Le regard de Clara oscillait entre l'interrogation et la réticence, tandis qu'elle cherchait les mots pour formuler un refus délicat. Les autres chercheurs ont tous acquiescé avec enthousiasme et ils se sont exclamés : « Ce Cédrea a été d'une aide précieuse, Mlle Gasmi, il vous faut absolument remercier cet homme ! »« En effet, c'est grâce au Cédrea que notre projet de recherche a pris une telle ampleur ! » a ajouté un autre.« Tu l'entends, Clara ? C'est le souhait unanime de tous », a plaisanté Chloé en s'adressant à sa petite-fille.Clara, esquissant un sourire timide, a hoché doucement la tête en signe d'acquiescement. Elle avait bien entendu, et cela était indéniable.En quittant le laboratoire, tous ne manquaient pas de remercier Clara pour son implication déterminante. Sur le chemin du retour, elle a composé le numéro d'Étienne et lui a demandé, d'une voix nonchalante : « Prends rendez-vous pour moi avec Jérôme. » Étienne, taquin, l’a provoquée : « Ce ne serait pas parce que v
Dans l'atmosphère feutrée du magasin, la vendeuse a interrompu poliment la scène : « Excusez-moi, Mlle Leroux, mais ce sac a déjà été acquis par Mlle Gasmi. Il s'agit malheureusement du seul modèle disponible pour l'instant. » La révélation semblait piquer Marie au vif, qui n’a pu s'empêcher de froncer les sourcils, manifestement contrariée.Clara, percevant la tension, a jeté un regard malicieux vers Marie et n’a pu réprimer un sourire amusé. Entre jupes, sacs et prétendants, leurs préférences communes avaient toujours été une source de rivalité subtile. Clara a affirmé avec une pointe de défi, tout en esquissant un sourire narquois : « Désolée, mais le sac est à moi. »Marie, irritée, a senti une pointe de jalousie envers la fierté non dissimulée qui transparaissait dans les yeux de Clara. Elle a resserré instinctivement son étreinte autour du bras de Léo. Après tout, si Clara avait remporté ce petit triomphe, elle avait à son bras Léo.Clara a observé ce geste possessif et son cœu
Dans un moment d'hésitation palpable, Léo est demeuré silencieux, se retournant pour fixer l'espace que Clara venait de quitter, son front se plissant en une moue de perplexité. Clara avait-elle vraiment invité Jérôme à dîner simplement pour le remercier ? Cela semblait peu probable à ses yeux.Léo a alors répondu : « Dis-lui non ! »La réponse de Jérôme à son SMS était instantanée : « Elle m’a exprimé sa grande gratitude pour le Cédrea que je lui ai offert. Elle n’avait aucune autre intention que de me remercier et de m'inviter à dîner en guise de reconnaissance. » Léo, absorbé par ses pensées, est resté silencieux, son pouce hésitant au-dessus de l'écran de son téléphone.Jérôme a insisté : « Alors, je peux accepter son invitation ? » Juste au moment où Léo allait répondre, Marie a capturé la paume de sa main avec un sourire intrigant et lui a demandé : « À quoi penses-tu donc ? » Pris au dépourvu, Léo a secoué la tête et a éteint son téléphone, esquivant la question.Marie a réd
Jérôme a agité la tête avec une certaine précipitation, murmurant : « Ce n'est qu'une question mineure, vraiment, il n'y a pas de quoi s'attarder. »Clara, quant à elle, a répondu immédiatement avec véhémence : « Non, c'est tout à fait essentiel. » Jérôme a fait un geste de la main, jeter un regard furtif vers Léo, se demandant si ce dernier avait saisi l'importance de ses mots.« Dites-moi, comment avez-vous acquis ce Cédrea ? » a demandé Clara en se versant un verre d'eau, son intérêt clairement éveillé par la question.Jérôme a cligné des yeux, se rappelant que c'était en effet Léo qui avait originellement obtenu le Cédrea.Il a répondu avec un rire désinvolte : « Oh, je l'ai également acquis de quelqu'un d'autre. »« Cela vous a coûté cher ? » a insisté Clara.Jérôme a secoué la tête avec vigueur : « Pas un centime. »Clara a haussé les épaules, semblant accepter cette réponse avec une certaine réticence. « Puisque vous êtes un chercheur en botanique, avez-vous d'autres spécimens
« Ne joue pas à l'ignorant », a articulé Léo, sa voix teintée d'une froideur marquée et d'une étrange réticence à susciter des soupçons. Clara est restée immobilisée, ses yeux capturant malgré elle les pupilles sombres et impénétrables de Léo. Les sourcils froncés, un silence lourd s'est installé entre eux, leurs regards verrouillés dans une confrontation muette.Marie, détournant son visage, a capté l'échange de regards entre Clara et Léo. Après avoir serré nerveusement ses doigts autour de la cuisse pendant quelques instants interminables, Clara a brisé le silence d'une voix tremblante : « Le Cédrea, t’appartenait-il ? » Seul Léo pouvait répondre à cette question qui brûlait les lèvres de tous.Marie a interrogé alors avec une froideur acérée : « Sinon, qu'en penses-tu ? » Ignorant délibérément Marie, Clara s’est contentée de fixer Léo, exigeant de lui une réponse claire et directe. Était-ce Léo qui avait voulu vendre le Cédrea à cette vente aux enchères mystérieuse à l'étranger
Dans l'atmosphère chargée d'émotions complexes, Clara a tourné la tête, fixant le dos de Léo qui s'éloignait. Les expressions traversant son visage étaient difficiles à déchiffrer. Soudain, Léo s’est retourné, et Clara, surprise, a lu dans son regard une indécision palpable, comme s'il avait quelque chose d'important à dire, mais au lieu de cela, il a dirigé son agacement vers Marie. Clara a gardé le silence.Un sourire amer et résigné s’est dessiné alors sur ses lèvres après un moment de réflexion silencieuse. Quelle pouvait bien être la nature de leurs problèmes désormais ? Lorsqu'elle a relevé la tête, elle était confrontée à la présence inattendue de Jérôme devant elle. L'adolescent, dans une maladresse évidente, se grattait les cheveux, tout aussi impuissant face à la situation.Clara s'est avancée avec résolution : « Mangeons. »Peu importait qui était le vendeur, Léo ou Jérôme, l’intention de Clara était claire : elle avait prévu de les inviter à dîner par la gratitude.Léo, q
Alors que Clara s'apprêtait à rejoindre son véhicule dans le parking, une élégante Maïbach noire a surgi de nulle part et s'est immobilisée devant elle avec une précision cinématographique. Intriguée, elle a baissé les yeux vers le véhicule. La vitre teintée s'est abaissée lentement, révélant Léo derrière le volant. Son visage était impassible, ses lèvres pincées, mais la chaleur de sa voix ne laissait place à aucune équivoque : « Monte, Clara. »Clara a secoué la tête doucement, son ton ferme : « Non, je rentre chez moi. » Une pensée l'a soudainement assaillie : Si Marie l’apprenait, elle créerait des histoires, non ?Cependant, Léo a insisté, abaissant sa voix de plusieurs octaves : « Monte dans la voiture. »Elle a froncé les sourcils, interrogeant ses intentions : « As-tu quelque chose de particulier à me dire ? »« Dois-je toujours avoir une raison pour te voir ? Tu avais l'habitude de rester près de moi tout le temps, tu as oublié ? » a rétorqué Léo, perdant progressivement sa
Sous la lumière bleutée de la nuit, Clara a dû baisser la tête puis détourner le regard. L’odeur du tabac flottait dans l'air frais d'octobre, ravivant des souvenirs d'antan. Autrefois, à chaque volute de fumée, Clara réprimandait Léo et lui demandait d'éteindre sa cigarette immédiatement.Cependant, cette fois, elle s’est contentée de froncer les sourcils, emmurée dans son silence.« Tu ne trouves pas de mots ? » Léo l’a soudain interrogé, brisant le silence pesant qui s'était installé entre eux.Clara a relevé les yeux, son regard confus : « Que suis-je supposée dire ? » Sa voix, quoique calme, trahissait une pointe d’irritation.Léo a marqué une pause et s’est contenté de la fixer, ses yeux se teintant d'une complexité croissante. C'était la première fois qu'il l'observait avec autant d'attention depuis longtemps, réalisant que ses yeux possédaient une beauté presque provocante, capable de captiver quiconque osait soutenir son regard.Un duel silencieux s'est installé entre eux, l
Clara semblait résolue à empêcher Léo de perturber l’équilibre familial. Elle se tenait entre lui et la porte, comme un rempart silencieux contre tout intrus.« Bonsoir, M. Robert ! » Théo s’est empressé de se redresser, une pointe de sarcasme perçant légèrement son ton habituellement courtois.« Bonsoir… » Léo s’est incliné légèrement, un geste élégant mais empreint d’une profonde tristesse. En même temps, il essuyait délicatement les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.Théo, observateur de nature, a perçu immédiatement l’atmosphère étrange entre les deux, ce non-dit pesant qui flottait dans l’air. Son regard s’est attardé un instant sur les yeux rougis de Léo, mais il n’a pas analysé davantage la scène ; il s’en est détourné rapidement pour revenir à la situation présente.« C’est un véritable plaisir de vous recevoir à cette heure tardive, veuillez entrer », a dit Théo, en faisant un geste élégant vers l’intérieur de la maison.L’invitation a semblé aussi inattendue pour Clara
L’homme la fixait intensément, ses yeux débordant d’émotions infinies. Un silence profond s’est installé entre eux, aussi lourd que la nuit.Clara le percevait, comme elle avait toujours perçu les silences entre eux : cet homme n’avait jamais compris ce qu’était véritablement l’amour.Il était l’héritier d’une grande famille, et ses « je suis désolé » successifs n’étaient que des excuses sans cœur, des paroles vides. C’était un processus qu’il accomplissait mécaniquement, sans véritable émotion.« Tu gères ton mariage comme une entreprise, en exigeant tout, mais sans jamais réaliser que le mariage a besoin d’être entretenu avec amour. Le mariage exige de la patience et de la sincérité, alors que la gestion d’une entreprise est une question de stratégie, de recherche de résultats et d’avantages, et que tout ce qui intéresse tes employés, c’est leur salaire. As-tu déjà pensé aux exigences de ta femme ? »Elle a soupiré profondément, sans même remarquer qu’une larme s’échappait discrèteme
Les yeux de Léo se sont embués un instant, comme si des mots restaient bloqués dans sa gorge, et il a tendu la main, hésitant, pour saisir celle de Clara. Clara l’a fixé intensément. Elle a senti la chaleur de son corps envahir l’espace entre eux, et un tremblement discret s’est emparé de son cœur, qui s’est mis à battre la chamade. Ses yeux ont croisé ceux de Léo, et pendant un instant, elle a perçu qu’une lumière tremblotante, proche de la larme, s’y reflétait.Dans la seconde qui a suivi, Léo a ouvert légèrement ses lèvres, sa voix à peine plus qu’un murmure. Il semblait aussi fragile qu’une bouffée de fumée : « Clara, me détestes-tu à ce point ? » Il a posé cette question d'un air presque pathétique, mais au lieu de la rendre plus douce, Clara s’est faite encore plus froide : « Oui, je te déteste. »Léo, les sourcils froncés, a laissé échapper un soupir amer : « Tu veux que je disparaisse de ta vie complètement ? » Un éclat d’autodérision a brillé dans ses yeux sombres, comme une
« Clara, à quelque titre que ce soit, il est impératif que je sois ici aujourd’hui. » Léo a prononcé ces mots avec une raideur évidente, tentant de reprendre contenance après l’émotion qui l’avait saisi.Il savait pertinemment que Clara le détestait, que la famille Gasmi ne lui réservait aucun accueil chaleureux. Cependant, il se devait tout de même d’être présent pour marquer l’anniversaire de Théo, d’une manière ou d’une autre.Christophe, toujours en retrait, a pris la parole en faveur de Léo : « Mlle Gasmi, aujourd’hui est l’anniversaire de votre père. Nous devons absolument être là pour le célébrer. » Clara a lancé un regard glacial à Christophe, un regard qui en disait long sur l’indésirable intrusion de ses paroles. Christophe s’est tu aussitôt. Léo, d’un geste discret, lui a ordonné de poser les cadeaux qu’il portait et de rentrer l’attendre dans la voiture. Christophe a acquiescé sans protester, s’excusant brièvement auprès de Clara avant de s’éloigner.Léo l’a fixée de nouv
Se pourrait-il que Clara ne soit pas la fille biologique de la famille Gasmi ?Les pensées de Jacqueline se sont dissipées aussitôt, comme emportées par un souffle léger. Alors qu’elle se perdait dans ses réflexions, une voix claire et soudaine l’a tirée de son état songeur : « Jacqueline, viens ici ! »Elle s’est aussitôt précipitée : « Qu’est-ce qui ne va pas, mamie ? »Chloé lui a tendu son téléphone portable. Elle a montré du doigt l’image et a demandé : « Qui est-ce ? Vous avez été photographiés par les paparazzis. Est-ce que vous sortez ensemble ? »L’article sur l’écran disait :« Nolan et Jacqueline aperçus dans la même voiture, Nolan a raccompagné Jacqueline chez elle, sont-ils amoureux ? »Jacqueline a rougi, un peu gênée, mais elle s’est hâtée de répondre : « Non, c’est un malentendu. C’est juste qu’après le travail, il a gentiment proposé de m’accompagner chez moi. C’est tout. »Cependant, au fond d’elle-même, elle devait bien admettre que Nolan était effectivement un homme
Le lendemain, l’anniversaire de Théo est arrivé comme prévu. La maison des Gasmi baignait dans une ambiance festive, les décorations chatoyantes étaient soigneusement disposées un peu partout, rappelant aux invités que l’événement n’était autre que l’anniversaire de Théo, mais aussi, par leur éclat, un message clair : ici, on célébrait dans une joie éclatante.Clara, vêtue d’une robe blanche au style sportif, les cheveux relevés avec simplicité, s’affairait dans la cuisine avec Cindy. En plus des membres de la famille Gasmi, plusieurs amis proches de Théo étaient venus présenter leurs vœux, par exemple les parents d’Esmeralda.Dans le salon, Chloé était assise sur le canapé, accompagnée d’Augustin. Dès qu’ils ont aperçu un invité, ils se sont levés simultanément, un sourire de politesse sur les lèvres.Clara, en se dirigeant vers les parents d’Esmeralda pour leur verser un verre d’eau, a repensé à ce que lui avait dit Esmeralda quelques heures plus tôt. Son avion atterrissait à huit he
Clara a laissé échapper un sourire léger, teinté d’une impuissance évidente. L’humour de Théo avait toujours ce don de la faire rire aux éclats. « C’est une bonne idée ! » a approuvé Cindy, le sourire aux lèvres.Clara a levé les yeux, surprise. À ses yeux, Sally avait toujours été une femme mature, posée. Il était donc étrange de la voir se rallier à ce genre de farce.« Vous allez vraiment mettre Léo à la porte avec les cadeaux qu’il a apportés ? » Clara s’est étonnée, son regard exprimant un mélange de surprise et de légers reproches, « je suis vraiment impressionnée alors. » De toute façon, elle les avait déjà prévenus de l’éventuelle présence de Léo à l’anniversaire de son père, et pour ce qui était de leur réaction demain soir, elle avait décidé de les laisser gérer la situation à leur manière.« J’ai une idée », Théo a adopté soudainement un air plus sérieux, l’ombre d’un plan brillant dans ses yeux.Clara et Cindy ont échangé un regard curieux, attendant la suite. Théo a alo
Léo était toujours là, près de sa voiture. Il l’a regardée s’éloigner, sa voiture traversant lentement le paysage. La vitesse à laquelle elle conduisait était telle qu’il n’avait même pas le temps de distinguer les traits de son visage.Son regard s'est posé ensuite sur le bouquet de roses rouges abandonné dans la poubelle. Un sentiment étrange et douloureux s’est éveillé en lui. Il a réalisé avec une pointe de tristesse combien il était difficile de poursuivre quelqu’un, de courir après un amour qui semblait si lointain. Il s’est demandé, dans un élan d’émotion, si, par un étrange retournement du temps, il aurait pu se glisser dans la peau de Clara et observer de près les années qu’elle avait traversées, seule, abandonnée par lui...Adossé contre le flanc de la voiture, il a baissé les yeux, laissant échapper un soupir. Dans ses pensées, l’impuissance et la confusion se mêlaient dans une danse silencieuse de torture.Finalement, il s’est décidé à retourner à sa voiture. Il en a tiré u
« Clara, que faudrait-il pour que tu acceptes les fleurs que je t’offre ? » Léo s’est avancé vers elle, son ton doux, mais une pointe d’impatience dans ses yeux.Le vent effleurait délicatement son visage ce soir-là, et même sa voix semblait se teinter d’une tendresse insoupçonnée, comme portée par la brise nocturne.Clara a secoué lentement la tête, son regard glacial : « Je n’accepterai plus jamais de fleurs de ta part. »Léo, homme intelligent, a immédiatement compris la portée des paroles de Clara. Il ne s’agissait pas seulement d’un rejet des fleurs, mais d’un rejet de lui-même. Dans sa vie, il semblait qu’elle ne pourrait plus jamais l’accepter.Pour certaines âmes, l'amour une seule fois, une seule blessure, suffisaient à tout effacer. Il n’est pas nécessaire de continuer à souffrir.« Mais je veux réessayer... » Léo lui a tendu de nouveau le bouquet de fleurs.Clara a esquissé un léger sourire. Elle a pris les fleurs d’un geste presque mécanique, sans empressement, mais d’une f