Samedi, 6h12 — Manoir Greatwall, aile ouest.Le soleil perçait à peine à travers les rideaux de velours.Une armée de stylistes, de maquilleurs, de tailleurs circulait déjà dans les couloirs dorés du domaine.Tout le pays A était suspendu à cet événement. Les écrans diffusaient en boucle des images d’archives de Dave et Monica, commentées par des voix suaves :“L’union du siècle…” “La fusion de deux empires…” “Enfin, Dave Hopkins, le milliardaire insaisissable, s’engage…”7h43 — Chambre d’invités.Dave se tenait devant une immense glace, la chemise ouverte, les boutons de manchettes dans la main.Un tailleur s’affairait sur son costume, mais Dave ne disait rien. Il fixait son reflet.Greg entra sans frapper.— Tout est prêt, murmura-t-il. La sécurité, le protocole, le reste.Dave serra la mâchoire.— Et Kate ?— Toujours pas de signe. Ils tiendront leur parole… si tu tiens la tienne.Dave haussa un sourcil amer. Il enfila la chemise lentement, presque en automatisme.— Je vais l’épous
Les invités avaient à peine fini d’applaudir que les musiciens entamaient un air de valse. Le champagne coulait déjà. Les journalistes s'agglutinaient aux abords du palais, impatients de capter une image du couple.Monica se tourna vers Dave, la main tendue.— La première danse ?Mais Dave la regardait à peine. Son regard était fixé sur quelque chose… ou sur quelqu’un qu’elle ne voyait pas.Puis, sans un mot, il recula d’un pas.— Dave ?Il fit demi-tour.— Dave ! Où tu vas ?Il traversa l’allée sans se retourner. Les invités, surpris, s’écartèrent. Le présentateur de la chaîne nationale chuchota dans son micro :« Il semble que… euh… le marié s’éclipse… momentanément ? »Mais Dave n’avait pas l’intention de revenir.Il défit sa cravate d’un geste nerveux et quitta la grande salle. Les gardes de Charles hésitèrent, mais son regard glacial les figea.Monica, figée au centre de la pièce, sentit un millier de regards se poser sur elle.Puis elle courut.Ses talons claquaient contre le ma
Le néon au plafond grésillait toujours, mais l’ambiance avait changé.Kate, recroquevillée dans un coin de la pièce, avait cessé de bouger. Sa respiration était lente, maîtrisée. Elle attendait.Elle avait passé la nuit à observer. À tester. À simuler.Et elle avait trouvé une faille.Le boîtier de la caméra, dans l’angle supérieur droit, avait surchauffé hier soir. Une odeur de plastique brûlé. Un clignotement irrégulier. Elle avait compris que le système vidéo avait un bug local. Et elle avait simulé l’épuisement. L’abandon.Les ravisseurs pensaient qu’elle était à bout.Mais elle avait compté les rondes, noté les habitudes.Et maintenant, elle les entendait.Des pas. Deux hommes. Lourds. Armés.Ils parlaient sans se cacher, sûrs d’eux.— Ordre de B-17. Elle doit mourir dans l’heure.— Ici ? T’es sérieux ? Y’a pas plus discret ?— On nettoiera après. Le patron veut qu’on finisse ça avant que Jensen ne débarque.Un déclic. Une clé dans la serrure.Kate n’eut pas le temps de réfléchir
Le moteur ronronnait doucement. Le paysage défilait à travers la vitre, flou, lointain, comme un songe trop long. À l’arrière du 4x4, Kate s’était lovée contre Dave, son corps faible, vidé de toute énergie. Sa tête reposait contre son épaule, mais son regard vacillait déjà.Dave gardait un bras autour d’elle, protecteur, solide, silencieux. Il n’avait pas encore tout dit. Et il ne dirait pas tout. Pas tout de suite.— Tu m’as trouvé, souffla-t-elle.— Bien sûr, répondit-il avec douceur. Il aurait fallu m’abattre pour que je te laisse là-bas.Elle esquissa un sourire, fragile. Puis ses yeux se brouillèrent, sa voix se brisa.— J’ai cru… que je ne sortirais jamais.— C’est fini maintenant. Je suis là.Il l’observa discrètement. Elle était pâle, fiévreuse, mais lucide. Du moins pour l’instant. Elle ne savait rien du mariage. Elle ne devait rien savoir. Pas avant qu’il puisse lui expliquer… à sa manière.Dave ordonna au chauffeur de foncer vers l'hôtel Talinjoo. C’était le point de rassem
La chambre était baignée de lumière. Monica, la tête pleine de visions tordues, fixait le miroir avec une intensité presque fiévreuse. Elle allait éliminer Kate et reprendre le contrôle de sa vie. Quelqu’un frappe à la porte— Oui ?Son père, d’une voix froide et autoritaire, entra.— On a encore échoué, Monica.Elle serra les dents. Le mot « échoué » résonna comme un coup de poignard dans son cœur.— Tu m’as promise la main de Dave. Tu m’as dit qu’il allait être à moi. Tu m’as dit que tout serait sous contrôle, que cette foutue situation était temporaire. Et toi, tu m’abandonnes maintenant, comme une gamine ! cria-t-elle.La colère monta en flèche, et Charles la laissa parler, comme un lion prêt à bondir. Lorsqu’il répondit, sa voix était plus basse, plus menaçante.— Tu penses vraiment que Dave aurait pu être à toi, Monica ? Tu crois que je n’ai pas vu comment tu t'es accrochée à lui, comme une sangsue ? Ce n'est pas une question de sentiment. C'est une question de pouvoir. Et toi,
" Trois semaines ! Trois semaines se sont écoulées et je n'arrive pas à l'effacer de mon esprit" hurlait intérieurement Kate en traversant en trombe le centre ville pour rejoindre l'Aéroport à l'autre extrémité de la capitale. Elle devait prendre un avion dans une heure pour rejoindre le Pays Z et pour le moment elle venait à peine de quitter le bureau. Sur le chemin, elle n'arrêtait pas de s'en vouloir.“Pourquoi me suis-je attachée à cet homme ? Pourquoi ce sentiment ?” s’en voulait KateAh la la petite sotte, répondit sa voix intérieure. Tu mentirais si tu disais que tu n’as pas un papillon dans le ventre à chaque fois qu’il t’envoie un message ou qu’il t’appelle. Tu aurais dû faire plus attention avant de t’être offerte à lui. Kate se gratta la tête en repensant à ce qui s'est passé, effectivement, ça n’aurait dû être qu'une histoire d'une nuit. Des sentiments confus se bousculaient dans la tête de Kate, elle s’en voulait d’avoir ce sentiment d’attachement envers Dave sachant qu’i
- Euh ...bonsoir, ca va ? ... Dave ?- Bonsoir, dors-tu déjà ? Tu ne veux pas nous rejoindre ?- Je me préparai à dormir, je suis un peu fatiguée.- D’accord, je voulais juste te souhaiter bonne nuit. Dors bien à demain.- Euh ... bonne nuit.Et il fila dans les escaliers. Je n’ai rien compris. Bref, je me remis au lit, check pour une dernières fois mes e-mails et me mis à regarder Novelas Tv. Quel meilleur moyen de s’endormir que de regarder ces séries à l’eau de rose ironisait ma petite voix intérieure. Je souris en m’enfonçant dans la couverture et en repensant à Dave. Pourquoi avait-il fait ça. “ Dors ! “ me sermonna ma petite voix intérieure en me regardant du coin de l’œil et en croisant les bras. Elle ajouta : ‘ Ne cherche par des problèmes là où il n’y en pas ! N’y pense plus ! Maintenant dors” Elle était ma voix de la sagesse, je suivis ses ordres.Je dormais déjà quand mon téléphone se mit à vibrer. Que se passe-t-il encore ? Je tâtonne et trouva rapidement mon téléphone. J
- J’ai très froid, disait Dave à l’autre bout du lit.- Tu es vraiment descendu ? Mais que veux-tu ?- Dormir avec toi. Tu ne veux pas ?- N’es-tu pas marié, fiancé ou en couple ! Te rends-tu compte que ce n’est pas bien ?Dave ne me répondit pas. Il se rapproche de moi et me pris dans ces bras. Dès que nos corps se touchent, un frisson étrange et grisant me parcourt. Je me retire précipitamment de son emprise. L'électricité statique probablement. Mon coeur bat la chamade aussi vite que mes paupières tremblent. Je descends du lit et me réfugie près de la baie vitrée en serrant les rideaux.- N'aie pas peur Kate, je ne te ferai pas de mal. Je peux juste dormir à tes côtés si tu ne veux pas le faire. me disait Dave en s'agenouillant sur le lit et tendant ses bras vers moi. Est-ce que je te fais peur ?Je tremblais de tout mon être en serrant davantage le rideau contre ma poitrine comme pour me couvrir.- Dave, as-tu ressenti la même chose que moi ?- Toi aussi ? tu as ressenti ce frisso
La chambre était baignée de lumière. Monica, la tête pleine de visions tordues, fixait le miroir avec une intensité presque fiévreuse. Elle allait éliminer Kate et reprendre le contrôle de sa vie. Quelqu’un frappe à la porte— Oui ?Son père, d’une voix froide et autoritaire, entra.— On a encore échoué, Monica.Elle serra les dents. Le mot « échoué » résonna comme un coup de poignard dans son cœur.— Tu m’as promise la main de Dave. Tu m’as dit qu’il allait être à moi. Tu m’as dit que tout serait sous contrôle, que cette foutue situation était temporaire. Et toi, tu m’abandonnes maintenant, comme une gamine ! cria-t-elle.La colère monta en flèche, et Charles la laissa parler, comme un lion prêt à bondir. Lorsqu’il répondit, sa voix était plus basse, plus menaçante.— Tu penses vraiment que Dave aurait pu être à toi, Monica ? Tu crois que je n’ai pas vu comment tu t'es accrochée à lui, comme une sangsue ? Ce n'est pas une question de sentiment. C'est une question de pouvoir. Et toi,
Le moteur ronronnait doucement. Le paysage défilait à travers la vitre, flou, lointain, comme un songe trop long. À l’arrière du 4x4, Kate s’était lovée contre Dave, son corps faible, vidé de toute énergie. Sa tête reposait contre son épaule, mais son regard vacillait déjà.Dave gardait un bras autour d’elle, protecteur, solide, silencieux. Il n’avait pas encore tout dit. Et il ne dirait pas tout. Pas tout de suite.— Tu m’as trouvé, souffla-t-elle.— Bien sûr, répondit-il avec douceur. Il aurait fallu m’abattre pour que je te laisse là-bas.Elle esquissa un sourire, fragile. Puis ses yeux se brouillèrent, sa voix se brisa.— J’ai cru… que je ne sortirais jamais.— C’est fini maintenant. Je suis là.Il l’observa discrètement. Elle était pâle, fiévreuse, mais lucide. Du moins pour l’instant. Elle ne savait rien du mariage. Elle ne devait rien savoir. Pas avant qu’il puisse lui expliquer… à sa manière.Dave ordonna au chauffeur de foncer vers l'hôtel Talinjoo. C’était le point de rassem
Le néon au plafond grésillait toujours, mais l’ambiance avait changé.Kate, recroquevillée dans un coin de la pièce, avait cessé de bouger. Sa respiration était lente, maîtrisée. Elle attendait.Elle avait passé la nuit à observer. À tester. À simuler.Et elle avait trouvé une faille.Le boîtier de la caméra, dans l’angle supérieur droit, avait surchauffé hier soir. Une odeur de plastique brûlé. Un clignotement irrégulier. Elle avait compris que le système vidéo avait un bug local. Et elle avait simulé l’épuisement. L’abandon.Les ravisseurs pensaient qu’elle était à bout.Mais elle avait compté les rondes, noté les habitudes.Et maintenant, elle les entendait.Des pas. Deux hommes. Lourds. Armés.Ils parlaient sans se cacher, sûrs d’eux.— Ordre de B-17. Elle doit mourir dans l’heure.— Ici ? T’es sérieux ? Y’a pas plus discret ?— On nettoiera après. Le patron veut qu’on finisse ça avant que Jensen ne débarque.Un déclic. Une clé dans la serrure.Kate n’eut pas le temps de réfléchir
Les invités avaient à peine fini d’applaudir que les musiciens entamaient un air de valse. Le champagne coulait déjà. Les journalistes s'agglutinaient aux abords du palais, impatients de capter une image du couple.Monica se tourna vers Dave, la main tendue.— La première danse ?Mais Dave la regardait à peine. Son regard était fixé sur quelque chose… ou sur quelqu’un qu’elle ne voyait pas.Puis, sans un mot, il recula d’un pas.— Dave ?Il fit demi-tour.— Dave ! Où tu vas ?Il traversa l’allée sans se retourner. Les invités, surpris, s’écartèrent. Le présentateur de la chaîne nationale chuchota dans son micro :« Il semble que… euh… le marié s’éclipse… momentanément ? »Mais Dave n’avait pas l’intention de revenir.Il défit sa cravate d’un geste nerveux et quitta la grande salle. Les gardes de Charles hésitèrent, mais son regard glacial les figea.Monica, figée au centre de la pièce, sentit un millier de regards se poser sur elle.Puis elle courut.Ses talons claquaient contre le ma
Samedi, 6h12 — Manoir Greatwall, aile ouest.Le soleil perçait à peine à travers les rideaux de velours.Une armée de stylistes, de maquilleurs, de tailleurs circulait déjà dans les couloirs dorés du domaine.Tout le pays A était suspendu à cet événement. Les écrans diffusaient en boucle des images d’archives de Dave et Monica, commentées par des voix suaves :“L’union du siècle…” “La fusion de deux empires…” “Enfin, Dave Hopkins, le milliardaire insaisissable, s’engage…”7h43 — Chambre d’invités.Dave se tenait devant une immense glace, la chemise ouverte, les boutons de manchettes dans la main.Un tailleur s’affairait sur son costume, mais Dave ne disait rien. Il fixait son reflet.Greg entra sans frapper.— Tout est prêt, murmura-t-il. La sécurité, le protocole, le reste.Dave serra la mâchoire.— Et Kate ?— Toujours pas de signe. Ils tiendront leur parole… si tu tiens la tienne.Dave haussa un sourcil amer. Il enfila la chemise lentement, presque en automatisme.— Je vais l’épous
Vendredi, 6h32 – Pays Z, bunker de Bluestone.Dave ne bougeait pas. Son regard était fixé sur l’écran. Le souffle court.La vidéo tournait en boucle.Kate.Visage marqué. Poignets menottés. Haletante. Mais droite. Vivante.Elle ne disait rien. Elle n’avait pas besoin.Le message qui accompagnait la séquence était court, glacé :"Si tu veux la libérer.Les cartes sont entre tes mains Hopkins"Un silence pesant s'était abattu sur la salle.Greg était figé. Ylias, à ses côtés, la mâchoire serrée, tentait de contenir sa fureur.Dave finit par parler, la voix rauque.— C’est eux. Les Greatwall.Greg fronça les sourcils.— Tu en es sûr ?— Je ne peux pas le prouver. Pas encore. Mais ce genre de message ne vient pas de nulle part. Charles a les connexions, l’infrastructure, la couverture diplomatique. Et Monica... elle a toutes les raisons du monde.Ylias s’avança.— Alors qu’est-ce qu’on fait ?Dave se leva d’un bond.— On va au pays A. Maintenant. Je veux parler à Charles. Face à face.Yli
L’air de la pièce semblait plus lourd. Ou bien était-ce dans sa tête. Le silence pesait, presque agressif.Kate avait arrêté de crier depuis longtemps. Elle ne donnait plus rien à leurs caméras. Plus de colère. Plus de peur. Juste des gestes lents, calculés.Elle observait. Encore et encore.Les murs étaient trop lisses. Le lit fixé au sol. Le miroir au-dessus du lavabo était en verre blindé. Mais la caméra, elle…Elle avait un angle mort. Léger. Un demi-centimètre à peine dans le coin opposé. Elle l’avait repéré la veille. Et ce matin, une erreur : un technicien était entré. Une infime seconde, la porte était restée entrouverte.Il n’en fallait pas plus à Kate.Elle attendit. Des heures peut-être. Simulant la fatigue, l’apathie. Recroquevillée sur le lit, elle ralentissait son rythme cardiaque, sa respiration.Jusqu’à ce qu’enfin, clic — un déclic électrique. Un bruit de serrure.Un second.La porte s’ouvrit.Une silhouette entra, vêtue de blanc. Masquée. Un plateau-repas à la main.
Cela faisait quatre jours que Kate avait disparu.Quatre jours sans message. Sans appel. Sans demande de rançon.Un silence glacial, orchestré, méthodique.Dave fixait le mur blanc du bureau de crise, les yeux creusés de fatigue, la mâchoire tendue. À ses côtés, Greg tournait en rond comme un lion en cage, et Ylias Kitson, impassible, les bras croisés, observait chaque détail du tableau numérique où les données s’alignaient, stériles.— Il n’y a toujours rien ? demanda Dave, la voix rauque.Greg secoua la tête.— Rien. Pas la moindre trace. Aucune caméra, aucune fuite, aucun signal. Ils ont effacé ses empreintes numériques. C’est du travail de pro.— Et l’agence de renseignement ? Les satellites ? L’IA de traçage ?— Tous les accès ont été bloqués à haut niveau. Il faut quelqu’un de l’intérieur. Quelqu’un avec du pouvoir. Beaucoup de pouvoir.Dave passa une main dans ses cheveux, les yeux rouges de colère et d’angoisse.— J’aurais dû la protéger. J’aurais dû voir venir…Ylias s’avança
Le néon au plafond bourdonnait faiblement. La lumière froide tombait sur les murs gris, impeccables, impersonnels. Kate Kitson ouvrit lentement les yeux.Elle était allongée sur un lit étroit, dans ce qui ressemblait à une chambre d’hôpital privée… ou à une cellule. Une cellule propre. Trop propre.Une caméra discrète veillait dans l’angle supérieur droit. Une porte sans poignée intérieure. Aucun bruit. Rien d’humain.Elle tenta de se redresser. Son corps était engourdi. Elle portait des vêtements simples, mais propres. Quelqu’un l’avait changée. Ce détail fit naître un frisson glacé le long de son échine.Puis, une voix retentit, glaciale, synthétique, sortie d’un haut-parleur invisible.— Bonjour, Kate. Vous êtes en sécurité. Il est inutile de crier. Personne ne viendra.Elle se leva d’un bond, titubant.— Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?! Qui êtes-vous ?!La voix reprit, sans émotion.— Nous ne vous voulons aucun mal. Mais vous devez rester ici. Jusqu’à nouvel ordre.— Pourquoi