GabrielLe silence règne dans la pièce à peine éclairée par la lueur tremblotante des chandeliers. L'odeur du sang flotte encore dans l'air, lourde, poisseuse. Les corps des hommes de Dante jonchent le sol, formant une scène de carnage à peine voilée par les ombres mouvantes.Cassandra est debout au centre de la pièce, un éclat glacé dans le regard. Sa robe noire est tachée de sang sur le bas, mais elle reste immobile, imperturbable. La dague qu’elle tient encore à la main brille sous la lumière pâle.Je m’avance vers elle, mon souffle court, les muscles tendus par le combat. Mes doigts glissent dans mes cheveux humides de sueur alors que je m’arrête à quelques centimètres d’elle. Elle lève les yeux vers moi, et je vois cette lueur dans son regard — ce mélange parfait de contrôle et de folie contenue.— « Nous avons gagné, » murmure-t-elle.Je tends la main, effleurant sa joue du bout des doigts.— « Pas encore. »Elle hausse un sourcil, amusée.— « Que reste-t-il à conquérir ? »Je g
GabrielMinuit tombe sur la ville comme une ombre silencieuse. Les lumières du manoir projettent des lueurs dorées sur les pavés humides, et l’odeur du sang se mêle à celle de la pluie. La tempête est passée, mais le goût métallique de la victoire flotte encore dans l’air.Je suis debout sur le balcon du manoir, une cigarette à la main, le regard perdu dans le vide. En bas, les hommes de Dante ramassent les corps et effacent les traces du massacre. Il n’y aura pas de témoin, pas d’histoire à raconter. Juste le silence et la peur gravés dans les murs de cette ville.Un souffle derrière moi. Léger, délicat. Une présence que je reconnaîtrais entre mille.— « Tu fumes, maintenant ? »Je souris sans me retourner.— « Il faut bien célébrer, non ? »Cassandra s’avance, sa robe noire glissant sur le sol comme un voile de ténèbres. Elle s’arrête juste derrière moi, ses doigts froids effleurant ma nuque.— « Tu as du sang sur le col. »Je me retourne lentement, rencontrant son regard sombre et
CassandraLa nuit est lourde, chargée de tension. Les rues silencieuses de la ville dorment sous une chape de nuages épais, mais l'air crépite d'une énergie sombre. Les ombres s'étirent sous les réverbères, et dans le silence du manoir, je sens la menace approcher.Je suis assise dans le grand salon, un verre de whisky à la main. La lueur dorée du liquide danse dans le cristal alors que mes doigts effleurent le bord du verre. Devant moi, Gabriel se tient debout, torse nu, une cigarette entre les doigts. Ses cheveux sombres sont encore en désordre, témoins du chaos de la nuit précédente. Son regard est fixé sur le feu qui crépite dans la cheminée, mais je sais qu'il pense à Dante.— « Tu es silencieux. »Gabriel lève les yeux vers moi. Ses iris sont sombres, un mélange de désir et de colère.— « Je réfléchis. »Je me lève, laissant ma robe de soie glisser le long de ma peau jusqu'à ce qu'elle touche le sol. Je m'avance lentement vers lui, mes pieds nus effleurant le parquet froid. Gabr
CassandraLa nuit est tombée sur la ville, mais le manoir est en ébullition. Les couloirs résonnent du bruit des pas précipités des hommes de Gabriel. Les ordres sont donnés dans le secret des ombres, et l'odeur du cuir et de la poudre flotte dans l'air. Une guerre se prépare, une guerre que nous n'avons pas choisie, mais que nous allons finir.Je suis debout dans la grande salle, face aux immenses fenêtres donnant sur les jardins plongés dans la pénombre. Derrière moi, Gabriel s'habille lentement, boutonnant sa chemise noire, son regard sombre fixé sur le reflet de ma silhouette dans la vitre. Il n'a pas besoin de parler pour que je ressente l'énergie brute qui l'habite.Raphaël est adossé au mur, une cigarette coincée entre ses doigts. Il observe Gabriel avec ce demi-sourire qui cache à peine une pointe d'irritation.— « Il faut frapper vite et fort, » dit-il.Gabriel ne répond pas immédiatement. Il finit de nouer sa cravate avant de s'approcher de moi. Ses mains glissent lentement
CassandraLe son du coup de feu résonne encore dans mes oreilles, vibrant dans mes veines comme une déflagration silencieuse. Dante vacille légèrement, le canon de l'arme de Gabriel encore fumant dirigé vers sa tempe.— « Tu as osé... » murmure Dante en portant une main à son oreille, là où la balle est passée à quelques millimètres de sa tête.Gabriel reste immobile, impassible, son regard d'acier rivé à celui de son adversaire. Il n'y a pas une trace d'hésitation dans ses yeux, juste une détermination froide, tranchante comme une lame.— « Ce n’était qu’un avertissement, » dit Gabriel d'un ton glacial.Dante rit doucement, son sourire s'élargissant jusqu'à ce qu'il dévoile ses dents blanches.— « Oh, Gabriel... Si tu voulais me tuer, tu l’aurais déjà fait. »Gabriel abaisse lentement son arme, mais son regard ne quitte pas Dante. Autour de nous, les hommes de Dante sont en position, les doigts sur les gâchettes. Les hommes de Gabriel leur font face, les armes levées. L’air est satur
CassandraLa nuit s’est épaissie autour de nous, enveloppant la ville dans un manteau d’ombres. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air alors que nous quittons la ruelle. Les cadavres des hommes de Dante jonchent le sol, des ruisseaux de sang glissant lentement entre les pavés. Gabriel marche à mes côtés, son pas régulier et maîtrisé. Son arme est encore chaude dans sa main, mais son visage est d’un calme troublant.Je sens son souffle rapide, le frémissement de tension qui parcourt son corps. Il est en chasse. Il n’a pas eu ce qu’il voulait ce soir.— « Tu crois qu’il reviendra vite ? » demande Raphaël, qui marche derrière nous, les mains enfoncées dans les poches de sa veste en cuir.Gabriel ne répond pas tout de suite. Ses yeux noirs fixent le sol devant lui, comme s’il décryptait un code invisible. Finalement, il glisse son arme dans l’étui sous sa veste.— « Dante ne recule jamais. Il va contre-attaquer. C’est une question d’heures, pas de jours. »— « Alors pourquoi
CassandraLa nuit s’efface lentement derrière les vitres teintées du penthouse, mais le silence qui règne dans la pièce est plus pesant que l’obscurité elle-même. Je suis allongée sur le canapé, mon corps encore engourdi par la fièvre du plaisir, le souffle de Gabriel effleurant ma peau nue. Son bras est passé autour de ma taille, possessif, sa main s’ancrant à mon ventre comme s’il avait peur que je disparaisse dans le néant.J’observe son visage endormi. Son expression est détendue, mais ses sourcils restent froncés, comme si son esprit continuait de lutter dans son sommeil. Gabriel n’a jamais vraiment connu le repos. Il est toujours en alerte, même dans ses moments de vulnérabilité. Je passe mes doigts dans ses cheveux sombres, appréciant la texture soyeuse sous mes paumes.Il ouvre les yeux brusquement, son regard noir se fixant sur moi avec une intensité brûlante.— « Tu ne dors pas ? » murmure-t-il, sa voix rauque de sommeil.Je secoue la tête.— « Pas quand toi non plus, tu ne
CassandraLa Maserati fend la nuit à une vitesse folle, le rugissement du moteur résonnant dans le silence pesant des rues désertes. Mes doigts sont crispés sur le cuir du siège, mon cœur battant à un rythme effréné tandis que Gabriel conduit avec une maîtrise glaciale. Ses mains sont fermes sur le volant, ses jointures blanchies par la tension.À l’arrière, Raphaël observe la route avec un sourire carnassier. Son mètre quatre-vingt-dix semble à l’étroit dans l’habitacle luxueux, mais il n’en montre rien. Il allume une cigarette, le bout rougeoyant projetant une lueur rougeâtre sur son visage sculpté.— « Ce n’est pas tous les jours qu’on décide d’attaquer le roi du sang. »Gabriel ne répond pas, son regard sombre fixé sur la route.— « Gabriel… » Je tends une main vers lui, mais il ne détourne pas le regard.— « On n’a plus le choix, Cassandra. »— « Il y a toujours un choix. »Il jette un regard fugace dans ma direction, son expression de marbre.— « Pas cette fois. »Raphaël laisse
CassandraLe silence dans la pièce est lourd, oppressant. Gabriel me serre contre lui, sa respiration encore saccadée après ce qu’il vient de se passer. Mon cœur bat à un rythme effréné, mon corps tremble sous l’effet du choc. L’ombre qui s’est glissée en moi pulse toujours dans mes veines, une présence sourde et malveillante que je ressens à chaque inspiration.Raphaël est toujours là, immobile, son regard froid posé sur moi comme un rapace qui observe sa proie. Son sourire glacé me donne envie de hurler.— « Qu’est-ce que tu lui as fait ? » gronde Gabriel, le souffle court.Raphaël hausse légèrement les épaules, le ton faussement désinvolte.— « Ce n’est pas moi. C’est Lucien. »Mon corps se tend au simple son de son nom. Une vague de froid me parcourt l’échine, et je sens à nouveau cette force obscure ramper sous ma peau, cherchant à prendre le contrôle. Je m’accroche aux épaules de Gabriel pour ne pas sombrer.— « Sors de ma tête, » je murmure, la gorge serrée.Raphaël s’approche,
CassandraUne déflagration de ténèbres m'envahit alors que les lèvres glaciales de Lucien rencontrent les miennes. C'est comme si une vague de poison noir se déversait dans mes veines, brûlant chaque cellule de mon corps. Mon esprit se brouille, le sol semble se dérober sous mes pieds. Mon cœur bat à un rythme effréné, une douleur sourde éclatant dans ma poitrine.Gabriel hurle mon nom dans un souffle brisé.— « Cass…andra ! Non ! »Je veux reculer, briser le contact, mais Lucien m’enserre, sa main froide pressant ma nuque. Une ombre liquide glisse de sa bouche vers la mienne, un souffle noir qui s'insinue en moi.Mon corps convulse violemment. Mon souffle se bloque. La douleur est insupportable.— « Lâche-la ! »Un bruit sourd explose dans la pièce. La poigne de Lucien cède brutalement. Je tombe au sol, mes mains heurtant le marbre glacé dans un bruit mat.Gabriel est sur lui.Lucien ricane, essuyant le sang qui coule de sa lèvre d'un revers de la main.— « Touchant. Mais futile. »G
CassandraLe temps semble s'être suspendu. La lame de Lucien s’abat dans l’air, une lueur d’argent éclatante dans l'obscurité oppressante de la pièce. Mon souffle se bloque dans ma gorge alors que Gabriel se place devant moi, prêt à encaisser le coup à ma place.— « Non ! »Je tends la main, mais tout se passe trop vite.Gabriel bloque la lame de son bras, le métal entaillant profondément sa chair. Il gronde de douleur, mais ne flanche pas. Du sang s'écoule le long de son avant-bras, goutte à goutte, jusqu'à tacher le sol de marbre noir.Lucien recule d’un pas, un sourire cruel étirant ses lèvres.— « Toujours prêt à te sacrifier, Gabriel ? Quel noble idiot tu fais. »Gabriel serre les dents, le souffle saccadé. Il se redresse lentement, son regard noir brûlant de rage.— « Si tu la touches, je te jure que je t’arracherai le cœur. »Lucien ricane, sa lame encore tâchée du sang de Gabriel.— « Tu es pathétique. Tu crois pouvoir me menacer ? Tu n'es qu'un jouet brisé. »Gabriel se jette
CassandraL’obscurité de la chambre est à peine troublée par la lumière pâle de la lune filtrant à travers les rideaux entrouverts. Allongée contre Gabriel, ma tête posée sur son torse, je sens la cadence lente de son cœur sous ma paume. Sa respiration régulière me rassure, mais le poids de ce qui nous attend pèse lourd sur ma poitrine.Je glisse mes doigts sur sa peau nue, savourant la chaleur de son corps contre le mien. Gabriel est éveillé. Je le sens à la tension dans ses muscles, à la légère crispation de sa mâchoire. Il joue distraitement avec une mèche de mes cheveux, ses yeux rivés sur le plafond.— « Tu ne dors pas ? » je murmure.Il émet un son grave, à peine un soupir.— « Non. Je réfléchis. »Je me redresse légèrement, posant mon menton sur sa poitrine pour le regarder dans les yeux.— « À quoi ? »Son regard sombre se fixe sur moi, une étincelle de douleur cachée dans la profondeur de ses prunelles.— « Lucien. Il ne va pas nous laisser partir si facilement. Il est toujou
CassandraLe vent de la nuit fouette mon visage alors que nous courons à travers le dédale des rues sombres de la ville. Gabriel me tient fermement par la main, son souffle rapide résonnant dans l’air glacé. Derrière nous, le bruit des pas des hommes de Lucien se rapproche. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va exploser.— « Par ici ! » crie Raphaël en ouvrant une porte latérale d’un bâtiment abandonné.Gabriel me pousse à l’intérieur, son bras protecteur autour de ma taille. Une fois à l’intérieur, Raphaël referme la porte derrière nous, bloquant l’accès avec une barre métallique. Le silence s’installe brutalement, seulement perturbé par nos respirations haletantes.Gabriel s’agenouille devant moi, ses mains glissant sur mes bras.— « Tu es blessée ? »Je secoue la tête, encore sous le choc.— « Non… Mais toi ? »Son regard sombre se fixe sur moi. Il passe une main sur sa joue ensanglantée, mais il ne semble pas s’en soucier.— « Ce n’est rien. »Je tends la main, mes d
CassandraLe froid est le premier à me réveiller. Ce n'est pas la morsure du vent ou la température de la pièce, mais le vide glacial qui s’est insinué dans ma poitrine, là où bat encore mon cœur meurtri. Les draps sont froissés autour de moi, témoins d'une nuit sans sommeil. La lueur pâle de l’aube filtre à travers les rideaux épais, baignant la chambre d’une lumière artificielle et froide.Je me redresse, le souffle court, le cœur battant. Je suis toujours là. Toujours prisonnière de ce palais doré, sous l’emprise d’un homme qui veut me posséder.Une porte s’ouvre doucement.Je me fige.Lucien entre dans la pièce, une tasse de café à la main. Il est impeccable, vêtu d’un costume noir parfaitement ajusté. Son regard glisse sur moi avec une lenteur délibérée.— « Tu es réveillée. Parfait. »Je serre les draps contre moi, ma gorge se noue.— « Qu’est-ce que tu veux ? »Il dépose la tasse sur la table de chevet, puis s’installe au bord du lit. Ses doigts effleurent ma joue.— « Juste m’
CassandraLes murs de la chambre sont blancs, presque trop parfaits. Un lit large aux draps immaculés trône au centre, et une grande baie vitrée donne sur une vue magnifique de la ville illuminée en contrebas. Pourtant, le froid qui m’enveloppe n’a rien à voir avec la température ambiante.Je suis assise sur le rebord du lit, mes doigts crispés sur le tissu fin de ma robe. Lucien m’a enfermée ici après avoir arraché Gabriel à mes côtés. Mon cœur est un champ de ruines depuis ce moment. J’ai la nausée en repensant à la manière dont Gabriel m’a regardée, à cette douleur brute dans ses yeux lorsqu’il a compris que je m’étais livrée à Lucien pour lui sauver la vie.— « Tu comptes rester là toute la nuit à ruminer ? »Je me redresse brusquement. Lucien est adossé au chambranle de la porte, un verre de whisky à la main. Il est impeccablement habillé, son costume sombre contrastant avec l’atmosphère aseptisée de la pièce. Ses yeux brillent d’une lueur glaciale.— « Tu comptes me surveiller c
CassandraJe me tourne vers Lucien, le regard dur.— « Je suis là. Lâche-le. »Lucien sourit.— « Bien sûr. Mais le jeu vient à peine de commencer. »Il claque des doigts. Deux hommes entrent.Gabriel se débat, mais il est trop faible.Je serre les poings.— Je vais le sortir de là. Peu importe le prix.Le claquement métallique des verrous résonne dans la pièce. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine alors que la porte se referme derrière moi. Gabriel est assis dans un fauteuil en cuir noir, les poignets encore marqués par les menottes. Une fine traînée de sang a séché sur sa tempe, mais c’est la lueur sombre dans ses yeux qui me frappe le plus.— « Cass… »Sa voix est rauque, brisée. Je m’avance vers lui, mes talons claquant sur le sol de marbre. Je m’agenouille devant lui, mes mains glissant sur son visage.— « Tu vas bien ? »Gabriel inspire difficilement, son regard accroché au mien.— « Il t’a fait quoi ? »— « Ce n’est pas moi qui suis blessée. »Je passe mes doigts sur sa
GabrielJe me réveille en sursaut, le goût amer du sang dans la bouche et une douleur sourde dans mes côtes. Le métal froid des menottes entravant mes poignets m’arrache un grognement de frustration. Mes yeux s’ouvrent lentement, et la lumière tamisée de la pièce me force à plisser les paupières.Une sensation poisseuse glisse le long de ma tempe : du sang. Je passe ma langue sur mes lèvres fendillées. La pièce sent l’humidité et le cuir. Les murs sont en béton nu, sans fenêtre, à l’exception d’une porte en acier massif verrouillée par une série de verrous.Lucien.Ce salaud m’a eu.Je me redresse lentement, mes épaules tendues par l’effort. Ma chemise est déchirée au niveau de l’épaule, le tissu collant à ma peau par le sang séché. Une douleur lancinante pulse dans mon côté gauche : probablement une côte fêlée.— « Réveil difficile, Gabriel ? »Sa voix. Douce, mielleuse, mais tranchante comme une lame.Lucien est appuyé contre l’encadrement de la porte, un sourire amusé étirant ses l