CassandraMa réponse est immédiate. Trop. Il arque un sourcil.— Tu crois toujours pouvoir gérer ça seule ?Je serre les dents.— Ce n’est pas une question de pouvoir. C’est une question de stratégie.Raphaël se redresse, posant ses coudes sur ses genoux, les yeux rivés aux miens.— Dis-moi ce que tu sais.Je prends une profonde inspiration.— Gabriel a toujours plusieurs coups d’avance. Il savait que je refuserais son offre. Ce qui signifie qu’il a déjà une contre-attaque prête.— Et Lucien ?Je détourne les yeux.— Il veut que je frappe en premier.— Et toi ?Je serre mon verre entre mes doigts.— Moi, je veux comprendre avant de frapper.Raphaël hoche lentement la tête.— Alors il nous faut une piste.Je fronce les sourcils.— « Nous » ?Il sourit en coin.— Tu croyais vraiment que j’allais te laisser gérer ça seule ?Une chaleur étrange se diffuse en moi. Raphaël n’a pas la brutalité calculatrice de Lucien ni l’intellect manipulateur de Gabriel. Mais il a quelque chose d’autre. Un
CassandraL’aube se lève sur la ville, baignant les immeubles d’une lumière dorée, mais je ne ressens aucune chaleur. Assise sur le bord de mon lit, le téléphone entre les doigts, je relis le message de Mendez."Gabriel a tout prévu. Tu n’as plus beaucoup de temps."Les mots s’impriment dans mon esprit, froids et tranchants.Gabriel.Il pense pouvoir me forcer la main. Il croit que, parce qu’il est un stratège hors pair, il peut me manipuler comme il l’a toujours fait.Mais il oublie une chose essentielle : je ne suis plus la femme qu’il a connue.Je me lève, déterminée, et compose un numéro.— Lucien, on doit se voir. Maintenant.Il ne pose pas de questions. Il sait.— Rejoins-moi à l'entrepôt, dit-il d’une voix grave.Je raccroche et attrape ma veste. Ce soir, les masques tomberont pour de bon.LucienL’entrepôt est désert, plongé dans une obscurité oppressante. L’air sent le métal froid et le danger imminent.J’attends.Je n’aime pas ce que Gabriel a déclenché. Il veut que Cassandr
CassandraLe silence retombe.— Plus de manipulations, plus de coups bas. Vous voulez me prouver que vous valez quelque chose ? Alors faites-le autrement.Gabriel laisse échapper un léger rire, amusé par l’ironie de la situation.— Tu crois vraiment qu’on va sagement obéir ?— Je crois que vous avez une seule alternative : accepter ou me perdre.Lucien serre la mâchoire. Raphaël détourne le regard, frustré. Gabriel, lui, me fixe encore un instant avant d’incliner légèrement la tête.— Tu nous mets au défi, Cassandra.— Toujours.Il sourit.— Alors le jeu vient de prendre une nouvelle tournure.Je m’écarte lentement, mon cœur battant fort dans ma poitrine.J’ai gagné cette manche.Mais je sais que rien n’est encore terminé.Et le plus dangereux reste à venir.La nuit est tombée sur la ville, et malgré la victoire que je viens d’arracher, une tension sourde continue de vibrer dans l’air. J’ai imposé mes règles, j’ai repris le contrôle de mon destin, mais une chose est certaine : aucun d
RaphaëlLa peinture dégouline de mes doigts, les couleurs sombres s’étalent sur la toile, une explosion de rouge, de noir, d’ombres.Cassandra.Elle est là, imprimée dans chaque coup de pinceau, dans chaque éclat de lumière que je tente de capturer. Elle est ma muse, ma malédiction, celle qui hante mes jours et mes nuits.Mais ce soir, quelque chose est différent.Je le sens dans l’air, dans la façon dont les ombres dansent sur mes murs.Elle s’éloigne.Et je refuse de la laisser partir.J’attrape ma veste et sors de l’atelier, mes pas rapides résonnant sur le sol pavé de la rue.Je dois la voir. Maintenant.CassandraJe referme la porte de mon appartement et pousse un long soupir.Tout ce pouvoir que je pensais avoir conquis… Pourquoi ai-je l’impression qu’il m’échappe entre les doigts ?Je suis libre.Je suis celle qui décide.Alors pourquoi mon cœur bat-il aussi vite, comme si je pressentais que cette guerre des volontés ne faisait que commencer ?J’avance vers la baie vitrée et co
CassandraLe jour se lève sur la ville, mais mon esprit est encore englué dans les ombres de la nuit. L’appartement est silencieux, presque trop, alors que je me tiens face aux immenses baies vitrées. J’observe les lumières s’éteindre une à une dans les immeubles alentours, comme si le monde entier s’accordait un instant de répit avant la prochaine tempête.Mais moi, je ne peux pas me le permettre.Lucien, Raphaël, Gabriel.Trois hommes. Trois forces qui gravitent autour de moi, chacune avec son propre dessein.Je croyais avoir le contrôle.Je croyais pouvoir les tenir à distance.Mais hier soir, en sentant la chaleur du souffle de Raphaël contre ma peau, en percevant l’ombre menaçante de Lucien planer sur mes décisions, et en devinant le regard perçant de Gabriel suivre chacun de mes mouvements, j’ai compris.Ils ne reculeront pas.Et moi, je suis en train de perdre pied.Un soupir m’échappe tandis que je serre la tasse de café entre mes mains. Le liquide est encore brûlant, un rappe
CassandraL’atelier de Raphaël est plongé dans la pénombre lorsqu’il ouvre la porte. L’odeur de peinture et de térébenthine flotte dans l’air, familière, entêtante. Il me regarde sans un mot, puis s’écarte pour me laisser entrer.— Tu es venue, souffle-t-il.— Tu m’as demandé de venir, je réponds en avançant dans la pièce.Il ne répond pas immédiatement. Il se contente de contourner un chevalet couvert d’un drap, puis tire doucement dessus.Et mon souffle se bloque.Le tableau est immense. Chaque coup de pinceau est vibrant, chaque couleur, chaque ombre, chaque détail est chargé d’une intensité presque douloureuse.C’est moi.Mais ce n’est pas juste mon reflet.C’est ce qu’il voit en moi.Une femme forte, mais fissurée. Une reine sans couronne, un feu prêt à consumer tout ce qui l’approche.— Raphaël…— Je t’ai peinte comme je te vois. Comme tu es vraiment.Sa voix est basse, rauque, et quand il s’approche de moi, je ne bouge pas.— Personne ne te regarde comme moi, murmure-t-il.Je d
CassandraL’odeur de la peinture et du bois brûlé s’efface sous la force de notre baiser.Les lèvres de Raphaël sont avides, exigeantes, comme s’il voulait me graver dans sa peau. Ses doigts glissent le long de ma nuque, sa main se refermant avec une douceur possessive, m’empêchant de fuir.Mais est-ce que je veux fuir ?Le feu en moi est incontrôlable. Il ne s’agit plus d’une guerre d’ego, de stratégie ou de pouvoir. Juste un besoin brut, un désir qui ne demande qu’à exploser.Ses mains explorent mon dos, découvrent la courbe de mes hanches, et je bascule contre lui, le souffle court.— Dis-moi que tu le veux, murmure-t-il contre ma bouche.Je plante mes ongles dans sa chemise, sentant la tension de son corps sous le tissu.— Et si je te disais que je te veux tous les trois ?Il se fige.Un éclat de douleur traverse son regard, puis une ombre, plus sombre, plus dangereuse.— Alors tu ne veux personne.Il se recule légèrement, son torse se soulevant à un rythme irrégulier.— Tu joues
CassandraJe les fixe tour à tour.— Je ne veux pas choisir. Pas maintenant.Gabriel arque un sourcil, Raphaël tique.— Et si on ne te laissait pas le choix ?Je croise les bras.— Que voulez-vous faire ? M’imposer une réponse ?Gabriel esquisse un sourire amusé, mais je perçois la tension dans ses traits.— Pas du tout.Il s’approche, ses doigts frôlant mon poignet.— Mais tu oublies une chose essentielle.Je retiens mon souffle lorsqu’il effleure ma peau.— Ce jeu, Cassandra… Il a toujours été entre nos mains.LucienJ’observe le verre de whisky ambré entre mes doigts.L’appel de Gabriel ne me surprend pas.Je savais que ce moment arriverait.Que Cassandra atteindrait cette ligne invisible, ce seuil où le pouvoir lui échappe.Elle croit contrôler la partie.Elle croit pouvoir nous mener tous les trois sans conséquences.Mais les rois ne se soumettent pas aux caprices d’une reine.Ils dictent les règles.Je prends une gorgée, puis décroche.— On change la donne, me dit Gabriel sans d
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te