Léo Le bruit de mes pas résonne dans les couloirs sombres de la prison, le sol froid et dur sous mes chaussures. Chaque jour est pareil, un enchaînement de gestes automatiques, mais aujourd’hui, quelque chose d’inattendu se profile dans l’air. Le regard de Sasha. Elle m’observe. Encore.Sasha. Une détenue charismatique, avec des yeux d’acier et une allure mystérieuse qui fait tourner les têtes à chaque mouvement qu’elle fait. Elle n’est pas comme les autres. Elle ne se contente pas d’être là. Elle domine la scène sans même lever la voix. Il y a une force en elle, une aura qui semble imprégner l’espace autour d’elle. Et moi, j’ai l’impression qu’elle est en train de me tester.Cela fait plusieurs jours que je la vois, discrètement, mais j’ai toujours évité de croiser son regard. Quelque chose dans la manière dont elle me regarde me perturbe. Elle n’est pas comme Mira, elle ne cherche pas à me détruire. Non, Sasha joue à un autre jeu, plus subtil, plus dangereux. Elle est patiente, cal
Léo MorganJe me réveille dans ma cellule, le son strident du réveil résonnant dans l’air froid de la pièce. Ce matin-là, comme tous les autres, je suis seul. Mais il y a quelque chose d’étrange, une sensation qui m’oppresse le torse. Je me redresse lentement, mes yeux ajustant la lumière faible de la cellule. Les murs clos et l’odeur humide du béton me rappellent constamment que je suis encore ici, enfermé dans ce monde de béton et d’acier.J’ai l’impression d’être surveillé. Ce n’est pas une nouveauté, après tout. Mais aujourd’hui, c’est différent. Je sens une présence, une attention qui me scrute, me teste. C’est cette sensation qu’on ressent lorsqu’un regard se fixe sur nous sans relâche, et je sais exactement d’où elle vient. Sasha.Elle a disparu pendant quelques jours, mais aujourd’hui, j’ai comme une certitude. Elle revient. Elle veut quelque chose, et je suis de plus en plus certain que ça a à voir avec moi.Je me lève, secouant la tête pour chasser ces pensées. C’est une dis
Léo MorganJe n’ai jamais aimé les jeux de pouvoir. Ils m’ont toujours semblé être un piège insidieux, une danse où chaque faux pas peut être fatal. Pourtant, depuis que je suis ici, dans cette prison, je n’ai eu d’autre choix que de m’y plier. Et aujourd’hui, je me rends compte que ce n’est pas seulement un jeu auquel je suis en train de jouer. C’est une guerre silencieuse. Une guerre qui pourrait décider de mon destin.Je retourne dans ma cellule, mes pensées agitées par les paroles de Sasha. Je la vois encore, son regard, son sourire. Chaque mot qu’elle a prononcé reste ancré dans ma tête. Elle m’a dit que j’avais besoin d’elle. Et une partie de moi, celle que je tente de maintenir dans l’ombre, reconnaît qu’elle n’a peut-être pas tort.Mais je n’aime pas être vulnérable. Pas ici, pas dans cet endroit. L’isolement est mon bouclier, la distance ma seule défense. Alors, je me concentre sur mon objectif : survivre. Pas d’émotion, pas d’attachement. Juste le poids de mes erreurs et le
Léo MorganJe me tiens là, dans l'ombre de cette cellule froide, tentant de faire sens de ce qu’il vient de se passer. Sasha. Son regard, son sourire énigmatique. Ses paroles qui résonnent encore dans ma tête comme un écho que je ne peux pas échapper. Elle sait exactement ce qu’elle fait. Elle sait me manipuler, me pousser dans une direction que je ne veux pas prendre. Mais, à bien y réfléchir, ai-je vraiment le choix ?Je repense à son offre, à ce qu’elle a insinué. Elle veut "tout de moi". Un frisson me traverse. Pas seulement parce qu’il y a une menace cachée dans ses mots, mais parce qu’il y a un appel, un pouvoir qu’elle exerce sur moi, qui commence à s’installer lentement. Une attraction sombre, irrésistible. Mais si je cède à cela, je serai perdu. C’est un piège. Un piège subtil, tissé de manière si intelligente que je commence à en douter moi-même.Je me laisse tomber sur le banc en bois de ma cellule, mes mains entre mes tempes, essayant de faire le vide. Je dois garder mon c
Léo MorganJe suis perdu. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire l’état dans lequel Sasha m’a laissé après notre rencontre. Elle a joué avec mes nerfs, avec mes faiblesses, comme un chat avec sa proie. Et moi, je me suis laissé prendre au piège. C’est absurde. Je ne devrais pas être ici, ni dans cette position. Mais il y a quelque chose en elle, quelque chose qui m’attire, même si je le déteste. C’est un jeu de pouvoir, je le sais. Mais qui, au fond, est vraiment en contrôle ?Je suis de retour dans ma cellule, mais je ne peux pas me concentrer. Le bruit de mes pensées est plus fort que celui des gardes qui passent dans le couloir. Sasha. Ses mots, ses gestes. Chaque détail m’obsède. Quand elle a dit qu’elle me voulait, je l’ai entendu, mais je n’ai pas voulu le croire. Pourtant, il y a une vérité derrière tout ça. Elle a l'air de savoir exactement ce qu'elle fait. Et moi, je ne suis qu'un pion dans son jeu.Je tente de repousser l'idée, de l'éloigner, mais son image reste là, ancrée d
Léo MorganJe suis seul. À peine quelques heures se sont écoulées depuis la rencontre avec Sasha, et déjà, le souvenir de nos corps entrelacés, de sa voix murmurant des promesses menaçantes à mon oreille, hante mes pensées. Je me suis retrouvé à tourner en rond dans ma cellule, incapable de trouver une quelconque tranquillité d’esprit. La sensation de sa peau contre la mienne me brûle encore, mais plus que tout, c'est la prise de pouvoir qu'elle a exercée sur moi qui m’effraie. Ce n’est pas seulement physique. Non. C'est un contrôle plus subtil, plus pervers. Elle m’a pénétré, pas seulement avec ses mains, mais avec son esprit.Elle joue avec moi. Je le sais. Elle me pousse à me dévoiler, à m’abandonner sans même que je ne m’en aperçoive. Mais j’ai un problème. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de lutter. Dans ses bras, je n’ai pas ressenti ce vide, cette angoisse sourde qui me dévore habituellement. Il y a un soulagement, une sorte d’apaisement, mais à quel prix ?Une porte grince dan
Léo MorganLe temps semble suspendu. Dans le silence de cette pièce, après l'étreinte de Sasha, je me sens plus perdu que jamais. Il y a quelque chose d’étrange dans l’air, un poids qui m’étouffe, mais c’est une sensation familière. Le genre de poids qu’on ressent quand on sait qu’on est en train de faire une erreur, mais qu’on est déjà trop loin pour revenir en arrière.Sasha, elle, semble presque satisfaite, comme une créature qui a joué avec sa proie et se repose maintenant. Elle s’assoit, implacable, sur la chaise en face de moi. Ses yeux ne quittent pas les miens. Et cette fois, je vois clairement ce qu’elle cherche : elle veut savoir jusqu’où je suis prêt à aller. Jusqu’où je vais la suivre, pour quel prix. Parce que, je le sais maintenant, elle est prête à tout pour me perdre.Je veux la détester. Vraiment. Mais il y a quelque chose dans sa manière d’être, dans cette confiance qu’elle dégage, qui me pousse à la comprendre, à la désirer encore plus. Elle joue avec ma volonté, el
Léo MorganJ’ai l’impression que tout est en train de s’effondrer autour de moi. Ce n’est plus une question de résistance ou de soumission, c’est une question de survie. Mais qui suis-je en train de devenir dans cette danse ? À chaque mouvement, chaque geste de Sasha, je me perds un peu plus. Chaque parole qu’elle prononce est un coup de marteau sur les fondations de ce que j’ai cru être ma vie. Une vie qui semble désormais être une illusion. Un voile que je commence à peine à percer, et pourtant, il y a quelque chose en elle, dans sa manière de m’observer, qui me fait comprendre que je ne suis plus qu’un pion dans une partie d’échecs dont les règles m’échappent.Je suis dans ma cellule, encore une fois. Cette fois, je ne lutte pas contre l’envie de fuir. Je ne me cache pas derrière une façade d’indifférence. Je suis complètement à sa merci, à la merci de ce jeu dans lequel elle me force à entrer, encore et encore. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que je me laisse faire ?Il y a cette
Éva Je suis encore assise sur le canapé, mon esprit en tourmente, quand la porte d'entrée s'ouvre brusquement. Un frisson me traverse, un mélange d'inquiétude et de soulagement. C’est Serge. Je le reconnais à son pas lourd, au bruit familier de ses chaussures sur le sol. Il est de retour.Le parfum de son après-rasage flotte dans l’air, m’enveloppant immédiatement, et je me sens tout à coup prise au piège. J’avais espéré un peu plus de temps, du temps pour comprendre ce que je ressens, du temps pour faire face à ce qui m’attend. Mais c’est lui. Il est là. Et je ne peux plus fuir.Je me redresse lentement, les jambes engourdies. Je m'apprête à lui sourire, à lui offrir cette fausse tranquillité que j’ai si souvent utilisée, mais le poids de mes secrets me rend muette. Serge entre dans le salon avec son bagage à la main, l’air fatigué mais content de retrouver son chez-soi. Ses yeux se posent sur moi, et je vois cette lueur de douceur qu’il réserve uniquement pour moi."Eva... Tu vas b
Eva SinclairD’un geste furtif, je me faufile dans un couloir adjacent, priant pour ne pas être vue. Les pas se font de plus en plus forts. Je tourne une nouvelle fois à l’angle, puis une autre. Finalement, je trouve une porte de service entrouverte. C’est mon unique chance.Je n’hésite pas une seconde. Je pousse la porte avec précaution et me précipite dans l’obscurité de la ruelle qui s’étend devant moi. L’air frais me frappe en plein visage, comme un retour brutal à la réalité. Je suis dehors. Pour l’instant, je suis en sécurité. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?Mon cœur continue de battre la chamade, mais une lueur d’espoir m’envahit. Je ne suis pas encore sortie d’affaire, loin de là. Mais j’ai ce qu’il faut pour sauver Léo. Et maintenant, je dois m’échapper, trouver un moyen de quitter cet endroit sans que personne ne me repère. Je dois retourner à la ville. À Léo.Je m’élance dans la nuit, chaque pas me rapprochant un peu plus de la liberté, mais aussi de la vérité, u
Eva SinclairLes pas résonnent dans le couloir, lourds et inévitables. Chaque seconde semble s’étirer, me plaçant dans une tension palpable, presque insoutenable. Je suis dans la pièce, dissimulée dans l’ombre, les documents en main, et une angoisse sourde me ronge. Ils savent que je suis là. La question n’est plus de savoir si je vais être découverte, mais quand.Je me serre contre le mur, retenant mon souffle. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression que tout l’endroit l’entend. Mes doigts serrent le sac dans lequel j’ai placé les preuves, la vérité que j’ai arrachée à ce coffre-fort maudit. Chaque morceau de papier pourrait être ma sentence ou ma salvation, mais je n’ai plus de choix. Il est trop tard pour faire marche arrière.Les voix sont proches maintenant, un murmure indiscernable au début, mais elles deviennent plus nettes à mesure qu'elles se rapprochent. Je connais ces voix, ou du moins, je crois les reconnaître. Ce sont les hommes de Romanov. Je les ai entendus trop souv
Éva LambertLa nuit semble interminable. Chaque seconde me rapproche un peu plus du moment où je vais entrer dans l’enfer des secrets. Je suis seule, dans l’obscurité, guidée uniquement par l’espoir et la détermination. Gabriel a été clair : il n'y a pas de retour en arrière. Et pourtant, en moi, une question persiste : Est-ce vraiment la bonne décision ?Je roule lentement en direction du quartier désaffecté que Gabriel m’a indiqué. L'endroit est isolé, loin des quartiers animés où la vie ne semble jamais s’arrêter. Ici, tout semble figé dans le temps. Les bâtiments délabrés se dressent comme des témoins silencieux d’une époque révolue, et les rues désertes me rappellent que j’entre dans un territoire où l’ombre règne en maître.L’adrénaline me serre la gorge. J’ai l’impression que le moindre bruit pourrait me trahir. Mais je n’ai pas le luxe de la peur. La vérité se cache quelque part dans cet endroit, et je suis prête à tout pour la découvrir.Je gare la voiture dans une ruelle étr
Éva LambertLa vérité n’a jamais été aussi proche, et pourtant elle semble s’échapper comme l’air à travers mes doigts. J’ai passé les dernières heures à fouiller, à relier les pièces du puzzle, et une certitude me brûle maintenant : Léo est innocent, mais des forces puissantes veulent le faire tomber, et elles ne vont pas s’arrêter là.Je n’ai pas besoin de me demander pourquoi. Parce que je le sais, à présent. Romanov n’est plus. Il a disparu dans l’obscurité, emportant avec lui une grande partie des secrets qui ont jeté Léo dans cette tourmente. Mais ses associés, eux, sont encore là, tapis dans l’ombre, tirant les ficelles. Ils ne veulent pas que Léo soit hors de cause, pas tant que leurs propres secrets restent à l’abri.Je me tiens devant la fenêtre, regardant les lumières de la ville se refléter dans la vitre. C’est étrange comme tout semble si calme, si ordinaire, et en même temps, tout est sur le point d’exploser. Je pourrais presque entendre les rouages de la machination qui
Éva LambertLa vérité s’infiltre lentement, mais je sais qu’elle est là, tapie dans l’obscurité. Elle me glisse entre les doigts comme du sable, m’échappe dès que je crois la saisir. Mais je refuse d’abandonner. Parce que cette vérité, c’est la clé de tout. C’est la clé de Léo, de son innocence, et de l’ombre qui se cache derrière toute cette machination.Je suis dans la rue, mon téléphone dans la main, les battements de mon cœur résonnant contre mes tympans. Le vent souffle fort, emportant les feuilles mortes sous mes pieds. Il est tard, mais ma détermination n’a pas d’heure. Léo. Tout ce que j’ai découvert sur lui, sur les manipulations dont il est victime, tout me pousse à l’action. Mais je ne peux pas agir seule. Il faut que je trouve des alliés, des personnes qui partagent la même conviction que moi. Des personnes prêtes à risquer leur position pour la vérité.Je compose un numéro que je n'avais jamais osé appeler jusque-là. Celui de Gabriel Dufresne. Un ancien collègue, un ami,
Éva LambertJe n'arrive pas à l'oublier. Léo. Chaque minute passée à ses côtés m'a laissé une marque, une empreinte sur l'âme, et malgré tout ce qu'on m'a dit, malgré les accusations qui pleuvent sur lui, je refuse d'y croire. Il n'est pas celui qu'ils décrivent, pas l'homme qu'on veut me faire voir. Léo, je le connais, au fond, je sais ce qu'il est capable de, mais je suis persuadée qu'il n'est pas coupable de ce dont on l'accuse. Il est… il est plus complexe que ça.Depuis notre dernière rencontre, je n’ai cessé de me tourmenter. Mais c’est une certitude : je dois agir. Je dois prouver son innocence, parce que dans mon cœur, je suis convaincue que tout ça est un piège. Mais comment prouver quelque chose qu’on ne peut pas voir ? Comment trouver une vérité qui semble se dérober à chaque tentative ?Aujourd'hui, je suis plus déterminée que jamais. Si quelqu'un peut bien découvrir la vérité, c'est moi. Je n'ai pas d'autre choix que de m'enfoncer dans ce dédale de mensonges et de manipul
Sasha HarringtonLe bureau de Dalia reste dans mes pensées comme un décor figé, une scène de théâtre où je suis l’actrice principale sans même avoir choisi le rôle. Elle m’a laissée là, seule, à digérer la vérité qu’elle a imposée à ma réalité. Il y a des moments où l’on se sent soudainement perdu, comme si le sol sous nos pieds devenait trop incertain. Ce soir, je suis cette personne-là, celle qui ne sait plus à qui faire confiance.Je traverse les couloirs du complexe, mes pas résonnant contre les murs froids, presque comme un écho lointain de mes propres doutes. Il y a quelque chose d’assommant dans cette solitude, une pression grandissante qui me fait réfléchir à tout ce que je viens de découvrir. La corruption des gardiennes… Dalia, la directrice, les autres. Tout est relié, une toile invisible mais solide, tissée avec des fils de manipulations, de transactions, de faiblesses humaines. Et au centre, moi, qui croyait encore à un idéal. Qui croyait qu’il y avait un côté lumineux à
Léo Je me sens englouti par ses mots. Elle a raison, je le sais au fond de moi. Je ne contrôle rien. Et plus je tente de lutter, plus elle me prend. Chaque parole est un poison, chaque mouvement un piège. Et je suis là, piégé, dans l’attente de ce qui va venir.— Qu’est-ce que tu veux de moi, Sasha ? demande-je, une lueur de désespoir dans la voix.Elle prend une grande inspiration, comme si elle savourait le moment.— Tout, Léo. Je veux tout. Et quand tu seras prêt, tu m’appartiendras corps et âme. Mais pour ça… il faut que tu sois prêt à tout sacrifier.Je déglutis difficilement. Le choix qui s’offre à moi est aussi clair que le ciel d’une nuit sans lune : tout ou rien. Je dois faire un choix. Un choix qui changera ma vie à jamais. Et même si je sais que ce choix est déjà fait, même si je sais que je vais sombrer dans l’obscurité, je ne peux m’empêcher de me demander : est-ce que je vais réussir à en sortir intact ?Sasha, d’un dernier regard, m’emmène encore plus loin dans l’abîme