CassandraLe matin suivant, la lumière tamisée qui filtrait à travers les rideaux n’avait pas la douceur d’antan. Elle frappait chaque recoin de la pièce comme un juge impartial, exposant la vérité nue. Et la vérité, aujourd'hui, était plus difficile à affronter que jamais. Le choix que je devais faire n’était plus un simple dilemme. C’était une question de survie, de ce que je voulais devenir et de ce que j’étais prête à sacrifier pour l’obtenir.Je me levai, les jambes encore un peu faibles, mon esprit encore embrouillé par la chaleur de la nuit précédente. Les mots échangés, les gestes partagés, la proximité de leurs corps m’avaient laissée dans un état de confusion totale. Mais ce n’était pas de la confusion qui m’assaillait aujourd'hui. Non. C’était de la clarté. Une clarté déchirante qui me poussait à voir les choses telles qu’elles étaient réellement, sans les illusions que j'avais nourries.Je me rendis dans la cuisine, mes pas résonnant dans le silence de l’appartement. L’air
CassandraJe n’avais pas fait un pas que je sentis l’atmosphère changer. La porte venait à peine de se refermer derrière moi, mais déjà, je savais. Je savais qu’ils n’accepteraient pas que je parte ainsi, sans retour. Je savais qu’ils n’accepteraient pas d’être écartés aussi facilement, d’être rejetés aussi brutalement.Gabriel, Raphaël… Je pensais qu’ils comprendraient. Mais non. Leurs égos étaient trop puissants, leur volonté de me garder trop forte. Et moi, au fond, je le savais. Je savais qu’il me serait impossible de partir sans qu’ils ne me retiennent. Je savais que je n’étais pas aussi libre que je l’avais cru.Le vent soufflait dehors, dans la rue déserte, frappant les murs comme un tambour lointain. Je me dirigeais vers la sortie, mes pas résonnant dans le couloir sombre. Mais avant que j'atteigne la porte, une main m’attrapa brutalement par le bras.— "Cassandra, tu ne pars pas comme ça", dit la voix de Raphaël, basse, menaçante.Je tournai la tête pour le regarder, mais je
CassandraLa porte se referma derrière moi avec un bruit sourd, et je m’élançai dans la rue déserte. Le vent m’assaillait de plein fouet, emportant avec lui la sensation de sécurité que j’avais encore cru posséder. C’était comme si chaque pas m’éloignait un peu plus de tout ce que j’avais connu. Et pourtant, à chaque instant, je sentais que j’étais poussée à avancer. Que je n’avais pas d’autre choix.La ville s'étendait devant moi, silencieuse, mais pleine de promesses et de dangers. Le monde m’était encore inconnu. Chaque ruelle, chaque coin de rue semblait être une nouvelle route à explorer, une nouvelle possibilité. Mais même au milieu de cette liberté retrouvée, je savais que quelque chose me suivait. C’était inévitable. Le poids de mes décisions pesait lourdement sur mes épaules.Mais alors que je m’avançais, j’entendis une silhouette derrière moi. Une silhouette qui marchait d’un pas calme mais déterminé. Une silhouette que je connaissais trop bien.Je m’arrêtai net, le cœur bat
CassandraLe silence de la nuit m’engloutissait alors que mes pas résonnaient sur le pavé froid. Le vent s’était levé, fouettant mes cheveux et me rappelant la morsure glaciale de l’hiver qui s’installait. Chaque battement de mon cœur cognait douloureusement dans ma poitrine, comme s’il cherchait à combler le vide que je venais de créer.Je n’avais pas regardé en arrière. Pas une seule fois. Parce que si je l’avais fait, j’aurais vacillé. J’aurais vu la douleur dans leurs yeux, la détresse cachée derrière leur masque de contrôle. Raphaël, avec son intensité brûlante, prêt à se consumer pour moi. Gabriel, avec son calme glacial, sa maîtrise fragile qui s’effritait peu à peu devant l’inéluctable.Mais j’avais fait mon choix. Un choix qui me laissait seule. Ce vide, je l’avais voulu. J’en avais eu besoin. Et pourtant, maintenant qu’il m’enveloppait entièrement, je me demandais si j’avais été prête à en supporter le poids.Je traversai une ruelle sombre, mes talons claquant contre les pav
CassandraLe souffle du vent mordait ma peau alors que je continuais à marcher dans la nuit sombre. Le bruit régulier de mes talons frappant le pavé résonnait dans la rue déserte, rythmé par le battement rapide de mon cœur. Mon esprit était en ébullition, chaque pensée se bousculant contre l’autre, chaque souvenir se superposant au suivant. La dernière image de Gabriel et Raphaël se tenant dans la pénombre, leurs visages marqués par la résignation et la douleur, ne cessait de me hanter.Je savais que ce moment viendrait. Cette rupture inévitable. Ce choix. Mais je n'avais pas anticipé la violence de l'impact émotionnel. Ils avaient été une partie de moi, une ancre dans un monde qui m’avait constamment poussée vers l’abîme. Leur amour, leurs regards, leurs caresses — tout cela appartenait désormais au passé.Je passai une main tremblante dans mes cheveux, essayant de calmer le tremblement de mes doigts. Mon souffle était court, mon cœur battait bien trop vite. La ville autour de moi se
CassandraLa lumière dorée du matin filtrait à travers les lourds rideaux de ma chambre, projetant des reflets dansants sur le parquet en bois sombre. Le silence régnait, à peine troublé par le bruit lointain de la circulation dans la rue en contrebas. Je m’étais réveillée tôt, le corps tendu par une nervosité diffuse, une tension sourde qui semblait s’être infiltrée dans chaque fibre de mon être.Allongée sur le dos, les draps en soie glissant sur ma peau nue, je laissai mon regard dériver vers le plafond. La scène de la veille me hantait encore : Gabriel, son regard chargé de douleur et de résignation, me laissant partir. Puis Raphaël, son sourire carnassier, cette promesse implicite dans la manière dont il m’avait regardée avant de disparaître dans la nuit.Un frisson me parcourut.J’aurais dû me sentir soulagée. J’aurais dû ressentir cette liberté que j’avais tant désirée. Mais au lieu de cela, je me sentais vide. Comme si une partie de moi avait été arrachée dans le processus.Un
CassandraLa journée s'étirait dans un silence pesant, interrompu seulement par le bruit lointain des voitures dans la rue. J'étais installée dans le salon, un verre de vin à la main, mes jambes repliées sous moi sur le canapé en cuir. Le feu dans la cheminée crépitait doucement, projetant des ombres mouvantes sur les murs.Mes pensées tournaient en boucle, un tourbillon de confusion et de tension. La rencontre avec Raphaël ce matin me laissait un arrière-goût amer sur la langue. Il jouait avec moi, je le savais. Il voulait me posséder, me contrôler. Pourtant, je n'avais pas réussi à le repousser.Je fermai les yeux et pris une longue gorgée de vin. La chaleur du liquide se diffusa lentement dans mon corps, mais elle n'apaisait pas ce feu intérieur qui consumait mes nerfs.Un léger bruit dans le couloir attira mon attention. Des pas feutrés. Un frisson me parcourut la colonne vertébrale.— « Si tu es encore là, Raphaël, je te préviens, je ne suis pas d'humeur. »Un rire grave et famil
CassandraLa nuit tombait sur la ville, et les lumières des gratte-ciels scintillaient au travers des larges baies vitrées du penthouse. Le ciel sombre semblait peser sur moi alors que je me tenais face à la fenêtre, un verre de vin rouge à la main.Raphaël s'était éclipsé après la soirée, me laissant seule avec mes pensées et cette tension brûlante qui ne voulait pas disparaître. Gabriel n'était pas loin. Je le savais. Je le sentais.Je portai le verre à mes lèvres, savourant le goût amer du vin qui coulait dans ma gorge. Une porte claqua doucement derrière moi.— « Tu es rentrée tard. »Je fermai brièvement les yeux avant de me retourner. Gabriel se tenait dans l’ombre du salon, une main dans la poche de son pantalon, l’autre tenant négligemment un verre de whisky. Son costume noir était légèrement froissé, sa chemise entrouverte révélant la ligne musclée de son torse.— « Depuis quand as-tu les clés de chez moi ? » lançai-je d’un ton sec.— « Depuis toujours. »Son sourire effleura
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te