LOGINC'était vrai, un déjeuner post-signature avait bien été convenu. Mais avec Gabriel en face, Mathieu n'en avait plus la moindre envie.Un sourire forcé étirant ses lèvres, il a déclaré : « Des imprévus professionnels urgents, je vous prie de nous excuser. »Plutôt que d'insister, Gabriel s'est levé et a concédé avec une courtoisie souriante : « Entendu. Une prochaine fois, alors. »Il a serré la main de Mathieu, puis s'est tourné vers Élise.Celle-ci a marqué une brève hésitation avant de la saisir. « Merci. J'espère que notre collaboration future sera fructueuse », a-t-elle dit d'une voix neutre.Gabriel a hoché la tête, puis a quitté NoirVerbe avec Martin.Les jours suivants, pour avancer sur le partenariat, Élise et Yvan se rendaient chaque matin au groupe Fournier pour des réunions. Contre toute habitude, Gabriel était présent à chacune d'elles, en simple observateur. Il ne restait généralement pas longtemps, prenant congé au bout d'une demi-heure environ.À ce stade, son comporteme
L'atmosphère entre Gabriel et Yann n'était certes pas au bord de l'explosion, mais n'avait rien d'agréable non plus.Apprenant qu'il connaissait Léa, Gabriel l'a détaillé longuement du regard.Quant à Yann, il n'a même pas daigné lever les yeux.Mathieu aurait préféré qu'Élise s'épargne cette scène et laisse les négociations finales entre ses mains. Mais force était de constater que la collaboration avec le groupe Fournier avait été portée, du début à la fin, par l'expertise incomparable d'Élise. Il avait dû s'incliner.Pourtant, face à cette tension, Élise semblait gagner en aisance. D'un calme imperturbable, elle a abordé avec professionnalisme plusieurs points du contrat, les exposant à Gabriel avec clarté.Bien que Gabriel n'ait pas suivi personnellement ce dossier, il en maîtrisait chaque détail avec une précision déconcertante. À chacune de ses interventions, il répondait avec une aisance et une sincérité qui démontraient non seulement son sérieux, mais aussi son profond respect
Gabriel a ouvert la bouche pour répliquer, puis s'est ravisé. Il s'est contenté d'un « D'accord » sec.On a frappé à la porte à l'instant même. C'était Martin, venu faire son rapport. Une fois celui-ci terminé, il s'apprêtait à partir lorsque son patron l'a retenu : « Repousse mon rendez-vous de ce midi, s'il te plaît. »La perplexité de Martin s'est dissipée aussitôt lorsqu'il a aperçu Léa assise sur le canapé. « Bien, monsieur », s'est-il incliné.Léa a tourné son regard vers Gabriel, une douceur palpable au fond des yeux, un sourire plus radieux aux lèvres.À midi pile, ils sont sortis déjeuner ensemble. L'après-midi, Gabriel a dû retourner au bureau, tandis que Léa, sans programme, est rentrée chez elle.À peine Léa avait-elle franchi la porte que Fatima, incapable de contenir sa curiosité, l'a interpellée : « Alors ? Comment s'est passée votre rencontre ? »La question a fait instantanément de Léa le centre de tous les regards.Alors qu'elle décrivait une rencontre routinière, pui
Thomas était évidemment venu pour Élise.Son regard souriant s'est posé sur elle, et sa voix s'est faite douce : « Ça fait longtemps. »Vraiment longtemps ? Ne s'étaient-ils pas croisés le mois dernier lors de la conférence nationale des représentants d'entreprises ?Élise a arqué un sourcil, sans le relever, et lui a répondu en souriant : « En effet, ça fait longtemps. »Thomas l'appréciait, c'était un fait. Mais entre son divorce avec Gabriel encore en suspens et la réserve professionnelle qu'elle maintenait, il restait prudent et se contentait aux sujets liés au travail, évitant de lui créer des complications.La soirée était chargée. Après avoir échangé quelques mots avec lui, Élise a pris congé. Elle devait accompagner Mathieu pour tisser des liens avec d'éventuels partenaires.Thomas a suivi son départ du regard, sans se hâter de détourner les yeux.Si Élise se concentrait pleinement sur les discussions professionnelles, sans vraiment prêter attention à Léa et sa famille, ces der
Tous ceux présents, assez perspicaces, ont saisi l'implicite… à l'exception de Lya, qui a mis quelques secondes à comprendre.Du coup, sa colère a redoublé : « C'est… impossible, ce n'est qu'une coïncidence ! »Fatima ne lui a pas répondu, mais a jeté un regard furtif vers Léa.Jusqu'ici, ils avaient toutes pensé que Gabriel était profondément épris de Léa, convaincus qu'avec un peu plus d'efforts, leur relation pourrait retrouver son éclat.Mais la réalité, aussi cruelle soit-elle, s'imposait : ces derniers jours, Léa avait tenté à plusieurs reprises de le contacter, et chaque fois, Gabriel avait opposé une raison différente pour décliner…Si cet homme était aussi accaparé qu'il le prétendait, comment pouvait-il trouver le temps de dîner avec Élise ?Désormais, la balance penchait clairement d'un côté, et ce n'était pas celui de Léa.Lya semblait vouloir une dernière tentative. Elle s'est exclamée, précipitamment : « Gabriel n'est pas seul avec cette… salo... cette femme ! Et si c'éta
L'île était encore en développement, et certains projets ne seraient accessibles qu'à son ouverture officielle au public.Après avoir exploré la plupart des activités disponibles, ils ont quitté les lieux en bateau dès le milieu de l'après-midi.Lorsqu'ils ont accosté, la nuit était déjà tombée.Gabriel s'est tourné vers elles : « Qu'aimeriez-vous manger ce soir ? »Chloé a levé aussitôt la main : « Moi, ça m'est égal ! »Puis, regardant Élise, elle a demandé à son tour : « Et toi, maman ? »Élise aurait préféré éviter de prolonger ce moment à trois. Mais face à l'enthousiasme dansant de sa fille, elle n'a pu se résoudre à refuser : « Pour moi aussi, peu importe. »Gabriel a proposé alors : « Je choisis le restaurant, alors ? »« Parfait ! » s'est écriée Chloé.Un peu plus d'une heure plus tard, ils s'arrêtaient devant un établissement prestigieux, à l'élégante décoration, dont le parking alignait des voitures de luxe comme une carte de visite silencieuse.Ce n'était qu'en s'asseyant p







