« Maman, tu as l’air vraiment heureuse au travail ces derniers temps. », a dit Maverick d’une voix remplie de curiosité. « Qu’est-ce qui se passe ? »J’ai cligné des yeux, prise au dépourvu par son observation soudaine. Nous étions dans la voiture, en route vers l’école, et je ne m’attendais pas à une question de sa part.Je ne m’étais même pas rendu compte que j’avais été si évidente, mais je supposais qu’il était difficile de cacher mon bonheur. Je me sentais enthousiaste et optimiste depuis ma réunion avec Jared ces jours-ci, et il semblait que Maverick l’avait remarqué.Ces deux-là ont-ils un lien psychique père-fils ou quoi ?Hésitante, j’ai essayé de décider combien en dire et lui révéler, car le jeune homme ne me laisserait pas tranquille sans une réponse. Il me fixait déjà avec ses grands yeux innocents, dans l’attente.« Oh, ce ne sont que des trucs de business, mon chéri. », ai-je dit avec désinvolture en essayant d’esquiver sa question. « Je travaille sur de nouveaux pr
(PDV D’ARIELLE)L’air autour de moi est devenu étrangement mince et très silencieux.Aucun de nous ne savait comment réagir au mieux à la situation. J’ai regardé autour du parking sans raison particulière, marquant le temps jusqu’à ce qu’il soit acceptable pour moi de partir sans avoir l’air plus ridicule que je ne me sentais déjà, quand je m’étais approchée de leur voiture. Tiana semblait encore plus troublée que je ne l’imaginais. Les lèvres de Jared étaient serrées en une ligne rigide.« Arielle... nous euh... je... Bonjour. », a-t-il réussi à dire en bégayant terriblement.« Je suppose que nous continuerons cette conversation à ton retour. », a haussé les épaules Tiana avec un sourire apaisant.Jared a ignoré son commentaire et est descendu de la voiture. Il avait un visage sévère quand il a repris la parole : « Je viens de te commander un taxi, Tiana. Rentre à la maison. »J’ai saisi l’allusion et je me suis excusée. Jared s’est mis à marcher à mes côtés alors que nous trave
(PDV D’ARIELLE)Je pouvais sentir le poids des regards de Stephen et de Rebecca sur moi.« Est-ce que tout cela est vraiment nécessaire ? », ai-je demandé avec une moue sur mes lèvres. Mélanger les affaires et la vie personnelle était une limite que je n’aimais pas franchir. Surtout pas avec Jared, qui avait clairement planifié tout ça.Jared a ajusté sa cravate, sans perdre son aplomb : « Qu’est-ce qu’il y a de plus pertinent que la vie réelle ? », a-t-il répondu avec aisance, son regard s’attardant sur moi. « Bien sûr, les exemples que j’ai donnés sont purement hypothétiques. », a-t-il ajouté. L’emphase subtile montrait clairement qu’il savait exactement ce qu’il insinuait.Parfois, c’était si difficile de résister à l’envie de crier. Tout le monde ici savait ce qu’il indiquait quand il parlait du mariage !« Analysons cela. », a-t-il continué en ignorant mon regard assassin. « Dans tout mariage réussi, il y a un flux et reflux constant de communication, comme dans toute entrepr
(PDV D’ARIELLE)Ses mots flottaient dans l’air. Il s’est penché un peu plus près avec une expression intense. Je pouvais sentir mes joues rougir, et je me détestais pour ça. Ses mots étaient comme un coup de poing émotionnel dans le ventre, suscitant des sentiments auxquels je n’étais pas prête à faire face.Je l’observais attentivement pendant qu’il attendait ma réaction, scrutant mes yeux comme s’il cherchait un signe d’espoir.Finalement, j’ai expiré, un profond soupir m’échappant : « Si c’est tout, Jared... Tu peux partir maintenant. »J’étais stupéfaite par le calme de ma propre voix. Mais ma réaction pâlissait en comparaison du regard perplexe de Jared. Il était sous le choc total. Il a plissé les yeux comme si se concentrer sur moi le réveillerait d’un assoupissement.Son visage était l’image même de la stupéfaction. Ses yeux étaient grands comme des soucoupes et ses lèvres étaient béantes alors qu’il me fixait.Ses sourcils se sont froncés dans la frustration : « Pourquoi
(PDV D’ARIELLE)Nous sommes restés silencieux pendant quelques instants après qu’il avait fini de parler. Nos yeux étaient fixés l’un sur l’autre.Je cherchais les mots à dire, mais à chaque fois que j’ouvrais la bouche pour parler, rien ne sortait. Seulement ma respiration saccadée. J’aurais cru que quelqu’un m’avait dit que je venais de faire un marathon. Tel était le niveau de tension dans la pièce après l’explosion de Jared.Je pouvais voir le combat dans ses yeux, un désir de me convaincre et un engagement à faire exactement ce qu’il avait dit.Mais à quel point était-ce différent de tout ce qu’il m’avait déjà dit auparavant ?Alors que je me battais toujours pour savoir quoi faire dans ma tête, le téléphone de bureau a sonné bruyamment dans les airs et m’a sortie de mes pensées. J’ai soupiré avec gratitude pour cette distraction lorsque j’ai décroché l’appareil et l’ai tenu contre mon oreille.« Allô. Arielle ? Oh merci mon Dieu. Je t’ai envoyé un message. Sofia est dans le
(PDV DE SOFIA)Je soufflais et haletais, essayant de contrôler la rage qui menaçait d’exploser dans ma poitrine. Mes yeux brillaient de fureur tandis que je me tenais à l’extérieur du restaurant, me battant pour reprendre mon calme après que les agents de sécurité m’avaient mise à l’écart.L’humiliation m’étouffait. Je n’arrivais pas à croire tout ce qui s’était passé et comment j’en étais arrivée à me ridiculiser devant tout le restaurant, encore une fois !Les clients me transperçaient littéralement du regard alors que les agents de sécurité me traînaient. Leurs visages étaient marqués de choc, de pitié et d’amusement. Mon visage brûlait maintenant de honte et de rage en y repensant.C’était entièrement la faute de Tiana !Tout avait commencé innocemment. Je préparais le petit-déjeuner pour Jared : un petit geste d’amour, même s’il m’évitait depuis qu’il s’était fiancé à elle. Comme d’habitude, j’avais été repoussée à son portail. Mais alors, Tiana était apparue, avec les yeux é
(PDV D’ARIELLE)J’ai poussé la porte de mon bureau, et comme d’habitude, le sentiment d’anticipation que je ressentais toujours à mon arrivée m’a enveloppée. C’était une nouvelle journée, et j’avais hâte des activités qu’elle me réservait.Mais en pénétrant à l’intérieur, je sentais mes yeux se poser sur ce qui était devenu une vue familière : un bouquet de fleurs de lavande posé sur mon bureau de travail.J’ai poussé un long soupir de résignation, sachant déjà de qui il provenait.« Abandonnera-t-il un jour ? », ai-je marmonné entre mes dents.Trois jours. Cela faisait trois jours incessants de cette attaque florale, depuis que Jared avait décidé que déclarer son amour éternel signifiait me bombarder de lavandes.Le premier jour, j’avais été prise au dépourvu. Voir les fleurs délicates nichées dans un panier blanc immaculé, attachées avec un ruban de satin, m’avait figée sur place. Pendant une fraction de seconde, j’avais presque me laissée sentir... quelque chose. Mais alors, R
(PDV D’ARIELLE)Il m’a adressé un charmant sourire et j’ai senti mon cœur s’accélérer. Pouvait-il arrêter de montrer ses agaçants charmes juvéniles ?Rebecca et Stephen ont répondu à la salutation en prenant place respectivement. J’ai fait de même, essayant de me composer.« Cette session sera la dernière que nous aurons, comme vous le savez tous. », a commencé Jared en balayant la pièce du regard. « Mais avant d’aborder l’enseignement d’aujourd’hui, passons en revue ce que nous avons appris jusque-là. »Et nous nous y sommes plongés. Après quelques minutes et une brève révision de nos leçons passées, Rebecca a poussé un soupir exagéré.« Je dois l’admettre, j’ai beaucoup appris en si peu de temps. », a-t-elle murmuré sur un ton sincère.Jared a affiché un large sourire en me jetant un coup d’œil rapide et complice que j’ai fait semblant de ne pas remarquer.Stephen, quant à lui, a levé les yeux au ciel et a sifflé à l’adresse de Rebecca. « Essaies-tu de dire que toute la sagess
(POINT DE VUE D’ARIELLE)Enfin, c'était le jour J. Le premier jour est dédié à une séance de dégustation préalable du Banquet du Maire. Au réveil, j’étais grincheuse et nerveuse. Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais j'espérais que mon restaurant obtiendrait des notes supérieures que celles de notre rival, ce qui me mettrait davantage sous les projecteurs.« Tu n'as pas à t'inquiéter, ma chérie. Je sais que tu vas réussir », me rassurait maman pendant le petit-déjeuner. Ashley et Dwayne avaient appelé plus tôt aussi, pour me souhaiter bonne chance. Dwayne était toujours en Italie, et Ashley avait une réunion au travail. Mais malgré les encouragements de ma famille et de mes proches, j'étais toujours stressée. Je pouvais à peine manger pourtant je luttais pour avaler quelques bouchées.Réalisant que c'était une bataille perdue, je me levais, prenant mon sac posé sur la table. « Je pars maintenant », annonçais-je.« Mais tu n'as rien mangé de ton assiette », protestait maman, leva
(POINT DE VUE D’ARIELLE)J'étais assise dans la voiture, les yeux rivés sur la direction qu’avaient prise Jared et Grand Jo. J'étais agitée, et mon esprit s'emballait avec toutes sortes d’hypothèses, aucune n'étant rassurante. J'ai même envisagé de sortir de la voiture et de les suivre, mais les portières étaient verrouillées, et je ne voulais pas abandonner la sécurité du véhicule.Je jetais un coup d'œil à l'horloge du tableau de bord, mon anxiété grandissant à chaque minute qui passait. S'ils ne revenaient pas bientôt, j'allais appeler la police.Au moment où je commençais vraiment à m'inquiéter, Jared réapparaissait, marchant vers la voiture avec une expression calme. Il déverrouillait la portière et s’installait, la voix chargée d'excuses.« Je suis désolé d'avoir été absent si longtemps », disait-il.« Ce n'est rien », répondais-je, soulagée qu'il soit sain et sauf. « Et où est Grand Jo ? »« Il inspecte encore les environs. »« D'accord. Alors, qu'as-tu découvert ? Qui ét
(POINT DE VUE DE JARED)Je l'aidais à se lever et rassemblais ses affaires dans un bras, tout en la guidant doucement de l'autre. Nous marchions dans le couloir, le bruit de nos pas résonnant dans le restaurant maintenant silencieux.En tournant au coin, j'apercevais une silhouette dans le couloir. En regardant de plus près, je le reconnaissais. C'était le garde du corps que Dwayne avait engagé pour Arielle il y a quelque temps. Comment s'appelait-il déjà ? Je fouillais ma mémoire et soudain, ça me revenait : Grand Jo.Je fronçais les sourcils, me demandant ce qu'il faisait ici. Comment se faisait-il que je ne l'avais pas vu en arrivant ? Je me tournais vers Arielle, cherchant des réponses dans son regard. Comme si elle savait ce qui me traversait l'esprit, elle m'offrait l’explication aussitôt.« Grand Jo est de retour au travail », disait-elle. « Dwayne l'a réembauché avant de partir en voyage. »Je hochais la tête, assimilant cette nouvelle information. Je jetais un coup d'œil
(POINT DE VUE DE JARED)Je m'arrêtais chez une fleuriste en allant au restaurant. Heureusement, la propriétaire était une dame sympathique d'âge moyen. Elle me faisait visiter le grand magasin, me montrant différentes fleurs plantées dans des jolis pots. L'endroit était conçu sur le thème du jardin infini – c'était comme une promenade au paradis, avec une variété des odeurs, des couleurs et des sons agréables. À une extrémité du jardin se trouvait une statue de cerf ; et à l'autre bout, une fontaine d'où des poissons sautaient dans les airs. Un écureuil était perché sur une statue d'arbre en caoutchouc dans un coin éloigné, tandis qu'un lapin sortait la tête d'une bûche ailleurs. Émerveillé pour cet endroit, je ne savais toujours pas quelle fleur choisir pour Arielle.« Vous n’êtes pas décidé ? » demandait-elle avec un sourire bienveillant.Je hochais la tête, me grattant l'arrière du crâne avec embarras. « Mon Dieu. Je ne sais même pas quoi lui offrir. Elle adore la lavande, mais
(POINT DE VUE D’ARIELLE)Pour la première fois depuis l'incident à l'hôpital, Je suis assise devant mon bureau, et je devais lutter pour me concentrer. Je me suis sentie tout de suite un peu dépassée, accueillie par la montagne de travail ce premier jour. Jared et Dwayne avaient insisté pour que je laisse Stephen et Rebecca gérer les choses au restaurant. Et même s’ils avaient fait leur travail très consciencieusement, j'avais encore une quantité considérable de paperasse à signer. Il s'avérait que les procédures administratives du restaurant n'avaient pas pris de pause, contrairement à moi.J'entendais quelqu’un frapper à la porte, et levais la tête du document devant moi. Stephen entrait, comme toujours, ses lèvres étirées en un sourire niais. Rebecca le dépassait presque immédiatement.« Pousse-toi, Ste… », commençait-elle, mais elle s'arrêtait nette pour l'observer. Il s'était figé, le sourire intact, comme une mascotte. « Hé. Allô, Stephen », dit-elle en claquant des doigts d
Point de vue d’ArielleLes autres parents mettent une éternité à se préparer.Le soleil se couche, et le ciel est teinté d’une orange éclatante. Jared regarde sa montre à plusieurs reprises, et je vois bien qu’il devient agité. Il aurait sûrement disparu si les émotions de Maverick n’étaient pas en jeu.Le système de sonorisation crépite et le directeur monte sur scène. Tous les regards se tournent vers lui dès qu’il commence à parler d’une voix tonitruante. « D’ici quelques instants, la course va commencer… attendez. J’aimerais d’abord saluer la présence de nos plus grands sponsors… », annonce-t-il. Mais nous n’avons pas besoin d’entendre la fin de sa phrase.Sortis de nulle part, M. Langley et Tiana apparaissent dans notre champ de vision. Tiana est perchée sur son bras. Ils ont l’air de parfaits hypocrites, affichant un sourire factice pour ceux qui veulent bien y croire.« Que font-ils ici ? », demande ma mère, le visage marqué par un froncement de sourcils sceptique. Je regarde Ja
Point de vue de DenzelLes rouages s’enclenchent dans ma tête.J’ai manqué un détail clé tout ce temps. Bien sûr.« Ton neveu. Ce gamin est ton neveu ! », je souligne, saisi par une soudaine révélation. « Bien sûr. Jared Smith est ton frère. Maintenant, tu m’as fait passer pour un idiot », dis-je en faisant une moue exagérée.« Tu es idiot depuis le début », réplique Dwayne, un amusement teinté de mépris dans la voix. « C’est ton problème, pas le mien. Reste loin de Jared et de sa famille. »Mon cerveau tourne à toute vitesse. Un sourire s’étire sur mes lèvres. « Tu vois, en fait, je pense qu’on ferait une bonne équipe. »Il hausse un sourcil.« Je sais comment ça se passe avec vous, les riches frères qui se battant bec et ongles pour les biens familiaux. Même si tu es un parrain de la mafia, et alors ? Il y a encore plus de richesse à partager chez les riches Smith, pas vrai ? Tu utilises une fausse identité pour rivaliser avec lui, ce qui signifie qu’il y a une raison. Quelle qu’elle
(POINT DE VUE DE DENZEL) Je me léchais les lèvres avec une satisfaction narcissique en observant les rouages du cerveau de l'homme en action.C'est un homme dangereux.C'était la première pensée qui m’est survenue.Il existe une différence immense entre la façon dont les hommes et les femmes regardent un autre homme. Une femme remarquerait d’abord le costume noir impeccablement taillé, épousant ses larges épaules et sa taille fine, puis les pommettes saillantes et la mâchoire ciselée qui lui conféraient une allure presque sculpturale.Mais moi ? Je voyais la promesse silencieuse de violence sous son apparence calme.Il se tenait droit, sa silhouette élancée trompeuse en cache la puissance – bâtie pour la précision plutôt que pour la masse corporelle. Ce n'étaient pas des muscles façonnés en salle de sport, mais le résultat d'efforts incessants et intenses. Un corps taillé pour l'efficacité. Pour la mortalité.Un homme comme Jared était un lion ou un tigre – le noble roi de la j
(POINT DE VUE DE DWAYNE)Mes jambes me portaient dans la direction que j'avais regardée plus tôt, mes yeux scrutant involontairement les lieux à la recherche du visage que j'avais aperçu. Il était censé être loin – au moins pendant longtemps. Alors, ça faisait aucun sens que je le voie ici, à découvert.Peut-être étais-je simplement paranoïaque.Ou peut-être était-ce mon esprit qui me donnait une raison de m'éloigner de Jared pendant qu'il gagnait le statut de héros aux yeux de son fils.Je contournais une famille de trois personnes, les parents riant alors qu'ils attachaient leurs jambes à celles de leur fille. C'était un moment simple et beau – un moment que je n'avais pas le droit d'interrompre. La petite fille gloussait, croisant mon regard, et je lui faisais un clin d'œil rapide avant de continuer.Puis je le voyais à nouveau.Cette fois, il était en mouvement, se faufilant à travers la foule.Mon pouls ralentissait, empreint d’une vigilance calculée.Je ne savais pas s'il