande porte en acier au fond du corridor. C’est ici. La pièce où tout doit se terminer. Où le jeu d’Elena arrive à son dernier chapitre.Luca m
Gabriel---14h00 – Les séquellesL’air est différent maintenant. La tempête, la tension, le poids constant qui pesait sur nous—tout s’est envolé, ne serait-ce que pour un instant. Elena est partie. Le combat est terminé. L’empire qu’elle avait bâti s’est effondré, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression de pouvoir enfin respirer.Mais à mesure que l’adrénaline retombe, un vide insidieux s’installe à sa place. Mon regard balaie la pièce, mon esprit tentant encore de comprendre tout ce qui vient de se passer. Il y a un silence à présent, presque assourdissant après le chaos. Un silence qui semble être un rappel moqueur de tout ce que nous avons perdu.Nico et Luca se tiennent à quelques mètres, les yeux fixés sur le corps inerte d’Elena. Je peux voir le soulagement dans leur regard, mais il y a autre chose aussi—une méfiance persistante, comme s’ils n’étaient pas totalement convaincus que tout est vraiment fini.Mon regard glisse vers l’écran brisé, les éclats de v
Gabriel---7h00 – Un nouveau jourLa lumière du matin filtre à travers les rideaux, projetant une lueur douce sur la pièce. Je me réveille au son des oiseaux chantant à l'extérieur, leurs cris brisant le silence laissé par les événements des derniers jours. Le poids qui pesait sur mes épaules semble un peu plus léger aujourd’hui, mais il n’a pas disparu. Il ne disparaît jamais, n’est-ce pas ?Je me tourne vers Alba, encore endormie à côté de moi. Sa poitrine se soulève et s’abaisse au rythme régulier d’un sommeil paisible, son visage détendu, sans défense. Pendant un instant, je me contente de l’observer, savourant le calme, l’immobilité. C’est difficile de croire que nous avons réussi à arriver jusqu’ici, mais nous sommes là. Toujours vivants, toujours debout.Je sais que ça ne durera pas. Rien ne dure jamais. Mais pour l’instant, je me contente de ça.Je me lève doucement pour ne pas la réveiller et me dirige vers la petite cuisine. Je mets la cafetière en marche, préparant deux ta
Gabriel6h00 – Menaces invisiblesJe me réveille en sueur, hanté par les restes d’un cauchemar qui s’accroche à moi comme une seconde peau. Les images sont encore nettes—le visage d’Alba, ses yeux écarquillés de peur, la sensation d’une lame contre sa gorge. L’angoisse me serre la poitrine, mais je la repousse d’un battement de cils. Il faut que je me lève. La pièce est silencieuse, trop calme, et l’air semble chargé d’une tension invisible. Je tourne la tête vers le réveil—6h00. Il est encore tôt, mais je sais déjà que je ne me rendormirai pas. Une longue journée nous attend, et je dois être prêt.Alba dort toujours à côté de moi, le dos tourné, son souffle lent et paisible. Pendant un instant, je la contemple. Ses traits détendus, sa respiration régulière—cette sérénité qui me rappelle tout ce pour quoi je me bats.Mais je ne peux pas me permettre de baisser ma garde. Je n’ai pas ce luxe.Je me lève et me dirige vers la fenêtre. La ville s’étire devant moi, encore engourdie de somme
Gabriel22h00 – Le poids de l’éternitéLe ciel est sombre, une couverture d’étoiles éparpillées à travers les cieux. La ville s’est calmée, son bourdonnement s’estompe avec les heures qui passent. Tout est paisible, presque trop paisible après tout ce que nous avons traversé. Je suis assis près de la fenêtre avec Alba, sa tête reposant sur mon épaule, nos mains entrelacées. Nous n’avons pas besoin de mots en cet instant ; le simple fait d’être ensemble suffit.Mais je sais que le silence entre nous porte un poids plus grand—quelque chose d’important. Ce soir, c’est comme si le monde retenait son souffle. Comme si tout ce qui nous avait menés ici, à cet instant précis, n’avait été qu’une longue préparation.Alba bouge légèrement, ses doigts effleurant les miens. Je sens son regard peser sur moi avant même de me tourner vers elle. Quand je le fais, ses yeux sont remplis d’une émotion que je peine à identifier—de la douceur, de la vulnérabilité, mais aussi une force tranquille.— « Je ne
Gabriel22h00 – Un instant de répitLa pièce est baignée par la douce lueur de la lune qui filtre à travers les rideaux, projetant des ombres mouvantes sur le sol. Alba est allongée à côté de moi, sa tête posée sur mon torse, sa main traçant de lents cercles sur ma peau. Il y a une tension dans l’air, quelque chose qui s’est accumulé entre nous depuis des jours et qui, maintenant, semble enfin se libérer.Le silence n’est pas vide. Il est chargé de tout ce que nous n’avons pas encore dit, de ces émotions que nous avons trop longtemps redouté d’affronter. Mais ce soir, il n’y a plus de peur. Ce soir, tout semble à sa place.Je tends la main pour repousser une mèche de cheveux derrière son oreille, effleurant sa peau au passage. Elle bouge légèrement, lève les yeux vers moi. Son regard est sombre, empreint d’une intensité que je ne parviens pas à nommer—du désir, de la passion, mais aussi quelque chose de plus fragile, de plus brut.— Je n’aurais jamais cru ressentir ça à nouveau, murmu
Gabriel23 h 30 – Tension SilencieuseLe silence de la nuit nous enveloppe comme un manteau, doux et chaud. Après le dîner, après tous les mots échangés et ceux restés en suspens, il ne reste plus que notre présence. Alba est là, juste à côté de moi. Je sens le léger mouvement de sa respiration, la chaleur de son corps si proche du mien. Nous avons parlé, nous nous sommes confiés, et maintenant… maintenant, la suite semble inévitable.Mais rien n’est précipité. Il n’y a ni urgence, ni pression. Ce n’est pas le besoin qui nous pousse, mais quelque chose de plus profond. Une connexion qui s’est tissée entre nous, silencieuse, mais indéniable. Ce soir n’a rien à voir avec le chaos d’avant. Ce soir parle de ce que nous avons construit, de ce que nous avons trouvé l’un en l’autre, au milieu des ruines.Je baisse les yeux vers elle et, un instant, je vois sa vulnérabilité. Elle ne la cache plus, pas comme avant. Elle s’est ouverte, pas totalement, mais suffisamment pour que je distingue la
Gabriel19h00 – Mise en scèneLa ville s’est calmée, le soleil n’est plus qu’un souvenir lointain alors que la nuit étend son étreinte fraîche sur tout ce qui l’entoure. Le silence est revenu, ce genre d’accalmie qui suit une tempête. La tension dans l’air s’est dissipée, ne laissant qu’un calme presque irréel.J’ai prévu quelque chose pour ce soir. Alba mérite un moment spécial, quelque chose qui soit rien qu’à nous. Après tout ce que nous avons traversé, elle mérite de se sentir… appréciée. Je ne peux pas effacer le passé, mais peut-être que je peux lui offrir une soirée sans le poids du monde sur ses épaules.Je me tiens dans la petite cuisine de l’appartement que nous avons pris pour la nuit, la pièce baignée par la lueur douce des bougies que j’ai disposées. La table est simple—rien d’extravagant—mais suffisamment soignée pour donner de l’importance à ce moment. Une bouteille de vin rouge trône au centre, les verres déjà à moitié remplis, attendant l’instant opportun. Une musique
Gabriel7h00 – Un nouveau jourLa lumière du soleil traverse la fenêtre, projetant de longues ombres dans la pièce. Je suis encore allongé à côté d’Alba, mon bras autour d’elle, sa tête posée sur ma poitrine. La chaleur de son corps contre le mien me semble être une bouée de sauvetage. C’est étrange, à quel point tout a changé en si peu de temps, comment, il y a encore quelques heures, nous n’étions pas sûrs de ce que l’avenir nous réservait. Mais maintenant, sous cette lumière douce du matin, tout semble différent. Comme si nous avions entamé un nouveau chapitre de notre vie, même si nous ignorons encore où il nous mènera.Je ne veux pas bouger. Je ne veux pas troubler cette paix fragile que nous avons trouvée. Mais je sais que nous ne pouvons pas rester ici éternellement. Le monde extérieur nous attend, avec son chaos et son incertitude.Alba remue à côté de moi, sa main pressant légèrement ma poitrine alors qu’elle bouge. Elle n’ouvre pas les yeux, mais ses gestes sont lents, délib
Et quoi qu’il arrive, nous l’affronterons avec la même force qui nous a portés à travers nos jours les plus sombres.Parce que nous ne sommes plus seuls.Et ensemble, nous pouvons tout reconstruire.---1h00 – Un instant de calmeLa pièce est plongée dans l’obscurité, seulement éclairée par la lueur tamisée des lampadaires dehors. La pluie tombe toujours, créant une rythmique apaisante contre la fenêtre. Un calme étrange s’installe, celui qui semble irréel après des semaines de tension et de chaos. Comme un instant suspendu, volé à la réalité.Je suis assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, observant Alba. Elle est installée dans le fauteuil près de la fenêtre, les jambes repliées contre sa poitrine, le regard perdu au-delà des gouttes de pluie. Elle semble fatiguée, pas seulement physiquement, mais profondément épuisée, vidée par tout ce qu’elle a dû traverser. Pourtant, elle reste droite, résiliente, comme si elle refusait de s’effondrer.Je devrais dire quelque chose. Bris
Gabriel22h00 – Le prix de la victoireL’après-coup est silencieux. La tempête est passée, mais la destruction qu’elle a laissée derrière elle est omniprésente. L’entrepôt est un cimetière de caisses brisées, de munitions éparpillées et de taches de sang sur le béton. Il ne reste aucune trace des soldats qui remplissaient ces lieux, seulement les vestiges de leur passage, des rappels du combat que nous venons de mener—et de gagner.Mais la victoire a un prix.Je regarde Alba. Son visage est fatigué mais déterminé, son corps couvert de bleus et d’entailles. Sa main est toujours fermement agrippée à son arme, mais son attitude s’est adoucie. L’adrénaline retombe, ne laissant derrière elle que le poids de tout ce que nous venons d’endurer.Elle croise mon regard et hoche la tête, comme pour confirmer ce que nous savons tous les deux. La bataille est terminée, mais la guerre en nous ne l’est pas. Pas encore.— Tu tiens le coup ? demandé-je, la voix rauque après des heures de lutte.Elle m
Gabriel19h00 – En plein brasierLe chaos nous engloutit. Les coups de feu résonnent dans l’entrepôt, noyant tous les autres sons. Des explosions projettent des éclats de métal et de bois dans les airs, et l’odeur âcre de la fumée et du fer brûlé sature l’atmosphère. Notre monde est devenu un champ de bataille.J’entraîne Alba derrière un pilier d’acier, le sifflement des balles vrillant mes tympans. Elle se déplace avec une précision implacable, son regard perçant scrutant chaque recoin, chaque ombre. Je peux lire la détermination sur son visage. Elle ne se bat pas seulement pour sa survie. Elle se bat pour autre chose. Pour elle-même. Pour nous.Nous sommes allés trop loin pour reculer maintenant.Je croise son regard, mon souffle court sous l’effort.— On doit bouger. Vite.Elle n’a pas besoin de m’entendre pour comprendre. Déjà, elle est debout, arme levée, sondant le couloir devant nous. Je la suis de près, chaque muscle tendu, chaque nerf à vif.L’entrepôt semble se refermer sur
Gabriel18h00 – Au cœur de la batailleLe monde se meut au ralenti. Mes sens sont exacerbés, chaque bruit amplifié. L’air est chargé de tension, et je sens la sueur couler le long de mon dos tandis que je tiens ma position. Les pas derrière moi se rapprochent, pressants, et je sais que cette fois, il n’y aura pas d’échappatoire.Ils nous attendaient. Tous.Nico. Adriano. Leurs hommes. Ils ont tout planifié dans les moindres détails. L’entrepôt n’est plus un simple bâtiment—c’est un champ de bataille. Un lieu où nous ferons face ou où nous serons engloutis par l’ombre qui nous poursuit depuis trop longtemps.Je jette un regard à Alba, juste à côté de moi. Son visage est pâle, mais son expression est résolue. Je ne sais pas ce qui traverse son esprit, mais une chose est sûre—elle ne reculera pas. Elle ne fuira pas.Nous avons trop avancé pour faire demi-tour.Je lève mon arme, vérifie une dernière fois la sécurité, puis lui fais signe d’avancer. Nous n’avons plus une seconde à perdre.L