CassandraJe m’assois dans l’ombre d’un fauteuil, mes yeux braqués sur l’entrée de l'immeuble où les lumières de la ville clignotent à l’extérieur. Il y a un calme lourd, une absence d’air, un silence menaçant. Je ne peux m’empêcher de le ressentir, même si j’essaye de l’ignorer.Je sais que Gabriel m’observe, qu’il attend le bon moment pour frapper. Mais il ne sait pas que je ne suis pas aussi vulnérable qu’il le pense.— Tu n’es pas venue ici pour jouer les victimes, n’est-ce pas ? me dit-il avec un sourire en coin, le regard sombre mais fasciné.Je le fixe intensément.— Victime ? Non, je suis celle qui détermine les règles du jeu.Il s’approche lentement, se penche légèrement vers moi. Je perçois sa chaleur, l’odeur de son parfum, le poids de sa présence. Mais il y a quelque chose dans son attitude qui me dérange, un petit quelque chose que je n’arrive pas à définir. Je n’aime pas ça.— C’est toi qui décides des règles, ou tu t’adaptes simplement à celles que d’autres t’imposent ?
CassandraJ’observe Lucien, puis Gabriel, les deux hommes en pleine bataille silencieuse pour déterminer qui aura le plus de pouvoir sur moi. Mais ils ne réalisent toujours pas que, quel que soit le résultat, ce sont eux qui perdront.Je les vois comme des pièces inutiles, détachées de la réalité. Une réalité dans laquelle j'ai toujours été seule, mais où j'ai appris à jouer pour gagner.Leurs jeux de pouvoir ne m'intéressent pas, pas vraiment. Ce qui m'intéresse, c'est d'exploiter leurs faiblesses. Et dans ce domaine, je suis plus que compétente.Gabriel s'approche encore un peu plus, ses yeux brûlant d'une colère refoulée, mais une certaine fascination émerge également de son regard. Je suis un mystère pour lui, et il déteste ne pas comprendre.— Tu crois vraiment que tu peux m’échapper, Cassandra ? dit-il, sa voix rauque. Tu n’es qu’une femme, après tout.Mon sourire s'élargit, amusée par sa tentative de déstabilisation.— C’est exactement ce que tu crois, n’est-ce pas ? Mais tu te
CassandraJe me lève finalement, l’angoisse effleurant mes entrailles. Peut-être que j’ai atteint le sommet, mais ce sommet n’est-il pas le précipice ? Après tout, comment savoir si c’est moi qui ai les rênes, ou si c’est le destin qui me mène où il veut ? Je ne suis qu’une marionnette dans une danse macabre, que ce soit Gabriel ou Lucien qui tire les ficelles.Je fais quelques pas vers la fenêtre et ouvre les rideaux. Le monde extérieur m’attend, l’agitation de la ville, les rires, les cris, les vies qui s’entrelacent. Mais moi, je suis déconnectée de tout cela. J’appartiens à un autre monde, un monde où les règles de la passion et du pouvoir sont les seules qui comptent.Mon regard se pose sur la ville, mais mon esprit est ailleurs. Je ne peux m’empêcher de penser à ce que m’a dit Gabriel tout à l’heure. Peut-être a-t-il raison. Peut-être que tout ce que je suis, tout ce que j’ai construit, est condamné à échouer. Mais ce n’est pas ce que je veux entendre, pas ce que je veux croire.
CassandraIl sourit légèrement, un sourire qui n'atteignait jamais ses yeux. C’était un sourire ironique, presque sadique.— "Des réponses, hein ?" Il sembla peser chaque mot. "Et tu penses qu’elles se trouvent ici, dans la nuit noire de la ville ? Tu crois vraiment que la vérité peut être découverte si facilement ?"Je le défiai du regard, me rapprochant légèrement. J'étais fatiguée de ses jeux d'esprit. Fatiguée de cette danse interminable entre lui et Gabriel. "Je ne cherche pas la vérité ici. Je cherche simplement à comprendre pourquoi vous me manipulez tous les deux."Il haussait un sourcil, surpris par ma réponse. Puis il se pencha légèrement en avant, comme pour m’inviter à poursuivre.— "Manipulation ? Mais Cassandra, tu te méprends. Ce n’est pas toi qui es manipulée, mais toi qui manipules. Ne vois-tu pas que nous n’agissons que parce que tu nous forces à jouer notre rôle dans ton propre théâtre ?"Je serrai les poings. Ce qu’il disait avait un fond de vérité. Je l’avais touj
CassandraJe le laissai parler, n'interrompant rien. J’avais appris à écouter, même lorsqu’il s’agissait de Gabriel. Après tout, chaque information pouvait être cruciale. Mais je n'étais plus une enfant qui croyait naïvement tout ce qu'on lui disait.— "Tu veux vraiment la vérité ?" Je m’approchai lentement, mes mots tranchant l’air. "Tu penses sincèrement que tu es plus honnête que Lucien ? Que tu as agi dans mon intérêt ?"Il tourna lentement la tête vers moi, son expression se durcissant. Il savait que je l'avais piqué au vif. Mais il ne montra aucune faiblesse. "Je l'ai toujours fait, Cassandra. Mais tu n'as pas vu l'ampleur du jeu. Ce que Lucien veut, c’est te détruire. Pas juste toi, mais tout ce que tu représentes."Je le fixai avec une intensité qu'il ne semblait pas attendre, un sourire amer sur les lèvres. "Et toi, Gabriel, que représentes-tu dans ce jeu ? La conquête d’un pouvoir dont tu ne sais que faire ?"Il s’éloigna de la fenêtre et se rapprocha de moi, chaque pas réso
CassandraLe bruit d’une porte qui s’ouvre dans le couloir me fit sursauter. Je me redressai brusquement, et sans même réfléchir, mes pas m’amenèrent vers l’origine du bruit. Mes sens étaient en alerte maximale, ma peau frissonnait. Était-ce Lucien ? Gabriel ? Ou un autre acteur dans ce jeu de pouvoir qui se jouait entre nous ?Lorsque j’arrivai au seuil de la porte, je le vis. Lucien. Mais il n’était pas seul. À ses côtés se tenait une silhouette que je n’aurais jamais imaginée : Raphaël.Un frisson me parcourut l’échine. Raphaël… L’artiste, le rêveur, celui qui avait toujours été en marge. Celui que je croyais avoir définitivement laissé derrière moi. Mais il était là, à côté de Lucien, un homme que je croyais connaître dans les moindres recoins, mais dont je commençais à douter de la véritable nature.— "Cassandra." La voix de Lucien était douce, presque trop douce. Il me fixait de son regard perçant, comme si chaque mouvement que je faisais était une pièce de théâtre qu’il observa
CassandraJe me tenais là, dans l'ombre de ma propre vie, sous le regard intense de Lucien et Raphaël, mes pensées dévalant à toute vitesse comme une rivière en crue. Chaque mot qu'ils prononçaient me frappait comme une vague glacée, me rejetant sans cesse plus loin de la personne que j'avais été. J'étais perdue dans ce tourbillon de trahisons, de mensonges et de secrets. Mais la vérité, la véritable vérité, m'échappait encore.— "Un choix difficile, Cassandra." La voix de Lucien était plus grave qu’à l’ordinaire, son regard plus perçant, presque hypnotique. "Tu crois que tu as encore le contrôle, mais la réalité est bien plus complexe."Mes lèvres se fermèrent sur les mots que j'aurais voulu cracher. Je savais qu’il était en train de jouer avec mon esprit, de manipuler mes perceptions. Mais plus je tentais de garder le contrôle, plus cela devenait difficile. Cette pièce, l’atmosphère oppressante, tout semblait conspirer contre moi, me rendant vulnérable, m’enserrant dans un piège inv
CassandraL’ombre de la pièce semblait se refermer sur moi, l’air pesant de secrets que je n’avais pas encore percés, mais qui m’entraînaient inéluctablement vers un abîme dont je ne savais pas si je pourrais revenir. Lucien et Raphaël m’observaient, leurs yeux chargés de significations multiples, trop nombreuses pour que je puisse toutes les saisir. Leurs attentes étaient palpables, comme une corde tendue, prête à se rompre à tout instant. Et moi, je me tenais là, fragile au milieu d’eux, tentant de trouver un moyen de les déjouer."Alors, tu crois vraiment que tout ceci n’a aucune conséquence ?" Lucien brisa enfin le silence, sa voix froide et distante, tranchant comme du verre. "Tu penses que tu peux t’en sortir indemne ?"Je le fixai sans broncher, mes pensées battant la chamade dans ma poitrine. Une partie de moi voulait fuir, courir à travers la porte, m’échapper à tout prix. Mais l’autre partie de moi, celle qui savait que tout avait été mis en place avant même que je comprenne
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te