AnnaJe marche dans le couloir, le souffle court, le cœur battant si fort qu’il cogne douloureusement dans ma poitrine. Le goût des lèvres d’Angel est encore sur ma bouche, brûlant comme une marque invisible.Qu’est-ce qui m’arrive ?Je m’arrête, posant une main contre le mur pour retrouver mon équilibre. Mes jambes tremblent encore. Ce pouvoir… cette sensation…— Tu ne peux pas fuir éternellement, murmure une voix dans mon dos.Je me raidis.— Laisse-moi tranquille, Angel.Il apparaît dans mon champ de vision, son ombre glissant lentement le long du mur. Son regard noir me transperce, une lueur dangereuse dans le fond de ses pupilles.— Tu penses vraiment que c’est ce que tu veux ?Je relève le menton, tentant de retrouver une contenance.— Je ne suis pas une marionnette, Angel.Un sourire lent et calculé étire ses lèvres.— Personne n’a dit que tu l’étais.Il s’avance, son aura sombre et magnétique se glissant autour de moi comme un piège invisible. Mon souffle s’accélère.— Tu es s
AnnaJe ferme la porte de ma chambre à double tour, le souffle court, le cœur tambourinant dans ma poitrine. Mes mains tremblent encore alors que je m’appuie contre le bois froid, tentant de calmer la tempête qui gronde en moi.Angel et Léo…Ils vont finir par s’entre-tuer à cause de moi.Je glisse le long de la porte jusqu’à ce que mes genoux rencontrent le sol. Mon front vient se poser contre mes mains jointes. Le silence qui règne dans la pièce est trompeur. À l’intérieur de moi, c’est un chaos sans nom.— Ce n’est pas possible…Je ferme les yeux, sentant encore le poids du regard d’Angel sur moi. Ce besoin dévorant, ce feu noir qui menace de tout consumer. Et Léo… sa lumière, sa chaleur. Il veut me protéger. Mais peut-être est-ce déjà trop tard.Un léger coup résonne contre la porte.— Anna ?C’est la voix de Léo.Je ne réponds pas.— Ouvre-moi.— Laisse-moi tranquille, Léo.— Tu sais que je ne ferai pas ça.Il pousse la porte, mais je l’ai verrouillée. Un soupir agacé résonne de
AnnaJe me réveille en sursaut, le souffle court, le cœur tambourinant dans ma poitrine. La pièce est plongée dans une pénombre oppressante, mais je sens une présence. Quelqu’un est là.— Angel ? Léo ?Aucune réponse.Je me redresse lentement, les draps glissant le long de mon corps. Mes mains tremblent encore, les souvenirs de la nuit précédente s’accrochant à moi comme une brume toxique. La lueur argentée qui avait illuminé mes mains… Ce n’était pas un rêve.Je glisse mes jambes hors du lit, mes pieds nus rencontrant le sol froid. Le silence est lourd, chargé d’une tension invisible.— Qui est là ?Une ombre se détache du mur.— C’est moi.Angel.Je me raidis alors qu’il émerge lentement de l’obscurité. Son regard noir me transperce, une lueur indéchiffrable brillant dans ses yeux. Il est vêtu d’un simple pantalon noir, le haut de son torse nu, révélant la musculature fine et sculptée de son corps.— Que fais-tu ici ? chuchoté-je.— Je ne pouvais pas dormir, murmure-t-il en s’approc
AnnaJe suis seule dans ma chambre, le souffle encore court, les battements de mon cœur tambourinant douloureusement dans ma poitrine. Mes mains tremblent alors que je les fixe. L'éclat argenté qui y brille encore faiblement me terrifie autant qu'il m'attire.Je me lève et me dirige vers le miroir accroché au mur. Mon reflet me semble différent. Mes yeux, d'habitude d'un brun profond, sont légèrement teintés d'une lueur argentée. Ma peau semble plus lumineuse, presque trop parfaite.— Qu’est-ce que je suis en train de devenir ? murmuré-je à mon reflet.— Quelque chose de puissant.La voix d’Angel.Je me retourne brusquement. Il est là, adossé contre la porte, les bras croisés sur son torse nu. Ses yeux noirs m'observent avec une intensité brûlante.— Tu ne peux pas simplement entrer comme ça dans ma chambre ! siffle-je.Il s'avance lentement, un sourire en coin sur les lèvres.— Tu oublies que tu m'as déjà laissé entrer une fois.Je frissonne sous le poids de son regard.— Sors.— Non
AnnaLe silence de la nuit enveloppe la pièce comme un manteau glacé. Allongée dans mon lit, les yeux grands ouverts, je fixe le plafond, le cœur battant à un rythme irrégulier. Le contact d'Angel sur ma peau semble encore imprimé dans ma mémoire. Sa voix grave résonne dans ma tête, et cette sensation brûlante qu'il a éveillée en moi refuse de disparaître.Je devrais être terrifiée par ce que je ressens. Mais ce n’est pas de la peur. C’est quelque chose de bien plus dangereux.Un bruit me sort brusquement de mes pensées. Une ombre se faufile dans la pièce, et mon souffle se bloque dans ma gorge.— Anna…Je me redresse brusquement.— Léo ?Il est là, debout dans l’obscurité. Sa silhouette est tendue, son regard sombre et troublé. Il s'approche lentement du lit, s'agenouille devant moi, et prend ma main dans la sienne.— Je t'ai cherchée partout, murmure-t-il.Je sens la chaleur de sa main contre la mienne, mais cette chaleur me semble distante.— Je suis désolée, soufflé-je.Il serre d
AnnaLe bruit du vent siffle dans mes oreilles alors que je cours à travers la forêt. Mon souffle est court, mes jambes me brûlent, mais je ne peux pas m’arrêter. Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que j’ai l’impression qu’il va exploser.Les larmes brouillent ma vision, mais je continue d’avancer, fuyant le chaos que j’ai laissé derrière moi. Léo. Angel. Cette tension insoutenable entre eux. La violence de leur affrontement. Et… ce pouvoir en moi.Une lueur argentée danse encore sur mes paumes. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas… humain.Je trébuche sur une racine, m’effondre lourdement sur le sol. Mes mains s’écorchent sur la terre froide, mais je ne ressens pas la douleur. Je reste là, à genoux, les poings serrés, le souffle saccadé.— Qu’est-ce qui m’arrive ? murmuré-je.Une branche craque derrière moi. Mon cœur se serre.— Anna…Sa voix est basse, rauque.Je me retourne lentement. Angel se tient là, à quelques mètres de moi, son expression indéchiffrable. Son visage est tendu,
AngelJe n’ai jamais connu un tel chaos dans ma tête. Debout face à Léo, mon souffle encore court, je la regarde. Anna.Ses mains tremblent encore sous l’effet du pouvoir qu’elle a invoqué. Ce pouvoir ancien, brut, qui pulse en elle comme une onde vivante. Elle est magnifique. Sublime. Dangereuse.Et elle ne le sait même pas.Léo s’écarte lentement, son regard toujours noir de rage, mais il se contrôle. De justesse. Il sait qu’Anna est instable. Que ce pouvoir en elle pourrait se retourner contre elle à tout instant.— Ne la touche plus, grogne-t-il entre ses dents.Je lui lance un sourire froid.— Et sinon ?Léo serre les poings. Une tension électrique emplit l’air, me frôlant la peau. Il est prêt à se jeter sur moi, mais Anna s’interpose, une main posée sur sa poitrine.— Assez !Sa voix est tranchante, puissante, résonnant dans le silence de la forêt. Léo s’immobilise. Moi aussi.Elle ferme les yeux, prend une inspiration tremblante, et je ressens le frémissement de son aura. Une v
AngelJe la soulève doucement, ses jambes venant s’enrouler autour de ma taille.— Anna… Tu es à moi.— Angel…Je la plaque doucement contre le rocher derrière elle, mon souffle saccadé contre sa peau.Elle se cambre contre moi, ses doigts s’accrochant à mes épaules.— Ne me lâche pas, souffle-t-elle.— Jamais.Je plonge mon visage dans son cou, respirant son odeur. Sa lumière pulse contre mon cœur. Elle est mienne.Et rien ni personne ne nous séparera.Je suis toujours debout face à la mer, Anna près de moi. Le vent s’engouffre dans ses cheveux, les faisant virevolter autour de son visage. Elle semble plus sereine maintenant, après ce que nous avons partagé, mais je sais qu’une tempête fait rage en elle.Elle se tourne lentement vers moi, son regard à la fois perçant et perdu.— Comment tu te sens ? demande-je doucement.Elle prend un moment pour répondre, comme si elle pesait chaque mot avant de le prononcer.— C’est… c’est trop. J’ai l’impression que mon corps n’est plus le mien, q
AnnaLa pluie tombe doucement sur le monde. Chaque goutte semble porter une part de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dû traverser. Elle effleure la terre, se pose sur les feuilles des arbres, et je la sens, ici, contre ma peau, comme un dernier souvenir de tout ce qui a été. Le vent, lui, murmure des promesses brisées, des mots d’adieu non dits, mais je les accueille. Car c’est tout ce qui reste à la fin : l’écho de ce qui a été, la résonance de ce que l’on a traversé ensemble.Il est là, à mes côtés. Léo. Angel. Les deux hommes qui m’ont redéfinie. L’un par sa douceur, l’autre par sa passion. L’un par son regard de feu, l’autre par ses bras solides, prêts à me soutenir quoi qu’il arrive. Leur présence me fait me sentir complète, comme si le vide en moi, celui que j’ai toujours cherché à combler, était enfin comblé. Parce que, je le sais, ce n’est pas une question de tout avoir, mais de savoir choisir ce que l’on garde."Tu es prête ?" La voix de Léo brise le silence, doux et clair co
AnnaLe silence, enfin.Pas celui qui oppresse, pas celui qui serre la gorge et fait trembler les mains.Non.Celui qui enveloppe, celui qui rassure, celui qui crée un espace entre les battements du cœur et les soubresauts du monde extérieur.Je suis allongée entre eux, dans cette étrange sérénité où le temps semble suspendu, comme si le monde ne pouvait exister au-delà de la chaleur de leurs corps.La lumière du matin filtre à travers la toile fine qui nous abrite, tremblante, timide. Elle s’invite, comme un rayon secret, et danse sur nos peaux. Elle trouve ses chemins dans les creux, sur les courbes, sur les lignes de vie et de combat.Léo est encore plongé dans un sommeil profond, son visage détendu, marqué par les traces des heures passées à lutter contre tout ce qui nous sépare. Ses mains reposent sur mon ventre, doucement, comme un ancrage. Comme un souffle.Il n’a pas bougé. Pas encore.Angel, lui, se tient un peu à l’écart. Il ne dort pas. Ses yeux sont ouverts, mais il ne me
AnnaIls dorment.Ou ils essaient.Moi, je reste au bord.Assise contre la pierre froide.À distance de leurs souffles.Je ne veux pas les réveiller.Parce que cette nuit… ce n’est pas d’eux que j’ai peur.C’est de moi.Je tremble.Pas de froid. De cette tension que je retiens depuis trop longtemps. Ce cri qui n’est jamais sorti. Cette rage, ce chagrin, cette solitude que j’ai recouverte de silence.Alors je me lève.Je marche dans l’obscurité. Pieds nus.Le vent accroche ma peau. Mais c’est bon.Ça me rappelle que je suis encore là.Je m’éloigne. Un peu.Mais pas assez.Car il me suit.Eliel.Toujours lui.Je m’arrête. Il ne dit rien. Je ne dis rien.Puis je craque.« Tu crois que c’est facile ? » ma voix explose sans prévenir.Elle tremble. Elle se brise.Il ne répond pas.Alors je continue. Parce que si je m’arrête, je m’effondre.« Tu crois que j’ai choisi ça ? Que j’ai choisi de porter un pouvoir qui me consume ? Que j’ai demandé à aimer des gens que je vais sûrement tuer sans le
LéoJe la cherche du regard.Même à travers le chaos, même dans ce monde qui s’effondre, je saurais reconnaître sa silhouette.Même brisée. Même changée.Surtout changée.Parce que ce n’est plus la même Anna.Et pourtant, elle est toujours là.Je l’ai vue s’effondrer. Je l’ai vue se relever.Et quand j’ai cru qu’elle ne reviendrait jamais, qu’elle s’était trop éloignée de nous, j’ai compris : c’est à moi de faire le chemin.Alors j’avance.Angel est à mes côtés.Silencieux, comme toujours.On ne se parle pas.Mais on sait pourquoi on est là.AngelJe n’ai jamais cessé de l’aimer.Même quand elle s’est éloignée. Même quand elle a choisi d’être autre chose.Même quand elle m’a oublié, un peu.Ce n’était pas une décision. C’était une évidence. Une fatalité.Elle vit dans chaque battement de mon cœur, même quand il se fend.Et Léo le sait. Je le vois à sa mâchoire serrée, à ses doigts crispés sur son arme.On est deux à aimer la même fille.Mais on n’est pas ennemis.On est les deux phare
ElielSa main dans la mienne. Elle tremble.Et pourtant, c’est elle qui m’a tendu la sienne.Elle, l’éclat brisé.Elle, la fille que le monde regarde comme un danger.Elle, l’ultime espoir.Je la sens prête à fuir, à se retirer au moindre signe. Mais elle reste.Alors je serre doucement ses doigts, comme on attrape une flamme. Sans vouloir l’éteindre.AnnaJe l’ai choisi.Pas comme on choisit un sauveur. Pas comme on choisit un soldat.Je l’ai choisi comme on choisit une vérité : en sachant qu’elle fera mal.Il me regarde. Je ne détourne pas les yeux.« Il faut entrer dans le cercle, Anna. » dit-il.Je hoche la tête.On y entre. Ensemble.Le sol est marqué de symboles anciens. Le vent se lève. Quelque chose s’éveille sous la terre. Quelque chose de très vieux. Très pur. Ou très terrible.Je sens mes os vibrer.Eliel« Le feu va te tester. » je dis.Elle ne bouge pas.« Tu peux encore faire demi-tour. »« Non. »Sa voix est claire. Inflexible.Alors je recule.Elle s’avance.Et la lumi
AnnaMais ce n’est pas le Eliel que j’ai connu. Pas celui qui avait encore l’espoir au bord des lèvres. Son visage est plus dur. Son regard, plus sombre. Il a vu des choses. Et il porte quelque chose en lui. Une douleur vivante.« Pourquoi es-tu là ? » ma voix tremble malgré moi.Il s’approche d’un pas, puis s’arrête.« Parce que le monde va se fendre, Anna. Et que toi seule peux empêcher qu’il s’effondre. »Je déglutis. Chaque mot est une lame.« Tu savais, n’est-ce pas ? Tu savais ce que j’étais. »Il ferme les yeux. Puis, d’une voix basse :« Je savais que tu étais plus que ce qu’on t’avait dit. Mais je ne savais pas que tu étais… l’éclat brisé. »« L’éclat brisé ? »Il me regarde avec une intensité glaciale.« Celle qui a le pouvoir de refaire le monde… ou de le détruire entièrement. »Le silence tombe, plus lourd que jamais.Je sens mon cœur battre dans mes tempes.« Et toi ? Tu viens m’aider ? Ou m’arrêter ? »Un silence. Long. Tranchant.Puis il murmure :« Je ne sais pas encor
AnnaUn cercle de pierres se dessinait dans la clairière, parfaitement symétrique. Au centre, une colonne de lumière bleutée s’élevait du sol, sans source apparente. L’air y vibrait, distordu, chargé d’une magie ancienne et inaltérable. C’était comme si le monde retenait son souffle.Je sentis mes jambes trembler, mais je restai droite. Pas cette fois. Je voulais savoir. Je voulais tout affronter.« Qu’est-ce que c’est ? » soufflai-je, hypnotisée.« Le seuil. » La voix de ma mère était douce mais ferme. « Le lien entre ce qui a été et ce qui peut être. C’est ici que les gardiens veillent. C’est ici que tu sauras. »« Les gardiens ? »Elle me regarda, et pour la première fois, j’y lus de la peur.« Ils ont connu la vérité avant nous. Ils ont vu les erreurs, les sacrifices, les serments trahis. Et maintenant… ils attendent ton choix. »Je reculai d’un pas.« Mon choix ? »« Tu es celle qui brise le cycle, Anna. Mais tu es aussi celle qui peut en créer un nouveau. »Un grondement sourd m
AnnaLe sol sous mes pieds vibre à chaque pas. Une pulsation sourde, presque imperceptible, comme si la terre elle-même réagissait à notre passage. Ma main ne quitte pas celle de ma mère. Je sens sa chaleur, sa force, son énergie fluide, ancrée en moi comme une certitude. Nous avançons en silence, mais nos pensées sont bruyantes.Je sens le poids du monde s'alléger. Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que, pour la première fois, j'avance sans fuir. J'avance pour comprendre. Pour choisir. Pour affronter.La forêt s'efface lentement, remplacée par des clairières où la lumière lunaire coule comme du lait sur les feuilles argentées. Puis un sentier, une ouverture dans l’obscurité, bordée de pierres anciennes, couvertes de mousse. L’air change. Il devient plus dense, chargé de souvenirs que je ne reconnais pas mais que mon corps semble connaître. Mon sang palpite d’une mémoire plus vieille que moi.« Nous y sommes presque », souffle ma mère, la voix tremblante d’un pressentim
AnnaEt au fond de moi, je savais que même si les ombres du passé ne disparaîtraient jamais complètement, j'étais prête à affronter quoi que ce soit. Avec ma mère à mes côtés, nous pourrions braver toutes les tempêtes à venir. L'héritage de nos ancêtres continuait de vivre à travers nous, et ensemble, nous étions invincibles.Mais quelles autres ombres se cachaient encore dans les recoins de notre avenir ?Alors que le silence s'étendait autour de nous, je me relevai lentement, encore tremblante d'émotions. La forêt, autrefois assombrie par l'angoisse et le danger, semblait maintenant vibrant d'une nouvelle énergie. Le souffle du vent caressait ma peau, porteur d'un ressenti de renouveau. Mais les luttes passées assombrissaient toujours mes pensées. Que se passerait-il maintenant ? Ma mère se tenait à mes côtés, une aura de sérénité émanant de sa présence. Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle ressentait la douleur et la fatigue que je portais dans mon cœur. Mais elle avait aussi une