CassandraLes jours passaient dans une étrange quiétude, comme si le monde extérieur respectait le silence que j'avais décidé d'embrasser. Mais plus je m'enfonçais dans cette tranquillité, plus la question de mon passé revenait hanter mes pensées. Il y avait quelque chose dans cette paix qui me forçait à faire face aux fantômes que j'avais laissés derrière moi, ceux que j'avais soigneusement ignorés jusqu'ici. Le calme extérieur était un écho de l'agitation intérieure, une agitation que je ne pouvais plus ignorer.Raphaël, fidèle à sa manière, me permettait de m’avancer à mon rythme. Il ne me pressait pas, mais il me poussait à affronter les vérités que j'avais évitées, celles qui me hantaient encore, liées à mes choix passés, à ceux qui m’avaient construite, mais aussi détruite. Il y avait des choses que je n'avais jamais dites à personne, des secrets que je portais comme des fardeaux invisibles. Et ces secrets, je savais qu'il était temps de les affronter.Ce matin-là, je me rendis
CassandraLe soleil se couchait lentement, baignant la ville d’une lumière dorée et chaude. La chaleur du soir était agréable, mais je savais que ce calme était temporaire. La vie avait décidé de me rappeler ses turbulences. Mon cœur battait dans ma poitrine, empli d’une étrange agitation. Le vent soufflait doucement, emportant avec lui les échos de mes pensées les plus sombres. Raphaël, toujours aussi mystérieux, semblait percevoir mes états d’âme sans que j’aie à lui dire quoi que ce soit. Il savait. Et, d’une manière ou d’une autre, cela me rassurait.J’étais debout, contemplant l'horizon, les bras croisés, perdue dans mes réflexions. Cette paix fragile que j'avais cultivée pendant des jours, des semaines, semblait se briser peu à peu. Le passé ne voulait tout simplement pas me laisser partir. Gabriel n’était pas la seule ombre qui planait au-dessus de ma tête. Lucien, avec sa froideur et son ambition dévorante, restait également une menace constante. Il voulait m’impliquer dans so
CassandraJe me tenais debout, seule dans la grande pièce de l’imposante villa de Lucien, la lumière tamisée des chandeliers projetant des ombres sur les murs. Chaque détail, chaque meuble semblait respirer la richesse, la domination qu’il exerçait sur ceux qui se retrouvaient ici, chez lui. J’étais une étrangère dans ce monde où les émotions étaient des marchandises, où les désirs étaient des armes, et où la liberté n’avait de place que pour ceux qui savaient se l'approprier.Lucien n’était plus qu’à quelques pas de moi, mais ses yeux ne me quittaient pas. Il semblait attendre quelque chose de ma part, une réaction, une faiblesse. Il voulait que je cède, que je prenne peur. Mais cette fois, il n’obtiendrait pas ce qu’il cherchait. Je n’avais plus rien à perdre, et la peur ne m'atteignait plus comme avant.— "Alors, Cassandra," dit-il finalement, sa voix douce mais implacable, "tu veux vraiment jouer à ce jeu-là avec moi ?"Je lui adressai un regard défiant, le défi évident dans mes y
CassandraLe vent froid soufflait dans la rue déserte, balayant mes cheveux derrière moi tandis que je m’éloignais de la villa de Lucien. Chaque pas était une libération, un pas de plus loin de la cage dans laquelle il avait essayé de m’enfermer. Mais derrière cette sensation de liberté se cachait une réalité qui n’était pas aussi simple. Parce qu’au fond, je savais que Lucien ne me laisserait pas partir si facilement. Ce n’était qu’une bataille parmi tant d’autres dans cette guerre où tout semblait se jouer sur un fil tendu.Je m’arrêtai un instant pour reprendre mon souffle. L’air frais me piquait les poumons, mais il m’était salutaire. Les rues, encore plongées dans la semi-obscurité de la nuit, semblaient s’étirer devant moi, pleines de promesses et de dangers. La ville était en mouvement, mais moi, j’étais à l’arrêt, figée dans une réflexion qui pesait lourd sur mon âme.Je repensais à tout ce que j’avais traversé, à tous les sacrifices faits pour en arriver là. Et pourtant, malg
CassandraLes jours suivants passèrent comme un tourbillon, à la fois flous et intenses, comme si la réalité elle-même avait décidé de se redéfinir à chaque instant. Raphaël et moi étions devenus des alliés de circonstance, marchant côte à côte dans un monde où chaque mouvement, chaque décision semblait lourd de conséquences. Nos conversations étaient devenues des pièces de puzzle que l'on assemblait lentement, à la recherche de l'image complète. Mais à chaque fois que nous croyions toucher à la vérité, elle se dérobait à nous, comme un mirage dans le désert.Le poids du passé était toujours là, tapi dans l'ombre de chaque décision. Lucien, même loin de moi, était comme une ombre persistante, une présence invisible mais toujours menaçante. Il ne m’avait pas encore laissé partir complètement, et je savais que chaque geste que je ferais désormais serait observé. Mais il y avait aussi quelque chose de nouveau, de différent, quelque chose qui m’appartenait : le pouvoir de choisir. Un pouv
CassandraLe matin qui suivit ma conversation avec Raphaël semblait tout aussi lourd que la veille, mais une chose avait changé : j’étais prête à affronter les vérités, aussi dérangeantes soient-elles. Le poids de la responsabilité qui m’incombait, le fardeau des décisions à venir, me tenaient dans une position d'attente et d'angoisse. Mais j’étais consciente d'une chose : il n'y avait plus de place pour l'indécision.Raphaël et moi n'avions pas échangé davantage de paroles cette nuit-là. Nous nous étions laissés submerger par les pensées, chacun dans son coin, le silence entre nous devenant plus lourd que toute déclaration d’amour ou de haine. Pourtant, au fond, je savais que ce silence portait son propre message. Nous étions dans la même bataille, mais les armes que nous allions choisir allaient définir l'issue de cette guerre.Je me tenais près de la fenêtre, observant la ville qui s'étendait sous mes yeux. Ce matin, tout me paraissait un peu plus flou, un peu plus incertain. Les r
CassandraLe vent soufflait fort à l'extérieur, secouant les rideaux dans un murmure léger qui contrastait étrangement avec le tumulte qui faisait rage à l'intérieur de moi. Après les mots de Raphaël, une question essentielle se posait maintenant : comment briser ce cercle, cette promesse, sans tout détruire autour de moi ? L'idée d'une liberté nouvelle semblait à portée de main, mais la crainte de l'inconnu me tenaillait. Le monde semblait désormais divisé en deux parties distinctes : celle que j'avais connue, et celle qui m'attendait.Je restai là, plongée dans mes pensées, sans pouvoir prendre de décision immédiate. Raphaël était resté silencieux, respectant l’espace que j’avais demandé. Ses yeux étaient plongés dans le vide, comme s'il cherchait à anticiper chaque étape de ce chemin que je m'apprêtais à emprunter. Mais il n'était plus le seul à me guider. Le moment était venu de prendre les rênes de ma vie.La porte s'ouvrit brusquement. Lucien entra, son visage impassible, mais s
CassandraLe vent ne cessait de souffler avec une violence inouïe, comme si la nature elle-même réagissait à l’intensité du moment. J'avais pris une décision, et malgré les voix qui résonnaient encore dans ma tête, un sentiment de calme étrange m'envahit. Peut-être était-ce la lourde prise de conscience, ou peut-être simplement la certitude que plus rien ne serait jamais aussi simple. Le monde autour de moi semblait se plier sous le poids de cette vérité que j'avais trop longtemps ignorée. Les conséquences de mes choix étaient désormais inévitables.Raphaël et Lucien étaient partis en silence après nos échanges. Aucun d'eux n’avait essayé de me convaincre davantage. Je savais qu'ils respectaient ma décision, mais aussi qu'ils attendaient, chacun à leur manière, que je comprenne pleinement ce que cela impliquait. Mais ce qu’ils ignoraient, c'était que je ne faisais pas qu'affronter le présent. Non, je me préparais à découvrir quelque chose de bien plus vaste et ancien que tout ce que j
CassandraLe matin perce à travers les rideaux, baignant la pièce d'une lumière dorée. Raphaël dort encore, son bras enroulé autour de ma taille, son souffle chaud effleurant ma nuque. Son torse nu est pressé contre mon dos, et je peux sentir la régularité de sa respiration.Je me demande depuis combien de temps je suis réveillée. Peut-être une heure. Peut-être plus. Mon esprit tourbillonne, incapable de se fixer sur une seule pensée. La conversation de la veille avec Gabriel me hante. La guerre. Les choix. Les conséquences.Je me redresse doucement, le cœur battant. Raphaël gémit dans son sommeil, sa main cherchant instinctivement la mienne.— « Cass… » murmure-t-il d’une voix rauque.Je me retourne pour le regarder. Ses paupières s’entrouvrent, révélant ce bleu profond qui me transperce toujours autant.— « Tu ne dors pas ? »J’effleure son visage du bout des doigts.— « Non. »Il m’attire contre lui, mes mains posées à plat contre son torse.— « Tu penses à ce qu’a dit Gabriel, n’e
RaphaëlJe suis incapable de me souvenir du moment où j’ai commencé à perdre pied. Peut-être que c’était ce soir-là, sous la pluie battante, quand j’ai vu Cassandra s’effondrer dans mes bras, brisée, dévastée. Ou peut-être que c’était bien avant, quand j’ai compris qu’elle serait toujours mon point faible.Ce que je sais, c’est que maintenant que je l’ai retrouvée, je suis incapable de la lâcher.La pièce est sombre, éclairée seulement par la lueur diffuse des lampadaires de la rue. Cassandra est assise au bord du lit, son dos nu offert à la lumière. La couverture glisse le long de sa peau dorée, révélant la courbe parfaite de son épaule.Je m’approche lentement, mes doigts frôlant la ligne de sa colonne vertébrale. Elle frissonne sous mon contact.— « Tu ne dors pas ? » murmuré-je.Elle ne se retourne pas, mais je vois sa main se crisper légèrement sur le drap.— « Je n’y arrive pas. »Je m’assois derrière elle, mes jambes de chaque côté de son corps. Je glisse mes bras autour de sa
CassandraJe sens encore la chaleur de la main de Raphaël sur ma peau, même s’il n’est plus là. Cette chaleur, ce contact qui semblait capable de me retenir, de m’ancrer dans une réalité trop souvent déformée par le chaos et la douleur. Mais à présent, c’est le froid qui s’insinue en moi. Le froid du vide qu’il a laissé derrière lui.Gabriel est assis en face de moi, son regard fixé sur le sol, une cigarette entre ses doigts. La fumée s’élève lentement dans la pièce silencieuse. Il ne parle pas, et je n’ai pas la force de combler ce silence.— « Il est parti, n’est-ce pas ? »Ma voix est brisée.Gabriel redresse la tête. Ses yeux sont cernés, fatigués. Il hoche lentement la tête.— « Il a besoin de temps. »Je laisse échapper un rire amer.— « Du temps ? Pour quoi faire ? Trouver une excuse pour ce qu’il m’a fait ? »Gabriel ne répond pas tout de suite. Il tire sur sa cigarette, la fumée glissant entre ses lèvres.— « Ce n’est pas aussi simple. »— « Alors explique-moi. »Gabriel me r
RaphaëlL’air est lourd, saturé d’une tension électrique qui fait vibrer chaque muscle de mon corps. Je sens le poids de Cassandra dans mes bras, sa respiration faible et irrégulière. Gabriel court à mes côtés, le visage dur, les yeux noirs de rage.Le manoir est plongé dans l’obscurité, à peine éclairé par la lumière froide des lampadaires extérieurs. Chaque bruit de pas résonne comme une menace. Je sens l’adrénaline pulser dans mes veines, me maintenant en alerte.— « Reste avec moi, Cass », murmuré-je en la tenant fermement.Gabriel pousse la porte d’un coup de pied. Elle s’ouvre violemment, claquant contre le mur. L’odeur métallique du sang flotte encore dans l’air.— « Par ici ! » lance-t-il.Nous traversons le hall, mes bras commençant à trembler sous le poids de Cassandra. Son visage est pâle, presque translucide sous la lueur blafarde des lampes. Ses paupières papillonnent.— « Raph… »Mon cœur manque un battement.— « Je suis là. Ne parle pas. Garde tes forces. »Elle secoue
GabrielJe vois le sang s’infiltrer entre ses doigts. Trop de sang.— « On doit la sortir d’ici ! » dis-je en m’approchant.Raphaël relève les yeux vers moi, ses pupilles dilatées par la peur.— « Tu crois que je ne le sais pas ?! » crache-t-il.Je m’agenouille de l’autre côté, mes mains frôlant celles de Raphaël alors que nous tentons ensemble de retenir le sang. Son souffle est court. Elle tremble. Ses paupières se ferment lentement.— « Non, non, non ! Cassandra ! »Je passe une main dans ses cheveux, repoussant une mèche humide de sueur collée à son front.— « Ouvre les yeux », murmuré-je. « Regarde-moi, Cass. »Elle entrouvre faiblement les paupières. Ses lèvres sont bleues.— « Gabe… »Mon cœur se brise.— « Je suis là. Je ne te laisserai pas. »Raphaël se penche, son front presque collé au sien.— « Tiens bon. Je t’en supplie… »Sa voix se brise. Je le vois se battre contre les larmes, contre le désespoir. Il l’aime autant que moi. Peut-être même plus. Mais je ne peux pas pense
CassandraJe n'ai jamais pensé qu'un silence puisse être aussi assourdissant. Pourtant, à cet instant précis, il l'était. Gabriel et Raphaël se tenaient face à moi, les regards chargés de tension et d’attente. L'air était épais, saturé d'émotions brutes. Mon cœur battait si fort que je pouvais presque entendre le sang pulser dans mes tempes.Gabriel, debout à ma droite, me fixait avec une intensité presque douloureuse. Ses yeux sombres, pleins de certitude, reflétaient une attente muette. Il voulait que je fasse ce choix, qu’enfin je tranche, même si cela devait le briser. Son contrôle habituel était là, mais je percevais une fragilité derrière cette façade.À ma gauche, Raphaël. Il semblait presque détendu en apparence, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres. Mais ce sourire ne touchait pas ses yeux. Ses prunelles sombres étaient un orage à peine contenu, une violence prête à éclater si je faisais le mauvais choix — ou le bon, selon lui.Je pris une profonde inspirati
CassandraGabriel était à l’intérieur, je le savais. Je pouvais sentir sa présence, la tension dans l’air, comme si le silence lui-même était sur le point de se briser. Mais ce soir, ce n’était pas lui qui hantait mes pensées.C’était Raphaël.Cela faisait des semaines qu’il avait disparu après cette confrontation. Des semaines où j’avais cru qu’il allait réapparaître, avec ce regard sombre et cette arrogance insupportable. Mais il n’était jamais revenu. Ce silence, cette absence, c’était peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page. Pourtant, quelque chose en moi refusait de le laisser partir complètement.— « Tu es ailleurs. »La voix de Gabriel me tira de mes pensées. Il s’approcha lentement, son regard intense posé sur moi. Il portait une chemise ouverte sur le col, les manches légèrement retroussées, et ses cheveux sombres étaient légèrement ébouriffés. Même dans cet état de vulnérabilité, il dégageait toujours cette aura de contrôle.Je soupirai, sans me retourner.— «
CassandraLa lumière pâle du matin filtre à travers les rideaux de la chambre, caressant doucement ma peau nue. Mon souffle est lent, régulier, alors que je me réveille dans une chaleur réconfortante. Une main chaude est posée sur ma hanche, des doigts effleurant ma peau dans une caresse à peine consciente.J'ouvre lentement les yeux et me tourne légèrement, découvrant le visage endormi de Gabriel, son bras passé autour de ma taille. Sa respiration est calme, ses lèvres entrouvertes dans le sommeil, et une mèche sombre tombe sur son front.Mon cœur se serre devant cette vision si fragile de lui. Lui qui a toujours été cette force brute, ce mur de protection inébranlable, apparaît soudainement vulnérable dans l'intimité de ce moment. Mon regard descend vers son torse, marqué de nouvelles cicatrices encore rouges et sensibles. Mon cœur se serre en revoyant l’image de Lucien et de cette lame.Ma main glisse sur sa peau chaude, traçant les lignes de ses muscles. Il frissonne sous mon touc
CassandraLe soleil commence à poindre à l'horizon, projetant une lumière rougeâtre sur la forêt silencieuse. La douleur pulse encore dans mon abdomen, mais Gabriel me tient fermement contre lui alors qu'il marche à travers les arbres. Son souffle est lourd, sa main posée sur ma blessure pour tenter de stopper le saignement.— « Encore un peu, ma belle. Tiens bon. »Sa voix est rauque, marquée par l'urgence et l'inquiétude. Je me blottis contre son torse, mes paupières lourdes. Chaque pas qu'il fait en portant mon poids semble lui coûter un effort immense, mais il ne ralentit pas. Il serre les dents, son visage tendu par une détermination inébranlable.— « Gabriel… » murmuré-je faiblement.— « Chut… Ne parle pas. Concentre-toi sur ta respiration. »Je sens le tremblement dans sa voix malgré son ton calme. Je lève une main tremblante pour effleurer sa joue rugueuse. Il ferme brièvement les yeux sous mon toucher, avant de presser un baiser sur ma main.— « Je vais te sortir de là. Je te