Sasha— Sasha, tu ne réalises pas encore, mais ce n’est pas une prison. C’est un refuge. Si Adrian t’a prise sous sa protection, ce n’est pas seulement par caprice.— C’est quoi, alors ? Je crache, furieuse.— Il a peur pour toi.Je cligne des yeux, surprise.Adrian, avoir peur ?L’idée est absurde. Cet homme respire la maîtrise absolue. Il ne tremble jamais, ne faiblit jamais.— Et pourquoi il aurait peur ?— Parce qu’il sait ce que les tiens comptent faire de toi.Un frisson parcourt ma peau.— Qu’est-ce que tu veux dire ?Enzo soupire, croisant les bras.— Tu es la dernière descendante directe de la lignée Morvan. Ta place devait être scellée par un mariage stratégique, mais tu as toujours refusé. Maintenant que tu es ici… ils vont devoir choisir : te récupérer de force ou t’éliminer.Les mots frappent fort. Trop fort.J’avais toujours su que mon clan fonctionnait par alliances, par stratégies. Mais de là à m’échanger comme une monnaie d’échange ?Ma gorge se serre.— Ils ne feraie
DanteIl est maintenant tout proche. L’air semble vibrer autour de nous, comme chargé d’une tension électrique.— Pourquoi ? je demande, la voix plus faible que je ne l’aurais voulu.Un silence s’étire entre nous. Puis Adrian lève une main et effleure ma joue du bout des doigts.— Parce que tu es à moi.Son souffle chaud caresse ma peau, et je frissonne malgré moi.— Je ne suis à personne.Il sourit, un sourire lent et dangereux.— Tu dis ça… mais ton cœur bat trop vite.Je le repousse, plus pour me protéger de moi-même que de lui.— Tu es pathétique si tu crois que je vais tomber sous ton charme de vampire.Adrian ne recule pas. Il continue de me fixer, et il y a dans son regard quelque chose de plus profond qu’un simple désir de possession.— Ce n’est pas mon charme qui t’effraie, Sasha. C’est toi-même.Je ne supporte pas sa clairvoyance.Alors, je fais ce que je fais de mieux : je m’enfuis.L’air de la nuit me brûle les poumons alors que j’accélère sur la route sinueuse menant au m
AdrianJe le vois, ce loup arrogant, cet homme qui croit encore pouvoir la revendiquer.Il ne comprend pas.Sasha n’est plus sienne.Elle est à moi.Elle le sait.Même si elle lutte encore, même si elle cherche à s’échapper.Je me tiens face à Dante, impassible, mais à l’intérieur, un feu glacé me consume.Cet homme a eu ce que je veux. Il l’a eue.Et ça, je ne peux pas le tolérer.— Sasha, viens ici.Ma voix claque dans l’air nocturne.Elle hésite. Je vois son trouble, son tiraillement entre nous.Dante pose une main sur son bras, un geste possessif, instinctif.Je ne réfléchis pas.En un battement de cœur, je suis sur lui.Nos corps s’entrechoquent avec violence, et nous roulons au sol. Dante est rapide, entraîné, mais je suis plus fort. Nos coups pleuvent dans l’obscurité, chacun cherchant à prendre l’avantage.Il parvient à me frapper au visage, et le goût métallique du sang envahit ma bouche.Je souris.Parce que maintenant, je peux me lâcher.Mes crocs s’allongent, mes muscles s
AdrianSon regard descend sur ma main posée sur elle, et je ressens sa rage viscérale, ce besoin de me voir disparaître.Je devrais le trouver insignifiant. Ce loup ne représente rien pour moi. Mais… il y a quelque chose dans son regard. Quelque chose qui me dérange.Un attachement que je ne peux pas ignorer.Sasha fait un pas en arrière, libérant l’espace entre nous. Son regard oscille de l’un à l’autre, son cœur battant si fort que je peux en compter chaque pulsation.— Assez.Un seul mot, prononcé avec une autorité nouvelle.Dante et moi nous figeons.Elle nous observe, les lèvres serrées, comme si elle combattait ses propres démons.— Vous croyez quoi ? Que vous battre encore et encore changera quelque chose ?Elle secoue la tête, le regard assombri.— Vous voulez me posséder, tous les deux, mais je ne suis pas un trophée. Je suis une louve. Je choisis où je vais et avec qui.Je devrais être agacé par son ton tranchant, mais au contraire, une vague de désir me submerge. Cette forc
SashaL’odeur du sang flotte encore dans l’air alors que nous avançons prudemment dans les bois. Le silence est oppressant, chaque bruissement de feuille semblant annoncer une attaque imminente.Dante marche à mes côtés, tendu, prêt à bondir à la moindre menace. Adrian suit de près, son regard scrutant l’obscurité avec une précision presque surnaturelle. Entre eux, je ressens une tension électrique, un mélange d’animosité et de défiance qui menace d’exploser à tout instant.— Nous devrions nous séparer, murmure Dante, ses yeux fixés droit devant.— Ce serait une erreur, rétorque Adrian. Si nous sommes divisés, nous serons des proies faciles.Dante grogne, mais ne répond pas. Il sait qu’Adrian a raison, même s’il refuse de l’admettre.Nous avançons encore, jusqu’à ce qu’une odeur étrangère me fasse stopper net. Une odeur métallique, entêtante…Du sang.Je tends la main pour arrêter Dante, puis Adrian.— Il y a quelque chose devant, je souffle.Dante hoche la tête et s’abaisse légèremen
SashaUn silence glacé tombe sur la clairière.Dante lâche un grognement menaçant, son corps tremblant sous la rage contenue.Adrian, lui, ne dit rien, mais son aura devient plus oppressante, plus tranchante.Isaak se régale du chaos qu’il vient de semer.— Explique-toi, je lâche, ma voix plus froide qu’un vent d’hiver.Il s’approche lentement, franchissant la distance entre nous jusqu’à s’arrêter à quelques centimètres.— C’est simple, murmure-t-il. Tu viens avec moi, et j’épargne le reste de ta meute. Refuse… et cette nuit sera la première d’un carnage.Il laisse planer ses mots, puis ajoute, un brin moqueur :— Tu aimes être au centre de l’attention, n’est-ce pas ?J’inspire profondément, tentant de garder mon sang-froid.Il me teste. Il veut voir jusqu’où je suis prête à aller.Dante s’avance d’un pas.— Tu peux aller te faire foutre, Isaak.Isaak ne le regarde même pas. Il est concentré sur moi, comme si ma réponse était la seule chose qui comptait.Adrian bouge enfin, s’avançant
SashaLa douleur est une marée montante, brûlante et implacable.Je sens Dante me tenir fermement, mais ses bras tremblent de rage.Adrian s’approche, son visage de marbre, mais je perçois la tempête dans ses yeux.— Il reviendra, je murmure.— Il ne pourra pas fuir éternellement, Adrian répond, sa voix tranchante comme une lame.Je tente un sourire, bien que la douleur m’arrache un gémissement.— Tant mieux. Parce que cette fois, c’est moi qui vais le traquer.La douleur pulse dans tout mon corps, chaque respiration un combat. Je sens le goût du sang dans ma bouche, un mélange de fer et de rage. Dante me serre contre lui, son étreinte presque fébrile, comme s’il avait peur que je disparaisse.— On doit la soigner, maintenant, gronde-t-il à Adrian.Le vampire me fixe, son regard sombre perçant le mien. Il ne dit rien, mais je peux lire la tension dans la ligne rigide de ses épaules. Il est furieux.Je veux lui dire que je vais bien, que ce n’est qu’une blessure de plus. Mais même moi,
DanteJe jette un regard à Sasha. Elle ne détourne pas les yeux. Pas honteuse. Pas coupable. Juste... indéchiffrable.Et c’est bien ça qui me fait perdre le contrôle.En un battement de cils, je suis sur Adrian.Je l’attrape par le col et le plaque violemment contre le mur, faisant trembler les tableaux accrochés.— Tu crois que tu peux te jouer d’elle ? De moi ?!Adrian ne se débat même pas. Il me fixe avec ce calme insupportable.— Je ne joue pas, Dante. C’est ça qui te fait peur, pas vrai ?Mon poing part tout seul. Un impact sourd résonne lorsque je le frappe à la mâchoire. Son visage se tourne sous le choc, mais il ne bronche pas.— Assez !La voix de Sasha claque dans la pièce comme un fouet.Elle se redresse, malgré la douleur visible sur son visage, et plante son regard dans le mien.— Arrêtez vos conneries tous les deux.Ma respiration est hachée, mes muscles tendus à l'extrême. Mais je la relâche.Adrian essuie le sang au coin de sa lèvre, l’air amusé.— C’est un début, murm
SashaJe me retourne juste à temps pour voir une lame fondre sur moi. Mon instinct prend le dessus. J’esquive d’un bond et pare l’attaque avec ma propre arme. Le vampire en face de moi, un colosse à la peau d’un gris mortuaire, me fixe avec un sourire carnassier.— La petite louve enragée… Tu vaux mieux que cette bande de chiens errants.Je ne réponds pas. Je me contente d’attaquer. Nos lames s’entrechoquent dans un fracas d’acier, chaque mouvement dicté par une rage froide et une détermination sans faille.Derrière moi, Dante se bat comme un démon, ses coups d’une brutalité terrifiante. Adrian, lui, est une ombre mortelle, ses gestes précis et calculés.Et moi ?Je suis leur équilibre.Mon adversaire tente un coup traître, mais je le devine à l’avance. Je pivote sur moi-même et plante ma lame dans sa poitrine avant d’enfoncer mes griffes dans son cou. Il s’effondre sans un bruit.Puis, soudain, un cri transperce la nuit.Un cri de douleur.Je me retourne violemment.Adrian est au sol
SashaJe tourne la tête vers lui. En effet, Adrian vient de lever une main, et ses vampires se mettent en position d’attaque. Je serre les dents.— Alors on y va.Je lève mon propre bras, et mes loups avancent d’un même mouvement, leur discipline forgée dans les batailles passées.La nuit s’illumine d’éclats d’argent et de rouge lorsque les deux forces entrent en collision.Le premier cri de douleur retentit, suivi d’un autre. Puis, la mêlée devient un chaos total.AdrianLes premières secondes du combat sont toujours les plus décisives.Je me fraye un chemin à travers la mêlée, mon épée traçant des arcs de lumière cruelle sous la lueur de la lune. Chaque coup porté est calculé, chaque mouvement précis. Autour de moi, mes guerriers se battent avec une fureur née de siècles de guerre.Mais mon regard ne cherche qu’une seule personne.Sasha.Je la repère enfin, son corps en mouvement rapide, sa lame tranchant la nuit comme une ombre mortelle.Et c’est là que je le vois.Dante.Il s’appr
SashaLe plan est en place. Chaque détail a été étudié, chaque mouvement calculé. Pourtant, une tension sourde s’accroche à mon esprit.Assise sur le balcon de ma chambre, je contemple la forêt qui borde le domaine Morvan. Le vent glisse sur ma peau, chargé des odeurs de la nuit.Derrière moi, une présence familière se fait sentir.— Tu n’arrives pas à dormir, murmure Adrian.Sa voix grave me caresse autant qu’elle me trouble.Je secoue la tête sans me retourner.— Non.Il s’approche et pose une main sur mon épaule nue. Son contact est froid, presque brûlant.— Tu doutes de ton plan ?Je tourne enfin la tête vers lui. Ses yeux rouges brillent dans l’obscurité, empreints d’une intensité qui me coupe le souffle.— Pas du plan. Mais de ce qui arrivera après.Il fronce légèrement les sourcils, intrigué.— Après ?Je soutiens son regard.— Quand tout sera fini… est-ce qu’il restera quelque chose de nous ?Son expression se ferme, comme si la question réveillait en lui une peur qu’il refuse
DanteJ’essaie de sourire, mais j’en suis incapable.— Tu m’aimes trop pour me laisser crever ?Un éclair traverse son regard, mais elle ne répond pas.Au lieu de ça, elle serre ma main.Forte.Déterminée.— On va leur faire payer.Une promesse.Une certitude.Et pour la première fois depuis longtemps, je me surprends à y croire.AdrianLa guerre approche.Chaque souffle que nous prenons, chaque seconde qui passe nous rapproche de l’inévitable.Dans la grande salle de réunion du manoir des Morvan, l’atmosphère est lourde, étouffante. Sasha est assise à la tête de la table, le dos droit, l’expression dure. Dante, malgré sa faiblesse, est installé à sa droite, une main bandée posée sur son genou.Moi, je suis à sa gauche.Ensemble, nous représentons l’alliance improbable qui tient encore debout face aux forces ennemies.— Les espions confirment que les Vassili ont renforcé leurs positions aux frontières du territoire.L’homme qui parle est l’un des lieutenants de Dante. Son visage est m
SashaLe poids de Dante sur mes épaules est un rappel cruel de tout ce que nous avons perdu ce soir. Mon corps hurle sous l’effort, mes jambes tremblent, mais je refuse de flancher. Je refuse de le laisser derrière.— Tiens bon, Dante.Il grogne faiblement, mais je sens son souffle ralentir. Un frisson de panique me traverse.— On doit se presser.Adrian marche à mes côtés, silencieux, son regard rivé sur moi. L’odeur du sang l’enveloppe, un appel auquel même lui doit lutter pour ne pas succomber. Pourtant, il ne dit rien. Il avance, prêt à frapper s’il le faut.Chaque pas résonne dans la nuit.L’ennemi rôde encore.Nous n’avons pas le luxe de la faiblesse.AdrianSasha chancelle. Son dos est raide, son souffle saccadé, mais elle s’obstine. Je pourrais porter Dante. D’un seul bras, sans effort. Pourtant, je n’ose pas insister.C’est sa fierté, son combat.Je respecte cela.Mais je ne peux pas ignorer son état.— On est presque arrivés, dis-je doucement.Elle hoche la tête, les mâchoir
SashaJe prends son menton entre mes doigts et la force à me regarder.— Non, Sasha. C’est notre choix.Elle ferme les yeux un instant, comme si elle luttait contre ses propres démons.Puis elle se hisse sur la pointe des pieds et presse ses lèvres contre les miennes.Un baiser chargé d’émotions, de douleur, de passion et d’un futur incertain.Le pacte fragile entre loups et vampires est en train de se briser.Et rien ne pourra l’arrêter.L’air est lourd, chargé d’une tension que même la nuit ne parvient pas à apaiser. Depuis des heures, je marche sans but dans les rues de la ville, mes pensées enchevêtrées dans un tourbillon de doutes et de certitudes contraires.Dante. Adrian.Les deux hommes qui incarnent tout ce que je suis et tout ce que je crains.Dante, le guerrier loyal, celui qui a toujours été là, prêt à mourir pour moi. Son amour est un refuge, une promesse de stabilité dans un monde ravagé par le sang et les trahisons.Adrian, le vampire dont le simple regard me consume. A
SashaL’air est plus lourd quand je quitte la chambre d’Adrian.Je ressens encore le poids de ses mains sur moi, la brûlure de ses lèvres sur ma peau. Chaque pas que je fais pour m’éloigner est une lutte. Une lutte contre lui. Contre moi-même.J’ai cédé.Je suis tombée dans le piège du vampire, et le pire ?Je n’ai pas envie d’en sortir.Je traverse les couloirs du manoir Morvan, ma tête en ébullition. Le jour commence à se lever, projetant des ombres mouvantes sur les murs de pierre. Chaque bruit me fait sursauter. Je suis à cran.Quand j’arrive enfin dans ma chambre, je claque la porte derrière moi et m’appuie contre le bois massif.Respire, Sasha.Je ferme les yeux, mais l’image d’Adrian s’impose à moi. Son regard perçant, sa voix rauque, la façon dont il a murmuré mon nom comme une promesse.Je secoue la tête violemment.Je ne peux pas.Je suis une louve.Lui, un vampire.Nos mondes sont en guerre.Et pourtant…Un bruit derrière moi me fait sursauter. Je tourne la tête juste à tem
SashaQuand je rouvre les yeux, le monde a basculé.Adrian est toujours là, sa main posée sur ma taille, son regard brûlant ancré au mien. Mon souffle est court, mon cœur bat à un rythme effréné, comme s’il cherchait à s’échapper de ma poitrine.Ce baiser…Il n’avait rien d’innocent.Il avait le goût du danger, du pouvoir et de cette attirance irrépressible qui nous pousse l’un vers l’autre, encore et encore, malgré les interdits.— Tu trembles, murmure Adrian en caressant ma joue du bout des doigts.Je frissonne.Je n’arrive pas à parler.Je n’arrive pas à bouger.Tout en moi hurle de s’éloigner… et pourtant, je reste figée, incapable de résister à son emprise.— Tu veux fuir ?Je ferme les yeux.Oui.Non.Je ne sais plus.Mais quand il m’attire contre lui, je me laisse faire, comme si mon corps ne m’appartenait plus.— C’est trop tard, Sasha, souffle-t-il à mon oreille. On a franchi la ligne.Ses lèvres effleurent mon cou, et je me tends.— Je…— Tu es à moi.Mon cœur loupe un batte
DanteJe reste figé, les muscles tendus, incapable de croire ce que je vois.— Élias ?Mon frère sourit, un rictus narquois que je reconnaîtrais entre mille.— T’as l’air surpris.La lune éclaire son visage. Il est exactement comme dans mes souvenirs. Même regard perçant. Même arrogance inscrite dans chaque trait de son visage.Mais il ne devrait pas être là.Il est mort.Je l’ai vu.Je l’ai enterré.Je plisse les yeux, méfiant.— Comment ?Élias croise les bras, prenant son temps, savourant ma confusion.— Tu devrais savoir que dans notre monde, la mort n’est pas toujours définitive.Un frisson me parcourt l’échine.Je me méfie des miracles.— Tu étais dans un cercueil, putain.Il rit, un son grave et dénué de chaleur.— Et pourtant, me voilà.Ma mâchoire se serre.— Si t’es vivant, pourquoi ne pas être revenu plus tôt ? Pourquoi avoir laissé croire que tu étais mort ?Son sourire s’efface.— Parce qu’il fallait que vous le croyiez. Parce que rester dans l’ombre était la seule soluti