ViktorLa nuit est tombée, lourde et oppressante, une ombre qui s’étend sur la ville comme une promesse de chaos. La douleur pulse sous mes côtes à chaque respiration, un rappel de la trahison qui a failli me coûter la vie. Mais je suis encore là. Debout. Vivant. Et prêt à reprendre ce qui m’appartient.Lev se tient à mes côtés, silencieux, observant l’assemblée d’hommes devant moi. Ils sont une vingtaine, certains loyaux, d’autres simplement trop prudents pour choisir un camp avant d’être sûrs du vainqueur. Je les observe un à un, captant l’incertitude dans leurs regards.— Vous avez tous prêté allégeance à mon empire.Ma voix claque dans l’entrepôt désert, brisant le silence tendu.— Et en une seule nuit, vous avez laissé une femme vous dicter sa loi.Je fais un pas en avant. Certains baissent les yeux.— Vous pensez que Selena a gagné ? Que son règne est légitime ?Un rire glacé m’échappe.— Elle a oublié une chose essentielle.Je marque une pause, laissant le silence peser.— Je n
SelenaLa première attaque est invisible.Un chargement d’armes disparaît au port. Puis un deuxième.L’un de mes associés les plus fidèles est retrouvé pendu dans son appartement, un couteau planté dans la paume.Un message gravé dans le mur, en lettres de sang :"Rends-moi mon trône."Je serre les dents, mes doigts crispés autour du bord du bureau.— Trouvez-moi Viktor.Roman ne bouge pas.— Selena… On sait où il est.Je relève brusquement la tête.— Quoi ?Il inspire profondément.— Il t’attend.Un silence tombe entre nous.Puis un sourire lent s’étire sur mes lèvres.— Alors jouons.ViktorLe bar est presque vide quand elle entre.Je suis installé au fond de la pièce, un verre d’alcool à la main, mon regard posé sur elle comme un piège prêt à se refermer.Selena avance lentement, ses talons résonnant sur le sol en bois.Elle s’arrête à quelques mètres, les bras croisés, son regard brûlant de défi.— Tu veux ton trône, Viktor ?Je prends une gorgée de mon whisky avant de répondre.—
SelenaLa tension est une corde tendue entre nous, prête à céder.Ses yeux, noirs d’ombre et de promesses, me dévorent. Il n’a pas besoin de parler. Son regard me dit tout. Il veut reprendre ce qui lui appartient. Il veut me faire plier.Je ne plierai pas.Je m’approche, lentement, mes talons résonnant sur le sol marbré. Viktor ne bouge pas, mais je sens son corps se raidir imperceptiblement. Il est blessé, affaibli, mais pas vaincu. Jamais.— Tu crois pouvoir me posséder encore ?Ma voix est un murmure de défi, une lame effleurant sa peau.Son sourire est carnassier.— Je ne crois pas. Je sais.Un frisson me parcourt. Parce qu’il ne ment pas. Il sait exactement comment m’attirer dans ses pièges.Je lève la main, glisse lentement mes doigts le long de son torse. Je sens sa respiration se suspendre une fraction de seconde avant qu’il ne se ressaisisse. Je joue avec le feu, mais c’est lui qui brûle le plus.Ses muscles tressaillent sous ma paume. Je les connais, je les ai marqués autant
SelenaSon souffle s’écrase contre ma peau brûlante. Son odeur, cette chaleur insupportable, ce poids invisible qui me cloue sur place. Je devrais le repousser. L’éloigner. Mais c’est trop tard.Ses doigts glissent sur ma hanche, fermes, brûlants, possessifs. Je sens chaque nerf de mon corps se contracter sous son contact. Ma respiration se bloque quand il m’attire un peu plus contre lui, son torse nu effleurant le tissu fin de ma robe.— Tu devrais me tuer, Selena.Sa voix est un murmure, rauque, presque amusé. Comme s’il savait déjà que je n’en ferais rien.— Peut-être que je devrais, je réplique, la mâchoire serrée.Mais mes mots sonnent faux, perdus entre le frisson qui me parcourt et la pression de ses doigts sur ma peau.Il sourit. Ce putain de sourire. Lent, suffisant. Celui qui m’a toujours fait vaciller.D’un geste brutal, il me retourne et me plaque contre le mur. L’impact me coupe le souffle, mais ce n’est rien comparé à ce qu’il déclenche en moi. Mon dos presse contre son
SelenaJe le déteste. Je le hais de toutes mes forces.Et pourtant, je suis là, prisonnière de ce piège qu’il a tissé autour de moi.Ses mains. Son souffle contre ma peau. Sa voix qui m’enveloppe et m’écrase.Je lutte. Mon corps veut céder, mais ma fierté refuse.Il le sait.Viktor a toujours su jouer avec moi, effleurer mes limites sans jamais les briser, me pousser juste assez loin pour que je me perde, mais pas assez pour que je l’abandonne.Et moi, idiote, je danse encore dans sa tempête.Sa main s’enroule autour de ma nuque, chaude, possessive, brutale. Il me force à le regarder, ses yeux brûlants d’une rage contenue.— Arrête de me fuir, Selena.Je serre les mâchoires.— Va te faire foutre.Un rictus effleure ses lèvres. Il se délecte de ma résistance, de cette tension qui nous consume.Son pouce effleure ma joue, descend lentement, traverse la ligne de ma mâchoire, caresse ma gorge.— Je devrais te briser pour ce que tu as fait.Son murmure me cloue sur place. Une menace ? Non.
ViktorLa tempête est passée. Mais elle a tout ravagé.Le silence est lourd. Tendu.Selena est là. Toujours.Je devrais être mort. Elle aurait dû me tuer.Mais elle ne l’a pas fait.Et maintenant, elle est là, trop proche, trop loin en même temps.Ses lèvres sont encore rouges. Ses pupilles dilatées. Son souffle court.Elle lutte.— Dis-moi que tu le regrettes.Ma voix est rauque, plus basse que je ne l’aurais voulu.Ses yeux noirs brûlent en accrochant les miens.— Je te hais.Je souris. Je m’y attendais.— Je sais.Elle tremble.Je pourrais en profiter. L’achever. La briser.Mais ce n’est pas ce que je veux.Je la veux, elle. Entière. Indomptable.Et à cet instant précis… elle me veut aussi.Elle inspire. Forte. Troublée.Sa main effleure mon torse. Pas pour me frapper. Pour sentir.La peau, la chaleur, la violence contenue.Je ne bouge pas. Je la laisse décider.Et elle choisit.Ses lèvres claquent contre les miennes, un choc brutal, incontrôlé.Un baiser de guerre. Un baiser de ha
ViktorLa nuit s’étire, indomptable. Comme elle.Selena est toujours là, son souffle brûlant contre ma peau, sa présence une tempête que je ne peux plus ignorer. Je la tiens entre mes bras, mais c’est moi qui suis captif. Elle m’échappe autant qu’elle me consume.Son regard brille d’une lueur dangereuse, un éclat que je n’ai jamais vu chez personne. Elle ne me craint pas. Elle ne tremble pas sous mon emprise. Elle me défie, encore et toujours, même maintenant, même alors que nos corps parlent une langue plus brute, plus sauvage.— Tu joues à un jeu dangereux, Selena.Je murmure ces mots contre sa peau, mes lèvres effleurant sa clavicule. Son souffle se coupe un instant, mais elle ne recule pas. Elle attend. Elle veut voir jusqu’où je suis prêt à aller.Je la pousse contre le mur, mes doigts s’enfonçant dans ses hanches. Nos corps se cherchent, s’affrontent, se trouvent dans un ballet brûlant. Il n’y a plus de retenue. Plus de limites.Selena agrippe ma chemise et tire brutalement, son
Selena Je me redresse lentement, m’écartant de lui, mais à peine ai-je bougé qu’une main m’attrape le poignet, ferme, possessive.— Où comptes-tu aller ?Sa voix est rauque, encore chargée de sommeil. Mais son regard, lui, est vif, acéré, comme s’il n’avait jamais réellement dormi.Je retiens un frisson.— Loin de toi.Un sourire effleure ses lèvres, lent, carnassier. Moqueur.— Mens-moi encore, Selena.Il tire brusquement, m’attirant contre lui. Mon corps heurte le sien et une vague de chaleur m’engloutit instantanément. Son odeur, sa peau, la force brute de sa présence… tout est une malédiction.— Pourquoi tu restes ? murmure-t-il contre ma tempe. Pourquoi tu es encore là, alors que tu avais l’occasion de fuir ?Je me débats légèrement, mais ses bras se referment autour de moi, me maintenant contre lui avec une facilité déconcertante. C’est une cage dorée, et le pire, c’est que j’ai envie d’y rester.— Je ne suis pas à toi, Viktor.Ses lèvres effleurent ma mâchoire, puis glissent l
---SelenaLe monde pourrait s’effondrer autour de nous.Je m’en moquerais.Parce qu’en cet instant, il n’y a que lui.Viktor.Son regard d’orage qui me cloue sur place, son souffle chaud effleurant ma peau, ses mains qui me retiennent comme si j’étais la seule chose capable de l’ancrer à ce monde.Nous sommes allongés l’un contre l’autre, encore haletants de la nuit que nous avons traversée. De toutes les nuits passées à s’effleurer sans jamais oser tomber.Mais cette fois, nous avons chuté.Et nous ne voulons plus remonter.Il est là, son torse contre le mien, la chaleur de sa peau irradiant sur la mienne. Ses doigts effleurent mon bras, remontent lentement, traçant des frissons sur mon épiderme.Il me regarde comme s’il voulait graver mon visage dans sa mémoire, comme si chaque détail de moi était une vérité qu’il venait à peine de comprendre.Je ne dis rien.J’attends.J’attends qu’il trouve les mots.Parce que je sais qu’ils sont là, coincés quelque part entre ses lèvres et son c
SelenaJe m’accroche à lui, mes doigts s’enfouissant dans ses cheveux, mon corps réagissant à chaque caresse, à chaque frisson qu’il fait naître sur ma peau.Quand il retire mon t-shirt, ses lèvres effleurent ma clavicule, descendent le long de ma poitrine.Il prend son temps.Comme s’il voulait mémoriser chaque centimètre de moi.Je le laisse faire, me perdant dans ses gestes, dans la manière dont il murmure mon prénom contre ma peau.Puis, c’est mon tour de le déshabiller.D’effleurer les cicatrices sur son corps, d’embrasser celles qui me racontent son histoire mieux que n’importe quel mot.Il frissonne sous mes doigts, et quand il revient capturer ma bouche, c’est plus intense, plus désespéré.Nous nous retrouvons dans un chaos d’émotions et de désirs.Quand enfin il s’unit à moi, un gémissement m’échappe, et il pose son front contre le mien.— Selena…Son souffle est saccadé, sa voix rauque.Je l’entoure de mes jambes, l’attirant plus profondément, plus près, jusqu’à ce qu’il n’y
SelenaLa nuit est tombée sur l’île. Un silence profond s’étend autour de nous, seulement troublé par le bruit des vagues qui viennent mourir contre la falaise. L’air est plus doux ici, presque paisible.Viktor est assis sur la terrasse, un verre à la main, perdu dans ses pensées. La lueur vacillante des lanternes projette des ombres sur son visage, accentuant les angles durs de ses traits.Il ne parle pas.Il ne parle presque jamais quand il réfléchit.Alors, je le regarde en silence, attendant qu’il trouve les mots.Il finit par briser le silence, d’une voix rauque :— Est-ce que tu regrettes ?Je fronce les sourcils.— Regretter quoi ?Il ne détourne pas les yeux de l’horizon.— De m’avoir suivi.Je m’approche lentement, m’agenouille à côté de lui.— Pourquoi tu me demandes ça ?Ses doigts se crispent autour de son verre.— Parce que tu aurais pu avoir une vie plus simple.Je laisse échapper un rire sans joie.— Une vie simple ? Tu penses que c’est ce que je voulais ?Il tourne enf
---SelenaLe silence de l’appartement est presque irréel. Comme si la nuit avait figé chaque instant, suspendu le temps entre nous. Pourtant, l’aube est là, glissant à travers les rideaux, projetant une lumière grise sur les draps défaits.Je le regarde s’habiller, chaque mouvement précis, maîtrisé. Ses épaules sont tendues, son regard est ailleurs.L’appel de Luka a tout changé.Mais en réalité, Viktor n’a jamais cessé d’attendre ce moment. Il savait qu’il arriverait. Moi aussi.— On part quand ? demandé-je en nouant mes cheveux.Il termine de boutonner sa chemise, s’approche lentement.— Dans une heure.Une heure. Soixante minutes avant de quitter Moscou. Avant de tout laisser derrière nous.Je devrais avoir peur. De ce qui nous attend. De ce que ça signifie. Mais tout ce que je ressens, c’est une étrange certitude.J’ai choisi cette route. J’ai choisi Viktor.Et je ne reviendrai pas en arrière.Il s’arrête devant moi, glisse une main sur ma joue. Son pouce effleure ma peau, une ca
SelenaMoscou est silencieuse sous la neige.Les lampadaires diffusent une lumière blafarde, et le vent souffle entre les immeubles, soulevant des volutes de poudre blanche.Je marche à côté de Viktor, emmitouflée dans mon manteau.Il ne parle pas. Il ne fume pas.Il est juste là.Présent.C’est suffisant.Nous traversons les rues désertes, avançant sans but précis. Après la tempête, il ne reste que ce calme étrange, ce flottement entre deux mondes.Le monde d’avant Sergueï.Le monde d’après.Mais Viktor n’a pas changé.Il est toujours cette tempête silencieuse, cet homme hanté par ses propres démons.Et moi ?Moi, je refuse de le laisser sombrer.— Tu veux rentrer ? demandé-je doucement.Il secoue la tête.— Pas encore.Nous continuons d’avancer.Il est tard. La ville dort.Seuls les fantômes errent encore.Et nous en faisons partie.Le bruit de nos pas est étouffé par la neige. Parfois, un néon grésille au-dessus d’une devanture fermée, projetant une lumière crue sur l’asphalte glac
SelenaL’air sent la fumée et le whisky.Viktor s’est endormi, son corps tendu même dans le sommeil.Je suis assise sur le bord du lit, les genoux repliés, observant la lueur blafarde du matin filtrer à travers les rideaux.C’est fini.Sergueï Ivanov est mort.Le fantôme qui hantait Viktor depuis des années a disparu, sa silhouette effacée sous une mare de sang.Alors pourquoi ce vide en moi ?Pourquoi cette sensation que la guerre ne s’est pas arrêtée, mais qu’elle a juste changé de visage ?Je frissonne et me lève, traversant la pièce en silence.Je prends mon téléphone et sors sur le balcon.Le froid de Moscou mord ma peau nue, mais je l’ignore.Je compose un numéro.Une tonalité. Deux.Puis une voix rauque décroche.— Selena.— Luka.Un silence.— Il est vivant ?— Oui. Mais il…Les mots restent coincés dans ma gorge.— Il est brisé, murmure Luka.Je ferme les yeux.— Oui.Un soupir à l’autre bout du fil.— Je m’en occupe. Ramène-le à la maison.Je raccroche.Ramène-le à la maison
ViktorL’aube n’a même pas eu le temps de s’imposer que la nuit me réclame déjà.Le message d’Ilya tourne en boucle dans ma tête alors que je roule dans le silence d’une Moscou encore endormie, les rues désertes noyées sous un brouillard épais, comme si la ville elle-même savait que le sang n’en avait pas fini avec elle.Selena dort encore, abandonnée dans mes draps, sa peau marquée par moi, ses lèvres rouges de mes morsures. Une part de moi voulait rester, la regarder respirer, la croire à l’abri du reste du monde. Mais ce monde est à moi, pourri jusqu’à l’os, et il ne la laissera pas tranquille tant que je serai vivant.Ilya m’attend devant un immeuble abandonné, les mains dans les poches, l’air plus sombre que d’habitude. Ses yeux me fixent avant même que je coupe le moteur.— T’as mis le temps. balance-t-il, sans bouger.— J’ai laissé un cadavre derrière moi hier soir. Ça demande un peu de… digestion.Ilya ricane, un son sec, sans amusement.— Tu crois que c’est fini, Viktor ? Tu
ViktorL’aube est un poison lent.Le jour se lève sur Moscou, étouffant la nuit d’une lumière froide.Mais en moi, c’est toujours l’obscurité.Je suis debout devant la fenêtre, une cigarette entre les doigts, et je regarde la ville s’étirer sous moi.Selena dort encore.Son corps est à moitié couvert par le drap, sa peau marquée par la nuit que nous avons partagée.J’ai laissé mes empreintes sur elle.Elle a laissé les siennes sur moi.Mais la guerre n’attend pas.Mon téléphone vibre sur la table de nuit.Je décroche sans un mot.— On l’a trouvé.Ma main se crispe sur le verre que je tiens.Une seconde de silence.Puis ma voix tombe, glaciale.— Où ?— Un entrepôt, près du port. Il ne bouge plus. Il t’attend.Je raccroche.Selena ouvre lentement les yeux.Elle me regarde un instant, encore engourdie par le sommeil, puis elle voit mon expression.Et elle comprend.— C’est le moment. murmure-t-elle.Je hoche la tête.Elle se redresse, laisse le drap glisser sur sa peau nue, mais ses yeu
ViktorTout ce que je veux, c’est du sang.Sergueï Ivanov a survécu.Il a attendu dans l’ombre.Et maintenant, il est prêt à frapper.Mais moi aussi.— Tu ne dors pas.Sa voix brise le silence.Je tourne la tête vers elle.Elle est allongée sur le lit, ses cheveux épars sur l’oreiller, son visage éclairé par la lueur pâle de la lune.Ses doigts effleurent le drap entre nous.— Je ne peux pas.Elle se redresse lentement.Son regard s’accroche au mien.— Tu penses à lui.Bien sûr que je pense à lui.À son sourire carnassier.À la haine dans ses yeux.À la douleur qu’il a laissée derrière lui, comme une cicatrice indélébile.— Je vais le tuer. dis-je d’une voix rauque.Selena ne réagit pas tout de suite.Puis, elle murmure :— Et après ?Je fronce les sourcils.— Après quoi ?— Après que tu l’auras tué. Qu’est-ce qu’il restera de toi ?Je la fixe.Elle attend une réponse.Mais je n’en ai pas.Je n’y ai jamais pensé.Parce que la vengeance, c’est tout ce qu’il me reste.SelenaViktor est