Le lendemain, j’étais profondément perturbé par les événements de la veille. Je réfléchissais à la manière dont j’allais pouvoir dormir dans cette chambre ce soir, lorsque mon oncle fit irruption, porteur de la meilleure nouvelle qu’on pouvait m’annoncer. - ONCLE (ton impatient) : Mais qu’est-ce qui te prend, Dilane ? Tu as mis ton téléphone où ? - DILANE (confus) : Euh… Je ne sais même pas… - ONCLE (agacé) : Hum ! Toi qui as toujours ton téléphone sur toi… Et maintenant tu ne sais plus ? Bon, allez, paye-moi d’abord, et ensuite je te dirai ce que je suis venu te dire. - DILANE (curieux) : Ah ! Tonton, tu veux encore que je te paye ? - ONCLE (souriant malicieusement) : Oui, oui, paye-moi. D’abord parce que c’est la nouvelle de l’année… Et ensuite parce qu’on m’a fait marcher pour venir te la dire. Donc ça fait deux bières. Je jouai au jeu de mon oncle et allai lui chercher deux bières dans un bar. Quand je revins, je m’assis, impatient. - DILANE (impatient) : Tonton
- Voix venant de l’océan : Dilane, pourquoi tu t’en vas ? Reste ici… Ne pars pas. Tu commets une terrible erreur ! Il ne faisait aucun doute que la voix semblait venir de l’océan lui-même, mais était-ce celle de Kaï-Lani ou peut-être d’une autre créature des eaux ? Je frissonnai, sachant que cette voix s’adressait à moi et à moi seul. En plus, je ne pouvais rien dire. C’est alors que je réalisai que j’avais dépassé les limites de mon humanité. Je me demandai ce que j’étais devenu. Étais-je encore un homme avec des compétences surnaturelles aquatiques, ou étais-je un triton ? La voix me lançait un avertissement, mais je fis la sourde oreille. Je savais que je devais quitter Kribi, sinon je serais en danger. Je me dirigeai vers l’agence de bus, Junior à mes côtés. Une fois arrivé, alors que nous entrions et que j’allais précipitamment acheter un ticket, je sentis quelqu’un me retenir par le bras. Je me retournai et tombai sur Kaï-Lani. Elle me regarda avec des yeux suppliants, p
Ça faisait à peine 20 minutes que nous étions en route quand je fus pris par un petit sommeil et transporté dans un rêve.- Dilane ? Pourquoi tu me fais ça ? Resonna une voix lointaine accusatrice. C'était celle de Kaï-lani.- DILANE (en colère) : Pourquoi moi je te fais quoi ? Bordel ! Mais tu as essayé de me tuer. Sans aucune raison en plus. Puis elle apparraît juste à quelques mètres devant moi.- KAÏ-LANI (d'une voix douce essayant d'avancer vers moi) : Écoute… - DILANE (coupant court et reculant de deux pas) : Non ! Non… Je n’ai plus aucune envie de t’écouter. Je n’ai qu’une seule envie, celle de me retrouver très très loin de toi et de tout ce qui te concerne… - KAÏ-LANI (d'une voix glaciale) : Tu ne sais pas ce que tu dis… Tu es à
- DILANE (souriant) : Bonsoir, papa !Il me prit dans ses bras, une étreinte chaleureuse et rassurante. - PAPA (souriant) : C’est comment, fils ? Mais dis donc, tu n’aurais pas un peu grandi, toi ? - MAMA (riant) : Justement… Je croyais que c’était juste une impression que j’avais. Il a pris des centimètres, ce petit garçon. Dis ma mère, avant de poursuivre. Jusqu’à on n’a plus la même taille. Après cela, nous discutâmes un peu, et mon père demanda à ma mère d’aller superviser les travaux d’emménagement. Mon père et moi restâmes seuls un moment. - PAPA (curieux) : Alors, Dilane, dis-moi, comment ça se passe à Kribi ? - DILANE (hésitant) : Aaaah... Tout se passe plutôt bien… - PAPA (insistant) : Tu es sûr ? demanda-t-il en me lançant un regard curieux. - DILANE (nerveux) : Bah… oui… Pourquoi tu insistes comme ça ? Pour vous dire vrai, à ce moment, j’avais paniqué,
À force d’y penser, je m’étais perdu dans mes pensées. - MAMA (d'une voix douce) : Dilane ? Dilane ? Hé ? La voix de ma mère me ramena à la réalité, me tirant de mes pensées inquiètes. - DILANE (surpris) : Hein ! Oui, papa ? - PAPA (riant) : Ahahaha ! Qu’est-ce qui y a, fiston ? Tu ne reconnais plus la voix de ta mère ? J’étais confus et je ne savais pas quoi lui répondre. - MAMA (inquiète) : Dilane, c’est comment ? Tu as l’air ailleurs. Tu as un problème ? Mais avant même que je ne commence même à réfléchir à la réponse que je devais lui donner, mon père intervint. - PAPA (rassurant) : Ça doit être le voyage qui l’a un peu fatigué. En plus, on a bavardé to
À peine avais-je fermé les yeux que, quand je les ouvris à nouveau, c’était déjà le matin. À vrai dire, j’avais été quelque peu surpris que ce soit déjà le matin. Je venais de passer une nuit sans aucune interruption, même pas pour faire un saut au toilette me mettre à l'aise ou même à la cuisine pour boire de l'eau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une nuit pareille, et rien que ça m’avait suffi pour me confirmer que Kaï-Lani et tout ce qui la concernait étaient désormais très derrière moi. Ce matin-là, et les jours de la semaine qui avaient suivi, mes journées étaient heureuses et mes nuits très paisibles. Mais les congés se terminaient, et bientôt, il aurait fallu que je retourne à Kribi. Et ça, il en était hors de question. &nbs
Alors que je me réjouissais davantage que mes parents soient d’accord pour que je reste avec eux à Yaoundé, je ne m’imaginais pas un seul instant que cette même nuit-là, j’allais, pour la première fois de ma vie, ressentir la terrible peur qu’on éprouve lorsqu’on doit perdre un être cher. Ça faisait déjà plus de deux heures que j’avais laissé mes parents au salon et que j’étais allé dans ma chambre. Peut-être devrais-je vous dire que mes parents étaient vraiment très amoureux. Quand on les regardait, ils vivaient leur amour comme des adolescents. Moi, j’aimais bien les observer comme ça… L’amour qu’ils se portaient l’un envers l’autre me rendait aussi heureux.Alors, j’étais dans ma chambre, déjà endormi, lorsque j’entendis un terrible cri : c’était celui de ma mère. Elle hurlait de terreur. Cela me réveilla en sursaut, et je sortis aussi vite que je le pus de ma chambre. Au même moment, je vis mon père traverser devant moi à grande vitesse, juste vêtu de son pantalon de pyjama. San
Il se faisait tard... très tard, et le quartier où mon père avait acheté la maison était un quartier résidentiel. Pour pouvoir trouver un taxi, il fallait d’abord marcher jusqu’à la grande route. Moi, en ce qui me concernait en ce moment-là, je courais aussi vite que je le pouvais. En plus de ça, je n’arrêtais pas d’entendre les cris de ma mère. On aurait dit qu’elle se débattait encore. Après des minutes de course acharnée, j’arrivai enfin à la route et stoppai la première voiture que je croisai. - DILANE : Laissez-moi où je peux avoir un bus pour Kribi. Dis-je de façon entrecoupé car j'étais très essoufflé. - TAXI MAN (d'un air méfiant) : Il y a quoi ? Tu fuis le bandit ? Ou bien c’est toi-même le bandit ? Dit-il en me regardant de la tête aux pieds. - DILANE (pressé) : S’il vous plaît, vous pouvez ou pas ? - TAXI MAN (intéressé) : Tu payes combien ? - DILANE : Vous n’aurez qu’à prendre le tarif qui vous conviendra…Pendant que nous étions encore en train de parle
Lorsque j'arrivais, je trouvai la porte de son appartement qui était grande ouverte, alors j’entrai sans frapper. E-Manuella était assise sur le canapé, les yeux rougis par les larmes, le regard perdu dans le vide. Elle me vit, mais ne dit rien. Pas un mot. Elle se contenta de me regarder, comme si j’étais un mirage, une apparition qu’elle ne parvenait pas à croire réelle. E-Manuella sombrait dans une terrible dépression, et je savais que je n’avais plus d’autre choix que de lui dire toute la vérité maintenant. Je m’assis à côté d’elle, et au même moment, elle murmura : - E-MANUELLA : Pourquoi tu m’as évitée pendant des jours de cette façon ? Pourquoi tu me fais ça ? Sa voix était faible, brisée, comme si chaque mot lui coûtait un effort surhumain. Je pris une profonde inspiration, sachant que ce que j’allais dire allait tout changer. - DILANE : E-Ma, il y a quelque chose que tu dois savoir. Quelque chose que j’aurais dû te dire depuis longtemps. Et je me mis à lui raconte
Dès le lendemain de ce jour, ma décision était prise. Toute la nuit E-Manuella avait essayé de me joindre. Au fond de moi, j'espérais que la distance la protégerait de Kaï-Lani. Loin d'imaginer que je la ferai vivre un enfer emotionnelLes premiers jours furent les plus durs. Mon téléphone vibrait sans cesse, des notifications de messages et d’appels manqués d’E-Manuella s’accumulant sur l’écran. Chaque vibration me tirait le cœur, mais je résistai à l’envie de répondre. Je savais que si je lui parlais, je ne pourrais pas lui expliquer la vérité sans qu'elle n'est peur de moi. Un soir, en rentrant du travail, je trouvai un mot glissé sous le portail de la maison. Je pensais pourtant que c'était une facture d'électrité ou peut être d'eau mais ce n'était pas le cas. C'était un mot d'E-Manuella :« Dilane, je ne comprends pas ce qui se passe. S’il te plaît, appelle-moi. Je t’aime. – E-Ma »Je froissai le mot et le jetai dans la co
Après que l’eau se soit complètement retirée, je retournai auprès d’E-Manuella, toujours inconsciente. Je ne savais toujours pas quoi faire. Pendant plusieurs minutes, je tins son corps inanimé entre mes bras, espérant un miracle, un signe, n’importe quoi. Et soudain, elle revint à elle. Elle se mit à tousser violemment, puis à vomir de l’eau. Ce n’était pas de l’eau ordinaire, mais de l’eau de l'océan, salée et froide. Elle en vomit des litres et des litres, comme si elle avait avalé l’océan tout entier. Les secondes qui suivirent, elle reprit conscience, haletante, les yeux écarquillés. - E-MANUELLA : Dilane ? Oulalarrrr ! C’est toi qui as versé l’eau ici partout ?! Orrrrh, pourquoi tu aimes me faire travailler comme ça ?! Je suis très fatiguée. Elle ne semblait même pas se souvenir de la soirée que nous avions passée ensemble. Elle était confuse, épuisée, et voulait juste dormir. - DILANE : Ne t’inquiète pas, je vais tout nettoyer. Puisqu’elle était à même le sol, je la p
Depuis le jour où j’avais soigné E-Manuella, notre relation avait déjà duré neuf bons mois. Neuf mois de bonheur, de rires, de complicité, et même de projets d’avenir. Nous envisagions déjà de vivre ensemble dans une même maison, de construire quelque chose de solide et de durable. Tout se passait extrêmement bien dans ma vie. Au boulot, j’avais même obtenu un véhicule de service, et chaque jour semblait apporter son lot de petites victoires. Sauf qu’un soir, tout allait tragiquement basculer. C’était le jour de son anniversaire, et nous avions décidé de sortir, rien que tous les deux. La soirée fut bien sûr magnifique, remplie de rires, de regards complices et de moments doux. E-Manuella rayonnait, et à un moment, elle m’avait soufflé à l’oreille que cette nuit allait &ecir
Sa question me pris un peu au dépourvu. Je ne savais pas si je devais lui dire la vérité, ou bien lui mentir. Je pris quelques secondes à réfléchir le regard vers l'océan pour fuir le sien. Puis dans un soupir je lui répondis.- DILANE : C’est compliqué un peu, E-Ma. J’ai vécu ici quelsques années seulement, mais c'était aussi à une époque très sensible de ma vie à cause des raisons de mon départ d'Angleterre… et donc être ici me rappel tout ça... Et il y a des souvenirs que je préfère laisser derrière moi. J'espère que tu comprends ?Elle me prit mes deux main et me sourit.- E-MANUELLA : Bien sûr que je te comprends. Et... Merci de m’avoir emmenée malgré tout. Ça veut dire beaucoup pour moi.Je sentis un poids se soulever de mes épaules,
Après cette nuit là, tout avait changé, notre relation prit une nouvelle dimension. E-Manuella était guérie, et avec ça, c’était comme si une lumière s’était rallumée dans nos vies. Nous avions traversé l’obscurité ensemble, et maintenant, il était temps de savourer la lumière. Les semaines qui suivirent furent une succession de moments doux, intenses et inoubliables. Nous découvrions l’amour sous toutes ses facettes, comme si chaque jour était une nouvelle page à écrire. Moi je découvrais un nouvelle amour.E-Manuella et moi faisions très souvent des balades le soir, après le travail, où nous marchions main dans la main dans les rues de la ville de Yaoundé, sans but précis ou bien même une destination en tête, c'était juste pour profiter de la pré
Dès le lendemain, j’avais commencé à envisager comment je pourrais lui administrer des soins de guérison. Je savais que les médecins n’avaient pas de réponse, mais je ne pouvais pas rester les bras croisés. En quête de solutions, je me mis à chercher des médicaments plus forts, des crèmes spécialisées, tout ce qui pouvait la soulager. J’avais déjà dépensé une bonne partie de mon salaire dans des produits que les pharmaciens me recommandaient, même si je savais que ça ne la guérirait pas de ce qu’elle avait. Mais au moins, ça lui donnait un peu de répit. Un soir, alors que je lui avais apporté une nouvelle crème et antibiotiques, je disposai les produits sur sa table en les lui présentant. Elle était couchée sur son lit, les draps légèrement froiss&
À la fin de ma journée, je me précipitai au restaurant pour la prendre, mais E-Manuella n’était pas là. Inquiet, je me renseignai auprès du serveur que je croisai. - SERVEUR : Depuis ce matin, elle n’est pas venue ici. Elle a signalé qu’elle se rendait à l’hôpital avant de venir, puis elle a rappelé que ça n’allait pas. Mon cœur s’est serré. Sans hésiter, je décidai de l’appeler dans la même minute.Au téléphone- DILANE : Allô E-Ma, comment tu vas ? - E-MANUELLA : Ho ! Dilane, je suis vraiment désolée, je t’avais même oublié, mais c’est que depuis que je suis rentrée, je me sens très mal. - DILANE : Je suis justement au restaurant, j’ai demandé et on
LA visite d'E-Manuella ce matin là m'avait surpris. En plus de cela, j''étais aussi surpris par toute cette attention qu'elle me portait en plus de la voir aussi contente pour moi.- E-MANUELLA : Monsieur le responsable financier... Ahaha ! - DILANE : Noon je ne suis pas le responsable financier... Juste l'analyste. Dis-je en rigolant. - E-MANUELLA : Ahaha ! En tout cas pour moi c'est la même chose. Félicitation encore pour ton nouveau job.Je la remerciais, un peu gêné par tant d’attention, quand soudain, j’ai remarqué quelque chose d’étrange. Sa tasse de café, posée bien droite sur la table, a commencé à bouger toute seule. C’était subtil au début, comme un léger tremblement. Je restais concentré dessus alors qu'elle échangeait quelques phrases avec ma mère.- E-MANUELLE : Vous avez vraiment une très belle maison madame la mère de Dilane. - MAMAN : Oh merci bien... C'est mon mari qui l'a achété il y a quelques années quand nous arrivions au Came