VictorioLa nuit est lourde. L’air est chargé d’électricité, comme si une tempête se préparait à éclater. Je suis assis dans mon bureau, le regard fixé sur le verre de whisky entre mes doigts. Le liquide ambré reflète la lumière tamisée de la pièce, mais je ne le bois pas. Pas ce soir.Mon esprit est trop agité. Trop plein d’ombres.Emily.Je passe une main dans mes cheveux, agacé par la tension qui noue mes muscles. Quelque chose a changé chez elle. Ce n’est pas qu’elle soit distante — Emily est une femme complexe, pleine de mystères, et j’ai appris à naviguer dans ses silences. Mais là… c’est différent.Elle me ment.Je le sens dans la façon dont elle évite mon regard, dans la crispation de ses épaules quand je m’approche trop près. Dans la peur sourde qui danse dans ses yeux quand elle croit que je ne la regarde pas.Un homme comme moi ne peut pas se permettre de douter. La loyauté est une question de vie ou de mort dans ce monde. Si Emily me trahit…Je ferme les yeux un instant, l
EmilyLe jour commence à poindre, mais je suis déjà éveillée. Allongée dans le lit immense, je fixe le plafond en silence, le cœur battant trop vite dans ma poitrine. Les draps sont froissés autour de moi, témoins du sommeil agité qui m'a tourmentée toute la nuit.Victorio sait.Ou du moins, il se doute de quelque chose.Je le sens dans la manière dont ses yeux noirs me scrutent, dans la tension qui raidit son corps chaque fois que je suis près de lui. Il devient plus froid, plus tranchant. Ce n’est pas le Victorio qui me tenait dans ses bras il y a encore quelques nuits, qui murmurait mon nom entre deux baisers brûlants.C’est le monstre. Le chef de la mafia. Celui qui n’hésiterait pas à me tuer s’il découvrait la vérité.Et pourtant…Je ne peux pas m’empêcher de l’aimer.Je pousse un soupir tremblant et me redresse lentement. Mes muscles sont endoloris, autant par la tension accumulée que par les nuits passées entre ses bras. Mon regard glisse vers la porte entrouverte de la salle d
VictorioJe me tiens dans le grand bureau sombre, éclairé seulement par la lumière froide qui filtre à travers les stores partiellement fermés. Le verre de whisky dans ma main est presque vide, mais je n’ai pas vraiment le goût de le terminer.Je suis tendu. Irrité.Et tout ça, c’est à cause d’elle.Emily.Elle me trouble. Me déstabilise d’une manière que je déteste. La voir là, à côté de moi, dans cet entrepôt, alors que le sang coulait encore sur le sol… Elle n’a pas tremblé. Pas une seule fois.Elle a eu peur, bien sûr. J’ai senti la tension dans son corps, le frémissement de ses lèvres. Mais elle est restée droite. Elle n’a pas fui.Elle n’aurait pas dû réagir comme ça.Une femme normale aurait hurlé. Serait partie en courant. Mais Emily n'est pas normale. Elle cache quelque chose. Quelque chose d’obscur.J’en suis sûr maintenant.— Boss.La voix de Lorenzo me tire de mes pensées. Il est appuyé contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine, le visage impassible.— Oui ?— Javier
EmilyJe sens encore la tension vibrer dans l’air alors que nous roulons dans la nuit sombre. Le bruit du moteur emplit l’habitacle, mais le silence entre Victorio et moi est plus assourdissant que tout. Il est assis à côté de moi, le regard fixé droit devant lui, le profil coupé par l’ombre des lumières de la ville qui défilent à travers les vitres teintées.Ses doigts sont crispés sur son genou. Je peux sentir la noirceur qui émane de lui, une aura presque palpable de danger et de contrôle. Pourtant, il n’a pas tiré. Il a épargné Javier.Parce que je lui ai demandé.— Pourquoi ?Sa voix brise le silence, grave, tranchante.Je tourne lentement la tête vers lui.— Pourquoi quoi ?Son regard se pose sur moi, perçant, glacial.— Pourquoi tu m’as arrêtée ?Je le dévisage un moment, cherchant les bons mots.— Parce que tuer Javier n’aurait rien changé. Tu aurais juste déclenché une autre guerre.Il ricane, un son rauque et sans joie.— Ce monde est une guerre constante, Emily. On ne fait
VictorioLa nuit est lourde. Chargée de tension.Je suis dans mon bureau, un verre de whisky à la main, le regard fixé sur la lueur vacillante de la cheminée. Lorenzo est assis dans le fauteuil face à moi, impassible comme toujours. Pourtant, je sens son malaise sous la surface.— Javier ne mentirait pas à ce sujet, dis-je d’un ton glacial.Lorenzo hoche la tête lentement.— Mais il pourrait avoir été manipulé.Je serre la mâchoire.— Ou alors… il dit la vérité.Lorenzo relève les yeux vers moi, son regard sombre.— Tu crois qu’il s’agit d’Emily ?Ma main se crispe autour du verre.— Je n’en sais rien.— Tu t’es attaché à elle, fait-il remarquer.Je lance le verre dans la cheminée. Le bruit du verre qui explose dans les flammes résonne dans la pièce.— Ne mélange pas tout.Lorenzo se penche légèrement en avant.— Tu le ressens, non ? Quelque chose cloche chez elle. Elle est trop… parfaite. Trop préparée.Je ferme les yeux un instant. Je le sais. J’ai toujours su qu’Emily cachait quelq
VictorioLa vérité a un goût de cendre. Une morsure brûlante qui s’infiltre dans mes veines et dévore tout sur son passage.Je suis assis dans mon bureau, le regard rivé sur le dossier posé devant moi. Chaque mot, chaque image, chaque preuve semble me hurler la même chose : Emily est une agente du FBI.Javier avait raison. Lorenzo aussi.Et moi ? Moi, j’ai été assez stupide pour tomber amoureux de cette femme.Lorenzo est appuyé contre le mur, les bras croisés, le visage impassible.— Qu’est-ce que tu comptes faire ? demande-t-il d’un ton froid.Je relève lentement le regard.— La confronter.— Tu es sûr que c’est une bonne idée ? Si elle est du FBI, elle a peut-être prévu une porte de sortie.Je souris sombrement.— Alors je vais lui couper toutes les échappatoires.Lorenzo hoche la tête.— Si elle essaie de fuir ?— Elle ne fuira pas.Mon ton est glacial. Sans appel.Je me lève, mon regard noir fixé sur le dossier. Puis je sors du bureau d’un pas décidé, le cœur battant avec une rag
EmilyLe froid s'infiltre dans mes os comme une lame glacée.Je suis assise contre le mur de pierre humide, mes poignets endoloris par la corde qui les serre. L'obscurité de la cellule est presque totale, à peine percée par la faible lumière du couloir. Mon cœur bat à un rythme désordonné, entre peur et désespoir.Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici. Une heure ? Deux ? Peut-être une journée entière. Mon corps est engourdi, ma gorge sèche, mes muscles tendus par la position inconfortable.Victorio…Le souvenir de son regard me hante encore. Ce froid dans ses yeux. Cette douleur cachée sous la colère. Il me déteste. Et je ne peux pas lui en vouloir.J’ai menti. Je lui ai caché la vérité. Et maintenant, il pense que tout entre nous n’était qu’une mascarade.Mais il se trompe.Ce que je ressens pour lui est réel. Plus réel que tout ce que j’ai connu.La porte du cachot grince soudainement. Mon cœur rate un battement. Des pas lourds résonnent dans le couloir. La lumière vaci
EmilyLa pièce est sombre, à peine éclairée par la faible lumière qui filtre à travers les lourds rideaux de velours. Le parfum du whisky flotte dans l’air, mêlé à celui du cuir et de la fumée de cigare.Assise dans un coin de la pièce, mes poignets encore marqués par la corde qui les avait liés, je fixe Victorio du regard. Il est debout, près du bar, un verre de whisky à la main. Son regard est sombre, perdu dans une réflexion silencieuse.Je devrais partir. M’enfuir avant qu’il ne soit trop tard. Mais je suis incapable de bouger. Quelque chose en lui me retient, une force magnétique qui m’enchaîne autant que le lien invisible de la confiance brisée.Il ne m’a pas crue. Il m’a libérée, oui. Mais je sais qu’il doute encore. Il me teste. Il joue avec mes nerfs, attendant le moment où je trahirai ma propre parole.Un bruit dans le couloir attire mon attention. Des talons hauts résonnent contre le parquet. Une démarche assurée, élégante. Je sens immédiatement que quelque chose a changé d
EmilyLe silence est pesant dans la pièce, seulement troublé par le bruit discret du vent qui s’infiltre par la fenêtre entrouverte. La lumière du matin glisse à travers les rideaux, caressant ma peau nue sous les draps de soie. J’ouvre lentement les yeux, sentant la chaleur familière du corps de Victorio à côté de moi.Il est allongé sur le dos, le torse nu, la couverture retombant juste au niveau de sa taille. Son visage est calme, mais la tension sur ses traits trahit le poids qui pèse sur ses épaules. Même dans son sommeil, il est en alerte.Je me redresse doucement, m’appuyant sur un coude pour le regarder. Mon cœur se serre en pensant à ce qu’il endure à cause de moi. La Bratva sait que je suis une faille dans son armure. Ils vont s’en servir contre lui.Sa main se tend soudainement, saisissant mon poignet avec une rapidité effrayante.— Tu comptes partir ?Son regard s’ouvre, sombre et perçant, me transperçant de l’intérieur.— Non, murmuré-je. Je voulais juste te regarder dorm
VictorioLe ciel est noir, troublé par de lourds nuages qui masquent les étoiles. L’odeur de la mer sature l’air tandis que le vent s’infiltre entre les murs du manoir, faisant frémir les rideaux de soie dans ma chambre. Je suis assis dans un fauteuil en cuir face à la fenêtre ouverte, une cigarette entre les doigts, observant la nuit profonde.Emily dort dans le grand lit derrière moi, son souffle régulier brisant le silence tendu de la pièce. Son visage est apaisé, mais je sais que sous la surface, la tempête gronde encore.Antonio entre sans frapper, son regard sombre trahissant une urgence contenue.— Ils sont en mouvement, murmure-t-il.Je lève lentement les yeux vers lui.— Qui ?Antonio s’approche, une expression dure plaquée sur son visage.— La Bratva. Ils veulent Nikolaï.Un sourire froid s’étire sur mes lèvres.— Ils sont un peu en retard, non ?— Ils ne cherchent pas seulement Nikolaï. Ils veulent savoir qui l’a tué.— Qu’ils demandent.Antonio ricane.— Ils le savent déjà
VictorioMinuit approche. L’air est lourd, chargé d’humidité et de tension. Le port est plongé dans l’obscurité, seulement troublé par le clapotis des vagues contre la coque des bateaux abandonnés. Les entrepôts sont alignés comme des silhouettes fantomatiques, des géants de métal rongés par le temps et la rouille.Je suis debout devant l’ancien entrepôt désigné par le message. Antonio est à mes côtés, le visage fermé. Derrière lui, Lorenzo et cinq autres hommes sont armés jusqu’aux dents, leurs regards sombres balayant les environs.— Tu es sûr de vouloir y aller seul ? demande Antonio d’un ton grave.— S’ils veulent jouer à ce jeu, alors on va jouer.Antonio hoche la tête, mais son expression reste dure.— Si ça tourne mal, on intervient.Je le regarde droit dans les yeux.— Si ça tourne mal, éliminez-les tous.Il acquiesce lentement.Je pousse la lourde porte en métal de l’entrepôt. Le grincement strident résonne dans le silence de la nuit. L’intérieur est plongé dans une obscurité
VictorioLa nuit est tombée, plongeant le manoir dans une obscurité silencieuse. J’observe la cour depuis la grande fenêtre du bureau, un verre de whisky à la main. Les lumières extérieures projettent des ombres fantomatiques sur les murs de pierre, et une brise légère fait frémir les feuilles des arbres centenaires. Le manoir est calme, mais je sais que ce n’est qu’un calme de façade. Une tempête approche, et cette fois, elle pourrait tout emporter.Melaine est assise dans le fauteuil face à moi, une jambe élégamment croisée sur l’autre. Elle porte une robe noire fendue, dévoilant la ligne parfaite de sa cuisse. Ses longs cheveux noirs glissent sur son épaule, encadrant son visage sculptural. Son sourire est froid, calculateur.— Alors ? demande-t-elle, son ton mielleux contrastant avec la tension dans l’air.Je prends une gorgée de mon whisky, sentant la brûlure familière descendre dans ma gorge.— Si la Bratva est derrière tout ça, pourquoi t’ont-ils trahie ?Elle penche légèrement
VictorioLe manoir est plongé dans un silence pesant, seulement troublé par le bruit régulier de mes pas résonnant dans le marbre froid du couloir. Antonio est à mes côtés, son visage crispé par la tension. Derrière nous, Lorenzo ferme la marche, son arme prête à être dégainée à la moindre menace.Hawkins est mort. Une balle entre les deux yeux. J’ai tiré sans hésitation, sans remords. Pourtant, cette victoire a un goût amer. Hawkins n’était qu’un pion, une marionnette dans une machination plus complexe. Le véritable danger est encore tapi dans l’ombre, et je n’ai aucune idée de qui tire vraiment les ficelles.— On fait quoi, maintenant ? demande Antonio, sa voix basse et tendue.Je m’arrête devant la porte du bureau, mon regard glissant sur le bois massif.— On attend.Antonio fronce les sourcils.— Attendre quoi ?Je pousse la porte, entrant dans la pièce sombre. Le bureau est en ordre, mais je ressens la présence invisible du chaos sous-jacent.— Que le véritable maître du jeu se d
VictorioLe sang coule sur la pierre froide du sol du manoir. L’odeur métallique de la mort imprègne l’air, me brûlant les narines alors que je progresse dans le couloir sombre. Antonio est à mes côtés, son arme levée, prêt à tirer au moindre bruit suspect. Derrière nous, Lorenzo couvre nos arrières, son regard aussi tranchant qu’un couteau.— Tu es sûr qu’ils sont encore dans le manoir ? demande Antonio à voix basse.— Oui, grogné-je. Hawkins est trop malin pour s’enfuir si facilement. Il a prévu ce coup depuis longtemps.Antonio hoche la tête.— Si Melaine nous a trahis, pourquoi Hawkins prendrait-il le risque de venir ici en personne ?Je m’arrête, mes yeux fouillant l’obscurité.— Pour finir le travail lui-même.Antonio esquisse un sourire sombre.— Alors, il a fait une erreur.— Oui.Une porte claque brutalement dans le couloir. Antonio et Lorenzo se retournent immédiatement, armes levées.— C’était quoi, ça ? demande Lorenzo.— On va le savoir.Je me dirige vers la source du bru
VictorioLe manoir est plongé dans un silence pesant. Même le vent à l'extérieur semble s’être arrêté, comme si la nature elle-même retenait son souffle en attendant le coup fatal qui allait bientôt tomber.Je suis assis dans mon bureau, le dos droit, les doigts croisés sous mon menton. Devant moi, Antonio et Lorenzo sont debout, les visages fermés. Emily est assise sur le canapé près de la cheminée, le regard perdu dans les flammes qui dansent.— Il est temps, dis-je d'une voix calme mais tranchante.Antonio fronce les sourcils.— Tu es certain que c’est ce soir ?— Hawkins a frappé trop fort, trop précisément. Il savait où trouver nos points faibles. Quelqu’un dans le clan lui a parlé.Antonio hoche lentement la tête.— Tu veux qu’on procède comment ?Je me lève lentement, ajustant le col de ma chemise.— On resserre les rangs. On bloque toutes les sorties du manoir. Personne ne sort, personne ne rentre jusqu’à ce qu’on ait identifié le traître.Lorenzo serre les poings.— Et si c’e
VictorioL'air est lourd ce soir, chargé d'une tension sourde qui vibre sous la surface. Les couloirs du manoir sont plongés dans une obscurité inquiétante, seulement brisée par la faible lumière des appliques murales. Je marche d’un pas rapide, le bruit de mes chaussures résonnant sur le marbre froid. Derrière moi, Lorenzo me suit de près, son visage fermé et concentré.— Il est temps, dit-il simplement.Je hoche la tête.— Hawkins a frappé un de nos entrepôts. Il ne l’a pas fait au hasard. Il savait exactement où chercher.Lorenzo serre la mâchoire.— Ce qui confirme ce qu’on sait déjà : le traître est parmi nous.Je me retourne vers lui, mon regard dur.— Oui. Et je vais le démasquer ce soir.Nous atteignons le grand salon, où plusieurs de mes hommes sont rassemblés. Les visages sont tendus, marqués par l'inquiétude et la colère. Melaine est assise dans un fauteuil, une jambe par-dessus l’autre, un sourire énigmatique sur le visage. Elle lève les yeux vers moi quand j’entre.— Alor
VictorioLe silence règne dans le bureau, seulement troublé par le tic-tac lent et régulier de l'horloge accrochée au mur. Les rideaux sont tirés, plongeant la pièce dans une pénombre oppressante. Assis derrière le grand bureau de bois massif, je fais tourner distraitement un verre de whisky entre mes doigts. Le liquide ambré scintille faiblement sous la lumière tamisée de la lampe de bureau.— Tu comptes rester là à boire toute la nuit ?Je lève à peine les yeux lorsque Lorenzo entre dans la pièce, refermant la porte derrière lui. Il s’avance d’un pas mesuré, les mains dans les poches de son pantalon noir.— Peut-être, répliqué-je d’une voix froide.— Melaine a semé le doute, hein ?Je serre la mâchoire et pose brutalement le verre sur le bureau.— Elle ne fait jamais rien sans raison. Si elle est venue jusqu’ici pour me dire ça, c’est qu’elle sait quelque chose.Lorenzo s’approche du bureau, son regard sombre et perçant.— Tu crois qu’elle est impliquée ?Je secoue la tête.— Non. M