Le silence pesant du refuge enveloppait Élisa alors qu’elle posait un regard méfiant sur l’intérieur de la bâtisse. Les murs de pierre brute dégageaient une froideur presque oppressante, accentuée par l’absence de toute trace de vie récente. L’homme qui les avait secourus s’avança tranquillement dans la pièce principale et alluma une lampe à huile, projetant des ombres vacillantes sur les murs.Adrian, toujours sur ses gardes, referma la porte derrière eux et vérifia son arme avant de se tourner vers leur mystérieux allié.— Maintenant, explique-nous ce que tu veux vraiment, lâcha-t-il d’un ton sec.L’homme esquissa un sourire en coin, s’adossant contre une table en bois massif.— Comme je l’ai dit, on a un ennemi commun : Lemoine. Vous voulez lui échapper, je veux le voir tomber. Une alliance temporaire me semble logique.Élisa sentit une tension électrique dans la pièce. Novak s’approcha légèrement d’Adrian, murmurant quelque chose à son oreille. Ce dernier hocha la tête, toujours m
L’obscurité régnait dans la pièce, seulement troublée par la lumière vacillante d’une vieille lampe à pétrole. Élisa s’adossa au mur, les bras croisés sur sa poitrine, son cœur battant encore sous l’effet de l’adrénaline. La fuite avait été rude, l’affrontement, chaotique. Désormais, ils étaient en sécurité – du moins temporairement.Adrian observait leur hôte avec suspicion. L’homme, un certain Matthias Rochefort, était un ancien allié de son père. Il possédait plusieurs refuges secrets et une connaissance approfondie du réseau de Lemoine. C’était lui qui les avait tirés de l’entrepôt en flammes.— Pourquoi nous aider ? demanda Adrian d’un ton froid.Matthias sourit, révélant des dents blanches sous une barbe poivre et sel soigneusement taillée.— Disons que nous avons un ennemi commun, répondit-il en se servant un verre de whisky. Et puis, j’ai une dette envers la famille d’Élisa.Elle releva la tête, surprise.— Une dette envers moi ?— Ton père m’a sauvé la vie autrefois. Je ne po
La nuit était tombée sur la vieille bâtisse qui leur servait d'abri temporaire. Le silence était entrecoupé de bruissements lointains venant de la forêt environnante. Dans l'obscurité, Elisa se tenait près de la fenêtre, observant l'horizon avec un regard inquiet. Chaque ombre lui semblait menaçante, chaque bruissement un présage de danger imminent.Derrière elle, Adrian était assis sur un vieux fauteuil en cuir, nettoyant son arme avec une concentration féroce. Depuis leur arrivée ici, aucun d'eux n'avait vraiment trouvé le sommeil. La tension était palpable, comme si un fil invisible les maintenait sur le qui-vive.— Tu devrais essayer de dormir un peu, souffla Adrian sans lever les yeux.— Je n'y arrive pas, murmura-t-elle en croisant les bras. J'ai l'impression qu'on nous observe.Il posa son arme sur la table et se leva, s'approchant d'elle. Son regard sombre scrutait son visage fatigué, mais toujours aussi déterminé.— Je comprends, mais on a besoin de garder nos forces. Si Lemo
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque Élisa ouvrit enfin les yeux. Un plafond en bois sombre s'étendait au-dessus d'elle, faiblement éclairé par une lampe vacillante. Son corps était engourdi, ses muscles douloureux, comme si elle avait dormi pendant des heures, ou des jours. En tentant de bouger, une vague de douleur lui traversa l'épaule, lui arrachant une grimace. La réalité la rattrapa brutalement.Elle était toujours en fuite.Un bruit attira son attention. Quelqu'un approchait. Elle se força à rester immobile, écoutant attentivement. Des pas lourds résonnaient sur le parquet vieilli. Son cœur s'accéléra. Était-ce Adrian ? Novak ? Ou pire encore, quelqu'un envoyé par Lemoine ?La porte s'ouvrit doucement, laissant apparaître une silhouette massive. Adrian. Son visage était marqué par la fatigue, ses traits tendus par une inquiétude évidente. Lorsqu’il croisa son regard, un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres.— Tu es réveillée, murmura-t-il en refermant la porte
Le silence pesait lourdement dans la pièce faiblement éclairée. Élisa scrutait les visages autour d’elle, cherchant désespérément un indice sur ce qui allait se passer ensuite. Adrian se tenait près d’elle, son regard acéré fixé sur l’homme qui leur faisait face. Novak, toujours méfiant, s’appuya contre le mur, croisant les bras avec une patience feinte.— Vous ne pouvez pas rester ici éternellement, lâcha enfin leur hôte mystérieux.Élisa sentit un frisson lui parcourir l’échine. Depuis leur fuite désespérée, chaque instant était une lutte pour leur survie. Lemoine n’abandonnerait pas la traque aussi facilement.— On a besoin de savoir ce que tu attends de nous, répliqua Adrian d’une voix dure.L’homme esquissa un sourire énigmatique.— Ce que j’attends ? Rien de plus que ce que vous voulez vous-même : renverser Lemoine.Novak ricana, secouant la tête.— Personne ne veut juste "renverser Lemoine" par altruisme. Qu’est-ce que tu y gagnes ?Le silence retomba, ponctué par le grésilleme
Le silence pesant régnait dans la pièce faiblement éclairée, seulement troublé par le tic-tac régulier de l’horloge accrochée au mur. Élisa fixait le sol, les doigts crispés sur le bord de la table en bois massif. Son esprit bouillonnait, en proie à une tempête intérieure qu’elle ne parvenait pas à apaiser.Adrian était debout près de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine, son regard rivé à l’extérieur. Il scrutait chaque ombre, chaque mouvement suspect, prêt à intervenir au moindre signe de danger. La tension entre eux était palpable, un mélange de méfiance et de complicité forcée.— Tu devrais dormir un peu, murmura-t-il sans détourner les yeux.— Impossible, répliqua-t-elle d’une voix rauque. Pas avec tout ce qui vient de se passer.Adrian soupira, se passant une main dans les cheveux. Il savait qu’elle avait raison. Après leur fuite chaotique et la découverte des informations cruciales sur Lemoine, le sommeil était devenu un luxe qu’ils ne pouvaient plus se permettre. Chaqu
Le silence de la nuit était oppressant, seulement troublé par le crissement des pneus sur l’asphalte détrempé. Élisa fixait la route qui défilait à une vitesse inquiétante, son cœur battant au rythme saccadé de la situation. Adrian, les mains crispées sur le volant, jetait régulièrement des coups d’œil au rétroviseur, comme s’il s’attendait à voir surgir une menace d’un instant à l’autre.— On a une avance de quelques minutes, mais ça ne suffira pas, grogna-t-il en accélérant davantage.Novak, assis à l’arrière, triturait nerveusement son téléphone, essayant d’établir une connexion avec leurs contacts les plus fiables. Ses doigts glissaient rapidement sur l’écran tandis qu’il murmurait des malédictions à voix basse.— Toujours rien. Ils doivent avoir brouillé les communications.Élisa serra les poings. Lemoine avait des ressources inimaginables, et il ne leur laisserait aucun répit. Leur fuite précipitée n’était qu’un sursis temporaire avant qu’il ne resserre son étau autour d’eux. Ch
Le froid mordant de la nuit s'infiltrait à travers les fissures de l'entrepôt délabré, rendant l'atmosphère encore plus oppressante. Élisa, blottie dans un coin, frottait ses bras pour tenter de se réchauffer. Ses muscles étaient tendus, son esprit incapable de se calmer malgré l'apparente accalmie. Adrian et Novak, quant à eux, s'affairaient à sécuriser le périmètre, scrutant chaque recoin de l'obscurité environnante.— Tu devrais essayer de dormir un peu, souffla Adrian en revenant vers elle.Elle releva la tête, ses yeux cernés témoignant de son épuisement. Dormir ? Comment pouvait-elle ne serait-ce que fermer l'œil alors qu'ils étaient traqués ?— Impossible, répliqua-t-elle en secouant la tête. Je ne peux pas… Pas tant qu’on n’aura pas trouvé une solution.Adrian s'accroupit devant elle, son regard empreint d'une douceur inhabituelle.— On va y arriver, affirma-t-il d’un ton calme. On a déjà survécu à bien pire.Elle voulut lui répondre, mais Novak les interrompit en surgissant à
Une lumière pâle glissait entre les branches, filtrée par les feuillages d’automne qui résistaient encore à la chute. Le vent était léger mais persistant, comme un souffle qui ne voulait pas dire grand-chose, juste signaler sa présence. Élisa marchait lentement sur le sentier qui longeait le ruisseau. Ses bottes s’enfonçaient dans la terre meuble, et à chaque pas, elle sentait le sol répondre, comme si marcher ici n’était jamais une simple action, mais un échange.Ce matin-là, elle portait dans son sac une boîte en fer blanc, retrouvée par hasard dans un placard du centre. À l’intérieur, des photos, des bouts de papiers, un bracelet cassé, un mot plié mille fois. Rien de précieux en apparence, mais tout portait une histoire. L’une de ces histoires qu’on garde sans trop savoir pourquoi, mais qu’on ne jette jamais.Elle atteignit une vieille souche recouverte de mousse, s’y assit, et ouvrit la boîte.La première photo montrait trois silhouettes floues, dans la lumière d’un soir ancien.
Le matin s’était levé dans une lenteur douce. Pas de vent, pas de bruit pressé. Seulement les rayons du soleil glissant sur les vitres embuées, et l’odeur du pain encore tiède qui remontait depuis la cuisine. Élisa s’éveilla avec cette sensation étrange d’avoir rêvé d’un lieu qu’elle connaissait déjà. Un de ces rêves sans image, sans son, mais rempli de présence.Elle s’habilla lentement, noua ses cheveux sans trop y penser, et descendit vers le cœur du centre. Sur le chemin, elle salua d’un signe de tête Malik qui discutait avec une adolescente sur le perron. Il tenait son carnet à la main, mais cette fois, il n’écrivait pas. Il écoutait, vraiment. De tout son corps. Et c’était cela, ici, la plus grande compétence : savoir accueillir les mots des autres sans les couper.Dans la salle commune, Ana et David étaient assis à la grande table. Une nappe avait été étalée, mais pas une nappe comme on en met pour faire joli. Celle-ci était ancienne, rapiécée, recouverte de traces de thé, de v
Le départ de Jonas avait laissé une trace douce, presque invisible, mais bien réelle. On aurait pu croire que l’ambiance en serait changée, que le vide pèserait. Mais non. Au lieu de cela, il y avait comme un souffle nouveau, une légèreté inattendue. Pas l’absence d’un être. Plutôt la présence de ce qu’il avait semé.Élisa s’éveilla avec cette pensée en tête : rien ne tient si ce n’est pas partagé. Et Jonas, à sa manière silencieuse, avait partagé bien plus qu’il ne l’avait dit.Elle descendit dans la cuisine, les pieds encore nus, et fut surprise de trouver Ana en train de préparer des galettes au maïs. L’odeur, sucrée et chaleureuse, embaumait déjà la pièce.— Tu t’es levée tôt, constata Élisa.— Je n’arrivais pas à dormir. Il fallait que mes mains fassent quelque chose.— Et elles font bien, ajouta Élisa en souriant.Ana lui tendit une assiette chaude. Elles mangèrent en silence, côte à côte. Il y avait quelque chose de simple, de réparateur, dans ces gestes matinaux. Pas de grand
Le vent était plus vif ce matin-là. Il portait dans ses bourrasques une odeur de bois mouillé, de feuilles mortes et d’histoires qui tournent la page. Le centre paraissait paisible, presque figé, comme s’il retenait son souffle. Mais ceux qui vivaient ici savaient lire au-delà du calme. Il y avait une tension discrète dans l’air, un frémissement particulier. Quelque chose allait changer.Élisa s’était levée plus tôt que d’habitude. Pas à cause d’un rêve ou d’une pensée en boucle. Non. Simplement parce qu’elle avait senti que ce jour ne pouvait pas commencer sans elle. Elle marcha lentement jusqu’au jardin nord, celui qui longeait les rangées de framboisiers et le petit abri à outils. Là, elle retrouva Jonas, accroupi devant un tas de planches.— Tu pars aujourd’hui, dit-elle.Il releva la tête, le visage doux, le regard franc.— Oui.Elle s’assit à côté de lui, sans rien ajouter. Ils restèrent un long moment ainsi, dans le craquement léger des branches et le sifflement du vent entre l
Le ciel était d’un gris doux ce matin-là. Pas menaçant. Juste uniforme, comme une grande page à remplir. Aucun vent. Aucune hâte. Le monde semblait suspendu dans un entre-deux : ni pluie, ni soleil, ni mouvement. Et c’était parfait ainsi.Élisa ouvrit les volets sans bruit, comme on entrouvre un livre sacré. Le bois de la fenêtre grinça légèrement, un son familier qui la fit sourire. Elle resta là, quelques minutes, à regarder les jardins en contrebas. Tout était calme. Même les oiseaux semblaient s’être donné rendez-vous ailleurs. Ou peut-être étaient-ils là, silencieux, observant eux aussi.Dans la cuisine commune, Jonas préparait du thé. Il ne se retourna pas en entendant Élisa entrer. Il tendit juste une tasse chaude dans sa direction.— Tu sens, toi aussi ? dit-il.— Quoi ?— Le silence. Il est différent aujourd’hui. Il ne manque rien. Il dit quelque chose.Elle hocha la tête, prenant une gorgée.— Il raconte, oui. Mais doucement. Il faut être attentif.Ils s’assirent à la grande
Un silence épais enveloppait le centre ce matin-là. Non pas un silence vide ou pesant, mais un silence d’attente, comme une grande respiration retenue juste avant une décision importante. Même les oiseaux semblaient chanter plus bas, comme s’ils comprenaient qu’aujourd’hui, quelque chose allait se jouer, quelque chose de subtil, mais décisif.Élisa, debout près de la grande baie vitrée de la salle commune, regardait la brume se lever sur les collines. Elle tenait dans ses mains un vieux morceau de papier qu’elle avait retrouvé la veille, glissé dans les pages d’un livre oublié : une note d’intention griffonnée au tout début de l’aventure. Les phrases étaient tremblantes, incertaines, mais portaient déjà le souffle de ce qui allait suivre.“Créer un espace où les blessures deviennent matière. Où la parole circule. Où l’on n’est pas utile, mais vivant.”Elle relut cette phrase en silence, puis ferma les yeux. Ce lieu existait. Ils l’avaient rêvé. Ils l’avaient bâti. Et pourtant, aujourd
Le soleil d’automne se levait sur la campagne, répandant une lumière douce et dorée sur les terres encore humides de la rosée matinale. Le centre, désormais cœur vibrant de la reconstruction, se dressait fier et authentique, témoin silencieux d’un combat qui n’avait jamais cessé de croire en un avenir meilleur. Les murs en bois et en pierre, assemblés avec soin par des mains laborieuses, semblaient murmurer les histoires de ceux qui avaient osé rêver et bâtir à partir des cendres du passé.Élisa marchait sur le chemin de terre qui menait au centre, son regard scrutant chaque recoin, chaque détail. Elle se rappelait les premiers jours où tout n’était qu’une lutte acharnée, des cris et des larmes, et maintenant, il ne restait plus qu’un élan de vie, une harmonie retrouvée dans la simplicité des gestes quotidiens. Les enfants couraient dans les jardins, leurs rires éclaboussant l’air de légèreté, tandis que les anciens, assis en cercle autour du feu de la veille, échangeaient des souveni
Ce matin-là, l’air avait un goût de cendre et de bois mouillé. La pluie de la veille avait lavé les chemins, ravivé les odeurs, creusé de petits sillons entre les pierres. Dans la cour du centre, les flaques reflétaient les guirlandes suspendues, donnant au sol des allures de ciel inversé.Élisa se tenait debout sous l’auvent, une tasse tiède entre les mains. Elle regardait le paysage sans vraiment le voir. Son esprit était ailleurs. Dans les souvenirs. Dans les premières fois. Dans ce qu’ils avaient risqué, perdu, gagné.Jonas vint s’asseoir à côté d’elle, les bottes encore boueuses. Il resta silencieux un moment, puis dit :— Tu sens ? C’est l’odeur du retour.Elle tourna la tête, intriguée.— Du retour ?— Oui. Tu sais, ce parfum particulier quand quelqu’un revient. Pas forcément de loin. Pas toujours d’un voyage. Mais d’un éloignement. D’un silence. D’une peur. Ce matin, il est là.Elle ne répondit pas. Mais elle comprenait.Quelques minutes plus tard, Malik apparut, suivi d’une s
Dès l’aube, on sentait que la journée ne serait pas comme les autres. Une énergie subtile traversait les couloirs du centre, presque imperceptible, mais bien réelle. Les pas étaient plus calmes. Les voix plus basses. On ne savait pas ce qu’on attendait, mais on savait que quelque chose allait venir.Élisa se leva sans réveiller Jonas. Elle sortit doucement, ses bottes à la main, et marcha pieds nus dans l’herbe fraîche du matin. La brume s’accrochait encore aux feuilles, aux pierres, aux rebords de fenêtre. Elle longea les murs du centre, s’arrêtant parfois pour toucher le bois, lire un mot suspendu sur la corde du passage, ou simplement écouter.Sur le banc près du figuier, Malik griffonnait déjà dans son carnet. Il leva à peine les yeux.— C’est drôle, dit-il. J’écris avant de penser, maintenant. C’est comme si le lieu pensait à ma place.— Ou bien tu as appris à ne pas filtrer, murmura Élisa.Il lui sourit. Puis lui tendit une feuille déchirée sur laquelle on pouvait lire :“Aujour