NaïaMon souffle est court. L'obscurité nous enveloppe, lourde et oppressante. Le craquement résonne de nouveau, plus proche cette fois. Raven se redresse légèrement, le regard acéré, prêt à riposter. Mon cœur bat à un rythme effréné, chaque muscle tendu, prêt à se jeter dans la bataille.— On bouge, murmuré-je en posant ma main sur son bras valide.Il hoche la tête et nous avançons à pas feutrés dans le bâtiment délabré. L’odeur de poussière et de bois pourri envahit mes narines, chaque ombre semble s’étirer, menaçante. Je devine des silhouettes à travers les interstices des murs. Nous ne sommes pas seuls.Une porte grince derrière nous. Je me retourne, mon doigt crispé sur la détente. Un coup de feu éclate, frôlant mon oreille et se logeant dans le mur en béton derrière moi.— Cours ! s’écrie Raven en m’attrapant par le bras.Nous nous précipitons à travers un couloir étroit, esquivant les balles qui sifflent à nos oreilles. Mon cœur cogne violemment contre ma poitrine, l’adrénaline
NaïaLe vacarme derrière la porte me fait tressaillir. L’instant d’après, un coup sourd retentit, puis un second, plus violent. Quelque chose se fracasse dans le couloir, suivi d’un cri étranglé. Nos geôliers se figent. L’homme en noir plisse les yeux, visiblement contrarié par cette interruption inattendue.— Vérifiez, grogne-t-il.Deux des colosses s’élancent vers la porte. L’instant qu’ils passent à détourner leur attention est tout ce qu’il nous fallait.Raven bouge avant même que je ne puisse réagir. D’un mouvement brusque, il balance sa chaise en arrière et percute l’un des hommes restés près de nous. Le fracas du bois sur le sol résonne dans la pièce. Je profite de la confusion pour me redresser d’un bond, envoyant un coup de genou dans le torse de mon propre surveillant. La douleur irradie mon corps, mais l’adrénaline me pousse à continuer.Les chaînes entravant mes poignets sont un obstacle, mais pas une entrave totale. Je pivote, esquivant un coup maladroit, et m’élance vers
NaïaL’air vibre encore sous l’impact de l’explosion alors que nous courons à perdre haleine dans le couloir. La poussière s’infiltre dans mes poumons, chaque inspiration est une brûlure, mais je n’ai pas le droit de ralentir. Derrière nous, des cris résonnent, le bruit métallique des armes qu’on recharge me glace le sang.— Plus vite ! rugit Caleb.Raven me soutient, sa main serrée autour de mon bras. Je sens la tension dans sa poigne, l’urgence de l’instant. Je veux lui dire que je peux tenir, mais la vérité, c’est que mon corps tremble, mes jambes menacent de céder à chaque pas.Le couloir s’ouvre sur une grande salle où des caisses métalliques sont empilées contre les murs. Une lumière blafarde clignote au plafond, projetant des ombres dansantes sur le sol poussiéreux.RavenJe sens le danger avant même de le voir. Un frisson me parcourt l’échine.— À couvert !Je plaque Naïa contre une pile de caisses juste avant que les tirs ne fusent. Le métal éclate sous l’impact, envoyant des
NaïaChaque pas est une torture. Raven me soutient du mieux qu’il peut, son bras serré autour de ma taille, mais je sens que mes forces m’abandonnent peu à peu. Derrière nous, les cris et les coups de feu résonnent encore, les hommes qui nous poursuivent ne renoncent pas. L’air est saturé de fumée, d’odeur de poudre et de sang.— Accroche-toi, Naïa, me souffle Raven. On est presque sortis de ce merdier.Mais je le sais, ce n’est qu’un mensonge pour me garder consciente. La douleur irradie depuis ma blessure, mon souffle est court et saccadé. Si je ralentis, si je flanche… ils nous rattraperont.CalebJe passe devant, ouvrant la marche avec mon arme levée, prêt à descendre quiconque oserait nous barrer la route. Les escaliers métalliques sous mes pieds résonnent comme une alarme dans cette usine abandonnée. On ne peut pas s’échapper discrètement, mais au moins, on avance.— Encore une porte, indique Raven derrière moi.J’enfonce l’obstacle d’un coup d’épaule. De l’autre côté, une passe
CalebElle ne bouge pas. Une terreur sourde s’empare de moi. Je me penche sur elle, pose deux doigts sur son cou. Son pouls est là, faible, hésitant.— Elle est vivante, mais elle a avalé trop d’eau.Raven ne réfléchit pas. Il bascule son corps en avant et presse sur son abdomen. Une toux déchire le silence. De l’eau s’échappe de sa bouche, puis un râle rauque.— Naïa !Ses paupières tremblent. Lentement, elle ouvre les yeux, son regard embué d’incompréhension.NaïaLe monde est flou. Mes poumons me brûlent, mon corps est glacé. Je sens des mains autour de moi, la chaleur d’une peau contre la mienne. Raven.Je tousse, crache l’eau qui semblait vouloir me noyer.— Qu’est-ce… où… ?Ma voix est à peine un murmure. Raven serre mes mains entre les siennes.— On est sortis, chuchote-t-il. T’as failli y passer.Je frissonne. Le souvenir de l’ombre dans l’eau, du froid, de l’épuisement, me revient en vagues d’angoisse. Caleb me tend une veste.— Il faut qu’on bouge, lance-t-il. On n’est pas e
NaïaLa créature bondit. Un éclair de crocs et de griffes. Je me jette sur le côté, roulant dans la boue alors qu’un hurlement sauvage retentit. Caleb a à peine le temps d’esquiver avant qu’elle ne se redresse, massive, menaçante.Son souffle chaud nous enveloppe, chargé d’une odeur métallique. Son pelage sombre semble absorber la lumière, et ses yeux luisent d’une faim inhumaine.— Restez groupés ! crie Raven.Je lutte pour me relever, mes jambes tremblantes sous l’effet de l’adrénaline. Caleb se place devant moi, lame en main. Raven est déjà en mouvement, se jetant sur la créature avec la précision d’un chasseur.RavenL’acier rencontre la chair dans un bruit sinistre. La bête rugit, projetant un flot de salive et de rage. Mon poignard s’enfonce dans son flanc, mais elle ne faiblit pas.Elle frappe d’un coup de patte foudroyant. Je recule juste à temps, mais Caleb n’a pas cette chance. Il est projeté contre un arbre dans un bruit sourd.— Caleb ! hurle Naïa.Je n’ai pas le temps de
NaïaL’écho du hurlement de Caleb résonne encore dans mon esprit. Son absence est un vide oppressant, une menace suspendue au-dessus de nous. Je serre les poings, mon cœur battant à un rythme effréné. Nous ne pouvons pas le laisser seul. Pas comme ça.— Nous devons le retrouver, dis-je, la voix plus ferme que je ne le ressens réellement.Raven hoche la tête, ses yeux sombres balayant les alentours. Il est tendu, prêt à réagir au moindre mouvement.— Il est rapide, mais il ne peut pas être loin, dit-il. Il vient juste de partir.Je me concentre, cherchant à percevoir son aura, cette énergie qui le rend unique. Un frisson me traverse lorsque je ressens une vibration étrange dans l’air. Un mélange de rage et de confusion.— Il est en lutte contre lui-même, murmuré-je.— Alors il y a encore une chance, répond Raven.Nous nous mettons en marche, avançant prudemment à travers la forêt dense. Chaque bruissement de feuille me met sur le qui-vive. Caleb pourrait être n’importe où. Il pourrait
RavenTout se passe en une fraction de seconde. Caleb se jette sur moi avec une rapidité inhumaine. J’ai à peine le temps de lever mon arme avant qu’il ne soit sur moi.L’impact est brutal. Nous roulons au sol, une masse de griffes, de crocs et de rage.Je frappe. Il gronde. Son corps est plus fort, plus rapide, mais je refuse de me laisser submerger.Naïa crie mon nom. Je l’entends à peine. Tout ce qui existe, c’est la lutte.Caleb plante ses ongles dans mon épaule, et la douleur est fulgurante. Je grogne, puis profite de l’ouverture pour lui envoyer un coup de pied dans l’abdomen. Il recule, haletant.Ses yeux brillent d’un éclat fou.— Arrête ça ! hurle Naïa.Mais Caleb n’écoute plus.Je me redresse lentement. Il va falloir aller jusqu’au bout.NaïaJe vois les muscles de Raven se tendre, prêt à frapper de nouveau. Je vois la bête en Caleb prendre le dessus.Je dois agir, avant qu’il ne soit trop tard.— Caleb, regarde-moi !Je cours vers lui, ignorant les avertissements de Raven.
CalebJe l’entoure de mes bras, sentant son souffle sur ma peau. Je la veux entièrement, dans chaque endroit de son cœur, chaque recoin de son âme. Alors que nous atteignons ensemble ce sommet de passion, je sens que cette union est plus que physique. C'est une communion de nos désirs, de nos rêves et de notre essence même.— Naïa… murmuré-je, les paroles peinant à sortir tant l’intensité de ce moment est vive.Et nous continuons cette danse, pulsant au rythme de nos cœurs unis, redécouvrant à chaque instant la beauté de l’amour et la profondeur de notre connexion.NaïaJe sens la chaleur de ses bras autour de moi, mais c'est bien plus que cela. C’est l’étreinte du destin, un lien invisible et puissant qui nous unie pour l’éternité. Mes pensées sont un tourbillon, mes émotions une mer déchaînée, mais en lui, je trouve la paix. Caleb, l’homme qui m’a bouleversée, m’a fait découvrir une vérité que je n’avais jamais osé croire : l’amour véritable.Les souvenirs de nos luttes, de nos pein
NaïaLa lumière douce du matin pénètre à travers les feuilles, une légère brise caresse ma peau, et j’émerge lentement de mon sommeil. Je sens encore la chaleur de notre nuit ensemble, la douceur des échanges de nos âmes qui vibrent en moi. Mes yeux s’ouvrent lentement, et je me tourne vers Caleb, allongé à mes côtés. Sa silhouette est paisible, et un sourire s’étire sur mes lèvres en le voyant dormir. Il est magnifique ainsi, les traits détendus, les cheveux en désordre. Je me rappelle chaque instant de la nuit précédente et les souvenirs m’envahissent comme une vague douce et réconfortante. Je n’aurais jamais cru qu’un moment, une rencontre, une seule nuit pourraient créer une telle intimité, une telle compréhension entre nous. Je me penche légèrement pour déposer un baiser furtif sur sa joue. Au contact de mes lèvres, il s’éveille, ses yeux s’ouvrent avec une lueur d’émerveillement, presque incrédule. En un instant, il se souvient et un sourire heureux illumine son visage.— Bonj
NaïaLe monde autour de nous semble s’effacer, comme si le temps avait suspendu son cours. Je sens les battements de mon cœur résonner dans tout mon être, chaque pulsation amplifiant la tension palpable entre Caleb et moi. Ses yeux plongent dans les miens, et tout ce que je savais ou pensais connaître s’efface sous l’éclat de cette révélation. Mon regard lui répond sans même que je sois consciente de mes pensées. J’ai envie de l’atteindre, de le rassurer, de lui montrer que je ressens tout le poids de ses mots.Il se rapproche, et je peux sentir la chaleur de son corps, comme un rayon de soleil perçant à travers les nuages sombres. Je suis en proie à une tempête intérieure, un mélange d'appréhension et d'anticipation. Et puis, il rompt le silence ; sa voix est un murmure dans un souffle.— Naïa, je... je ne veux pas que ce soit une simple mémoire, une promesse fictive. Je veux que tu sois à mes côtés, maintenant et pour l’éternité.À cet instant, tout semble possible. Je peux voir la
NaïaLes heures défilent, mais je suis comme suspendue dans un instant, dans cet espace entre nous où tout semble plus intense. Caleb et moi, nous avons traversé tant de choses ensemble, des épreuves, des batailles. Mais aujourd'hui, il y a quelque chose de différent dans l'air. Une tension palpable, non plus entre nous et le monde, mais entre nos cœurs. Nous marchons côte à côte, sans dire un mot, mais tout semble se dire dans le silence. Nos regards se croisent de temps à autre, et chaque fois, je sens ce frisson parcourir mon échine.Il est là, à mes côtés, et pourtant, il est bien plus proche. Ses mouvements sont plus lents, plus réfléchis, comme s'il cherchait à ne pas briser l’équilibre fragile que nous avons construit. Quand je lève les yeux vers lui, je vois quelque chose de plus en lui, quelque chose que je n'avais pas remarqué jusque-là : une vulnérabilité cachée sous ses traits marqués, une ouverture que je n'avais pas vue.— Naïa, murmure-t-il, sa voix rauque, mais douce,
NaïaNous avançons toujours, mais quelque chose a changé. Le silence qui nous entourait semble plus doux, comme si l’air lui-même s’était allégé. Caleb, bien qu’encore torturé par les ténèbres qui le consument, semble plus présent à chaque pas. Je le vois, ses yeux se posant sur moi avec une intensité que je n'avais jamais remarquée auparavant. C’est presque comme si nous étions dans un monde à part, hors du temps, hors de tout ce qui nous a blessés.À chaque mouvement, je le ressens un peu plus près, et cela me fait un étrange bien. Sa souffrance, bien que palpable, n'est plus un mur entre nous. Au contraire, elle semble lier nos âmes dans une danse fragile et précieuse. Nous ne parlons pas beaucoup, mais les silences entre nous sont pleins de compréhension, de mots non dits.Je lève les yeux vers lui, l’espace d’une fraction de seconde, et il répond par un petit sourire, un sourire qui, bien qu’éphémère, fait fondre quelque chose en moi. Il est là, avec moi. Et c’est tout ce qui com
RavenJe sens la pression s’alourdir autour de moi, une entité implacable, oppressante. Le sol tremble sous nos pieds comme s’il se préparait à nous engloutir. Le temps se distend encore, me donnant la sensation que chaque seconde dure une éternité. La créature nous attend. Je le sais, je le sens dans chaque fibre de mon être. Elle n’est plus une simple présence dans l’obscurité, elle est devenue une partie de nous, une ombre en nous, se tordant et se mélangeant à nos peurs, à nos souvenirs.Mais je ne m’arrêterai pas. Pas ici. Pas maintenant. La seule chose qui me permet de continuer, c’est l’idée que je ne peux pas laisser mes compagnons derrière. Naïa. Caleb. Je sens leur présence juste à mes côtés, tout aussi déterminés que moi, même si je sais qu’ils ressentent la même pression. Mais nous sommes ensemble, et c’est tout ce qui compte.La silhouette se dessine devant nous, une forme indistincte, une ombre informe qui semble tout engloutir sur son passage. Une voix profonde résonne
RavenJe suis au bord du gouffre. Pas seulement physiquement, mais mentalement aussi. L’obscurité nous engloutit peu à peu, chaque pas dans ce vide infini me tirant un peu plus loin de la réalité. Chaque mouvement semble plus lourd que le précédent, comme si l’air lui-même devenait un fardeau. La créature n’est plus juste une présence. Elle est en moi, dans mes pensées, dans mes peurs. Ses murmures glissent comme des serpents dans mon esprit, serpentant autour de mes doutes, de mes fragilités, cherchant à me détruire.Mais quelque part, au fond de moi, une petite voix me dit de tenir bon. Nous avons traversé des ténèbres plus profondes encore, n'est-ce pas ? Cette épreuve n’est que l’ultime frontière. Et ce n’est pas ici que je vais tomber."Raven," dit Naïa, sa voix presque étouffée par la pression. "Elle nous ronge. Nous devons rester unis."J’acquiesce, bien qu’un frisson me traverse. Oui, c’est l’unité qui nous a toujours permis d’aller plus loin. Nous ne devons pas laisser l’obsc
RavenChaque souffle que je prends est lourd, presque douloureux. L’air est épais, comme une brume glacée qui se fige dans mes poumons. Nous avons traversé le seuil de l’inconnu, et tout autour de nous, l’obscurité s’étend sans fin. Elle n’est pas simplement noire. C’est une obscurité vivante, palpitante, qui respire comme une bête. Elle nous observe, nous attend.Le sol sous nos pieds se déforme à chaque mouvement. Chaque pas nous enfonce un peu plus dans un abîme invisible, comme si la réalité elle-même commençait à se fissurer. Ce n’est pas un simple test, une simple épreuve. C’est le dernier des défis. L’ultime frontière entre ce que nous avons été et ce que nous allons devenir.Je jette un coup d’œil à Naïa. Ses yeux sont fermés, comme si elle cherchait à se concentrer sur autre chose, sur une réalité plus stable que celle qui l’entoure. Mais je sais qu’au fond d’elle, elle lutte tout autant que moi. Ce n’est pas juste un combat physique. C’est un combat mental, spirituel, contre
RavenLa terre tremble sous nos pieds, chaque vibration résonne comme un coup de marteau contre le crâne. Nous avançons, mais la créature, cette forme colossale, fait de même. L’air autour de nous se fait plus épais, chargé d'une énergie que je n'ai jamais ressentie auparavant. C’est comme si tout, absolument tout, était suspendu à un fil, prêt à céder à tout moment.À chaque pas que nous faisons, l’obscurité autour de nous semble se tordre et s’étirer, envahissant chaque espace, chaque centimètre. Le vent ne souffle plus. Il n’y a plus que cette étrange lourdeur qui nous enveloppe, cette atmosphère qui oppresse le cœur et fait couler le sang plus lentement dans nos veines.Naïa marche à mes côtés, son visage impassible, mais je vois ses poings serrés, son corps tendu. Elle lutte contre l'appel, tout comme moi. Caleb, plus loin devant, semble déjà avoir accepté l’inévitable. Il avance avec cette détermination froide qui lui est propre, sans une once de doute. Il est prêt. Mais est-ce