EvaLe silence qui suit la chute de Romanov est presque assourdissant. Le corps du tyran est là, au sol, inerte, tandis que Léo se tient debout à mes côtés. Ses yeux sont fixés sur lui, mais son corps tremble légèrement, comme si l’adrénaline, enfin, commençait à se dissiper. C’est à cet instant précis que je me rends compte de l’ampleur de ce qui vient de se passer. Nous avons vaincu l’ennemi, mais la victoire a un goût amer, teinté de la conscience que tout cela n’a fait qu’empirer ce qui nous attend.Nous n’avons pas le temps de savourer notre triomphe. À peine ai-je le temps de poser ma main sur l’épaule de Léo, de lui montrer que tout va bien, que le bruit des sirènes retentit dans le lointain. D’abord un murmure, puis un grondement sourd. Ils arrivent. La police. Une vague de panique m’envahit, plus rapide que l’éclair. Je sais ce qui va se passer. Je sais ce que Léo a fait, ce qu’il a traversé pour arriver ici. Mais je sais aussi que la loi n’a pas d’indulgence pour lui. Et cet
LéoLe bruit des portes qui se ferment derrière moi est lourd, presque oppressant. Je suis conduit à travers des couloirs sombres, entouré de gardiens dont les pas résonnent sur le béton froid. Chaque coin, chaque couloir de cette prison m’est familier, comme une vieille peau dont on ne peut se débarrasser, une blessure qu’on a crue guérie mais qui se rouvre toujours. C’est ma deuxième maison, et pourtant, chaque fois que je traverse ces murs, je sens qu’ils m’étouffent un peu plus.Les policiers ne disent rien, leur silence pesant comme une chape de plomb. Je pourrais leur parler, leur crier ce que je ressens, mais à quoi bon ? Ils savent déjà. Ils connaissent mon histoire, mes erreurs. La fuite de Romanov, le meurtre, les trahisons. Tout cela m’a conduit ici, dans cette cellule froide, là où je ne peux plus fuir.Une main sur mon bras me tire hors de mes pensées, et je lève les yeux pour croiser le regard du gardien qui me guide. Ses yeux sont vides, sans expression, comme ceux de t
Léo MorganJe me sens comme un homme sur le fil du rasoir, un seul faux pas et tout peut basculer. Depuis le moment où les policiers m'ont remis entre les mains du système judiciaire, j'ai eu l'impression que la liberté s'était définitivement échappée de mes mains. Léo Morgan. Ce nom, ce passé, tout cela me poursuit, comme une ombre insaisissable. Et pourtant, je suis toujours là, dans cette cellule froide, entouré de murs qui me rappellent sans cesse où je me trouve.Je n'ai pas toujours été ce Léo Morgan, celui qu'on enferme. Il fut un temps où mes rêves étaient plus grands que les barreaux, où mon nom ne portait pas la lourdeur du destin qu’on m’a assigné. Mais la vie a cette façon de vous ramener à la réalité, de vous forcer à accepter ce que vous êtes devenu, même si ça vous broie de l'intérieur.Je suis là, dans cette cellule, à me demander comment j’ai pu en arriver là. La question se pose encore et encore, comme un écho assourdissant dans ma tête. Comment ai-je pu me laisser e
Léo MorganJ’ai l’impression de m’enfoncer chaque jour un peu plus dans un abîme sans fin. Chaque bruit, chaque geste, chaque regard dans cette prison semble me ramener à ma place. Un homme sans valeur, un criminel, un hors-la-loi, pris au piège dans un monde de béton, de métal et de mépris. Mais rien, absolument rien, ne me prépare à ce qui m'attend aujourd'hui.Je suis conduit vers un nouveau quartier de la prison, un endroit où les regards sont plus cruels, plus durs. Les gardiennes me regardent comme si je n'étais rien de plus qu'un parasite, une vermine qu'il faut étouffer avant qu’elle ne devienne une menace. Leur hostilité est palpable, une présence oppressante dans l’air. Elles ne disent rien, mais leur attitude me crève les yeux. Elles m’accompagnent dans un couloir étroit, leurs bottes résonnant sur le sol froid, claquant comme une menace.Je sens les yeux des détenues peser sur moi, leur présence invisible mais lourdement palpable. Elles sont là, derrière les barreaux, dans
Léo MorganJe suis assis là, dans ce coin sombre de la cellule, les bras croisés, les yeux fixés sur les barreaux. Les heures passent, lentes, implacables. Les bruits qui m’entourent ne cessent de me rappeler la réalité : ici, je ne suis rien d'autre qu'une cible. Ce n’est plus qu'une question de temps avant qu’on me teste, avant qu’on cherche à me briser. Et je le sais. Ce ne sont pas juste les gardiennes, les détenues qui me scrutent. Ce sont les gangs internes, ces factions qui se battent pour le contrôle, pour leur territoire.Il y a une tension palpable dans l’air, comme si tout allait éclater d’un instant à l’autre. Chaque détenue a son propre rôle à jouer, ses propres alliances, ses propres ennemis. Ces femmes, qui d’habitude se tiennent à l’écart les unes des autres, se regardent d’un œil méfiant, à l’affût de la moindre opportunité pour prendre le dessus. Et moi, au milieu de tout ça, je suis une proie fragile, un nouveau venu, un homme sans amis dans un monde où l’amitié n’a
Léo MorganLes jours s’étirent dans une lenteur oppressante. Chaque minute me semble une éternité, chaque souffle un fardeau. L'ombre des gangs, des alliances, des luttes internes, pèse lourdement sur mes épaules. Mais dans ce monde de silence et de violence, je commence à comprendre que la clé de ma survie ne réside pas uniquement dans la force physique ou l'intelligence stratégique. Non, elle réside dans les liens que l’on tisse avec les bonnes personnes, celles qui peuvent vous protéger, ou du moins vous permettre de naviguer dans ce chaos sans y perdre trop de plumes.C’est dans cette pensée que je croise le regard d’Elena, une détenue aux traits marqués par la souffrance et les années passées derrière ces murs. Elle n’a pas l’air d’être une alliée quelconque, mais quelque chose dans son regard, un mélange de défi et de compréhension silencieuse, me pousse à l’observer plus attentivement. Elle est différente des autres femmes de cette prison. Contrairement aux autres qui se batten
Léo MorganLa routine reprend lentement ses droits sur moi. Chaque jour dans cette prison semble une répétition du précédent, un enchaînement mécanique où l’espoir se dissipe petit à petit, remplacé par une accoutumance à la violence, au silence et à l’indifférence. Pourtant, une petite flamme persiste en moi, une étincelle allumée par des mots, des regards, des rencontres inattendues. Elena est désormais une présence régulière dans ma vie. Pas encore une alliée au sens classique du terme, mais elle est là, dans l’ombre, m’observant de loin, parfois me provoquant dans ses gestes, dans sa façon de s’exprimer. Elle semble avoir compris que je ne suis pas juste un autre détenu. Mais elle a aussi sa propre bataille à mener, et cela se voit dans chaque mouvement qu’elle fait.Depuis notre dernière conversation, je l’observe davantage, essayant de lire entre les lignes, de saisir le sens caché dans ses silences et ses rares paroles. Elle ne parle pas beaucoup, mais il y a quelque chose dans
Léo MorganLa tension est palpable. L’altercation qui s’est nouée dans la cour n’est pas encore dissipée, et pourtant, la soirée se poursuit dans une atmosphère lourde de menace. Elena et moi nous trouvons désormais dans cette salle de recueillement, là où certains détenus viennent se recueillir, méditer ou simplement se détacher des lourdeurs de la vie carcérale. La lumière tamisée, l’air vicié, tout ici semble fait pour étouffer, pour écraser toute tentative de liberté. Mais Elena est là, à mes côtés, aussi déterminée que moi, et il est difficile de ne pas voir à quel point notre dynamique a changé depuis cette altercation.Elle ne parle pas, mais je la sens prête à exploser. Le regard qu’elle me lance ne laisse aucune place au doute : elle n’a pas peur de la violence. Pas plus que je ne l’ai jamais été. Il suffit d’un geste, d’une étincelle, et le chaos pourrait reprendre. Pourtant, elle reste calme, ses traits durcis par des années de souffrance et de renoncements.— Tu aurais dû
Éva Je suis encore assise sur le canapé, mon esprit en tourmente, quand la porte d'entrée s'ouvre brusquement. Un frisson me traverse, un mélange d'inquiétude et de soulagement. C’est Serge. Je le reconnais à son pas lourd, au bruit familier de ses chaussures sur le sol. Il est de retour.Le parfum de son après-rasage flotte dans l’air, m’enveloppant immédiatement, et je me sens tout à coup prise au piège. J’avais espéré un peu plus de temps, du temps pour comprendre ce que je ressens, du temps pour faire face à ce qui m’attend. Mais c’est lui. Il est là. Et je ne peux plus fuir.Je me redresse lentement, les jambes engourdies. Je m'apprête à lui sourire, à lui offrir cette fausse tranquillité que j’ai si souvent utilisée, mais le poids de mes secrets me rend muette. Serge entre dans le salon avec son bagage à la main, l’air fatigué mais content de retrouver son chez-soi. Ses yeux se posent sur moi, et je vois cette lueur de douceur qu’il réserve uniquement pour moi."Eva... Tu vas b
Eva SinclairD’un geste furtif, je me faufile dans un couloir adjacent, priant pour ne pas être vue. Les pas se font de plus en plus forts. Je tourne une nouvelle fois à l’angle, puis une autre. Finalement, je trouve une porte de service entrouverte. C’est mon unique chance.Je n’hésite pas une seconde. Je pousse la porte avec précaution et me précipite dans l’obscurité de la ruelle qui s’étend devant moi. L’air frais me frappe en plein visage, comme un retour brutal à la réalité. Je suis dehors. Pour l’instant, je suis en sécurité. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?Mon cœur continue de battre la chamade, mais une lueur d’espoir m’envahit. Je ne suis pas encore sortie d’affaire, loin de là. Mais j’ai ce qu’il faut pour sauver Léo. Et maintenant, je dois m’échapper, trouver un moyen de quitter cet endroit sans que personne ne me repère. Je dois retourner à la ville. À Léo.Je m’élance dans la nuit, chaque pas me rapprochant un peu plus de la liberté, mais aussi de la vérité, u
Eva SinclairLes pas résonnent dans le couloir, lourds et inévitables. Chaque seconde semble s’étirer, me plaçant dans une tension palpable, presque insoutenable. Je suis dans la pièce, dissimulée dans l’ombre, les documents en main, et une angoisse sourde me ronge. Ils savent que je suis là. La question n’est plus de savoir si je vais être découverte, mais quand.Je me serre contre le mur, retenant mon souffle. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression que tout l’endroit l’entend. Mes doigts serrent le sac dans lequel j’ai placé les preuves, la vérité que j’ai arrachée à ce coffre-fort maudit. Chaque morceau de papier pourrait être ma sentence ou ma salvation, mais je n’ai plus de choix. Il est trop tard pour faire marche arrière.Les voix sont proches maintenant, un murmure indiscernable au début, mais elles deviennent plus nettes à mesure qu'elles se rapprochent. Je connais ces voix, ou du moins, je crois les reconnaître. Ce sont les hommes de Romanov. Je les ai entendus trop souv
Éva LambertLa nuit semble interminable. Chaque seconde me rapproche un peu plus du moment où je vais entrer dans l’enfer des secrets. Je suis seule, dans l’obscurité, guidée uniquement par l’espoir et la détermination. Gabriel a été clair : il n'y a pas de retour en arrière. Et pourtant, en moi, une question persiste : Est-ce vraiment la bonne décision ?Je roule lentement en direction du quartier désaffecté que Gabriel m’a indiqué. L'endroit est isolé, loin des quartiers animés où la vie ne semble jamais s’arrêter. Ici, tout semble figé dans le temps. Les bâtiments délabrés se dressent comme des témoins silencieux d’une époque révolue, et les rues désertes me rappellent que j’entre dans un territoire où l’ombre règne en maître.L’adrénaline me serre la gorge. J’ai l’impression que le moindre bruit pourrait me trahir. Mais je n’ai pas le luxe de la peur. La vérité se cache quelque part dans cet endroit, et je suis prête à tout pour la découvrir.Je gare la voiture dans une ruelle étr
Éva LambertLa vérité n’a jamais été aussi proche, et pourtant elle semble s’échapper comme l’air à travers mes doigts. J’ai passé les dernières heures à fouiller, à relier les pièces du puzzle, et une certitude me brûle maintenant : Léo est innocent, mais des forces puissantes veulent le faire tomber, et elles ne vont pas s’arrêter là.Je n’ai pas besoin de me demander pourquoi. Parce que je le sais, à présent. Romanov n’est plus. Il a disparu dans l’obscurité, emportant avec lui une grande partie des secrets qui ont jeté Léo dans cette tourmente. Mais ses associés, eux, sont encore là, tapis dans l’ombre, tirant les ficelles. Ils ne veulent pas que Léo soit hors de cause, pas tant que leurs propres secrets restent à l’abri.Je me tiens devant la fenêtre, regardant les lumières de la ville se refléter dans la vitre. C’est étrange comme tout semble si calme, si ordinaire, et en même temps, tout est sur le point d’exploser. Je pourrais presque entendre les rouages de la machination qui
Éva LambertLa vérité s’infiltre lentement, mais je sais qu’elle est là, tapie dans l’obscurité. Elle me glisse entre les doigts comme du sable, m’échappe dès que je crois la saisir. Mais je refuse d’abandonner. Parce que cette vérité, c’est la clé de tout. C’est la clé de Léo, de son innocence, et de l’ombre qui se cache derrière toute cette machination.Je suis dans la rue, mon téléphone dans la main, les battements de mon cœur résonnant contre mes tympans. Le vent souffle fort, emportant les feuilles mortes sous mes pieds. Il est tard, mais ma détermination n’a pas d’heure. Léo. Tout ce que j’ai découvert sur lui, sur les manipulations dont il est victime, tout me pousse à l’action. Mais je ne peux pas agir seule. Il faut que je trouve des alliés, des personnes qui partagent la même conviction que moi. Des personnes prêtes à risquer leur position pour la vérité.Je compose un numéro que je n'avais jamais osé appeler jusque-là. Celui de Gabriel Dufresne. Un ancien collègue, un ami,
Éva LambertJe n'arrive pas à l'oublier. Léo. Chaque minute passée à ses côtés m'a laissé une marque, une empreinte sur l'âme, et malgré tout ce qu'on m'a dit, malgré les accusations qui pleuvent sur lui, je refuse d'y croire. Il n'est pas celui qu'ils décrivent, pas l'homme qu'on veut me faire voir. Léo, je le connais, au fond, je sais ce qu'il est capable de, mais je suis persuadée qu'il n'est pas coupable de ce dont on l'accuse. Il est… il est plus complexe que ça.Depuis notre dernière rencontre, je n’ai cessé de me tourmenter. Mais c’est une certitude : je dois agir. Je dois prouver son innocence, parce que dans mon cœur, je suis convaincue que tout ça est un piège. Mais comment prouver quelque chose qu’on ne peut pas voir ? Comment trouver une vérité qui semble se dérober à chaque tentative ?Aujourd'hui, je suis plus déterminée que jamais. Si quelqu'un peut bien découvrir la vérité, c'est moi. Je n'ai pas d'autre choix que de m'enfoncer dans ce dédale de mensonges et de manipul
Sasha HarringtonLe bureau de Dalia reste dans mes pensées comme un décor figé, une scène de théâtre où je suis l’actrice principale sans même avoir choisi le rôle. Elle m’a laissée là, seule, à digérer la vérité qu’elle a imposée à ma réalité. Il y a des moments où l’on se sent soudainement perdu, comme si le sol sous nos pieds devenait trop incertain. Ce soir, je suis cette personne-là, celle qui ne sait plus à qui faire confiance.Je traverse les couloirs du complexe, mes pas résonnant contre les murs froids, presque comme un écho lointain de mes propres doutes. Il y a quelque chose d’assommant dans cette solitude, une pression grandissante qui me fait réfléchir à tout ce que je viens de découvrir. La corruption des gardiennes… Dalia, la directrice, les autres. Tout est relié, une toile invisible mais solide, tissée avec des fils de manipulations, de transactions, de faiblesses humaines. Et au centre, moi, qui croyait encore à un idéal. Qui croyait qu’il y avait un côté lumineux à
Léo Je me sens englouti par ses mots. Elle a raison, je le sais au fond de moi. Je ne contrôle rien. Et plus je tente de lutter, plus elle me prend. Chaque parole est un poison, chaque mouvement un piège. Et je suis là, piégé, dans l’attente de ce qui va venir.— Qu’est-ce que tu veux de moi, Sasha ? demande-je, une lueur de désespoir dans la voix.Elle prend une grande inspiration, comme si elle savourait le moment.— Tout, Léo. Je veux tout. Et quand tu seras prêt, tu m’appartiendras corps et âme. Mais pour ça… il faut que tu sois prêt à tout sacrifier.Je déglutis difficilement. Le choix qui s’offre à moi est aussi clair que le ciel d’une nuit sans lune : tout ou rien. Je dois faire un choix. Un choix qui changera ma vie à jamais. Et même si je sais que ce choix est déjà fait, même si je sais que je vais sombrer dans l’obscurité, je ne peux m’empêcher de me demander : est-ce que je vais réussir à en sortir intact ?Sasha, d’un dernier regard, m’emmène encore plus loin dans l’abîme