Mais malgré que le triton le plus respecté que je connaissais venait de me dire de parir, je n’en avais pour autant pas l’intention de le faire. Dès que Glaucus eut prononcé ces mots, il s'était également retourné pour partir, alors, je m’étais précipité vers lui en quelques battements de nageoires, déterminé à l’arrêter. Ma vitesse le surprit, et ses yeux s’écarquillèrent.
- GLAUCUS : Quoi ? Mais comment tu as fait ça ?
Sa voix trahissait une surprise mêlée d’admiration, comme s’il ne s’attendait pas à ce que je puisse me déplacer aussi rapidement sous l’eau. Il n'y avait pas que lui qui avait d'ailleurs été surpris. Mais je ne me donnais pas le temps pour m'attarder dessus.- DILANE : Je t’ai dit que je ne peux pas partir… Je dois voir Kaï-Lani…
Ma voix était ferme, presque implorante, mais Glaucus perdit patience. D’un mouvement rapide, il m’attrapa par le bras, sa poigne puissante me rappelant à quel point ces créatures de l'eau pouvaient êtJe pourrais trouver ma mère là où se trouve Kaï-Lani. Cette phrase résonnait dans ma tête, mais je n’arrivais pas à en saisir le sens. Alors, je me tournai vers eux, cherchant des réponses.- DILANE : Hein… Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Alors Kaï-Lani n’est pas… - SCYLLA : Elle n’est pas morte… Mais elle est retournée dans sa vraie famille. Ou plutôt, ils sont venu la chercher.- DILANE : Sa… vraie famille ? Mais qu’est-ce que tout ça signifie ? Vous n’êtes pas sa famille ? - SCYLLA : Elle nous a trompés. Elle nous a tous trompés. Sa voix était empreinte de colère et de déception, comme si chaque mot lui coûtait. - GLAUCUS : Tout comme toi, nous ne savions rien du tout sur elle... Du moins on croyais tout savoir.I
Je n’avais aucune idée de ce que j’allais affronter. Aucune idée de l’endroit où je m’aventurais, ni du danger que cela représentait. Encore moins des risques que j’encourais, et surtout, des conséquences qui en découleraient. Je savais seulement une chose : ma mère était de ce côté-là, et il fallait que je la délivre. Rien de plus, rien de moins. Après que le peuple d’Aquos m’eut permis de partir, je pris donc le chemin… La peur qui m’envahissait était immense, mais je parvenais à la surmonter en pensant à ma mère. Chaque fois que son visage me traversait l’esprit, je trouvais le courage de continuer. J’arrivai enfin à la séparation entre les deux côtés. Je n’arrivais toujours pas à croire que j’allais faire cela.
Je cherchai désespérément parmi les esprits emprisonnés, et enfin, je la trouvai : ma mère. Son visage était figé, ses yeux vides, comme si elle ne me voyait pas, ne m’entendait pas. J’essayai de lui parler, de la toucher, mais elle ne réagissait pas. Elle était là, mais si loin. J’étais tellement concentré à essayer de la délivrer que je ne remarquai pas l’arrivée de l’un d’eux. - TRITON : Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu fais là ? Sa voix était rauque, menaçante. - DILANE : C’est ma mère ! Relâchez-la ! Je criai, ma voix tremblante de colère et d’impuissance. - TRITON : Alors c’est toi ! Il ne m’écouta pas. D’un mouvement rapide, il se rua sur moi. J’esquivai sa charg
Essayez d'imaginer le regard d'un animal, l'animal le plus feroce que vous connaissez en train de vous observer attentivement. Vous aurez alors une idée du regard que Kaï-Lani posait sur moi en ce moment. Ses yeux, autrefois si doux et rassurants, étaient maintenant emplis d’une froideur menaçante, comme si elle contemplait une proie, prête à bondir à tout moment.- DILANE : Je vous le jure, grand roi de l’océan… Ce n’est pas ce qui s’est passé. Laissez moi la chance de pouvoir m'expliquer.- ROI : T'expliquer ? Alors, tu veux insinuer quoi ? Que c’est ma fille qui t’a pourchassé et obligé ? Hein, C’EST CELA ? C’était une question piège, et je le savais. Si je répondais, je n’aurais plus aucune chance. Alors, je me contentai de regarder Kaï-Lani, espérant un signe, une lue
Je n’étais donc pas mort, comme cela devait être il y a quelques secondes. Car quelque chose d'inattendue venait de se produire… Mes yeux se posèrent directement sur le roi. Il fixait quelque chose – ou quelqu’un – au-dessus de moi, les yeyx de tout le monde regardais dans la même direction.Si j’étais mort dans l’eau ce jour-là, étant déjà un être humain appartenant à deux mondes, sur la terre, j’aurais simplement disparu sans laisser de traces. Même ce roi avait dit qu’il renverrait ma tête, mais le reste de mon corps ? Les membres de ma famille l’auraient cherché en vain.- VOIX : Qu’étiez-vous sur le point de faire, roi Zarok ? Cette phrase me fit détourner mon regard du roi. Je tournai légèrement la tête et aperçus d’abord la q
Lorsque Dilane pris l'esprit de ma mère, ses yeux se posa sur moi et elle me reconnut immédiatement et Junior aussi. Et bien évidemment, elle était complètement larguée par ce qu'elle voyait.- MAMA : Dilane ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? On est où ? Junior ? C’est toi ? Elle regarda autour d’elle, effrayée, et s’accrocha à moi comme si j’étais son seul point d’ancrage dans ce monde étrange où elle s'était soudainemant trouvé. Je lui pris la main, essayant de la rassurer. - DILANE : Tu es sauvée, mama. On rentre à la maison. Nous nageâmes vers la surface, et quand nous l’atteignîmes, l’esprit de ma mère disparut, comme aspiré par une force invisible. Quant à moi, je ne sais pas ce qui s’était passé
Après que Junior m’eut expliqué que je ne pourrais plus connaître d’autres filles tant que je serais lié à Kaï-Lani, je lui exprimai mon profond désir de me tenir loin de tout cela. Je ne voulais plus jamais entendre parler de Kaï-Lani ou de quoi que ce soit en lien avec l’océan. Alors, il m’emmena chez une sorte de guérisseur, censé me couper de tous les esprits de l’eau. Sauf que, malgré sa puissance, il ne me garantit rien. - GUÉRISSEUR : J’ai fait ce que j’ai pu. Par contre, je ne te garantis rien. Mais pour l’instant, tu dois respecter les consignes, car… je ne sais pas ce que tu leur as fait, mais ils ont l’air très remontés contre toi. Les consignes n’étaient pas difficiles à suivre. Je comptais les appliquer à la lettre, sans jamais y déroger
Chaque jour, je cherchais désespérément à retrouver la trace de mon père. Depuis mon arrivée à Yaoundé, je n’avais pas réussi à le joindre, et cette absence me rongeait. Lui, qui n’avait jamais voulu être loin de ma mère, refusait maintenant de la voir, de lui parler, ou même d’entendre parler de nous. Chaque tentative pour le contacter se soldait par un échec, et cette distance inexplicable me plongeait dans un mélange de colère et de tristesse. Quand j’avais enfin découvert où il vivait, il avait déménagé le même jour, comme s’il fuyait quelque chose ou quelqu’un. Les raisons de ce changement subit, je les découvrirais tôt ou tard. Mais pour l’instant, je devais me concentrer sur ma mère et sur notre survie. Alors un de ces soirs, comme d’habitude, je rentrais tard après mon service au restaurant. J’avais été payé, et une idée m’avait traversé l’esprit : acheter un petit cadeau à ma mère. Elle en avait tant besoin, un peu de réconfort dans cette période
Lorsque j'arrivais, je trouvai la porte de son appartement qui était grande ouverte, alors j’entrai sans frapper. E-Manuella était assise sur le canapé, les yeux rougis par les larmes, le regard perdu dans le vide. Elle me vit, mais ne dit rien. Pas un mot. Elle se contenta de me regarder, comme si j’étais un mirage, une apparition qu’elle ne parvenait pas à croire réelle. E-Manuella sombrait dans une terrible dépression, et je savais que je n’avais plus d’autre choix que de lui dire toute la vérité maintenant. Je m’assis à côté d’elle, et au même moment, elle murmura : - E-MANUELLA : Pourquoi tu m’as évitée pendant des jours de cette façon ? Pourquoi tu me fais ça ? Sa voix était faible, brisée, comme si chaque mot lui coûtait un effort surhumain. Je pris une profonde inspiration, sachant que ce que j’allais dire allait tout changer. - DILANE : E-Ma, il y a quelque chose que tu dois savoir. Quelque chose que j’aurais dû te dire depuis longtemps. Et je me mis à lui raconte
Dès le lendemain de ce jour, ma décision était prise. Toute la nuit E-Manuella avait essayé de me joindre. Au fond de moi, j'espérais que la distance la protégerait de Kaï-Lani. Loin d'imaginer que je la ferai vivre un enfer emotionnelLes premiers jours furent les plus durs. Mon téléphone vibrait sans cesse, des notifications de messages et d’appels manqués d’E-Manuella s’accumulant sur l’écran. Chaque vibration me tirait le cœur, mais je résistai à l’envie de répondre. Je savais que si je lui parlais, je ne pourrais pas lui expliquer la vérité sans qu'elle n'est peur de moi. Un soir, en rentrant du travail, je trouvai un mot glissé sous le portail de la maison. Je pensais pourtant que c'était une facture d'électrité ou peut être d'eau mais ce n'était pas le cas. C'était un mot d'E-Manuella :« Dilane, je ne comprends pas ce qui se passe. S’il te plaît, appelle-moi. Je t’aime. – E-Ma »Je froissai le mot et le jetai dans la co
Après que l’eau se soit complètement retirée, je retournai auprès d’E-Manuella, toujours inconsciente. Je ne savais toujours pas quoi faire. Pendant plusieurs minutes, je tins son corps inanimé entre mes bras, espérant un miracle, un signe, n’importe quoi. Et soudain, elle revint à elle. Elle se mit à tousser violemment, puis à vomir de l’eau. Ce n’était pas de l’eau ordinaire, mais de l’eau de l'océan, salée et froide. Elle en vomit des litres et des litres, comme si elle avait avalé l’océan tout entier. Les secondes qui suivirent, elle reprit conscience, haletante, les yeux écarquillés. - E-MANUELLA : Dilane ? Oulalarrrr ! C’est toi qui as versé l’eau ici partout ?! Orrrrh, pourquoi tu aimes me faire travailler comme ça ?! Je suis très fatiguée. Elle ne semblait même pas se souvenir de la soirée que nous avions passée ensemble. Elle était confuse, épuisée, et voulait juste dormir. - DILANE : Ne t’inquiète pas, je vais tout nettoyer. Puisqu’elle était à même le sol, je la p
Depuis le jour où j’avais soigné E-Manuella, notre relation avait déjà duré neuf bons mois. Neuf mois de bonheur, de rires, de complicité, et même de projets d’avenir. Nous envisagions déjà de vivre ensemble dans une même maison, de construire quelque chose de solide et de durable. Tout se passait extrêmement bien dans ma vie. Au boulot, j’avais même obtenu un véhicule de service, et chaque jour semblait apporter son lot de petites victoires. Sauf qu’un soir, tout allait tragiquement basculer. C’était le jour de son anniversaire, et nous avions décidé de sortir, rien que tous les deux. La soirée fut bien sûr magnifique, remplie de rires, de regards complices et de moments doux. E-Manuella rayonnait, et à un moment, elle m’avait soufflé à l’oreille que cette nuit allait &ecir
Sa question me pris un peu au dépourvu. Je ne savais pas si je devais lui dire la vérité, ou bien lui mentir. Je pris quelques secondes à réfléchir le regard vers l'océan pour fuir le sien. Puis dans un soupir je lui répondis.- DILANE : C’est compliqué un peu, E-Ma. J’ai vécu ici quelsques années seulement, mais c'était aussi à une époque très sensible de ma vie à cause des raisons de mon départ d'Angleterre… et donc être ici me rappel tout ça... Et il y a des souvenirs que je préfère laisser derrière moi. J'espère que tu comprends ?Elle me prit mes deux main et me sourit.- E-MANUELLA : Bien sûr que je te comprends. Et... Merci de m’avoir emmenée malgré tout. Ça veut dire beaucoup pour moi.Je sentis un poids se soulever de mes épaules,
Après cette nuit là, tout avait changé, notre relation prit une nouvelle dimension. E-Manuella était guérie, et avec ça, c’était comme si une lumière s’était rallumée dans nos vies. Nous avions traversé l’obscurité ensemble, et maintenant, il était temps de savourer la lumière. Les semaines qui suivirent furent une succession de moments doux, intenses et inoubliables. Nous découvrions l’amour sous toutes ses facettes, comme si chaque jour était une nouvelle page à écrire. Moi je découvrais un nouvelle amour.E-Manuella et moi faisions très souvent des balades le soir, après le travail, où nous marchions main dans la main dans les rues de la ville de Yaoundé, sans but précis ou bien même une destination en tête, c'était juste pour profiter de la pré
Dès le lendemain, j’avais commencé à envisager comment je pourrais lui administrer des soins de guérison. Je savais que les médecins n’avaient pas de réponse, mais je ne pouvais pas rester les bras croisés. En quête de solutions, je me mis à chercher des médicaments plus forts, des crèmes spécialisées, tout ce qui pouvait la soulager. J’avais déjà dépensé une bonne partie de mon salaire dans des produits que les pharmaciens me recommandaient, même si je savais que ça ne la guérirait pas de ce qu’elle avait. Mais au moins, ça lui donnait un peu de répit. Un soir, alors que je lui avais apporté une nouvelle crème et antibiotiques, je disposai les produits sur sa table en les lui présentant. Elle était couchée sur son lit, les draps légèrement froiss&
À la fin de ma journée, je me précipitai au restaurant pour la prendre, mais E-Manuella n’était pas là. Inquiet, je me renseignai auprès du serveur que je croisai. - SERVEUR : Depuis ce matin, elle n’est pas venue ici. Elle a signalé qu’elle se rendait à l’hôpital avant de venir, puis elle a rappelé que ça n’allait pas. Mon cœur s’est serré. Sans hésiter, je décidai de l’appeler dans la même minute.Au téléphone- DILANE : Allô E-Ma, comment tu vas ? - E-MANUELLA : Ho ! Dilane, je suis vraiment désolée, je t’avais même oublié, mais c’est que depuis que je suis rentrée, je me sens très mal. - DILANE : Je suis justement au restaurant, j’ai demandé et on
LA visite d'E-Manuella ce matin là m'avait surpris. En plus de cela, j''étais aussi surpris par toute cette attention qu'elle me portait en plus de la voir aussi contente pour moi.- E-MANUELLA : Monsieur le responsable financier... Ahaha ! - DILANE : Noon je ne suis pas le responsable financier... Juste l'analyste. Dis-je en rigolant. - E-MANUELLA : Ahaha ! En tout cas pour moi c'est la même chose. Félicitation encore pour ton nouveau job.Je la remerciais, un peu gêné par tant d’attention, quand soudain, j’ai remarqué quelque chose d’étrange. Sa tasse de café, posée bien droite sur la table, a commencé à bouger toute seule. C’était subtil au début, comme un léger tremblement. Je restais concentré dessus alors qu'elle échangeait quelques phrases avec ma mère.- E-MANUELLE : Vous avez vraiment une très belle maison madame la mère de Dilane. - MAMAN : Oh merci bien... C'est mon mari qui l'a achété il y a quelques années quand nous arrivions au Came