CassandraUn cadeau.De Samuel.Je prends la carte jointe et la lis silencieusement :"On ne peut pas échapper à son passé, seulement le réécrire. - S."Je fronce les sourcils avant de déposer la carte sur mon bureau.Samuel joue avec moi. Il pense que je suis encore sous son emprise.Il se trompe.Je saisis mon téléphone et compose un message court :"On ne réécrit pas l’histoire, Samuel. On la brûle."J’appuie sur "envoyer" avant d’arracher un des pétales du lys et de le faire glisser entre mes doigts.Samuel pense qu’il me tient.Ce soir, je lui prouverai le contraire.---LucienLe club est bondé quand j’arrive.L’ambiance est feutrée, les lumières tamisées, les conversations étouffées par la musique de fond. Un lieu parfait pour des affaires qui ne doivent pas laisser de traces.Je la repère immédiatement.Cassandra est assise à une table près du bar, un verre de whisky devant elle. Sa robe noire épouse ses courbes avec une élégance mortelle. Son regard est fixe, concentré sur la
CassandraLe silence est presque assourdissant. Gabriel est trop proche, son souffle frôle ma peau, et je perçois la tension dans son corps. Il veut que je cède. Il veut que je lui donne ce qu’il attend depuis trop longtemps.Je pourrais le faire.Mais ce serait lui donner l’illusion du pouvoir.Alors, au dernier moment, je recule légèrement, laissant un sourire en coin effleurer mes lèvres.— Tu es bien plus dangereux quand tu es patient, Gabriel.Son regard s’assombrit, un éclair de frustration y passant furtivement. Il sait que je le teste. Il sait aussi qu’il ne peut pas gagner cette bataille. Pas ce soir.— Tu te lasses de jouer, Cassandra ?Je hausse les épaules, feignant l’indifférence.— Disons que je préfère choisir mes adversaires avec soin.Je me détourne et attrape mon manteau. Je le sens encore tendu derrière moi, mais il ne dit rien.— Ne fais pas l’erreur de sous-estimer ce qui t’attend.Je m’arrête avant d’atteindre la porte, puis je pivote lentement vers lui.— Je n’a
CassandraQuand je quitte l’hôtel, l’adrénaline pulse encore dans mes veines. Samuel n’abandonnera pas facilement. Mais ce soir, il a compris que je n’étais plus la femme qu’il pouvait manipuler.En regagnant ma voiture, je sors mon téléphone et envoie un message.Moi : C’est fait.Quelques secondes plus tard, une réponse s’affiche.Gabriel : Et ?Moi : Il va réagir. Prépare-toi.Il ne répond pas immédiatement. Puis :Gabriel : Je l’ai toujours été.Un sourire en coin naît sur mes lèvres.La partie ne fait que commencer.La nuit est tombée depuis longtemps lorsque je gare ma voiture devant mon immeuble. Le silence de la ville, ponctué seulement par quelques bruits lointains, me semble plus pesant que d’habitude.Samuel a compris mon message, mais ce n’est pas lui que je crains ce soir.Je sors du véhicule et me dirige vers l’entrée de l’immeuble. Dès que je franchis le hall, je ressens une présence. Quelqu’un est là.Mon regard se pose sur le salon commun, où une silhouette est instal
CassandraIl esquisse un sourire, mais ses yeux restent graves.— Il y a un déséquilibre dans le jeu. Tu es en train de devenir la reine, et certains rois craignent de perdre leur trône. Il y a quelqu’un d’autre qui veut prendre sa place, et ses intentions ne sont pas honorables.Je plisse les yeux, écoutant attentivement.— Explique-toi.— Gabriel et Lucien s’entendent pour t’enchaîner à leur ambition. Ils veulent que tu deviennes leur trophée, leur conquête permanente, et ils ne reculeraient devant rien pour y parvenir.Un frisson me parcourt. Je savais que leurs jeux devenaient plus dangereux, plus implacables.— Et toi, Samuel ? Où te situes-tu dans tout ça ?Il hésite, ses mains se crispant sur le comptoir.— Je… je cherche à te protéger, Cassandra. Tu es la seule à pouvoir réécrire les règles. Mais si tu joues leur jeu, tu risques de tout perdre. Ils ont déjà commencé à se liguer contre toi.Je laisse un silence s’instaurer, pesant et lourd. Puis je me penche légèrement vers lui
GabrielAssis seul dans mon salon, je repense aux derniers instants passés avec Cassandra. Elle a laissé transparaître une vulnérabilité rare, un éclat de doute sur lequel je peux jouer. J’ai toujours cru la posséder, la comprendre mieux que quiconque. Mais aujourd’hui, elle m’a lancé un défi implicite en évoquant ce conflit intérieur : gagner contre elle-même.— Contre qui, me demandais-je, si ce n’est pas contre ces ombres qui la rongent ?Je savais que pour elle, comme pour moi, le pouvoir n’était jamais qu’un reflet de nos propres peurs.Je prends une gorgée de scotch, réfléchissant à la manière de transformer ce moment en une victoire définitive.— Si Cassandra commence à douter, c’est là que je dois frapper. Je dois lui montrer que je suis celui qui peut l’aider à retrouver sa souveraineté – non pas en la contrôlant, mais en l’alliant à ma propre force.Pour l’instant, elle ne m’a pas tout révélé. Mais je sens que la bataille ne fait que commencer.CassandraJe quitte l’appartem
CassandraLe destin s’annonce implacable, et je suis prête à l’affronter, coûte que coûte.La Déclaration du Destin est faite.Le jeu continue, et bientôt, sous le feu des regards et le poids des ambitions, les masques tomberont définitivement.Moi, Cassandra, je serai celle qui écrira la suite de cette guerre des passions et du pouvoir.La journée s’étire, rythmée par des dossiers, des négociations et des décisions qui ne laissent aucune place à l’hésitation. Pourtant, au fil des heures, je sens une tension sourde, presque électrique, s’installer en moi. Ce n’est pas seulement à cause des enjeux professionnels.Non.C’est cette guerre silencieuse, ce bras de fer qui se joue entre ces hommes et moi.Gabriel. Raphaël. Lucien.Chacun d’eux croit avoir un droit sur moi. Chacun pense que je lui appartiens d’une manière ou d’une autre. Mais ce soir, je vais leur montrer que je suis la seule à décider.Quand je sors de ma dernière réunion, la nuit est déjà tombée sur la ville. L’air est cha
CassandraJe suis venue ici pour poser mes propres règles, mais il m’a rappelé une chose essentielle : je ne peux pas fuir ce que je ressens.Le désir. La peur. L’excitation.Tout est mêlé en un maelström incontrôlable.Je serre les poings.Ce soir, je ne laisserai pas ces hommes dicter ma vie.Mais pour cela, il faut que je prenne une décision.Lucien m’observe, un sourire en coin.— Tu réfléchis trop, Cassandra.Je le fixe avec intensité.— Et toi, tu crois trop en ton pouvoir.Son sourire s’élargit.— On verra bien.Il lève son verre en un toast silencieux.Je ne sais pas encore comment cette guerre se terminera.Mais une chose est certaine : je suis prête à en être la reine, et non la prisonnière.Ce soir, Cassandra a compris qu'elle ne pouvait plus fuir.Mais qui contrôlera vraiment le jeu ?La réponse est encore à écrire...L’ascenseur monte lentement, trop lentement à mon goût. Je sors de chez Lucien avec une certitude : il ne renoncera pas. Aucun d’eux ne le fera. Et moi, au m
CassandraLa nuit s’étire, lourde, oppressante.J’ai quitté l’atelier de Raphaël sans un mot de plus, mais mon esprit est en ébullition.Il a raison.Lucien, Gabriel, Raphaël… Chacun d’eux représente un fragment de mon âme.Et moi, au milieu, je vacille.Je devrais fuir. Loin de cette guerre d’ego, loin des regards brûlants, loin de ce désir qui me consume.Mais au lieu de cela, mes pas me ramènent chez moi.Et à peine ai-je refermé la porte que je sens une présence.— Tu rentres tard.Ma respiration se bloque.Lucien est là.Installé sur mon canapé, à l’aise, un verre à la main.— Comment es-tu entré ? demandé-je d’un ton sec.Il hausse les épaules.— Tu devrais vraiment renforcer ta sécurité.Il est arrogant, provocateur. Mais ce soir, quelque chose de plus sombre brille dans son regard.Je m’approche lentement, les bras croisés.— Qu’est-ce que tu veux, Lucien ?Il se lève et s’avance vers moi.— La vérité.Je fronce les sourcils.— Quelle vérité ?— Celle que tu fuis.Il pose son
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te
CassandraLe vent fouette mon visage alors que nous courons à travers la forêt sombre. La main de Gabriel serre la mienne avec une force implacable, nous guidant à travers les arbres et les racines traîtresses qui s’entrelacent sous nos pieds. La nuit est noire, oppressante, mais le poids de la menace qui plane est encore plus lourd que l'obscurité.Gabriel s’arrête brusquement, son regard noir balayant la forêt silencieuse. Il est tendu, chaque muscle de son corps vibrant d’une tension animale.— « On nous suit, » murmure-t-il, son souffle rapide formant une buée blanche dans l’air froid.Je tends l’oreille, mais je n’entends rien d’autre que le silence pesant de la forêt.— « Tu es sûr ? »— « Je le sens. »Ses yeux sombres brillent dans la pénombre, et je sais qu’il a raison. Gabriel a toujours eu une capacité instinctive à percevoir le danger, une aptitude qui a été forgée par des années de survie dans un monde impitoyable.Il attrape mon visage entre ses mains, son regard perçant
CassandraLe jour se lève à peine lorsque je me réveille, blottie contre le torse chaud de Gabriel. La lumière pâle filtre à travers les rideaux épais, projetant une lueur grisâtre sur les murs de pierre de la maison. Le feu dans la cheminée s'est éteint, laissant derrière lui une odeur de cendres et de bois brûlé.Je sens le souffle régulier de Gabriel dans mes cheveux, son bras fermement enroulé autour de ma taille. Sa chaleur m’enveloppe, une barrière rassurante contre le froid qui s'infiltre dans la pièce. Je ferme les yeux un instant, savourant cette proximité, cette bulle fragile qui semble suspendue hors du temps.Mais la réalité me rattrape rapidement. Lucien. Le danger imminent. Le fait que nous soyons à nouveau traqués.Je glisse lentement ma main sur le torse nu de Gabriel, sentant la tension dans ses muscles même dans son sommeil. Il n'a jamais vraiment cessé d'être en état d'alerte. Même lorsqu'il dort, son corps reste tendu, prêt à réagir à la moindre menace.Je dépose u
CassandraLe vent glacial s’engouffre dans mon manteau alors que nous traversons la ruelle sombre. Gabriel me serre la main, son pas rapide et assuré. La lueur vacillante des lampadaires éclaire à peine le chemin pavé, projetant des ombres distordues sur les murs de pierre.Nous avons quitté l’hôtel au milieu de la nuit, avec à peine le temps de rassembler nos affaires. Gabriel est resté silencieux depuis que nous avons quitté la chambre, mais je peux sentir la tension dans son corps, la façon dont ses doigts se crispent légèrement autour des miens.— « On va où ? » demandé-je à voix basse.Il ne répond pas immédiatement, jetant un coup d’œil rapide derrière nous avant de bifurquer dans une ruelle encore plus sombre.— « J’ai une maison en périphérie de la ville, » finit-il par dire. « C’est un endroit sûr. Personne ne connaît son existence. Pas même Lucien. »J’avale difficilement ma salive, le nom de Lucien me donnant des frissons dans le dos. Gabriel me guide vers une porte discrèt
CassandraJe me réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre. La chambre est plongée dans la pénombre, à peine troublée par la lueur diffuse de la lune qui filtre à travers les rideaux. Gabriel dort paisiblement à côté de moi, son bras posé sur ma taille. Pourtant, une sensation glaciale me noue le ventre, comme si une présence invisible s’attardait dans l’ombre.Je tends l’oreille, écoutant le silence, mais mon instinct hurle. Il y a quelque chose… ou quelqu’un.Mon souffle est court alors que je glisse lentement hors du lit, sans faire de bruit. Le parquet est froid sous mes pieds nus. Mes yeux s’adaptent lentement à l’obscurité tandis que je me dirige vers la fenêtre. Je repousse légèrement le rideau, scrutant la nuit.Un mouvement.Une silhouette sombre se découpe dans la ruelle en contrebas. Immobile, elle semble fixer la fenêtre de notre chambre. Un frisson parcourt mon échine.— « Qu’est-ce qu’il y a ? »La voix grave de Gabriel me fait sursauter. Je me retourne, le trouv
CassandraLa lumière de l’aube glisse à travers les rideaux entrouverts, effleurant ma peau nue d’un éclat doré. Le drap glisse le long de ma cuisse alors que je m’étire doucement, le corps encore lourd du poids du sommeil. Une chaleur familière me ramène à la réalité : le bras de Gabriel est passé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque.Un sourire naît sur mes lèvres alors que je me retourne lentement vers lui. Il dort encore, son visage détendu, presque paisible. Les mèches sombres de ses cheveux retombent sur son front, lui donnant un air vulnérable que peu de gens ont eu le privilège de voir. Mon cœur se serre face à cette tendresse inattendue.J’effleure du bout des doigts la ligne de sa mâchoire, traçant lentement le contour de ses lèvres. Gabriel gémit légèrement dans son sommeil, son bras se resserrant autour de moi.— « Tu comptes me regarder encore longtemps comme ça ? » murmure-t-il d’une voix rauque, les yeux toujours fermés.Je souris, amusée.— « Peut